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TRAITEMENT. — EXTIRPATION

kyste, en arrière des flis. Ce procédé m'a parfaitement réussi dans le seul cas où j'aie eu l'occasion de l'appliquer. J'ajoute que la tumeur était très-volumineuse.

Nous avons rangé l'excision partielle et la cautérisation linéaire parmi les moyens qui provoquent l'oblitération des kystes, parce que, eirectivement, elles peuvent l'une et l'autre guérir les kystes par ce mécanisme. Mais on vient de voir que l'excision partielle peut guérir certains kystes sans les oblitérer; et on a vu, en outre, que la cautérisation linéaire peut amener l'exfoliation des kystes dermoïdes, ce qui équivaut à un procédé d'extirpation. La principale difficulté de la classification des moyens thérapeutiques vient de ce que certains procédés peuvent, suivant les cas, agir de plusieurs manières différente^; le procédé des injections irritantes elles-mêmes peut, dans certaines circonstances, devenir un procédé d'extirpation. Si l'on injectait de la teinture d'iode dans un kyste *iébacé du cuir chevelu, on pourrait provoquer une inflammation suppurative suivie de l'exfoliation du kyste. Le docteur Faure de Roanne a atteint autrement ce but, en injectant dans lès kystes en question, à l'aide d'une seringue à trocart capillaire, une ou plusieurs gouttes d'huile de croton-tiglium (1). Mais il est impos- >ible de calculer à l'avance l'intensité de l'inflammation que l'on provoque par de pareils moyens. L'extirpation proprement dite me semble donc préférable.

3"" Les moyens destinés à détruire ou à enlever directement la tumeur sont au nombre de deux : la cautérisation en nappe et l'extirpation.

La rauténsadon en nappe a été appliquée surtout au traitement des kystes sébacés du cuir chevelu. La cautérisation linéaire, qui laisse une cicatrice beaucoup plus petite, est moins défectueuse.

Vextirpalion avec l'instrument tranchant, est la méthode la plus généralement employée dans le traitement des kystes dermoïdes. La paroi de ces kystes étant très-réfractaire à l'inflammation adhé- Mve, et la récidive étant imminente toutes les fois qu'une partie même très-limitée de cette paroi reste en place au fond du kyste, l'instrument tranchant, qui permet presque toujours d'énucléer la poche en totalité, est certainement le moyen le plus sûr, et c'est en môme temps le plus rapide. Mais peut-être expose-Ml à l'érysipèleunpeu plus que la cautérisation linéaire et même que le séton filiforme. Celte question, au surplus, est fort douteuse encore.

J) Cowptcs rendus de r Académie des sciences^ Idnir, 1851, t. XXXII, p. 17.

158 ÉTUDE CLINIQUB ET TRAITEMENT DES KYSTIlS.

Les autres kystes ne doivent être extirpés que lorsque les méthodes moins violentes sont inapplicables, ou lorsqu'elles se sont montrées inefflcaces. Les tumeurs polykystiques ne peuvent guère être guéries autrement que par Textirpation. M. Roux, de Toulon, a conseillé de traiter par Tinjection iodée les tumeurs polykysliques congénitales du cou; en déchirant préalablement, avec (a pointe du trocart promenée en tous sens, les parois membraneuses qui séparent les kystes (i). Mais, malgré l'autorité de cetéminent chirurgien, je craindrais d'abord que le contact du liquide irritant sur dos membranes déchirées,ne provoquât une réaction inflammatoire trop violente ; et comme en outre il est à peu près impossible d'atteindre ainsi tous les kystes, comme il est certain au contraire que d'innombrables kystes, encore trop petits, échappent nécessairement à la pointe du trocart, les chances de la récidive me semblent beaucoup trop grandes.

Les tumeurs polykystiques de Tovaire ne comportent d'autre traitement que l'extirpation. Les kystes ovariques uniloculaires dont le contenu, trop visqueux ou trop cohérent, ne peut couler à travers une grosse canule, ont été traités quelquefois avec succès par la cautérisation en deux temps ou par des sétons volumineux laissés à demeure pendant longtemps. On ne peut donc pas dire qu'ils soient inaccessibles aux méthodes autres que l'extirpation. Mais il faut reconnaître que ces guérisons sont rares et achetées au prix de dangers fort sérieux. On conçoit donc que beaucoup de chirurgiens aient été conduits à traiter les kystes en question par l'ovariotomie. EnGn, les kystes uniloculaires et à contenu très-fluide résistent souvent à la méthode des injections iodées, et le chirurgien qui assiste à leur progrès menaçant se trouve encore en présence de la question de l'ovariotomie. Je suis loin de proscrire cette opération qui, plusieurs fois reprise et abandonnée, est préconisée aujourd'hui par beaucoup d'opérateurs habiles. Il est certain qu'elle constitue souvent la seule ressource possible. Elle réussit fréquemment à la campagne et dans les hôpitaux des petites villes; mais elle acquiert dans les villes plus grandes et surtout dans les irrands hôpitaux une gravité croissante, qui est bien faite pour nous donner de l'hésitation. Elle a donné à Londres des résultats qui ont fait beaucoup de brunit dans ces dernières années, qui en auraient fait moins peut-être, si la série des revers avait été

(I) Jules Roux, Du iraitemenl des kystes congénitaux du cou par Us wj^li<ms iodées^ dans Moniteur des hôpitaux^ I8&6, p. 091.

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