TRAITEMENT. — EXCISION PARTIELLE
béante pendant quelque temps, et il peut se faire que cela suffise pour permettre à la cavité du kyste de se rétracter, de s'oblitérer, ou de subir une transformation favorable. Mais il peut se faire aussi que les bords de la perte de substance se rapprochent et se cicatrisent avant que la guérison du kyste soit achevée, et celui-ci récidive alors le plus souvent. La récidive est commune surtout lorsque la tumeur traitée par Texcision partielle est un kyste dermolde; alors même qu'on excise les trois quarts ou plus encore de la paroi de ces kystes, te petit fragment de paroi qui reste au fond de la plaie peut persister sous la cicatrice, et produire un kyste nouveau. C'est ce que Ton observe dans les cas où le chirurgien, se proposant de praliqner l'extirpation complète de la poche, se trouve néanmoins dans l'impossibilité d'extraire entièrement la partie la plus profonde de la paroi ; il est nécessaire alors, pour empêcher la récidive, de terminer l'opération par une cautérisation pratiquée sur le fond du kyste.
La plupart des kystes qui sont susceptibles d'être guéris par Texcision partielle se prêtent à l'application de moyens plus simples, plus inoffensifs et plus efficaces. Ce procédé est donc peu usité, si ce n'est dans le traitement des kystes entourés d'une paroi osseuse, et spécialement des kystes dentaires. On excise toute la partie de la paroi osseuse qui est accessible aux instruments. Cela pourrait sufûre sans doute dans certains cas ; mais lorsque Texcision n'atteint pas toute la moitié superficielle du kyste osseux, la récidive est à craindre, parce que l'ouverture osseuse peut se refermer par-dessus la paroi membraneuse qui tapisse la face profonde de la cavité. M. Nélaton, en pareil cas, détache, à l'aide d'une rumine courbe, et enlève complètement toute cette membrane. (Vesl certainement le meilleur procédé; il est tout à fait radical, rar il consiste, en réalité, à enlever en totalité le kyste proprement dit. Quant au kyste osseux, ou plutôt à la paroi osseuse, elle ne peut reproduire le kyste, et elle se cicatrise sans accident, car cette paroi très-vasculaire ne tarde pas à bourgeonner, et, quoique exp<»sée au contact de l'air et de la salive, elle ne se nécrose pas.
Ce procédé n'est évidemment pas applicable lorsque le kyste, situé trop en arrière, n'est accessible par la bouche que dans une partie peu étendue de sa surface. On se borne alors à en exciser le plus possible, et on a recours ensuite au tamponnement en queue de cerf-volant, dont il a été question plus haut.
L'excision partielle s'applique assez souvent au traitement des kystes sous-muqueux, et en particulier de la grenouillettc. La gué-
rison, lorsqu'elle a lieu, s'efiectuc alors par un mécanisme tout spécial. La muqueuse et la paroi du kyste, très-étroitement accolées l'une à Tautre, presque confondues en une seule membrane, se cicatrisent ensemble tout autour de l'ouverture , le fond du kyste, circonscrit par cette cicatrice circulaire, soulevé en outre par les chairs subjacentes, s'élève au niveau du plancher de la bouche, finit par se transformer en membrane muqueuse, et par faire définitivement partie de la paroi buccale. Pour cela, il faut que l'excision soit très-étendue, qu'elle occupe presque toute la paroi superficielle du kyste. Lorsque la grenouillette est trop volumineuse pour qu'on puisse aisément remplir cette indication, on se borne à en exciser une notable partie, et on réunit la muqueuse avec la paroi du kyste à l'aide de points de suture entrecoupée, appliqués suivant le procédé de M. Jobert.
Cela même ne suffit pas toujours à conjurer la récidive; la mu* queuse et la paroi kystique sont tellement minces qu'on les affronte difficilement, et que la réunion échoue souvent M. Gosselin a donc proposé avec raison de faire suivre l'excision d'une cautérisation pratiquée sur la paroi profonde du kyste, de manière à en obtenir l'exfoliation. Cette indication est excellente, mais l'afflux du sang et de la salive dans la cavité que l'on veut cautériser rend l'opération très-difficile. Je l'ai donc modifiée delà manière suivante. La langue étant soulevée et attirée en avant pour faire saillir la grenouillette, je transperce la tumeur transversalement avec un gros et long trocart; puis, avec une aiguille à manche, enfilée d'un très-long fil, je passe rapidement derrière ce trocart cinq ou six anses de fil. La tumeur est encore pleine; pour la vider et l'inciser, je retire le poinçon de la canule^ et je le remplace, en sens inverîse, par une sonde cannelée ; après quoi la canule est retirée à son tour; à ce moment le liquide commence à s'écouler par les deux ouvertures autour de la sonde cannelée, et la grenouillette s'affaisse rapidement; mais, toujours tendue sur la sonde cannelée, la paroi se laisse aisément et régulièrement inciser par le bistouri. Je saisis alors, à leur partie moyenne, les anses de fil, que je tire à moi et que je divise, de sorte que la paroi de la grenouillette, attirée à l'extérieur et tendue de tous côtés par les fils, constitue un entonnoir où ne peuvent tomber ni le sang, ni les lir^uidcs buccaux. Rien n'est facile alors comme d'absterger parfaitement l'intérieur du kyste, après quoi on y applique aisément un caustique, tel par exemple que le caustique de Filhos. Enfin, pour terminer l'opération, on excise d'uu coup de ciseaux la paroi antérieure du