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ACCROISSEMENT ET PROPAGATION

Uimeurune transformation inodulaire qui équivaut à une guérison.

Nous venons d*éludier les causes et le mécanisme de la guérison spontanée des tumeurs érectiles. Nous n'avons rien à dire de celles qui sont stationnaires, occupons-nous maintenant de celles qui font des progrès.

Certaines tumeurs érectiles s'accroissent d'une manière continue à partir de leur premier début. D'autres se maintiennent sans aucun changement pendant un certain nombre de. mois, ou d'années, ou même pendant un grand nombre d'années, et commencent ensuite & s'accroître, tantôt sans cause connue, tantôt par suite d'une irritation mécanique.

Le progrès des tumeurs érectiles peut s'eiTectuer de deux manières : par accroissement interstitiel, ou par propagation. Dans le premier cas, la tumeur augmente simplement de volume; dans le second cas, elle envahit les tissus environnants. Ce dernier cas est de beaucoup le plus grave.

Les causes qui produisent V accroissement interstitiel sont : la dilatation et l'allongement des vaisseaux déjà existants, la formation de vaisseaux nouveaux, et quelquefois enfin la production de rup. tares suivies d'extravasation. Cet accroissement peut être assez considérable pour que la tumeur, lorsqu'elle est plus ou moins profonde, gène, comprime les organes voisins et en détermine l'atrophie. C'est ainsi que les tumeurs érectiles de l'orbite finissent quelquefois par amincir et môme par perforer les parois de cette cavité, sans faire subir au tissu osseux aucune transformation.

Lsk propagation des tumeurs érectiles a, au contraire, pour résultat de transformer en tissu érectile accidentel le tissu des organes adjacents. Elle s'effectue suivant la continuité des vaisseaux capillaires, qui se dilatent de maille en maille, jusqu'à une distance illimitée. Le réseau capillaire qui constitue la tumeur primitive communique toujours, par des anastomoses plus ou moins nombreuses, avec le réseau capillaire environnant; lorsque le travail pathologique qui a fait dilater les premiers vaisseaux s'étend à ces anastomoses, les limites de la tumeur se trouvent reculées, et le mal peut ainsi gagner de proche en proche, non-seulement de nouvelles parties de l'organe primitivement atteint, mais encore les organes adjacents qui communiquent directement avec ce dernier par les réseaux capillaires. En d'autres termes, lorsqu'une tumeur érectile se propage, ce ne sont pas ses vaisseaux qui se prolongent dans les tissus Toisins, ce sont les vaisseaux propres de ces tissus qui subissent la transformation érectile. Les fibres et les autres éléments de l'organe

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envahi persistent pendant quelque temps au milieu des vaisseaux dilatés, puis ils s'atrophient et disparaissent. Le résultat final est donc la substitution d'un tissu accidentel à un tissu normal, mais on voit que le mécanisme de cette substitution diffère, à quelques égards, de celui que nous avons décrit d'une manière générale dans le chapitre consacré à l'étude de la propagation des productions accidentelles.

On conçoit, d'après ce qui précède, qu'une tumeur érectile doit avoir d'autant plus de tendance à se propager, qu'elle communique plus librement et plus largement avec le réseau capillaire environnant. L'expérience a effectivement démontré que les tumeurs érectiles diffuses sont beaucoup plus graves, sous ce rapport, que les tumeurs érectiles circonscrites.

Les tumeurs érectiles qui font des progrès par l'un ou l'autre des mécanismes que nous venons de décrire, sont menacées de devenir, tôt ou tard, le siège d'une ulcération. Celles qui sont sous-cutanées ou profondes ne peuvent s'ulcérer qu'après avoir envahi les membranes tégumentaires, et cela suppose qu'elles ont acquis un assez grand volume, mais celles de la peau et des muqueuses peuvent s'ulcérer alors même qu'elles sont encore toutes petites. Rien ne varie comme la forme et l'étendue de ces ulcérations. Quelquefois, elles sont tout à fait superficielles, entamant à peine quelques capillaires qui donnent une hémorrhagie très-légère. D'autres fois, elles creusent une ouverture large et profondeà travers laquelle le tissu propre de la tumeur fait issue sous forme de végétations ou de champignons. De là sont venus les noms de fongus, de tumeurs fongueuses sanguines^ qu'on a donnés à ces tumeurs, et qui ont produit des confusions si graves et si générales. Les fongosilés des tumeurs érectiles ulcérées fournissent des hémorrhagies fréquentes, presque toujours capillaires, mais l'ulcération des tumeurs artérielles pulsatiles peut amener la rupture d'artères plus ou moins volumineuses» et l'hémorrhagie alors devient quelquefois formidable.

Les tumeurs érectiles ont fort peu de tendance à récidiver lorsqu'elles ont été détruites ou modifiées dans toute leur étendue. Quoique pouvant être liées, comme les anévrysmes et les varices, à une de ces dispositions que nous avons désignées sous le nom de diathèses des systèmes anatomiques^ elles dépendent le plus souvent d'un trouble de nutrition entièrement local; étalons même qu'elles sont multiples et développées sous l'influence de cette diathèse, chacune d'elles se comporte comme un mal tout à fait local. Il est jusqu'ici sans exemple qu'une tumeur érectile ait donné iiea à

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