‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 75 sur 103 · CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION

▼ent la propriété de dentification qui caractérise les bulbes dentaires, il arrive fréquemment que la même tumeur parcourt, en se développant, des phases successives qui en changent entièrement l'aspect, la consistance et la structure. Il n'est donc pas surprenant que des tumeurs aussi dissemblables aient été jusqu'ici décrites comme autant d'espèces distinctes, et qu'on ait méconnu le lien commun qui nous permet de les réunir aujourd'hui en un même groupe. Pour établir entre elles un rapprochement, pour constater leur parenté, il est indispensable non-seulement de recourir à l'analyse microscopique, mais encore de connaître^ jusque dans leurs moindres détails, l'évolution des tissus odontogéniques, et la formation des tissus dentaires. C'est la seule excuse que je puisse invoquer pour me faire pardonner la longueur de l'exposé qu'on vient de lire.

Onoique je connaisse dès aujourd'hui un assez grand nombre de variétés d'odontômes, il est probable, il est môme à peu près certain qu'il en existe plusieurs autres. Lorsque l'attention des observateurs sera attirée sur cet ordre de faits, on découvrira sans doute chez l'homme, et surtout chez les animaux dont l'évolution dentaire diflère de la nôtre, des formes nouvelles qui permettront de compléter la série des odontdmes. La description que j'essaye de donner ici, avec les matériaux insuffisants que j'ai pu réunir, ne peut être évidemment qu'une ébauche. Mais j'espère que les faits ultérieurs pourront facilement trouver place dans le cadre que je me propose de tracer.

On a vu dans le paragraphe précédent que les caractères anatomiqoes et physiologiques des odontômes dépendent de l'époque de l'évolution dentaire, oh débute le travail d'hypergénèse qui leur donne naissance. Nous sommes donc naturellement conduit à diviser les odontômes en quatre groupes, correspondant aux quatre périodes du développement des dents.

1^ Le premier groupe comprend les odontâmesembryoplastiques. Il peut se subdiviser en deux variétés principales, selon que le tissu de la tumeur reste à l'état purement fibro-plastique, ou que, subissant une évolution plus avancée, il passe à l'état de tissu fibreux. Nous désignerons ces variétés sous les noms d'odùntùmes fibroplasti^ que$ et d'odontùmes fibreux. Elles sont d'ailleurs reliées entre elles par diverses formes intermédiaires.

2^ Les odantùmes odonioplasttques^ nés pendant la seconde période de révolution des dents, constituent notre second groupe, où nous établirons d'abord deux subdivisions principales : chez l'homme.

le follicule dentaire, à cette période, ne renferme qu'un seul oi^ne vasculaire ; c'est le bulbe, — et il en résulte que tous les odontômes odontoplastiqucs de Tbomme sont bulbaires; mais chez les herbivores un second organe vasculaire, l'organe du cément, existe déjà entre la paroi du follicule et l'organe de l'émail, et peut devenir le siège d'un travail d'hypertrophie, qui donne naissance à des odontômes cémentaires.

Les odontômes bulbaires se présentent sous des formes très* diverses, dont plusieurs ne sont, du reste, que les étapes succe-ssives de révolution d'un même produit pathologique. Les uns sont seu« lement fibreux ou fibroplastiques, et ne diffèrent des odontômes embryoplastiques que par la rangée de cellules dentinaires que le microscope démontre dans leur couche corticale; d'autres renferment en outre dans leur (rame une quantité variable, quelquefois très-considérable, de grains'dentinaires ; d'autres sont en voie de dentiflcation véritable, et sont composés à la fois de tissus odonto^ géniques et de tissus dentaires définitifs, mêlés en proportions variables; d'autres enfin sont dentiflés dans toute leur étendue, et constituent des masses extrêmement dures, composées tantôt seulement d'ivoire, tantôt d'ivoire et d'émail, mais ne renfermant jamais de cément, si ce n'est chez les herbivores.

En résumé, les odontômes bulbaires se subdivisent chez l'homme en odontômes non dentifiés (avec ou sans grains dentinaires), odontômes en voie de deniification, et odontômes dmtifiés (avec ou sans émail). Ces derniers peuvent être dentifiés en une seule masse on en plusieurs masses distinctes et indépendantes.

3° Les odontômes coronaires, nés pendant la période de formation de la couronne, sont toujours plus ou moins dentifiés, puisqu'ils débutent ù un momeçt où la dentiflcation est déjà commencée. La partie de la couronne qui est formée avant le début du travail pathologique ne subit aucune altération, et se retrouve, parfaitement reconnaissable, en un point de la surface delà tumeur. Celle-ci, chez l'homme, est constituée par l'hypertrophie de la pulpe, et ne renferme après la dentiflcation que de la dentine et de l'émail . Mais chez les herbivores elle peut dépendre de l'hypertrophie de Torganc du cément, et se transformer ensuite en une masse de cément. Ce groupe, comme le précédent, peut donc se subdiviser en deux groupes secondaires, les odontômes coronaires cémentaires qui ne s'observent que chez les herbivores, et les odontômes coronaires pulpaires ou dentinaireSy les -seuls qui puissent se former chez l'homme.

Les premiers présentent deux variétés, ou plutôt deux formes,

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