KYSTES DENTAIRES
?erra plus loin ; mais Texistence de cette espèce de kystes dans les os maxillaires n'est pas encore démontrée.
de U cavité alvéolaire, et leur fait subir d'ailleurs une déviation qui ne leur permet pas d'atteindre la gencive. De là résulte un signe sur lequel M. Nélaton surtout a attiré l'attention : en examinant l'arcade dentaire, on trouve que l'une des dents de la région où existe la tumeur fait défaut, et a toujours fait défaut. Ce signe est fort important pour le diagnostic ; mais il n'est pourtant pas absolu. Ainsi que l'a fait remarquer avec raison M. Trélat {Bull, de la Soc, de chirurgical* aérie^X, III, p. 3S6 [1862]), les kystes dentaires peuvent se développer dans les follicules de dents surnuméraires, et, en pareil cas, l'arcade dentaire peut être au complet. J'en ai vu cette année (1806) un exemple dans mon service à Tbôpital Saint-Aotoine, sur on Jeune homme qui m'avait été adressé par M. le docteur Duché. D'un autre côté, l'absence d'une dent, coïncidant avec l'existence d'une tumeur maxillaire, n'est pas an caractère exclusivement propre aux kystes dentaires. Certains odoutômes peuvent donner lieu à la même disposition. Le diagnostic de ces cas sera donné avec quelques détails dans le chapitre où nous traiterons des odontômes.
Les kystes dentaires étant toi^ours entourés d'une coque osseuse plus ou moins complète, qui résulte de la dilatation de l'os maxillaire correspondant, ne se prêtent pas au traitement ordinaire des kystes. Les ponctions avec ou «ans iqjection seraient toujours insuffisantes. Il est nécessaire d'exciser la paroi osseuse dans une étendue considérable, et cela même ne suffirait pas toujours pour assurer la guérison, si l'on n'avait soin d'extirper entièrement, comme lofait M. Nélaton, la paroi membraneuse qui tapisse la surface interne du kyste osseux.
On a dté quelques cas où plusieurs dents plus ou moins complètes existaient à la Mb dans le même kyste dentaire. Ainsi il y en avait deux dans un cas qui a été présenté à la Société de chirurgie par M. Legouest {Buli. de la Soc, de chirurgie^ 1863, }• série, t. III, p. 34&). Pour expliquer ces faits, d'ailleurs très-rares, on peut supposer que deux kystes développés dans les follicules de deux dents vobines se sont nus de très-bonne heure en communication, et ont Uni par ne plus constituer qu'an seul et unique kyste. Mais il est plus probable que les deux dents proviennent d'un seul follicule dont le bulbe aplati et étalé sur la paroi s'est divisé en deux parties, leaqueljes se sont ensuite dentiflées isolément A l'appui de cette hypothèse, on peut Invoquer un cas où M. Eugène Nélaton trouva dans l'épaisseur de la paroi d'an kyste dentaire un bulbe divisé en plusieurs cordons distincts. Ce fait sera exposé et discuté en détail dans le chapitre des odontômes, où nous prouverons la réalité du phénomène de la multiplication des bulbes dentaires.
Oq trouve quelquefois dans les os maxillaires des kjrstes à 2 ou 3 loges qui paraissent doesà la réunion de plusieurs kystes dentaires ouverts consécutivement les una dans les autres. Telle était probablement Torigine du kyste du maxillaire inférieur, qui fat présenté en 1847 à la Société anatomique, par M. Guibout^ et qui fut décrit plus amplement par cet auteur dans l'I^nton médicale.
Oo consultera sur les kystes dentaires les ouvrages suivants : Ara. Forget, Rechercke$swle$ kystes des oi maxillaires et leur traitement, Paris, l840,in-4o.Th. inaug. — Le même, Mém. sur les kystes des os maxillairee, dans Mém. de la Soc, de cAirmrgie^t, III, p. 239, Paris, 1853, in-4o. — Paget, £«c/tiref on rumoiir«, London, IS&3, ia-8<», p. 90 {Dentigenous Cysts), — Duchaussoy, Des kystes des mâchoires^ Th. de eoneours, Paris, 18&7, in-4<>. — Guibout, Mémoire sur les kystes séreux de* oê maxillaires, dans YUnion médicale, 1847, p. 449, 454, 458 et 469. — L.-Hflnr. Ronge avait déjà publié en 1750 une très-curieuse, mais malheureusemeat trop
38 DES KYSTES PROGÊNES.
II est possible que les kystes du corps pituitaire, affection très-rare, que j'ai pourtant observée une fois, aient leur origine dans les follicules clos de cet organe, que les recherches d'Ecker et de M. Luys tendent à faire ranger parmi les glandes sanguines (1). Mais cette vue est encore hypothétique : lorsque-j'ai recueilli mon observation, en 1845, sur un épileptique de Bicêtre, on ignorait encore Texis* tence des follicules clos du corps pituitaire. Ce kyste avait le volume d'une noisette et remplissait entièrement la selle turcique. M. Zencker, de Dresde, à l'autopsie d'une petite fille réputée hydrocéphale, a trouvé dans le crâne un énorme kyste qui, d'après sa position et ses connexions, lui a paru développé dans le corps pituitaire. Il a rapproché de ce cas deux autres faits empruntés à Bonnet et à Abcrcrombie. Il n'a du reste émis aucune hypothèse sur le point de départ anatomique de ces kystes (2).
Les kystes placentaires multiples connus sous le nom de môles hydatiques doivent êlre rapprochés de ceux qui naissent dans les follicules clos. Les recherches de M. Robin, consignées dans l'importante thèse de M. Gayla (3), ont démontré qu'ils ont leur siège dans la cavité des villosités du chorion. Ces villosités diffèrent certainement beaucoup des follicules clos ; leurs cavités, d'abord tubuleuses , puis plusieurs fois ramifiées , ne jouent nullement le rôle des cavités glandulaires. Le liquide qu'elles renferment n'est point sécrété par leurs parois, qui ne sont pas vasculaires dans l'origine, et n'y pénètre que par imbibition. Lorsque les vaisseaux allantoldiens gagnent la partie du chorion qui formera le placenta, les anses vasculairess*insinuentdans la cavitédes villosités, la remplissent etl'eflacent, de telle sorte qu'en devenant des organes vasculaires, les villosités choriales cessent d'être des organes creux ; et quant à cellesquine prennentpaspart à laformation du placenta, elles s'atrophient et disparaissent de très-bonne heure. On ne peut donc éta-
courte obeenration de kyste dentaire du maxillaire inférieur (Runge, De morbis «inttum osêis frontis et maxillœ superiori»^ et quiàusdam maxiiiœ inferioriSy Riotein, 1750, in-4«}. Dans Haller, Ditput. chirurgicœ, Lausanne, 1765, in-4*, t. I, p. 216.
(1) Liégeois, Anat, et physiologie det glandes vasculaires sanguines^ Tb. de concours, Paris, 1800, in-4% p. 11, pt. Il, flg. 1 à 11, et pi. III, fig. 1 44.
(3; Zencker, Enorme Cystenbildung im Ge/nru, vom Himanhang ausgehend, dans Virchow's Archiv fùrpathoL Anat, und Physiologie, Bd XII, s. 454 (1657).
i3) Fr.-Aleiis Cayû, De Vhydropisie des villosités choriales {Môles hydatiques des autews), Th. inaiig., Paris, 29 août 1849, in-4*. M. Robin avait d^à exposé ces idées dans on court passage de son Traité du microscope et des injections^ Paris, 1849, in-8*, l^* partie, p. 31. Cet ouvrage a paru quelques mois avant la thèse de M. Cayla.
KYSTfiS PLACENTAIRES. 39
blir aucun rapprochement entre ces cavités transitoires, très* passagères, et les follicules glandulaires. Mais, malgré les différences essentielles que nous venons de signaler, elles ont cela de commun que les unes et les autres peuvent être distendues par le liquide intérieur, et se dilater en kystes. Les kystes dus à l'hydropisie'des villosités choriales sont ordinairement extrêmement nombreux ; ils sont disposés en forme de grappes ; la plupart sont sphériques ou ovoïdes, variant du volume d'un grain de mil au volume d'une noisette ; mais il en est de fusiformes , de piriformes, de tubuleux, il en est môme de rameux, et Ton conçoit ainsi que l'idée d'attribuer la formation de ces kystes à la dilatation des vaisseaux lymphatiques ou sanguins du placenta, se soit présentée tout naturellement à l'esprit des observateurs. L'hypothèse des vaisseaux lymphatiques, énoncée parVallisneri en i690,dans une lettre adressée à Malpighi (1) fut adoptée quelques années après par Bidloo (2), et a trouvé des adhérents jusque dans notre siècle, quoique les anatomistes aient démontré depuis longtemps qu'il n'y a pas de vaisseaux lymphatiques dans les enveloppes du fœtus. Mais l'hypothèse de Ruysch, qui plaçait dans les vaisseaux sanguins du placenta l'origine des kystes placentaires (3), a plus de consistance, surtout depuis que M. Gruveilhier, étudiant avec le plus grand soin les formes multi pies et les connexions de ces kystes, a démontré d'une manière incontestable qu'ils sont dus à la dilatation d'un système de canaux tubuleux et ramifiés (4). Il est d'ailleurs prouvé, comme on le verra plus loin, queles vaisseaux de certaines tumeurs sanguines peuvent . quelquefois se transformer en kystes. On peut donc invoquer aujourd'hui, à Tappui de l'hypothèse de Ruysch, des arguments fort sérieux , et il eût été fort difficile de la réfuter si l'examen microsco-
(1) Ant. Vallisneri, Opère fisico-mediche , Venise, 1733, in-fol., t. H, p. S2, et ubulIL
(2) God. Bidloo, Exercitationum anatomico^chirurgicarum décades duœ^dectiS I, «sercit. Il, p. 18, ettab. II^Leyde, l708,in-4«.
(3) Fred. Ruyaeh , Thésaurus anaiomtcus, \l, n» 104, et Ub. V, flg. 6. Amsterdam, I70&, iii-4S p. 71 et 91 ; et, pour plus de détails, Oàserv. anatomico-chiruryi' rarum centuria^ Amsterdam, 1691, in-4*, p. 44, flg. 34 et 35.
(4) Gruveilhier, Anatomie pathologique du corps humaifiy avec planches, V* li- Traison, Paris, 1829, In-foUo, pi. I et II, ei Anatomie pathologique générale^ t. III, p. 481-487, Paris, 1856, in-8*. G.-O. Gregorini, à la fin du dernier siècle, avait in- Toqoé à l'appui de la même opinion ce fait qu'une injection fine, poussée dans les vaisseaux sanguins d'une môle hydatique, avait pu pénétrer dans quelques vésicules. Mais Je pense, avec M. Gruveilhier, que cette pénétration était le résultat d'une rupture (Gregorini, De hydrope uteriet de hydatidiltus in utero visis aut ab €0 cxclusis^ Haie, 17 95, in-4«, 2 pL).
40 DES KYSTES PROGÈNES.
pique n'avait établi d'une manière évidente l'identité déstructure des villosités cboriales et des kystes des môles bydatiques.
Deuxième type. Cavité préexistante clùse^ et naturellement vide. — Les kystes de cette catégorie sont d'abord ceux qui se développent dans les bourses muqueuses et dans la cavité des synoviales tendineuses. On doit y joindre les kystes du cinquième ventricule cérébral, ceux des anciens sacs bemiaires dont le collet est depuis longtemps oblitéré, certains kystes du cordon spermatique,leskystes du canal de Nuck connus sous le nom d'hydrocèle de la femme; et enfin on y joindrait encore l'bydarthrose, l'bydrocèle de la tunique vaginale, les bydropisies des séreuses et des grands ventricules cérébraux, si l'on n'était convenu, comme je l'ai déjà dit (p. 12-i4),de distraire ces diverses affections de la classe des kystes pour les ranger dans la classe des bydropisies.
Parmi les cavités préexistantes que nous venons d'énumérer, il en est qui sont essentiellement closes; telles sont les bourses muqueuses et les synoviales tendineuses. D'autres communiquent normalement avec des cavités plus grandes, mais en ont été séparées par une oblitération plus ou moins ancienne; c'est ainsi que les vieux sacs bemiaires peuvent être transformés en cavités closes par l'oblitération de leur collet ; que le prolongement péritonéal connu sous le nom de canal de Nuck peut être séparé de la cavité péritonéale par suite de l'occlusion de son goulot ; et qu'une partie du conduit vagino-péritonéal du cordon spermatique peut échapper à l'oblitération physiologique et rester perméable, tout en ayant cessé de communiquer avec le péritoine et avec la tunique vaginale. Toutes ces cavités accidentellement closes sont des diverticules de cavités plus grandes, et ont comme ^celles-ci pour paroi une membrane naturelle tapissée d'épitbélium. Les synoviales tendineuses possèdent également une paroi membraneuse à revêtement épitbélial, mais il n'en est pas de même des bourses muqueuses qui, à proprement parler, n'ont pas de véritable paroi. Tantôt normales, ou plutôt produites par des mouvements physiologiques, tantôt accidentelles, c'est-à-dire développées par suite d'habitudes professionnelles, d'attitudes pathologiques, ou de pressions anormales (1), et dues, dans tous les cas, à des actions méca-
(I) Je ne crois pas devoir donner ici l'énomération des boarses maqnenses noi^ maies on pathologiques. Je renverrai pour cela aux traités généraux de chirurgie. Voyez surtout : Bénird et Denonvilliers , Compendium de chirurtfie, t. II, p. 3i« Paris, 1851, grand in.8«; — Follin, Traité de pathologie externe , t. Il, p. lie,* Paria, ISoa, grand in-so.
HYGROMAS CHRONIQUES. 41
niqaes, qui ont pour conséquence de dépasser les limites de la laxité du tissu conjonctif, et d'y produire des ruptures ou des écartements de fibres, elles n'ont d'autre paroi que ce tissu même, irrégulièrement refoulé, inégalement condensé, et leur surface interne est par conséquent privée d'épithélium.
Les cavités closes que nous considérons sont donc extrêmement diverses par leur nature, leur origine^ leur ancienneté et leur constitution anatomique, mais elles ont toutes cela de commun qu'elles existent à l'état de cavités closes plus ou moins longtemps avant de se transformer en kystes, et qu'elles sont naturellement vides, c'està-dire, ou bien qu'elles ne sont le siège d'aucune sécrétion, ou bien qu'elles exhalent seulement une très-minime quantité d'humeur qui lubrifie leur paroi sans former collection dans leur intérieur. II faut donc, pour qu'elles se remplissent de liquide, qu'elles deviennent Te siège d'une maladie capable d'y faire naître une sécrétion anormale. Cette maladie est le plus souvent une inflammation, soit aigoe, soit chronique ; mais quelquefois on ne constate ni les causes, ni les symptômes , ni les lésions de l'inflammation, et la formation du kyste parait due alors à une simple anomalie de sécrétion; il est clair toutefois que cette sécrétion anormale ne peut être autre chose qu'un effet, et qu'elle est la conséquence d'un état morbide de la membrane qui limite la cavité ou des tissus qui la circonscrivent.
L'inflammation aiguè est rarement la cause de ces kystes : si elle est suppurative, elle produit un abcès , non un kyste ; et celle qui, moins intense, se borne à faire exhaler un liquide séreux, donne lieu à une hydropisie aiguë, ou hygroma aigu^ qui se résorbe presque toujours spontanément au bout de quelques jours ou de quelques semaines. Il peut se faire cependant que la résorption lasse défaut, ou soit incomplète, et que la cavité se trouve définitivement transformée en kyste, mais cela est assez exceptionnel, et, loin que l'inflammation aiguë des cavités closes doive faire craindre la formation d'un kyste, c'est au contraire un des moyens que l'art emploie avec le plus d'efficacité pour amener la guérison des kystes développés dans ces cavités.
Les kystes des bourses muqueuses portent le nom de kystes hygromateux, d'hygramas chroniques^ ou simplement d^hygrwnas. L'absence de qualificatif suffit pour indiquer que l'afiection est chronique.
Toutes les bourses muqueuses, normales ou accidentelles,peuvent devenir le siège d'hygromas. L'épanchement de liquide qui lestrans-
42 DES KYSTES PROGÈNES.
forme en kystes a souvent pour cause rinflammation ou l'irritation chronique provoquée par des frottements répétés : c'est ainsi que rhygroma des bourses muqueuses prérotuliennes s'observe principalement chez les individus qui travaillent à genoux, ou chez les religieux qui passent leur temps en génuflexions.
Je signalerai une variété particulière d'hygroma qui se produit fréquemment dans des bourses muqueuses accidentelles développées entre les divers lobes d'ime même tumeur. Ces kystes, appelés lacuneux par M. Lebert, s'observent souvent dans les grands adénomes de la mamelle.
Les kystes des synoviales tendineuses doivent être désignés sous le nom de kystes péritendineux. Le nom de kystes synoviaux qu'on leur a quelquefois donné doit être résen^é pour désigner des kystes •d'une tout autre nature.
Les kystes développés dans le conduit vagino-péritonéal du cordon spermatique, ont reçu le nom^'hydrocèles enkystées du cordon. On a élevé des doutes sur la nature de ces kystes (I), depuis qu'une étude plus complète du vos aberrans et la découverte des débris du corps de Wolff ont permis de rattacher à une origine glandulaire certains kystes du cordon, sur lesquels nous ne tarderons pas à revenir. Mais l'existence de l'hydrocèle enkystée péritonéale du cordon est démontrée d'une manière incontestable. Rappelons d'abord qu'à tous les âges de la vie, et jusque dans la vieillesse avancée, quelques sujets conservent, dans le cordon spermatique, le long du canal déférent, une cavité séreuse allongée, qui provient évidemment du conduit vagino - péritonéal, incomplètement oblitéré. M. Cloquet a fait représenter une pièce sur laquelle trois de ces cavités séreuses, communiquant entre elles par des ouvertures très-étroites, étaient superposées le long du cordon, et ce qui prouvait bien leur origine péritonéale, c'est que l'une déciles, la plus inférieure, communiquait encore avec la tunique vaginale par
(I) DAmta communication à la Société de chirurgie, le 7 avril 1858, M. Gîraldèa •*était borné à dire qu*tmtf grande partie des kystes du cordon spermatique proTe> oaient des débris du corpa de Wolft {BulUtins de la Soc. de chirurgie^ t. Vm, p. 409.) U avait ajouté, p. 412, que les kystes du conduit péritonéal étaient plua rares qu'on ne Tarait supposé. Mais, dana un travail ultérieur, publié en 1861, il a été plua eiclusif, et la quatrième et dernière conclusion de son Mémoire eat « que « Torgaoe tobuleux formé par les rudiments du corps de Wolff est le point de dé- « part, Torigine des tumeurs du cordon connues sous le nom de kystes, é^hydro. m cites enkystées. » {Joumatde physiologie^ de Brown-Séquard, Janvier 181^1, 1. IV,
HYDROCÈLES ENKYSTÉES. A'.i
une ouverture un peu plus large (I). Pour le dire en passant cette disposition explique très-bien la formation des kystes multiples en forme de chapelet» dont Ledran a cité un exemple remarquable : «J'ai conservé, dit-il, une pièce anatomique dans a laquelle on voit quatre petites tumeurs aqueuses, rondes et « grosses comme des noisettes, lesquelles, formées entre les feuillets « du péritoine, se montraient en dehors par-dessous le ligament de « Fallope. n Le sujet avait en môme temps une hydrocèle de la tunique vaginale (2). — Dès le moment qu'une cavité séreuse close, provenant d'u conduit péritonéal, persiste jusqu'à un âge avancé chez un certain nombre d'individus, il devient extrêmement probable que cette cavité est exposée, comme les autres séreuses, grandes ou petites, à devenir quelquefois le siège d'une hydropisie, et à se transformer en kyste. Les faits consignés dans le livre de M. Curling changent cette probabilité en certitude. Les pièces figurées et décrites par cet auteur prouvent que Thydrocèle enkystée du cordon coïncide assez souvent avec l'oblitération incomplète des autres parties du conduit péritonéal. Tantôt la partie inférieure de ce conduit est restée perméable au-dessous du kyste, sous la forme d'un canal séreux qui va s'ouvrir dans la tunique vaginale ; tantôt c'est au-dessus du kyste qu'on trouve un conduit séreux prolongé le long du canal déférent jusqu'au niveau de l'anneau inguinal interne, où il s'ouvre dans le péritoine (3). Ajoutons que l'hydrocèle enkystée se développe quelquefois dans le canal inguinal, à une distance considérable des organes glandulaires qui donnent lieu à la formation des kystes non-péritonéaux du cordon (4).
Les kystes connus sous le nom d^kydrocèks de la femme sont tout à fait comparables aux précédents. L'histoire de ces tumeurs est beaucoup moins avancée que celle des hydrocèles enkystées du cordon spermatique. Toutefois les points suivants sont parfaitement établis ^ i* Le prolongement péritonéal, nommé canal de Nuck, peut rester perméable dans toute sa longueur longtemps après la naissance; Camper en a plusieurs fois retrouvé le vestige chez des
(1) J. Cloqaet, Recherches anatonugues sur iet hernies de Cabdomen, Th. inang., Paris, 1817, in-4*, p. 40, ea note, et pi. IV. flg. 3.
(2) Ledran, Traité des ùpérations de chirurgie^ Paris, l742,in-So, p. 178. <3) Carting, Maladies du testicule, trad. franc., Paris, 1857, in-S*, p. 204-306.
(4) Vo^ei encore, poor l'histoire de l'hydrocèle eokystée du cordon, le Mémoire d'A. Cooper dans son Traité des maladies du testicule {CEuvres complètes^ trad. fraoç.. Paris, 1837, grand in-8«, p. 486); — et Malgaigne, Des tumeurs du cordon spermatique. Th. de concoars, Paris, 1848, ln-4*, p. 8.
44 DES KYSTES PROGÈNES.
femmes mortes en couches. 2* Ce canal peut, chez la femme adulte, devenir le siège d'un épanchement absolument semblable à celui qui constitue l'hydrocèle congénitale chez Thomme. Dans un cas observé par Lecat, chez une femme de quarante-six ans, un conduit séreux émané du péritoine et gros comme une plume d'oie, se prolongeait dans toute la longueur du canal inguinal et venait former, au-dessous de l'anneau externe, une vésicule grosse comme le doigt et pleine de sérosité (I). S"* L'hydrocèle de la femme occupe exactement la région qui correspond au trajet du canal de Nuck ; ce canal, ! comme on sait, se prolonge dans l'origine jusqu'au-dessous de l'anneau inguinal externe. A"* L'hydrocèle de la femme présente, dans sa forme et dans ses rapports, autant de fixité que l'hydrocèle i de la tunique vaginale de l'homme, ce qui permet de considérer I comme probable que cette tumeur a son siège dans une cavité | préexistante naturelle dont les rapports sont constants. On conçoit d'après cela que MonteirH» Palletta. Sacchi et Regnoli, aient été conduits à considérer . xiyarocèle de la femme comme un kyste du canal de Nuck, transformé en cavité close par l'oblitération de son goulot (2). Plusieurs observations, et en particulier celles de Palletta et de Sacchi, tendent à confirmer cette opinion, qui me parait probable, mais qui cependant ne peut être considérée comme rigoureusement démontrée. Ainsi que H. Morpain l'a dit avec juste raison dans son intéressante thèse inaugurale : «Personne « n'a prouvé jusqu'ici que l'oblitération du canal de Nuck puisse 1 « se faire d'une manière incomplète, en laissant persister une cavité « distincte, semblable à la tunique vaginale (3). n Pour ma part, dans mes recherches sur le sac dartolque et sur la terminaison du ligament rond, j'ai constaté plusieurs fois, sur des petites filles, la persistance du canal de Nuck, mais je n'ai jamais trouvé le moindre
(1) Camper, Acad. de Haariem^ L VU, et lecaÀ/ Phiiosoph. TtHinsactions^ wo^ lame XLVII, cités Tan et rautre par Roagemont dans sa tradaction frtoçaùe du Traité des hernies^ de Ricbter, Bonn, 1788, in-4», p. 266 (note).
(2) Monteggia,/fwrt/tuibiitcAirtfr^icA^part. 3,cap.xiv,§ 1660 (édit. Caimi,llilan, 1841, grand in-8», t. II, p. 476). — Palletta, Suit idrocele délie donné, dans Jfem. delC Fnstit, ItaL, t. Il, p. tOl. — Carlo Sacchi, du» Annali wiiversali di Medicifia, vol. XLVII, p. 437 (1831;, trad. dans Archiv. générales de médecine, l'user., t. XXVI, p. 374-888 (1831). — G. Regnoli, Intomo tidroeele délie donne, Pise, 1832, in-8*, flg., traduit dans Arch. génér. de méd,, 2» série, t. V, p. 126(1833). Ce dernier antear admet plusieurs variétés d'Iiydrocèles de la femme; lliydropisie du canal de Nuck constitue l'une de ces Tariétés.
(3) Morpain, Études anatomiques et pathologiques sur les grandes lèvres. Thèse inaug., Paris, 1852, in-4«, p. 46.