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CHAPITRE VIII

APPLICATION DE L ÉLECTRICITÉ, (ÉlectrlMtttoD et ir^avaBlMiiUM.)

Je ne dois pas parler ici de la gaivanoeaustie^ dont on se sert quelquefois pour détruire ou pour extirper les tumeurs ; c'est on mode particulier de cautérisation que je décrirai plus loin, dans lequel rélectricité ne traverse pas les tissus» et n'agit qu'en échaufiant des conducteurs métalliques. La méthode que j'étudierai dans ce chapitre est essentiellement différente. Elle a pour but de faire passa' l'électricité dans les tissus eux mêmes, pour y produire soit des changements chimiques, soit une excitation vitale qu'on suppose capable de modifier leur nutrition.

On a, dans ce but, employé Télectricilé sous toutes les formes, l'électricité statique aussi bien que l'électricité dynamique, les chocs et les étincelles aussi bien que les courants, la galvanisation aussi bi^ que la faradisation. Il en résulte une foule de procédés dont le choix est de la plus haute importance.

Se plaçant au point de vue du manuel opératoire, et laissant aux physiciens le soin d'apprécier les différences qui dépendent du choix de l'appareil électrique, les praticiens ont ramené ces nombreuses applications d'un môme agent impondérable à deux méthodes qu'ils ont désignées sous le nom d'électrisat ion simple au cuicmée^ et d'éUctrO'puncture. La première consiste à appliquer rélectricité sur la peau sans opération préalable; la seconde, à la faire pénétrer directement au sein des tissus par des pointes métalliques poussées à travers la peau.

Mais l'action de l'électricité sur les tissus en général, sur les tissus pathologiques en particulier, ne dépend que très-subsidiairemeot des conditions sur lesquelles repose cette distinction; elle dépend presque exclusivement de la forme sous laquelle l'électricité se dégage des appareils employés.

EFFETS PHYSIOLOGIQUES ET EFFETS CniMIQUES. 459

L*électricité peut produire trois ordres d'eiïets, [es uns physiologiques, les autres chimiques, les autres catariliquas.

La quantité d*électncité qu'on peut Taîre passer à travers les tissus n'est jamais suffisante pour en élever la température à un I degré capable d'en modifier les propriétés. Si une partie éleetrisée s'échaulfe^ cela est dû à Tafflux sanguin produit par raction excitaote ou physiologique de rélectncité, bien plus qu'au passage de l*élec- Iricité elle-même. Celte élévation de température, au surptus, n^est que de quelques degrés et ne mérite pits de nous arrêter plu^ longtemps; nous n'aurons donc à nous occuper que des effets physiologiques et des effets chimiques.

Les premiers sont instantanés, en ce sens qu'ils se produisent au moment même où réiectricilé, statique ou dynamique, fait irruption dans les tissus. Une étincelle, une décharge ne durent qu'un instant infinimefltcourL Presque aussi courte est l'action physiologique d*un courant continu et constant, prolongé même pendant plusieurs heures; elle se manifeste par une sensation ou une contraction subite au moment où l*on ferme le circuit, par un phénomène égal et semblable au moment où on Tinterrompt, mais elle est nulle pendant toute la durée du courant.

Les effets chimiques, au contraire, durent aussi longtemps que le courant lui-même; ils ne se produisent qu'avec une certaine lenteur ; ils sont proportionnels à la durée du courant, et ils sont k peu prés nuls lorsque Télectricité est appliquée de manière à n'exercer sur les tissus qu^une action instantanée, 11 est donc essentiel, lorsqu'oo veut obtenir des effets chimiques, d'employer des courants continus, c'est-à-dire de recourir à la galvanisation. Les étincelles, mfime nombreuses et rapprochées, les décharges, même assez fortes pour donnerde violentes commotionst ont une action chimique inférieure à celle de la pile la plus petite. QuanL aux appareils d'induction, qui donnent une série de courants instantanés, et qui, par la répétition continuelle de leur action exrîtante^ produisent des effets physiologiques extrêmement énergiques, ils ue peuvent produire sur le» tissus aucun effet chimique appréciable, parce que les courants qui se succèdent sont alternativement dirigés en sens ioverseï et que chacun d'eux neutralise les effets de celui qui l'a précédé.

Maintenant, il est clair que les effets de Télectricité dépendent de la nature des appareils qui la fournissent, bien plus que du mode d'application auquel on donne la préférence dans tel ou tel cas particulier. Les aiguilles introduites dans les tissus permettent de faire pénétrer cet agent dans des points déterminés, et peuvent sans

460 APPUCATION DE L ÉLECTRICITÉ.

doute, dans certains cas que nous examinerons tout à l'heure, en rendre les effets plus énergiques, mais elles ne sauraient en changer le mode d'action. La différence qui existe entre l'électrisatioD cutanée et l'éiectro-puncture se réduit donc à ceci : que, dans le premier cas, un conducteur organique est interposé «ntre le conducteur métallique et les parties sur lesquelles on se propose d'agir; tandis que, dans le second cas, le conducteur métallique pénètre dans répaisseur de ces parties. En d'autres termes, rélectrisatjoo cutanée est médiate, Télectrisation par l'autre procédé est immédiate ; mais cette différence n'est pas essentielle et ne suffit pas pour établir une distinction radicale entre deux méthodes.

>En médecine comme en chirurgie, la première base de la classification des moyens thérapeutiques est leur mode d'action. Autant de modes d'actions différents, autant de méthodes. Quant aux détails de l'application, ils ne donnent lieu qu'à des distinctions secondaires qui permettent dégrouper dans la méthode un certain nombre de procédés.

Les nombreux moyens dont on s'est servi pour transmettre aux tissus l'action excitante de l'électricité, directement ÎSiX indirecte* ment, avec ou sans le secours de l'acupuncture, sous forme d'étincelles, de décharges ou de courants induits, rentrent dans une première méthode que nous désignerons sous le nom d'électrisaiion,

La seconde méthode comprend les moyens destinés à faire subir aux tissus l'action chimique de l'électricité, et elle mérite le nom de galvanisation, parce que cette indication ne peut être remplie avec quelque efficacité qu'à l'aide des courants continus ou galvaniques.

Toutefois, les courants continus ne jouissent pas seulement de la propriété de produire des phénomènes chimiques ; ils possèdent eo outre la propriété d'excitation qui se manifeste un^ première fois au moment où l'on ferme le circuit, une seconde fois au moment oà on le rompt, et chaque fois seulement pendant un instant très-court On peut donc s'en servir pour exciter les tissus. En outre, quoiqu'on ne puisse jamais les priver entièrement de leur action chimique, on peut du moins, sciemment ou non, par le choix spécial de la pile et des conducteurs, réduire cette action au point de la rendre à p«i près insensible. Lorsqu'il en est ainsi, les courants continus n'agissent plus que comme excitants , et ceux qui s'en serviraient en croyant appliquer la méthode de la galvanisation, se tromperaient beaucoup; ils n'auraient appliqué qu'un des procédés de la méthode de l'éleclrisation, et l'un des plus défectueux. En d'autres termes, la méthode de la galvanisation ne consiste pas seulement dans

ÉLECTRICITÉ ET GALVANISATIOPÎ .

remploi d'un courant galvanique; mais d'un courant continu engendré, dégagé et propagé de manière à traosmettrÊ eflicaceuient aux liisus raclJoo cbîoiique de la pile.

Je n*en pourrais dire plus long sans entrer dans des détaiJâ de physique pure, qui seraient déplacés dans un ouwage comme cetuici. Ce qui précède suffira, je l'espère, pour convajucre les praticiens que l'application deréïeelricilé n'est pas une cho^se purement lua- Dtielle; qui! ne suffit pas de se procurer le premier appareil électrique venu, et de s'en servir indilTéremmeiit et de la même manière dans Ions les cas; quVnfm, sous peine d'agir tout ;ï fait au hasard, il est indispensable d'acquérir des connaissances précises sur les conditions qui permettent d'utiUser lï*]ec:tricité, suivant les indications, tanibt comme agent d*excitatiou, tantôt comme agent chimique.

J'ai vu un chirurgien, d ailleurs fort estimable, enfoncer dans une tumeur érectile, des aiguilles h acupuncture communiquant avec les deur cooducteurs d'un de ces appareils d'induction qui servent à exciter les muscles, et s'étonner ensuite de n*avoir pu obtenir aucune coagulation* La coagulation du sang est un etîet cliituique, et les courants d'induction ne peuvent produire aucun elTelile ce genre, poÎAqu'ils sont instantanés, et alternativement dirigés en sens inverse. Si le chirurgien dont je parie eût pris la peine d'étudier la physique, il n'eût pas fait subir à son patient une opération douloureuse» et surtout inutile.

Les deux méthodes de réicctrisalion et delà galvanisation comportent chacune deux procédés, l'un médiat, rautre immédiai. Le procédé médiat consiste k appliquer réiectricjté sur les suilaces tégumeulaires; le procédé immédiat consii^te à la taire pénétrer dans les tissus avec des aiguilles à acupuncture.

Les deux procédés de h méthode de 1 électrisation portent les noms d*élec(rimtion iimple ou cufûnée^ et û'éiecirù'punctare, *

Les deux procédés de la méthode de la galvanisaLion portent les noms de galemniaiion iirnpie et de gaham^puncture.

On voit que les mots éleotro puncture et gaJvano-punclure sont loin d'être synonymes, quoique beaucoup d'auteurs les emploient indilTcremment Tun pour l^aulre, par suite d'une confusion qui a plus d'une îoU égaré leur pratique.

Maintenant, on me permettra d'étudier successivement, dans deuJt paragraphes distincts, la méthode de i*électrisatiou, et celle de la g&tvamsattoîtt

§ 1. — Êlectrisatlon et éleetro-pancture.

L'électrisatioD est la méthode qui met en jeo les propriétés exch tantes de rélectricité.

n y a déjà un siècle qu'on a essayé de flûre résoudre certaines tumeurs au moyen de l'électricité. De Haen, espérant que les secoosKi produites par la machine électrique pourraient produire une entation favorable dans les adénites chroniques des scroftileux, fltawc beaucoup de persévérance des tentatives qui furent d'ailleun tout à fait infructueuses. Voici ce qu'il en 'Ait dans la quatrième partie de son ouvrage, publié à Vienne en 1759 : Tentavi an expmmaâm electricitatit succèdent in curandis colli $irumi$ $eropkult$qw^ çmh admodum Actet Acad. Montpel. id testantur. Binas pueilas peif^^ mêmes constmter ad Machinam opplicui^ iciu ad affecta locê dettrminato. sed frustra fuit. An mala inveterata nimis (I)?

Le procédé de la secousse était tellement défectueux que ks insuccès de de Haen ne pouvaient avoir aucune signification; mais on ne tarda pas à perfectionner les moyens d'électrisation, daos le but de substituer à l'action générale de la secousse l'action locale et fréquemment répétée des étincelles. Je ne décrirai pas les nombreux procédés qui furent imaginés dans ce but, et qui ont fidt place aujourd'hui à des moyens d'une application plus commode et plus efficace. Malgré le peu de précision de leurs appareils, les praticieDS du dix-huitième siècle réussirent plus d'une fois à faire résoudre, par l'électrisation, les adénites scrofuleuses, connues alors sous le nom d'écrouelles. Cavallo annonça que les tumeurs récentes guérissaient en général par ce moyen, surtout lorsqu'on y joignait les traitements internes en usage à cette époque (2). Ces résultats, on le voir, n'étaient nullement décisifs. Mauduyt fit à son tour deux essais dont Fissue fut favorable. Il guérit en trois mois, chez une petite fille de six ans, une grosse tumeur ganglionnaire ulcérée de la région parotidienne ; mais il avait joint à l'application de Pélectricité l'usage des bols fondants. Son second malade était un soldat scrofuleux, atteint depuis dix-huit mois d'adénitescervicales volumineuses. Un traitement par l'électricité seule fit d'abord en peu de temps fondre les tumeurs, mais six semaines après les glandes s'engorgèrent de nouveau. On reprit l'électrisation en y ajoutant les

(1) Ant. de Haen, Ratio medendi. Paris, 1761, in-i2, t. Il, p. 200-201, pan !▼, eap. viir, n» 9.

(2) Cavallo, Médical Electricity. Lond., 1780, cité par Mauduyt, Mémoirt sur les différentes manières d'administrer rélectricité, Paris, 1784, In-S^p. 162.

ÉLECTRISATÎON* — fllSTORlQUE.

remèdes internes» et la guérison, cetEe fob» fut prompte et durable (1), Dans une autre partie de son oavrage, Mauduyt parle d*une grosse ioupe molle et indolente, située sur le côté de la poitrine, un peu plus bas que la mamelle^ datant de vingt*troÎ5 ans, chez une femme de sobante ans qui fui soumise à réleclricité pour une hémiplégie. En trois mois ta tumeur, qui était d'abord grosse comme un petit melon ^ fut réduite d la grosêêur d'un pain d'un sou, HaJlé avait été témoin de ce fait, qui aurait gagné sans doute h être présenté sons une forme un peu plus scientifique (2), Le siège et la mollesse de la « loupe n en question ne permettent guère de la considérer comme une tumeur ganglionnaire. Était-ce un lipome ?C*est possible, mais Tobservation est trop incomplète pour être interprétée avec certitude.

Quoi qu*il en soit, la méthode électrique ne prétendait plus seulement à la guérison des écrouelles. Bientôt Grapengiesser proposa de l'appliquer au traitement du goitre (3). Plus tard, La Beaume mil ce projet à ejtécution chez trois malades. Un malade lut guéri ; dans le second cas, le goitre diminua d'une manière not<ible; le résultat fut nul chez le troisième malade (4)* La Beaume se servait des courants galvaniques, mais il les appliquait de telle sorte qu'ils ne pouvaient produire aucun effet chimique, et qu'ils agissaient exclusivement comme agents excitateurs. Par ce moyen il obtint en outre la diminution d*une tumeur abdominale, et la guérison d'une grosse tumeur consécutive à une contusion (5). R fil résoudre complètement une tumeur douloureuse du sein qui datait déjà de plusieurt années (6). Il guérit ou améliora plusieurs malades atteints de tumeurs scrofuleuses des ganglions du cou (7). Enfin, il essaya de traiter les cancers par la galvanisation, mais cette fois il échoua complètement (8)-

Je ne chercherai pas à nier ces faits, quoiqu'il soit bon de fatr€ remarquer quils manquent de précision, et qu*ils ne sont pas suffisamment scicntiûques. Il est certain que les excitations électriques peuvent modifier avantageusement la nutrition de certaines tumeurs

(1) Miuatiyt, loe, etï., p. le*.

(2) loc.ctt., p. 190.

;a> K BùêfHiifioiTtdug/itvamfme. l*arU, l8ÛÎ, la 8, l* II, p. 416. (1} Lft Beaume, Du (foluonismê appiiqvi à ia mé/Jeçùie^ Uaduit de t'uiglal»» pir Ftbfé-Waijral. ParU, 162B, to-8, p. 336. {hj Loc. a/., p, 337- (6) Lot. €iL, p, 300.

li) Pig. 338.

464 APPUCATION DE L* ÉLECTRICITÉ.

ganglionnaires. Il n'y a donc aucune raison théoriqae pour rejeter comme absurdes ou impossibles les guérisons ou les améliorationi obtenues sur d'autres tumeurs noa oancéreuses. On reoomudtn pourtant qu'en pareille matière un fait îsolé a fort peu de stguÉ» cation. U ne s'agit pas de savoir si un lipOme oa ton adénome a fB être guéri ou amélioré par rélectricité, mais de chercher -si J'éketricité a assez de prise eut ces tumeurs pour qu'il y ait lien de hu accorder quelque confiance ; et un pareil jugement n'est possiUe que lorsqu'il existe dans la science un certain nombre d'obsenitions authentiques et comparables. Je ne m'occuperai donc pas des tumeurs qui ont été une fois par hasard soumises à rélectrisatioa, avec plus ou moins de succès, et, me restreignant à celles qui «nt été Tobjct de recherches plus sérieuses, je n'aurai à parler que des goitres et des engorgements ganglionnaires chroniques.

On vient de voir que sur trois cas de goitres, La Beaume obtint une guérison, une amélioration et un résultat entièrement noli

M. Massé a publié eu 1850 trois autres faits qui sont moins encourageants. Le premier cas, intitulé demi-succès^ est relatif -à un goitre dur et bosselé, qui finit par étouffer le malade. L'auteur essaya d'abord l'électro-puncture, puis l'électrisation simple avec l'appareil d'induction de Clarke; le traitement fut continué pendant six mois et parut enrayer la marche du mal, mais au bout de ce temps les accidents s'aggravèrent, et le malade mourut deux mois, plus tard. Dans le second cas, il s'agissait d'une femme de trente ans atteinte d'un simple goitre hypertrophique peu volumineux et inoifeDsif. L'électro-puncturc iîit appliquée pendant un mois sans aucun résultat. Enfin, dans le troisième cas, un petit gotlre fut traité par l'Aeotrisation simple, à l'aide de l'appareil d'induction de Breton. «Je (( n'ai point obtenu la guérison, dit M. Massé, mais chacun a pu eoD- « stater une amélioration positive (1). »

On voit que l'action de l'électrisation sur les goitres est fort iIlce^ taine. Le succès annoncé par La Beaume m'empêche de rejeter cette méthode d'une manière absolue,, mais j'avoue que je lui accorde bien peu de confiance.

Elle est beaucoup plus efficace dans le traitement des adénites chroniques et des engorgements hypertrophiques des ganglions. J'ai déjà parlé des résultats très-satisfaisants obtenus par Mauduyt. Sigaud La Fond, à peu près à la môme époque, traita douze malades par l'électricité associée aux médicaments internes, et fit résoudre

(I) Journal des connaùsances médico-chimrgicaies. Paria, 1850, In-S, t. XXXV, p. 98.

TlMliLItS GA^CLIONNAmi£S.

des engorgenienis qui avaleul résisté à ces tnédicameats avant remploi simultané de['électncité(f). LaBeaume^ qui faisait du gal- Tanisme une sorte de panacée, ne manqua pas de rappliquer au] traitement des lumeur^chroniques des scrofuleux, II employaittanlôt ' la galvanisation locale (2), qui seule doit nous occuper ici, tantôt ce qu'il appelait le traitement galvanique constitutionnel, car il avait Tillusion de croire que Texcitalion électrique des viscères, et spé*l cialeoieDt des organes digestils^ guérissait la dîathèse scrofuleuse et une infinité d'autres atîections constitutionnelles* Le plus souvent il associait ces deux modeâ d'administration du galvanisme. Sur les Urois malades mentionnés dans son livre, deux furent guéris de leurs tumeurs; le troisième eut un abcès qui se cicatrisa» mais il mourut phlliisique peu de temps après (3). L*électrisation provoqua également, au bout de cinq ou six séances, rinflammalion et la suppuration d'une tumeur du cou, traitée par Riiïault etFabré-Palaprat (i). M. Massé rapporte que Récamier fit traiter avec un succès complet par réleclro-puncture, une tumeur gangtîonna ire abdominale assez volumineuse pour comprimer Tinlestin et pour arrôler le passage des matières fécales. Au bout de huit Jours le cours des matièr€S était rétabli; au bout d*uû mois, la lumeur avait entièrement disparu (5). Peu de temps après, M. Massé fit résoudre, à l'aide deTappareil d'induction da Clarke, une tumeur ganglionnaire du cou (6). Dans un autre cas, où les tumeurs cervicales, multiples et bosselées, dépendaient manifestement d*une cause scrofuleuse, il employa d'abord Télcctrisation simple, puis l*éleclro-puncture. Il y eut plusieurs points de suppuration, et le volume de la tumeur diminua sensiblement (7j. On lit le passage suivant dans un des premiers mc-

it) Sigaud La Fond, De Nkcîrkiîé médicale^ Pariâp 1603* In-B, p. SSD, (Il h tue lera ici des expreiêions de Tauleur; mail je rappeUerai que le gatvan'siDf, tel qu'U l*eïn|»loyait, ne pouvait produire aucuoe sctiun ehîmîque. CeUe reEnarque û'ëcbappa pas à aon Undiitteur Fabré-t'aliiprat, qui, dans une longue préface, Ût rei- •ortir les nvanl!i|esde réledro-puncture, récemmepl invenléû par SarEandj^re, en JtuUUini âur ■ l'aule électro cbimique ■ qui le paAS€ autour dei aigujilt $ inUoduite^ dûm icfl Viasm, cri qui a pour con<^équrnce de le» Titre oii>der tcirtqu'elif s nml en fer. {Pry'ffiecûeU iraducliini rran(;al«e de Vim\T%^e de La Ileat^nie, pîir Fatm^-Pûlapral. Pûri-<, I8ÎS, io-8, p. 4^ et paaslin.) (4j La Beaume, Du gnivanitmc appliqué à Itt médecme, irad. franc* Paris» IMtî,

(4) MétHemvragê. Inlrodttetioo pir Fabrét^alapril, p, ïfA

(h) Julr* Massé, De téifr iridié en thérapeuhque, dan* Joutn, dci conn, métiici»* fJiirur^icaUs, UiiO, t. XXXV, p, m |Observ. UXh (61 Lùc. cit., Ohmrïï, XX,

466 APPLICATION DE l' ÉLECTRICITÉ.

moires de M. Duchcnne (de Boulogne) sur rélectrisation localisée : «Nous avons employé l'excitation électro-cutanée dans deux cas «d'engorgement des ganglions sous-maxillaires contre lesquels on « avait longtemps fait usage des pommades iodurées. L'un des malades fêtait à la Charité, dans le service de M. Andral, l'autre à l'Hôtdi Dieu, dans le service de M. Martin-Solon. Sous l'influence d'exci- « tateurs métalliques, promenés chaque soir sur la peau qui recou- (fvrait la tumeur, l'engorgement diminua rapidement (1). » Cela prouve que les malades furent améliorés. Mais furent-ils guéris? Il est permis d'en douter. Enfin M. Boulu a communiqué, en 1854, à l'Académie des Sciences et à l'Académie de Médecine, les résultats de ses recherches sur le traitement des adénites cervicales chroniques par rélectrisation localisée. Sur sept malades qui sont mentioooés dans son mémoire, deux ont été guéris, l'état des cinq autres a été considérablement amélioré (2).

Je n'ai eu recours qu'une seule fois à cette méthode, dans un cas d'hypertrophie ganglionnaire cervicale. Je me suis senî des courants induits de l'appareil Legendre et Morin; je plaçais l'un des électrodes dans la main du malade, Tautre sur la tumeur que j'avais exactement recouverte d'une mince plaque de plomb. Les séances duraient de cinq à dix minutes, et étaient reprises tous les jours ou tous les deux jours. Au bout de quatre ou cinq séances, il y eut une diniinution notable; au bout d'un mois, après une vingtaine de séances, la tumeur était réduite du volume d'un œuf de pigeon au volume d'une noisette. Le malade, très-satisfait mais non guéri, retourna en province ; je ne sais si l'amélioration s'est maintenue.

D'après les faits qui précèdent, et qu'on pourrait sans doute multiplier en faisant des recherches plus étendues, il me parait difficile de ne pas admettre que rélectrisation a la propriété de provoquer fréquemment, dans les tumeurs chroniques et non spécifiques des ganglions, un travail de résolution partielle, et quelquefois même de résolution totale. Ce phénomène me paraît devoir être attribué à l'excitation, ou, si Ton veut, à l'irritation produite par le passage du fluide électrique. A l'état chronique des ganglions engorgés, succède probablement un état subaigu, ou du moins une hyperhémie passagère, qui favorise la résorption, et je crois d'autant mieux k cette

(1) Archives générales de médecine^ ISSf, 4* série» t. X\V, p. 306.

(2) Boulu, Traitement dei adénites cervicales chroniques par téleciricité /ocdlh sée, Paris, 1856, broch.^ in-8 de 31 pages.

ÉLECTRISATÏON. — PROCÉDÉS-

acliôn irritante, que, chez plusieurs malades, comme on a pu le voir, les ganglions, avant de se résoudre, ont suppuré.

Gardoûs-nous cependant d'exagérer refficacilé de celte méthode; elle il peu de prise sur les tumeurs très-anciennes, et tout permet de croire qu'elle est sans efflcacité sur les engorgemenU iuàercuieux des ganglions lymphatiques. Comme il est souvent difllcile, quelquefois impossible de savoir si ces ganglions sont infiltrés ou non de matière tuberculeuse, on est exposé à faire dans beaucoup de cas des tentatives tout à fait infructueuses. Mais ce Lraitemexit ne produit iiucune douleur véritable ; la suppuration qu'il provoque quelquefois ne peut être considérée comme un accident sérieux; on peut donc y recourir sans défiance, et je pense qu'avant d^extiiper les tumeurs ganglionnaires cbroniques qui ont résisté aux trailemenls ordinaires, il est bon de chercher à en obtenir la résolution partielle on totale au moyen de réJectrisation.

Le mode d'application de cette niélhode n*est sans doute pas indifférent. Sans parler des décharges électriques destinées à donner des commotions plus ou moins fortes, on a employé tour à lour, dans le but de faire résoudre les tumeurs, les étincelles el les aigrettes, les courants galvaniques et les courants induits. Mais ceux qui ont adopté Tun ou l'autre de ces procédés n'ont pas fait leur choix en vue du traitement des tumeurs. Ils ont appliqué aux tumeurs le procédé qui était en vogue de leur temps dans le trailement de la paralysie; or, s'il est probahle que le moyen le plus propre à réveiller racUon des nerfs et des muscles est en mérr>e temps le plus propre h. amener la résolution des productions accidentelles, il faut bien avouer que cela n*est pas expérimentalement démontré.

Ne connaissant aucune série des recherches comparatives faites dans le but de déterminer le meilleur mode d'application de Télectricité dans te cas qui nous occupe, nous serons obligé de faire appel à des considérations théoriques,

Lorsrpi'on traite une tumcnr par la méthode de rélectrisation, on se propose d'utiliser les propriétés excitantes de 1 "électricité, et non ses propriétés chimiques. Or, Taction excitante de rélectricité est instantanée, et il faudrait qu'elle fût extrêmciiient violente pour produire un elTot durable, acheté, selon toute probabilité au prix d'une commotion dangereuse, Ge n'est donc pas par linlensité de la dé- 4:harge qu'on doit chercher à provoquer dans les tumeurs des changements favorables, et il faut se résigner à n'employer que des appareils d'une force modérée; mais une excitation instantanée pe j

énergique serait fort peu efficace , si l'on a'ayait la ressource de It reproduire plusieurs fois de suite dans une seule séance. C'est par la répétition de cette action légère qu'on peûî espérer de traosmdtie sans danger au tissu des tumeurs une excitation suffisante.

L'ancien procédé des étincelles permettait d'atteindre ce bat; mais il était environné de difficultés pratiques fort gênantes. Il exigeait remploi d*une machine volumineuse j qu'on ne pourait ima^ porter chez les malades, et d'ailleurs il n'agissait que faiblement snr les parties profondes. Il fut donc abandonné lorsque la découverte de Volta eut fourni le moyen d'obtenir un dégagement considérÉble d'électricité avec des appareils plus portatifs. Ce fut alors qu'on substitua aux premiers procédés l'emploi des courants continus, ioiUH vation fâcheuse qui eut pour conséquence de rendre TélectrisatioD beaucoup moins efficace, et de discréditer cette méthode. On n'a pas oublié que les courants continus, seuls capables de produire des phénomènes chimiques de quelque importance, n'exercent leur action excitante qu'au moment où l'on ferme le circuit et an moment où on le rompt. On peut, il est vrai, en une seule séance, couper et rétablir le courant un grand nombre de fois, c'est-à-dire que les courants continus peuvent devenir efficaces à la condition d'être continuellement interrompus. Mais il s'écoula plus de trente ans avant que cette vérité fût entrevue, et aujourd'hui môme efle n'est pas suffisamment connue des praticiens. Il n'est donc pas étonnant que les tentatives d'électrisation faites avec les courants galvaniques aient donné des résultats inférieurs à ceux qu'on obtenait avant la découverte du galvanisme.

L'application des courants d'induction à la thérapeutique a ouvert, il y a une vingtaine d'années, une nouvelle carrière aux progrès de l'électrisation. C'est depuis lors seulement que cette méthode est définitivement entrée dans la pratique, et personne aujourd'hui n'en conteste l'efficacité dans le traitement de plusieurs affections nerveuses ou musculaires. Les courants induits sont instantanés; ils sont entièrement privés d'action chimique; on les manie, on les gradue avec la plus grande facilité; pouvant être réitérés plusieurs fois par seconde, ils n'ont pas besoin d'être énergiques pour produire dans les tissus une forte excitation. Ce procédé, dont la supériorité est démontrée dans les cas où l'on se propose de stimuler les nerfs oa les muscles, est donc, selon toutes probabilités, celui qui convient le mieux dans le traitement des tumeurs par la méthode de Vélectrisation. D'après cela, je conseille de lui donner la préférence, mais j'ai déjà dit, et je répète qu'il n'a pas été mis en parallèle avec les

ÉLECTRO-PUNCTUTIE,

aulres par une expérimenlation méthodique, seule capable de résoudre défînîlivement les questions de pratique.

n ne suffit pas de choisir Tappareil électrique le plus eonvenablep il faut encore se préoccuper du mode d'à ppheation des conducteurs.

On sait que ta peau conduit rétectncité aussi bien que les autres tissus; ou sait en outre que» lorsque les deux pôles d*une pile sont mis eu contact avec un corps conducteur, le couraot, toutes choses égales d'ailleurs, tend à se rermer en suivant le trajet le plus court. Ou a donc pensé que rélectrlcité appliquée à la surface de la peau devait eooceûtrer toute sou action sur les couches superficielles, et qu'elle devait pénétrer difficilemeDl dans toute Tépaisseur d'une tumeur, même d'une tumeur sous^cutanée* Quoique les belles recbercbes de M* Duchenne (de Boulogne) sur l'électrisation localisée des muscles aient montré que les courants, appliqués avec les précautions convenables à l'aide de conducteurs humides, peuvent pénétrer dans les chairs jusqu'à une assez grande profondeur, il est clair qu'il serait avantageux de pouvoir agir spécialement sur le tissu des tumeurs, sans perdre dans les téguments une partie considérable, et indéterminée, de l'électricité dégagée par TappareiL

C'est dans ce but que Sarlandiéres, en 18'â5, avait imaginé l'électro- , puucture (1). U ne s'en servait que pour agir plus directement sur] les nerfs dans les cas de névrose ou de paralysie. Mais d'autres,! après lui, l'appliquèrent au traitement des tumeurs. Lorsqu'on sel propose de modifier l'état chimique des parties situées sous lai peau, ce moyen jouit d'une supériorité incontestable. Mais, n'envisageant ici rélfîctricilé qu'au point de vue de son action stimulante, je considère rélcctro-puncture comme un procédé peu efOcaee lorsque j la dose d'électricité employée est légère {ce qui n'a pas besoin d'êlre j démontré), et défectueuse lorsqu'elle est plus forte, car alors Télec*' Iricilé, exerçant une action Irés-considérable sur le trajet des aiguilles et infiniment moins intense sur le reste de la tumeur, produit dans celle-ci des foyers d'irritation qui augmentent beaucoup' les chances de la suppuration. On a vu que plusieurs abcès se formèrent chez le malade que M, Massé traita par l'électro-puncture.

Je pense donc que rélectro-punciurc ne mérite pas la préférence que quelques praticiens lui ont accordée. D'ailleurs, si l'on craignait que l'électricité ne pénétrât pas suffisamment dans l'épaisseur des tumeurs, par le procédé ordinaire de l'électrisation simple, on pour^ rail se servir des excitateurs de M. Boulu. Ce sont deux demi-dis-

(I) Stria Eidièrrfl, Mémoires mr téfrcirrhimncfurt, e( fur rempht du mùTûJtiponuii. Pari*, 1125, in-S, t voL âe ISO page*.

470 APPUCATION DE l'ÉLBCTRICITÉ.

ques métalliques à suiface granulée ou garnie de pointes mousses et supportés par une plaque d'ivoire, à laquelle un manche est adapté. Les deux disques sont fortement appliqués sur les deux côtés de la tumeur, comme si on voulait la pédiculer ; puis on les met en communication avec les deux rhéophores d'un appareil d*inductîon, et l'électricité, passant par le plus court chemin d'un demi-disque à l'autre, traverse directement le tissu de la tumeur.

J'ai fait allusion plus haut à un procédé aujourd'hui abandonné, qui consiste à faire pénétrer l'électricité dans Torganisme sous forme de décharge (bouteille de Leyde). Ce procédé est connu sous le nom de commotion électrique. Il n'en est pas de plus défectueux. La commotion agit sur l'ensemble de l'organisme. Elle exerce sans doute une action plus forte sur les points qui reçoivent la décharge et la transmettent au reste du corps : c'est ainsi, par exemple, que la foudre produit quelquefois de très-graves lésions locales sans déterminer immédiatement la mort. Mais tout permet de croire qu'une commotion assez forte pour modifier d'une manière durable l'état d'une tumeur serait extrêmement dangereuse. Je ne parlerais donc pas de ce procédé, qui est illusoire quand la commotion est faible, périlleux quand elle est plus énergique, et que je repousse par coo» séquent d'une manière absolue, s'il ne me paraissait intéressant de mentionner à ce propos un singulier effet de la foudre. Le docteur Easton a publié l'observation d'une dame qui, ayant eu le bonheur de survivre à un coup de foudre, fut délivrée peu de temps après d'une tumeur squirrheuse qui avait résisté aux traitements ordinaires (i). Le journal The Lancet rapporte que lé nommé Reubea Stephenson, de Langloss, fut foudroyé avec ses chevaux, qui furent tués. Il en réchappa à grand 'peine, et resta malade pendant quelque temps. Le docteur Allison, de Bridlington, appelé à lui donner des soins,«lui proposa de l'opérer d'un cancer de la lèvre inférieure (« malignant cancer ofthe vnder lip), dont le début remontait déjà à une époque assez éloignée. La proposition fut acceptée, et il fut convenu que l'opération serait pratiquée lorsque la santé générale du malade serait bien rétablie. Mais, quand le jour fut venu, M. Allison remarqua que la tumeur de la lèvre avait sensiblement diminué; il se décida donc à attendre; la résorption continua à s'effectuer, et au bout de peu de temps l'homme fut complètement guéri ( 2). Les journaux politiques ont plusieurs fois annoncé des faits semblables;

(1) Walshe, On Nature and Treatment of Cancer, Lond., 1846, iii-8, p. 205.

(2) The Lancet, 6 oct. 1855, vol. U, p. 334.

GALVANISATION, — EFFETS CHIMÎQUES* 471

j*ai cité ceux qui précédenl parce qu^ils ont élé observés par des médecins.

On sait que la perturbation profonde produite par Taction de ta foudre, chez les individus qui y survivent, a plusieurs fois eu pour conséquence de modifier avantageusement la conslitulion, de changer en quelque sorte le tempérament, et de guérir des maladies invétérées [!)• Est-ce à un eiïet de ce genre qu'il faut attribuer la résolution des tumeurs dont nous venons de parier? C'est possible, mais il est possible aussi que Taclion locale de la foudre ait directement modifié la structure des tissus pathologiques, au point de dénaturer leurs éléments et de les rendre accessibles à l'absorption.

§ 3. — GâWanUation et galvAno-puDcture.

L*a galvanisation est la méthode qui a pour but de faire subir aux tissus ou aux liquides de réconoEiie raction chimique de l'électricité*

Pour obtenir celte action chimique, on est obligé d'employer des courants continus, dégagés, soit parla pile de VolLi, soit par des piles à un ou à deux liquides.

Tout courant continu, dégagé par une pile dont la tension est assez forte pour surmonter la résistance des tissus, produit des phénomènes chimiques qui ie pai$eni probablement dans toute l'étendue du courant, mais qui se manifestent exclusivement aux deux pôles, ou plutôt aux deux points où les rbéophores sont mis eu contact avec les tissus.

Lorsqu*on plonge dans leau pure deux aiguilles de platine communiquant avec ta pile» l'oxygène se porte au pôle H-, l'hydrogène au pôle — , et ces deux gaz se dégagent aous forme de bulles. Aucun dégagement n'a lieu dans l'intervalie qui sépare les aiguilles, et Teau qui reste dans le vase, après la cessation du courant, n*a subi aucune altération chimique. Il est bien certain cependant que les molécules d'eau, interposées entre les deux aiguilles, ont éprouvé des modilîcattons continuelles pendant toute la durée du courant ; car les produits gazeux, résultant de la décomposition des molécules d'eau touchées par tes aiguilles, au lieu de se dégager ensemble au nireau de chaque aiguille, se sont dégagés simultanément, mais séparément, tout roxygéne sur Taiguille positive, tout rbydrogénc sur l'aiguille négative» De deux choses Tune par consécpient : ou bien les molécules de Teau intermédiaire ont été continuellement traversées

Ht ^^y* BotidlD, Traité de géographie H dt tiatùfique méikules, f«rtf, IIS7, IJÏ-S, t, 1, p. SOO.

472 appucâtion de lélbgtbigité.

en deux sens opposés rar ces gaz, attirés vers leurs pôles respectiii; ou bien, ce qui est infiniment plus probable, ce qui est même k pes près démontré, les gaz n*ont pas été transportés, et chacune des molécules de Teau intermédiaire a sans cesse échangé ses éléments constituants avec les molécules voisines, pendant toute la durée du courant (i). Dans Tune ou l'autre hypothèse, on est obligé d'admettre que les conducteurs liquides, traversés par un courant continu, ne sont pas en repos comme ils paraissent l'être. Les phénomènes chimiques appréciables se manifestent seulement aux deoz points d'immergence des conducteurs ; mais ces phénomènes ne peuvent se produire qu'à la faveur d'un transport ou d'un édiange de matière, qui s'effectue dans toute l'étendue du liquide interposé.

Lorsqu'on répète l'expérience sur une solution saline, le sel est décomposé en môme temps que l'eau; l'acide se porte au pôle positif, la base se porte au pôle négatif. On constate aisément ce double phénomène avec les papiers réactifs; et l'on constate en outre que le liquide reste neutre entre les deux pôles, lorsqu'ils sont suffisamment éloignés l'un de l'autre. Ainsi, comme dans le premier cas, l'action chimique ne se manifeste qu'autour des pôles, et le liquide interposé ne subit pas de décomposition; mais il faut de toute nécessité que les molécules de ce liquide soient continuellement le siège d'un transport ou d'un échange de matière.

Maintenant, supposons que les deux conducteurs de la pile, au lien d'être immergés dans un liquide, soient appliqués sur un tissu organique humide, comme un fragment de muscle ou de peau. Lorsque la tension de la pile est assez forte pour que le courant puisse aisément passer, des phénomènes chimiques plus ou moins évidents, mais toujours appréciables au moyen du papier réactif, se manifestent aux deux pôles, et, suivant l'énergie du courant, on observe au niveau de ces pôles tous les degrés intermédiaires, depuis une légère réaction, acide au pôle +> alcaline au pôle — , jusqu'à la désorganisation complète des parties qui sont en contact immédiat avec

(2) Pour mieux faire saisir cette explication, qui est due à Grotthns, et qui eit seule compatible avec les expériences, nous supposerons que le couraat Invene da

p61e + au p^le — une série de molécules contigués, nommées a, b, c x, y^ z,

La molécule a en contact avec le pôle + est décomposée ; son oxygène se dégage; son hydrogène se combine avec Toxygène de la molécule b pour donner une molécule a*; l'hydrogène de 6 se combine aussitôt avec l'oxygène de c pour dooner noe nu>> lécnle l/, et ainsi de suite, Jusqu'à la dernière molécule i dont l'hydrogène ae dégage sur l'aiguille négative ; il résulte de cet écl.ange continuel que les éléments dei molécules intermédiaires se renouvellent continuellement pendant toute la durée du courant, sans que la composition chimique de ces molécules soit altérée.

CALVANtSATION. EFFETS CDÎMIQUES.

Î6S deux conducteurs. Les parties interDiédiaircs, au conlraire, coqserreot sans altéralion leur structure et leur compDsilion chimiques^ mais, comme dans îes cas plus simples que nous avons d'abord pris pour exemples, on est obligé d'admettre que ces parties n*orit pas joué le rûle de simple conducteur, et que, peudanl la durée du courant, elles ont laissé passer^ ou échangé de proche en proche, les éléments de Tacide et de ralcali qui sont mis en liberté autour de leurs pôles respectifs.

Sur le TÎvant, rexpéneoce donne le mdme résultat; en choisissant une piJe assez forte en tension et en intensité {l), et en faisant péné* trerles courants dans les tissus par des surfaces très-petites» on produit, au niveau des points d'application, des phénomènes cbimiques évidents. Mais ceux-ci ne peuvent être conslatéi que lorsqu'ils sont très-intenses, c'est-à*dire lorsqu'ils aboutissent h la désoi^anisatton du sang ou des tissus qui sont en contact avec les pûles. Une action chimique moins énergique ne laisse pas de lésions durables; si Tacide qui se porte au pôle positif n'est pas assez concentré pour altérer anatomiquement les tissus voisins, rintcrruption du courant lûtse les parties dans un état qui ne tarde pas àredeTenir normal; réquilibre se rétablit tout aussi promptement au niveau du pôle négatif, et raction chimique ne peut être constatée. Si le courant est plus fort» et continué plus longtemps, les phénomènes chimiques peuvent produire au niveau ries pôles une modttication locale, suivie de réaction inflammatoire; mais Faction chimique, ici encore, n'est que passagère; ce n'est pas sur l'état anatomique des parties qu'elle exerce son influence, elle n'est qu'une cause d'irritation, et les lésions qui peuvent lui succéder n*ont rien de spécial* Somme toute, cette action n'est manifeâte que lorsqu'elle est poussée à rextrême, c'est-à-dire jusqu'à fa désorganisation des éléments anatomiques.

Mais, quelles que soient les conditions où l'on se place, pounu que réiectricîté passe à travers les tissus, sur le vivant comme sur le cada\Te, les courants continus ne peuvent pas ne pas produire des effets chimiques. Nous dirons tout h l'heure quelles sont tes conditions propres à rendre ces effets plus ou moins énergiques; nous \t>uIons seulement constater ici que, forts ou faibles, ils sont constants, qu'ils sont semblables aux phénomènes de la décomposition de Teau pure ou salée, et que, comme ces derniers, ils se réalisent

(If L*iQlemité d'uni pflc est proportïoonellË t la lurfAcâ de Tun qaekonqae de ei élémemi. La tension est proporlionnelle au nomùre des éléiixeDU. C'est par li œMo» que te courant surmonte la t^l»tancc des corps peu copducleuff* A tenatoo 8»le, les tïïeià dilmlquei mni proportionnels à TinlfUsUi de b pile.

autour des pôles. Mais, comme ces derniers aussi, ils produisit nécessairement, dans les parties comprises entre les pOles, un transport ou un échange de matières, qui s'effectue de molécule en molécule, et sans lequel les phénomènes qui se passent autour des pôles seraient impossibles.

Supposons que deux aiguilles de platine soient plongées dans une tumeur, et mises en communication avec les deux pôles d'une forte pile. Au bout de quelques minutes, il y aura une eschare autour de chaque aiguille; les «éléments anatomiques compris dans cesdem eschares seront désorganisés, et le sang des vaisseaux qui traversenl Teschare du pôle positif sera coagulé. Si la mortification do tisso dépend exclusivement de Faction respective des acides et des bases respectivement concentrés autour de chaque aiguille, ou si elle ne dépend pas aussi, en grande partie, d'une cause toute différente, c'est une question que j'ai étudiée ailleurs (1), et qu'il ne conviendrait pas d'examiner ici. Mais, ce qui n'est pas contestable, c'est qae la coagulation de Valbumine du sang dans l'eschare du pôle positif (2) est due uniquement à l'action des acides qui se portent vers ce pôle. 11 est donc certain qu'un ou plusieurs acides ont été mis en liberté autour de l'aiguille positive, que leurs bases se sont portées vers l'aiguille négative, et que les parties intermédiaires ont subi, de molécule en molécule, une perturbation qui a commencé et fini avec le courant. Si la tumeur, par exemple, est composée de cellules, on peut considérer le conducteur humide inierposé entre les deux pôles comme formé d'une série de cellules contiguês, chacune d'elles empruntant et prôlant à ses voisines, pendant toute la durée du courant, les éléments des corps électro-négatifs et des corps électro-positifs qui se rendent ou plutôt se groupent, ceux-ci autour du pôle négatif, ceux-là autour du pôle positif.

Jusqu'à quel point cette perturbation moléculaire qui, sans porter atteinte à la composition chimique des éléments organisés, amène du moins très-probablement pour chacun d'eux, par voie d'échange réciproque, le renouvellement d'une partie de leur substance, jusqu'à quel point, dis-je, cette perturbation peut-elle modifier leurs propriétés vitales? C'est une question que je ne chercherai pas à résoudre parle raisonnement, et que je me propose seulement de signaler à l'attention des expérimentateurs. Il est possible qu'après la

(1) Broca» Des anéorysmes et de leur traitement, Paris, 18S6, in-S, 2« partie, chap. XIV, Galvano-puncture, p. 332-341.

(2) Je ne parle pas de la coagulation de la fibrine qui, selon toute probabilité» n*est pas due & une acUon chimique. Voy. loc cit., p. 321 à 325.

GALVANISATION PROLONGEE,

cessation du courant k vitalité des élemetits organisés soil modifiée, comme if est possible aussi qu*elle ne le soit pas. 1! est possible encore que certains éléments anatomiques résistent mieui que d'autres à celle action du galvanisme, que les éléments pathologiques y soient plus accessibles que les éléments normauj^, qu'enfin les diverses espèces d'éléments pathologiques soient, sous ce rapport» inégalement partagées* Autant de questions que la théorie ne peut pas même aborder» et de la solution desquelles dépend en grande partie l'avenir du galvanisme. Depuis que le peu d*efftcacité des courants continus, cùnsidérés cofntne agents d'excitation^ a été reconnue, ûD a presque entièrement renoncé à la galvanisation, en réservant cette méthode pour les cas spéciaux où Ton veut obtenir au mmau éespâiei une action chimique violente, comme une coagulation ou une escharification. Mais il n'est nullement démontré que l'action plus légère d'un courant continu, appliqué de manière à respecter la structure analomique des parties, soit incapable de modifier les propriétés et la nutrition des tissus. II j a deux ans, M. Legouest communiqua à la Société de chirurgie Thisloire d'unsous-ofûcier qu'il avait guéri d'un torticolis intermittent (1), à l'aide d'un courant continu fourni par un seul couph de DanicU^ et très-faible par conséquent, puisque la tension était réduite au minimum; mais ce courant, qui ne produisait aucune sensation, était maintenu sans interruption douze heures par jour. Dès le troisième jour ramélioratlon se manifesta ; au bout de douze jours la guérison était parfaite (2). Lorsque le fait fut présenté k la Société de chirurgie, des doutes s'élevèrent sur la cause de la guérison. M, Bouvier fit remarquer que la pile était Lien faible, il se demanda si la guérison n'avait pas simplement coïncidé avec une éleetrisation qui lui paraissait b peu près illusoire, et je pensai comme lui que le courant fourni par un *ei// couple de Baniell était incapable d'agir comme e^icitant sur les muscles. U était certain d'ailleurs que lapplication du courant n'avait produit sur le malade de M. Legouest ni sensation ni contraction ; nous étipns donc autorisés à faire des résenes sur la signification d'un fait qui était en contradiction avec les idées régnantes sur le mode d'action de réleclricité. Mais aujourd'hui, ayant été

(0 C'e&t \t DOfTt sous lequel cette afîecdoTi eit dénignëe; milA te mot Intennlttmii ne dùii pa^ faire croire que la mtlâdie fût sujcUe I repâr&ltre à certainei époque». La tcte étail droite lorsque le inalade était au re^H)» i et le toi UtJïLb ae produirait «paâTDodiquement dèj qu'il conimenç^tit h oiarcber. Cet état durait depuis dU-boLt mois et atuU réâislé à tous le« triitemeiiU,

(1| Bulletim de ia Société d€ chirut^^^, mut, t* «érie, t. \l, p, 334 et 420.

476 APPLICATION DE l' ÉLECTRICITÉ .

conduit par l'étude du traitement des tumeurs à distinguer le mode d'action de Vélectrisatim^ de celui de la galvanigation^ je n'ai plus aucune raison théorique pour mettre en doute la possibilité d'agir aiec ef&cacité sur la constitution des tissus, à l'aide d'un courant continn, trop faible même pour agir comme excitant ; et je trouve même extrêmement probable que la guérison du malade de M. Legouest a éié due aux modifications que le tissu musculaire a éprouvées, sous l'influence d'une galvanisation faible, mais très-longtemps prolongée.

Il y aura donc lieu Je pense, de chercher si la méthode de lagilvanisalion prolongée, pratiquée avec des courants peu énergiques et trop faibles pour produire môme de la douleur et des contractions musculaires, ne pourrait pas modifier aussi le tissu de certaines tameurs, à la faveur des perturbations moléculaires que la théorie nous oblige à considérer comme la conséquence nécessaire de i'actioo chimique des courants continus.

Occupons-nous maintenant des phénomènes chimiques évidents et durables qui se passent au niveau des pôles. Aussi bien ce sont les seuls qui aient été étudiés jusqu'ici, et qui aient étS utilisés dans la thérapeutique.

Ces phénomènes, quoique dépendant d'une môme cause, doivent être considérés séparément. Ce sont : la coagulation du sang, et la désorganisation des tissus. De là découlent deux applications bien distinctes de la méthode de la galvanisation, suivant qu'on se propose de provoquer l'oblitération d'une tumeur vasculaire, ou de détruire en totalité ou en partie le tissu d'une tumeur solide. ^

Mais, avant de parler de ces applications, nous devons chercher les conditions propres à produire dans les solides ou dans lesliquidésda corps des altérations chimiques aussi profondes, car, s'il est vrai que tout courant continu produise dans les conducteurs humides des actions chimiques, il n'est pas moins vrai que ces actions sont souvent trop légères pour désorganiser le sang ouïes éléments anatomiques.

Considérée dans son ensemble, l'action chimique exercée par le courant galvanique sur les tissus qui sont mis en qpntact avec les conducteurs de la pile, est proportionnelle àl'activité du courant qui traverse ces tissus; mais, considérée en un point déterminé, elle est proportionnelle seulement à la quantité d'électricité qui passe par ce point. Il en résulte qu'à courant égal l'altération chimique des tissus autour de chaque conducteur est d'autant plus rapide et d'autant plus grave que la surface de contact est plus petite (1).

(1) Je dis à courant égal, et non avec la même pile, attenda que, lorsqu'on réduit la surface de contact, on augmente la résistance que les tissus opposent au|

GALVANO-PUÎiCTLRE, ACTION CAUSTIQUE. 477

Ainsi, lorsque retendue du contact est deux fois plus considéra- ] ble au p^e posilir qu'au pûle négalîf, ]a quantité d'électricîté qm s*écDuIe à chaque point de contact esi deujt fois plus grande autour 1 de ce dernier pôle, et, quoique Tact ion chimique, eoûsidérée dans son enserable^ soit équivalente autour des deux pôles, elle produit | une altération beaucoup plus forte dans les tissus qui sont en con* tact a\'ec le pôle négatif,

La gravité de raltération chimique, toutes choses égales d'ailleurs, est doue en proportion inverse de la surface mise en eommunicalion â?ec les rbéophores; de là résulle la possibilité d'obtenir la déstiï^anisation ûes tissus ou la coagulation du sang avec des courants d'une force modérée, en réduisant, autant que possible, retendue de la sur^ce de contact.

Quelque grande que soît cette surface, il serait toujours possible de construire une pile donnant un courant assez fort pour désorganiser les tissus; mais la secousse produite par Tirruption d'un pareil courant serait mortelle, ou du moins très-dangereuse. Ce n'est donc pas en augmentant la force du courant, mais en diminuant la surface d'application ; qu'on peut arriver à obtenir par la galvanisation les effets chimiques qu'on veut produire.

On remplit cette indication au moyen de la galvano-puncture.

La galvano-puncture a un autre avantage. On a tu que TacUon chinaique proprement dite ne se manifeste qu'au conLict des pôles. Sans le secours de la galvano-punclure, on ne pourrait donc agir que sur la peau. Sans elle, il serait impossible de faire coaguler le sang dans un vaisseau, ou de produire une eschare dans le tissu d'une tumeur.

Maïs, en réduisant ainsi retendue de la surface de contact, on augmente considérablement la résistance des conducteurs, et, pour vaincre cette résistance, oe est obligé d'augmenter la lension de la pile*

Cela posé, on s*csl seni de la galvano-puncture |>our remplir deux indicatioûs bien distinctes : 1° pour faire coaguler k sang dans les tumeurs sanguines (anévi^smes, varices, tumeurs érectiles); 2'*pour désorganiser le tissu des tumeurs solides*

Je gitsserai rapidement sur cette dernière indiCiition* Crusellj de Satnt'Pétersbourg, avait espéré que le courant continu, porté par

d6 ritoetrkiié; on dimlniie, par e^ni^queiii, Ia rorc« du murinlj poar rendre au courant ion énefgle première, c^esfl-à-dJrÊ pour ffliru écouter dan» i>n t*tnjri donné une qtjaDtité d'ëkctricilé pgate, il faut vaincre la réilManee ûm lîorulueieura tn BUgmentanI noa Vmtensilé, oiali la iemion de It pitei iaon V<hndu€f uiaia le nomèrt 46 aet é^.éineiiti.

4T8 APPLICATION DE l' ÉLECTRICITÉ.

des aiguilles jusqu'au centre des tumeurs solides, pourrait non-feolement produire rapidement des eschares autour des aiguîHes, nuis encore, à la longue, modifier les éléments anatomiques dans une étendue considérable. Autour du pôle négatif, ces éléments, dissous par les alcalis, devaient s*écouler le long de raîguîlle, et des tumeurs volumineuses, môme des cancers du sein, devaient être détruites et enlevées molécule à molécule par cette méthode. Ces prévisions théoriques, énoncées dans les premières communications de CroseD aux Académies de Saint-Pétersbourg et de Paris, ne se réalisèrent pas. Grusell lui-même ne tarda pas à renoncer à sa méthode, qui mériterait à peine d'être mentionnée si les tentatives infructueuses de l'auteur n'avaient été le point de départ de ses travaux sur la gaivano-caustie, méthode toute différente, dont il sera question plus loin.

L'idée de faire dissoudre les éléments des tumeurs par Taction chimique de la pile n'a aucun avenir. Cette dissolution ne pourrait eo aucun cas se produire au pôle positif où se portent les acides, qui sont coagulants. Les alcalis se portent à l'autre pôle, et on sait que la plupart des tissus peuvent se dissoudre, plus ou moins promptement, dans les alcalis concentrés ; mais dans la galvano-puncture , telle qu'on peut la pratiquer sur l'homme vivant, ces alcalis ne sont jamais assez concentrés pour produire un pareil résultat.

La galvano-puncture, pratiquée suivant les indications de Cniseil, ne peut donc avoir d'autre conséquence que de produire des eschares, dont il faut ensuite attendre l'élimination, comme si ces eschares avaient été obtenues à l'aide d'une pointe de feu ou d'un fil enduit de caustique. Mais l'épaisseur de ces eschares est-elle du moins assez considérable pour que le tissu d'une tumeur puisse être détruit en totalité ou seulement en grande partie? S'il en était ainsi, la méthode de Grusell pourrait peut-être, dans certains cas particuliers, remplir des indications utiles. Mais il résulte des expériences que j'ai faites sur les animaux, que l'épaisseur des eschares n'est en propo^ tion directe ni avec la force ni avec la durée du courant. Étant donné un courant capable de produire une eschare, celle-ci au bout de quinze à vingt minutes a atteint une épaisseur qu'elle ne dépasse pas sensiblement lorsqu'on prolonge l'expérience pendant une heure. Voilà pour la question de durée. Pourra-t-on du moins avec des courants de plus en plus forts (jusqu'à la limite de la prudence) obtenir des eschares de plus en plus épaisses? Je crois pouvoir répondre négativement à celte question. L'épaisseur de l'eschare s'accroît sans aucun doute avec la force du courant, mais non en proportion de cette force. On produit aisément avec des courants modérés des es-

GàLVANCHPUNCÎURE- — ACTION COÂGULAJSTE.

chares de deux à trois millimétreâ d'épaisseur ; si alors on double le nombre des éléments, c'est-à-dire la Icnsîon de la pile, Tcschare ne s'étend pas même d'un millimètre. Pour obleair une eschare épaisse d'un centimètre^ il faudrait employer des piïes d'une force forniidable. La méLbode de Crusell ne peut donc être acceptée dans le traitement des tumeurs de quelque volume, et, pour tes petites tumeurs, elle est évidemment inférieure k plusieurs autres méthodes infiniment plus simples*

J*ai pourtant guéri par ce moyen, sans le vouloir, une tumeur érectile grosse comme une petite amande, qui occupait presque toute rétendue de la lèvre supérieure d'un enfant encore h la mnmelle. Mon regrettable coltégue Jamain m'avait adressé cet enfant à Thôpital des Cliniques, où je remplaçais ^L Nélatoo. La. tumeur faisait des progrès rapides. Je me décidai à la traiter parla gahano-puncture, espérant obtenir seulement ta coagulation du sang. J*enfonçai dans la tumeur quatre aiguilles, dont trois furent mises en commuai' cation avec le pôle positif d'une pile de Vulta; la quatrième aiguille communiquait seule avec le pôle négatif. Les disques n'avaient que

L quarante-trois millimètres de diamètre, et, avec une aussi faible intensitéf j*avais cru pouvoir porter la tension jusqu'à cinquante couples. C*étaït beaucoup trop. Avant que la coagulation du &ang fOt complète, je m'aperçus qu'une escbare s'était produite autour de la pointe de Taiguille négative, qui arrivait jusqu'à une très-petile distance de la peau. Je m'arrêtai aussitôt. L' escbare paraissait d'abord asseî mince, mais dès le lendemain je pus m'assurer quVIIe avait quatre millimètres de diamètre. Lorsqu'elle se détacha, elle laissa une cavité large et profonde; et le reste de la tumeur se modifia si bien pendant la cicatrisation, que la lèvre de Tenfant revint peu à peu à son volume normal. Cette tumeur avait guéri comme elle aurait pu le faire si je Tavais tardée avec une flècbe de cblorure de zinc.

M. Ciniselli de Crémoue a détruit de la même manière un névrômede la jambe dont le volume n^est pas indiqué {!).

Là seconde indication de la galvaao-puncture est beaucoup plus importante. Elle concerne exclusivement les tumeurs sangui Des, et repose sur raction coagulante de rélectricité. J'ai consacré, dans mon Traité dei anévr^âmei, un long chapitre à tjalvano-puncture, et je prendrai la liberté d'y renvoyer le lec-

HiHr : je ne présenterai ici que le résumé des recberches que j'y ai coDsignée?»

( j) BulL de ÎQ Soc. dt chirut-gttf 2* sérl**, *. t, p, 471 (l800\

480 APPLICATION DE l'ÉLECTRICITÉ.

Lorsque deux aiguilles, communiquant avec les pAles d'une pîle suffisamment forte, sont immergées dans un vase rempli de saqgdéfibrine, on voit aussitôt paraître autour de l'aiguille négative une sorte de mousse diffluente, formée de bulles gazeuses très-petites et du au dégagement de l'bydrogène; autour de Taiguille positive, l'oxygène se dégage sous forme de bulles beaucoup plus grosses et infiniment moins nombreuses. Si le métal des aiguilles est oxydable, il peol se faire que l'oxygène du pôle positif se combine entièrement avec l'aiguille, et alors le dégagement de gaz n'a lieu qu'au p6le négatif.

Bientôt un caillot d'un rouge noirâtre se dépose autour de Taigiiille positive; mais, quelle que soit la durée du courant, aucune coagnbtion ne se produit sur l'autre aiguille.

Le dégagement des gaz est le résultat de la décomposition de l'eau ; la coagulation est la conséquence de la décomposition des sels neutres du sang, et notamment du chlorure de sodium, dont l'acide se porte au pôle positif; c'est cet acide qui coagule l'albomine du sang.

Lorsqu'on introduit les deux aiguilles dans les vaisseaux d'un animal vivant, le résultat est plus complexe. Le sang vivant renferme de la fibrine, qui se coagule au pôle positif en même temps que Ttlbumine; cette coagulation de la fibrine n'est probablement pas un phénomène chimique, car elle s'effectue aussi au pôle négatif, où les conditions chimiques sont inverses. Ainsi, sur le vivant^ il se forme un caillot autour de chaque aiguille, et, en outre, le caillot du pôle positif est plus gros et plus solide que lorsqu'on opère sur du sang défibriné.

M. Strambio, plus tard MM. Baumgarten et Wertheimber, ayant reconnu que, sur le sang défibriné, la coagulation ne se fait qu'aotour de l'aiguille positive, et n'ayant pas tenu compte de la coagnlition fibrlneuse, ont conseillé de simplifier l'opération de la galvanopuncture ,* en ne poussant dans la tumeur sanguine que la seule aiguille positive, et en appliquant simplement à la surface de la pein le conducteur du pôle négatif. Ce procédé, connu sous le nom de mmo-galvano-puncture, est ingénieux sans doute, mais il fait perdre le bénéfice de la coagulation fibrineuse qui s'effectue sur l'aiguille négative, dans le procédé ordinaire. Je le considère donc comme inférieur à ce dernier.

Le but qu'on se propose d'atteindre est de coaguler le sang, soit dans une poche anévrysmale, soit dans une veine dilatée, soit enfin dans les innombrables petits vaisseaux, dans l'espèce d'épongé saogiiine qui constitue les tumeurs érectiles. On désire obtenir une

GALVANO-PtTPÎCTUIîE. — CAUSES DES ESCHARES. 48 1

coagulation aussi étendue que possible; maïs le courant qui fait coaguler le sang agit en outre sur les lissus traversés par les aiguilles, et tend à les désorganiser. On est donc exposé â produire des eschares. Cet accident, qui, dans certains cas, peut avoir des suites Irèsfàeheuses» a toujours au moins Tinconvénient de provoquer la suppuration et de laisser des cicatrices. On doit donc chercher à l'éviter, et on peut dire que l'atenir de la galvanopuncture dépend du succès de cette recherche,

A On de soustraire à Tactton du courant les tissus traversés par l'aiguille, M, O'Shaugnessy d'abord, ensuite et surtout M. Pétrequto, ont employé des aiguilles enduites, jusque prés de leur pointe, d'un vernis isolant de laque ou de résine. Mais cette précaution est însuf- Usante, car M* Pétrequin lui-même a plusieurs fois produit des eschares. Il faut croire que le vernis s'écaille et laisse passer rélectricil 6; on ne s'en étonnera pas si l'on songe que ce vernis doit être très-mince, et qu'il est soumis h un frottement assez fort au moment où Ton introduit l'aiguille. Il est certain toutefois que les aiguilles vernies diminuent les chances de reschariiication ; elles doivent donc recevoir la préférence dans le traitement des anévrysmes et des varices. Alors, en eflet, la pointe des aiguilles pénètre dans une cavité spacieuse, et la partie non vernie peut lîlrc enfoncée de manière à û*être en contact qu'avec le sang. Mais il n'en est plus de même lorsqu^il s*âgit d'une tumeur érectile; ici les aiguilles, dans toute leur longueur^ traversent alternativement des cavités vaseulaires et des tissus organisés. Si donc Pon vernit une partie de ces aiguilles, il arrive de deux choses Tune ; ou bien le vernis s'écaîllet et alors la précaution est inutile ; ou bien le vernis ne s'écaille pas^ et alors les téguments échappent bien h l'eschariflcation, mais celle-ci se produit autour de la pointe des aiguilles» c*est-{i-dirc au centre de la tumeur, et les eschares qui eu résultent, ne communiquant pas avec l'extérieur, ne peuvent Hre éliminées qu'après avoir provoqué la formation d'un abcès; circonstance plus fâcheuse que si les légumeuts avaient été mortifiés du premier coup. J'ajoute que la li^'ue de démarcation entre ta partie vernie et la partie non vernie est difficile à voir sur une aiguille libre, et impossible à déterminer sur «ne aiguille introduite dans les tissus* Le hasard seul peut faire que cette ligne de démarcation coïncide exactement avec les Limites de là tumeur Par conséquent, sous peine de mettre les téguments eu contact avec la partie non vernie^ on est obligé d'enfoncer l'aiguille assez profoudémeut pi>ur qu'une cerlaine longueur de la partie verlie pénétre dans la tumeur; et, à moins que celle-ci ne soit Irôs-

482 appugâtion de l'électricité.

volumiDeuse, cela ne peut se faire qu'en vernissant l'aiguille jusque très-près de la pointe. Il en résulte cette double conséquence, que les couches superficielles de la tumeur échappent à la coagulation, et que rélectricité, se dégageant seulement par la pointe, et agissant avec une énergie inversement proportionnelle à la surface de dégagement, concentre toute son action sur une très-petite étendue éd tissus. Ainsi les chances de Tescharification sont accrues, en même temps que l'étendue de la coagulation est diminuée. Et cela suffit, je pense, pour m'autoriser à dire que les aiguilles vernies ne doivent pas être employées dans le traitement des tumeurs érectiles.

Faut-il donc renoncer à Tespoir d'utiliser la galvano-punctore, comme agent de coagulation, sans s'exposer à produire des eschares? Ces deux phénomènes, savoir : la coagulation qu'on veut obtenir, et rescharification qu'on voudrait éviter, sont-ils inséparables? L'expérience permet déjà de répondre qu'ils ne le sont pas. La galvanopuncture a été pratiquée un grand nombre de fois, et la coagulation a été obtenue dans beaucoup de cas sans aucune escharifîcation. Il ne s'agit plus que de déterminer les conditions propres à transmettre aux tissus des courants appropriés à l'indication qu'on veut remplir. Les faits publiés ne peuvent malheureusement pas nous guider avec précision dans cette recherche. Des résultats en apparence contradictoires se sont montrés dans des conditions en apparence semblables; mais pour interpréter convenablement chacun de ces faits, Q faudrait connaître exactement la surface, le nombre des éléments de la pile, le volume, la nature, le nombre et la distance des aiguilles; il faudrait en quelque sorte avoir les instruments sous les yeux, ou môme avoir assisté à l'opération, car les observations les plus complètes fourmillent de lacunes sur ces détails essentiels.

L'expérimentation sur les animaux pourra seule conduire à la solution du problème qui nous occupe. J'ai fait, il y a sept ans, avec M. Jules Regnauld, aujourd'hui professeur à la Faculté de médecine, un certain nombre d'expériences que j'ai depuis lors répétées et variées. Je ne suis pas encore en mesure de lever toutes les difficultés. On me permettra néanmoins d'exposer ici, à titre de renseignements, quelques-unes des remarques que j'ai pu faire.

La coagulation de l'albumine dépend exclusivement de l'action chimique du courant. Il ne m'est pas démontré que cette action chimique soit la cause unique de la production des escbares; mais elle y contribue du moins dans une certaine proportion. Ces deux effets dépendent donc, en tout ou en partie, d'une cause commune.

Tout courant assez fort pour produire une eschare dans certaines

GALVANO-PUNCTURE. — CAUSES DES ESCHARES.

conditions d*application, coagule nétes&airement, dans les mCmes conditions, raJbumine du sang qui est en contact avec les aiguilles. Mais la réciproque n'est pas vraie» U faut un courant plus foH, ou» pour mieux parler, il faut une action chimique plus forte pour désorganiser les tissus que pour coaguler le i^ang* H s'agil donc de faire descendre l'action chimique au-dessous du degré qui désorganise les tissus, sans la faire descendre au*dessous du degré qui coagule le sang.

Ce but peut être atteint de deux manières ; iioit par le choix de la pile, soit par le choix du procédé d'application.

Atlribuant la formation des eschares à réchauiTement des aiguilles, M* Pétrequîn a donné la préférence aux piles à pelils éléments, et particulièrement à la pile à colonne de format ordinaire; Oji sait, en elfet, que les piles à grands éléinenls sont seules capables de dégager^ dans un temps donné, assez d'électricité pour chaufTer fortement un conducteur métallique. Mais lorsqu'un corps non métallique, et par conséquent mauvais conducteur, est interposé entre deux rhéophores, la quantité d'électricité qui traverse les conducteurs n'est jamais suffisante pour en élever la température à un degré appréciable. Les eschaies ne sont donc pas dues à la chaleur. Dès lors, le motif qui a dirigé le choix de M. Pétreqmn est lout à lliit sans valeur.

Les eschares ne dépendent pas de llntensité de la pile, mais de sa tenûon. C'est par la tension, c'esl-à-dire par le nombre des éléments, que le courant, quelle qu'en soit la source, devient capable de s*éehapper par la pointe des aiguilles, et de vaincre ensuite la résislance des corps mauvais conducteurs, en traversant les liquides ou les tissus. La iaibte quantité d'électricité dégagée par une pile à petits éléments^ ne pourrait donc produire sur le corps d*un animal vivant aucun effet chimique appréciable, sî Ton ne multipliait le nombre des éléments. C*est ainsi que M. Pétrequin a été conduit h élever le nombre des couples de sa pile de Voltaà quarante, cinquante, et mi^me au delà* J'ai voulu limiter^ et j'ai produit des eschares.

Et, chose bien digne d'attenUon, faisant ensuite avec cette même pile de Vol ta (dont les disques n'avaient que quarante- trois niillimè^ 1res) des expériences sur le sang défibriné, j'ai constaté que le caillot formé autour des aiguilles, avec cinquante couples, était moins gros et moins prompt que le caillot fourni par quatre éléments de Bunsen, de format ordinaire, disposés en tension.

Cest ce qui m'a conduit à reconnaître que le mojen d'éviter les

484 APPLICATION DE l'ÉLECTRICITÉ.

cschares consistait à employer des piles assez intenses, c'esi-à-dire assez étendues en surface, pour pouvoir fournir des effets chimiques avec une faible tension.

Cette môme pile de Bunsen à quatre éléments, qui donne une coagulation prompte et abondante, ne produit pas d'eschares sur les lapins; je pense donc qu'elle remplit les deux indications delà galvanopunclure, mais je n*ose pas encore affirmer que cette combinaison soit la meilleure de toutes.

Après le choix de la pile, vient le choix des moyens d'application. A tension et h intensité égales, ou, en d'autres termes, à courani égal, l'action coagulante ou cautérisante de la pile, comme onli déjà Ml, est inversement proportionnelle à l'étendue de la sarfaw d'application. Tel courant qui, se dégageant par une seule aiguille, produirait une escharc, n'en produira pas si on le fait pénétrer dans les tissus par plusieurs aiguilles pour chaque pôle. Deux fois, sacrifiant aux idées généralement reçues sur le défaut d'action coagulante des aiguilles négatives, j'ai eu recours à un procédé déjà employé par M. Bossé, dans un cas d'anévrysme de l'aorie; procédé qui consiste à introduire dans les tumeurs plusieurs aiguilles positives et une seule aiguille négative. Dans ces deux essais, je me se^ vis de quatre aiguilles, trois positives et une seule négative. Dans le premier cas, que j'ai déjà rapporté, il y eut une seule eschare, qui se forma autour de l'aiguille négative {\), Chez l'autre malade, il y eul deux eschares : l'une grande, autour de l'aiguille négative; l'autre petite, autour de l'aiguille positive la plus voisine; les deux autres aiguilles positives ne produisirent aucune mortification (2). On diminue donc l'action cautérisante d'un courant en multipliant les points d'immergence, c'est-à-dire en employant plusieurs aiguilles pour chaque pôle. Ce procédé convient particulièrement dans le traitement des tumeurs ércctiles, parce qu'alors on se propose de multiplier autant que possible les foyers de coagulation. Pour oblitérer un anévrysme, un gros caillot est préférable à plusieurs petits; pour oblitérer une tumeur érectile, il faut, au contraire, produire le plus grand nombre possible de petits caillots.

Un mot enûn sur la nature des aiguilles. On donne assez généralement la préférence aux aiguilles de fer doux, ou d'acier. Ces aiguilles, étant oxydables, favorisent la décomposition de l'eau, et l'oxyde qui en résulte favorise la décomposition des sels, en attirant

(1) Yoy. plus haut, p. 479.

(2) J'ai cité et commenté cette observation dans mon Traité des anévnjxmei, p. 324, 336 et 339.

GALVANO-PUNCTUBE. — CHOIX DES AICmU.ES. 485

i*acîde vers le pAl^ posltiLEn outre, les métaux oxydables conduiseat l'électricité mieux que les méUtiix non oxydables* Toutes oes conditions ont paru de nature à factiiter ractïon cïtîmîque de la pile, et M, Steilin est mt^ioc allé jusqu'à dire que tes aiguilles non oxydables, en or ou en platine, ne pouvaient produire aucune coagulaliou.

Toul cela est purement imaginaire. Déjh, dans mon Traité des anévry$me$ (p. 351), j'avais dit que la question ne me paraissait pas jugée sans appel, et que les aiguilles de platine n'étaient pas inférieures aux aiguilles de fer. Aujourd'hui, par suite dVxpériences toutes récentes, je suis en mesure de démontrer la supériorité des aiguilles de platine.

Toutes les fois qu'une pile est capable de coaguler le sang déû-

briné, la coagulatiou peut être obtenue avec raîguillc de platine, et

celle-ci donne^ en tous cas, un caillot aussi prompt et aussi gros que

[ raiguille de fer. Mais la réciproque o'est pas vraie, 11 y a des piles,

I et ce sont à mon avis les meilleures, qui ne donnent aucun caillot

sur les aiguilles de fer et qui donnent de beaux caillots sur les ai-

L^guilles de platine.

^P Les piles à fortes tensions, comme la pile de Volta de quarante à ^ cinquante éléments, donnent des caillots avec toutes les aiguilles. 1 Mais les piles à faibles tensions se comportent tout autrement. Lorsqu'on dispose en tension quatre ou cinq éléments de Bmsen, et qu on adapte successivement aux rbéophores des aiguilles de mfime longueur, de m£*me volume^ mais de diverse nature, on obtient sur le sâng défibriné des résultats très-différents*

Les effets qui se produisent au niveau de raiguille négative sont les mômes dans tous les cas. Ce qui varie, c'est l'action de l'aiguille positive.

Les aiguilles d'or et de platine, métaux non oxydables» sont celles qui» dans un temps donné, donnent le plus gros CtulloL

Les aiguilles d'argent donnent un caillot plus petit. Les aiguilles de cuivre donnent un caillot plus petit encore. Le volume du caillot diminue à mesure qu'on emploie des métaux plus oxydables.

Enfin, les aiguilles de fer ou d'acier, auxquelles on a donne une préférence imméritée, ne produisent, avec la pile en question, aucune coagulation. J'ai prolongé sans résultat Texpénence pendant plus de vingt minutes. Au bout d'une minute, Taiguille est déjà altérée; elle s'altère ensuite de plus en plus; mais je répète qu'elle ne provoque pas la plus petite coagulation.

Voilà, certes» des résultats bien imprévus. L'affinité des méluui

En terminant, je dois m*excuser peut-être d'avoir insisté si loDgtemps sur les applications thérapeutiques de rélectricité. La valeur actuelle de réleclrisation et de la galvanisation, dans le traitemeot des tumeurs, n'est certainement pas en rapport avec la longueur do chapitre que je leur ai consacré; j*ajoute même que, dans ma pensée, ces méthodes ne sont pas appelées à acquérir une grande importance pratique. Mais il est certain que jusqu'ici elles n'ont pas été mises à l'épreuve avec assez de rigueur et de discernement, pour qu'on puisse savoir aujourd'hui ce qu'elles pourront produire plus tard. Il m'a donc paru utile de mettre les praticiens en mesure de diriger convenablement leurs recherches.

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