‹ Traité des tumeursChapitre 108 sur 140 · CAUTÉRISATION EN NAPPE · texte numérisé non relu

CAUTÉRISATION EN NAPPE

Après l'ablation des polypes naso-pharyngiens , qui, comme on sait, s'implantent le plus souvent sur la face inférieure de l'apophyse basilaire de ToccipitaU la cautérisation au fer rouge a été fréquemment employée, par le procédé de M. Nélaton, à travers une perforation du voile du palais et de la voûte palatine» pour aller détruire les restes de la tumeur, et pour combattre les récidives à mesure qu'elles se produisent. Les résultats définitifs de ce procédé ont été beaucoup moins beaux qu'on ne s'y attendait. Le rapport lu à la Société de chirurgie, en 1860, par M. Verneuil, a montré combien étaient rares les guérisons sans récidive (i). En tout cas, lorsqu'on se décide à appliquer ce* procédé, le cautère galvanique me semble préférable au fer rouge ordinaire, parce que la cautérisation galvanique, pratiquée au moyen d'un corps métallique peo volumineux, qui rayonne faiblement sur les parties voisines, peat être continuée pendant plusieurs minutes, sans interruption, et permet de détruire profondément les insertions du polype, sans léser le reste du pharynx. On sait que la chaleur de ce cautère renaît incessamment à mesure qu'elle se perd dans les tissus que touche l'extrémité de l'instrument.

Les caustiques les plus divers ont été employés dans le traitement des tumeurs, et plusieurs praticiens, renonçant à l'usage du bistouri, les ont adoptés comme méthode générale. Chacun, bien entendu, a son caustique de prédilection, et il serait superflu d'énumérer les innombrables substances qui ont été tour à tour préconisées comme devant produire la guérison radicale des tumeurs, voire des tumeurs cancéreuses. Je me bornerai à rappeler ici qu'il y a deux sortes de caustiques : les caustiques coagulants qui se combinent aux tissus, en les condensant, et qui font coaguler le sang dansles vaisseaux,— et les caustiques fluidifiants, qui forment des eschares molles, et qui laissent dans les vaisseaux le sang à l'état liquide. Cette division, proposée par M. Mialhe, est bien préférable à toutes les autres, même à la division généralement adoptée, qui classe les caustiques d'après leur degré de consistance ( solides, mous, liquides et pulvérulents). Les caustiques coagulants, parmi lesquels je citerai le chlorure de zinc, le chlorure d'antimoine, le bichlorure de mercure, le nitrate acide de mercure, et les acides minéraux, peuvent être appliqués sur des surfaces ulcérées, fongueuses et saignantes, sans donner lieu à des hémorrhagies. Ils sont même employés quelquefois à titre d'agents hémostatiques. Ils ne mettent pas à l'abri des hémorrhagies

(1) Bulletins de la Société de chirurgie, 1860, ?• sér., t. I, p. 144-172, et 2S8-272, Voy. surtout p. 263.

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