CHOIX DES RHÉ0PH0RË5 ET DV CONDUCTEUR. SUS
teur que dans les rhéophores, cl ceux-ci, par oonséquetii, s'échaufferont beaucoup moins que celui-là.
Si l'on iulerposait entre les deux rhéophores, au lieu d'un couduGttur de platine, un conducteur non méLallique, liquide ou 50« | lide, la résistance serait inÛnicienl plus grande que dans le cas préeédetit, et iJ semble au premier abord que la quaratilé de calorique ' dégagiëe devrait dire accrue en proportion inverse de la conductibilité du conducteur. Il n*en est rien cependant* Pour que la chaleur | se produise, il ne suffît pas que Tel eclri cité rencontre une réshtancfi; il &ut que cette résislauce soit vaincue^ et qu'une grande quantité d'électricité puisse traverser le conducteur. Or, les conducteurs non métalliques les moins résistaDts résistent deux millions et demi de fois plus que le platine» qui est le plus mauvais conducteur de tous les métaux (Polillei), La quantité d'électricité qui s'écoule à Iravers les corps non métalliques est donc inOniment trop petite, quelle que soit la pile employée» pour donner lieu à un dégagement appréciable de chaleur. Je n'insiste pas davantage sur ce point, que j'ai , déjà examiné ailleurs.
11 faut donc que te conducteur que l'on se propose de chauffer s*>il métallique, et qu'il soit en or, ou mieux encore, en platine.
4" Le volume des parties que traverse le courant n'est pas moins important que leur nature, Supposons que toutes les parties du circuit soient formées du même métal^ mais qu'elles niaient pas pai^ tout la même épaisseur; supposons, par exemple, que les rbéopbores soient deux gros fils de cui^TC* el que le conducteur soit un fil de cui%Te plus mince : c'esidans le fil minée que la chaleur se produira principalement. C'est parce que la résistance est d autant plus grande que le fit est moins gros. On a même démontré que le dégagement de la chaleur augmente en raison inverse de la quatrième puisfiance du diamètre du fîL Ainsi, lorsque la partie mince du fil a un milltmétrc de diamètre, et que le reste du fil a un diamètre double, la quantité de chaleur qui êe dégage est seiïe fois plus considérable iiDs le fil fin que dans le gros fil (loi de RiEss),
Pur consiéquent, pour remplir l'indication qui consiste h chauffer le plus possible le conducteur, et le moins possible les rhéophorefi,il faut : 1' d*une part, que le conducteur soit en plaline et peu volumineux; 2^ d'une autre part, que les rhéophores soient en fer, eili cuivre ou en laiton, et qu'ils soient d*un volume bien supérieur à oelui du eouducleur.
n est nécessaire toutefois que les rhéophores soient flexibles, afin qu'ils puissent suivre la main du chirurgien pendant les opé-
536 gàlvanocaustie.
rations. Un rhéophore formé d'un seul fil de cuivre ou de fer, ei assez gros pour ne pas s'échauffer lorsque le conducteur de platine est porté jusqu'à Tincandescence , n'aurait aucune flexibilité. On remplace donc ce gros fil par une espèce de corde métallique formée de huit ou dix fils; on obtient ainsi des rhéophore suffisamment souples et d'un volume bien supérieur à celui des plus gros conducteurs de platine usités dans les opérations galvaaocaustiques.
Nous avons supposé jusqu'ici que le conducteur était cyliadrique; mais il n'est pas nécessaire qu'il le soit. Il peut être disposé en forme de lame. C'est ce qui a lieu dans plusieurs instruments galvanocausliques. Ce que nous avons dit des fils est également applicable aux lames. Une lame se comporte exactement de la même manière qu'un fil de même volume» c'est-à-dire offrant la même surface de section.
3"^ Occupons-nous enfin de la troisième* condition, c'est-à-dire de la longueur des obstacles, et n'oublions pas que, pour obtenir un dégagement de chaleur, il ne suffit pas d'opposer une résistance au passage du courant; il faut que la pile employée puisse vaincre cette résistance, et faire passer à travers l'obstacle une grande quantité d'électricité. Lorsque l'obstacle est suffisamment court, il est surmonté par le courant, et la chaleur se produit; mais s'il est plus long, la résistance s'accroît en proportion, la quantité d'électricité qui peut passer dans un temps donné diminue dans la même proportion, et chaque point, considéré en particulier, se trouve dans des conditions de plus en plus défavorables à la production de la chaleur.
Ainsi, étant donnée une pile capable de produire des effets caloriflques, on pourra obtenir sur le même fil des résultats trèsdifférents. S'il est trèt-court, il fond instantanément; plus long, il devient incandescent sans se fondre; si on l'allonge davantage, il descend à la température du rouge, puis du rouge sombre; avec quelques centimètres de. plus, il redevient terne, mais il est encore assez chaud pour brûler les doigts; enfin, au delà de celte longueur, il s'échauffe de moins en moins et cesse bientdi-de produire des lésions sur les tissus qu'on met en contact avec lui. En d'autres termes les effets calorifiques sont en raison inverse de la longueur du fil.
L'étude de ce phénomène mérite de nous arrêter quelques instants, parce que beaucoup d'opérations galvanocaustiques se pratiquent avec une anse de fil serrée circulairement sur le^pédicule des tu-