‹ Traité des tumeursChapitre 129 sur 140 · RÉSULTATS IMMÉDIATS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS IMMÉDIATS

SùUi k rapport de§ rêiuîiaU immédiats^ la méthode sanglanlc possède un certain nombre d^avantages, mais ces avantages sont plus ou moins compensés par des inconvénienls auxquels les autres méthodes ne paraissent pas exposer au même degré.

Le grand avanlage de la méthode sangkinte, cVsl qu'elle se prête» et<]u*ellese prèle seule, à la réunion par première intention. On peut le pluâ souvent rapprocher et réunir directement les bords de ta plaie, et, lorsque Télendue de la perte de substance s'y oppose , on possède encore, dans beaucoup de cas, la ressource de Tauloplaslîe. Il en résulte que la méthode sanglante permet d'obtenir des guénsons complètes, sans suppuration et sans le moindre accident, en trois, quatre, ou cinq jours; on sait que ce résultat est b régie dans les opérations pratiquées sur les chairs du visage, et il est loin d'être rare dans les autres p.iriies du corps, surtout lorsqu'on suit les préceptes de Blandin. Lorsque la réunion par première intention ne réussit pas entièrement, elle réussît encore assez souvent dans une partie notable de retendue de la plaie; la surface suppurante se Irouve ainsi réduite à de petites dimensions, la suppuration est peu abondante, etiaguérison est accélérée. Dans les autres méthodes, la plaie ne peut être ni réunie, ni môme diminuée par le pansement; elle suppure inévitablement dans toute son étendue, elle ne se referme que par le progrés lent de la cicatrisation à découvert.

La méthode sanglante oJTre donc la chance de guérir les malades pliïspromplcment que ne le permettent les autres méthodes; et si la réunion par première inlenlion réussissait toujours, ou seulement presque toujours, d'une manière complète, aucune objection ne pourrait s'élever contre le bistouri. Par malheur, exception faile de la région du visage > la réunion par première intention échoue très-souvent en tout ou en partie, et alors les malades se trouvent exposés à des accidents de toute sorte : fièvre inflammatoire, phlegmon diffus, érysipèle, angioleucite, phlébite et infection purulente, pourriture d^bùpital, épuisement par excès de suppuration, infection putride, bémorrhagies consécutives, elc.

Or, il parait fort probable que la plupart de ces accidents, toutes choses égales d'ailleurs, sont moins fréquents à la suite des opérations non sanglantes qu'à la suite des opérations sanglantes, lorsque celtes-ei ne sont pas suivies de réunion par première intcntîom Nous reviendrons tout à llieure sur quelques-uns de ces accidents, mais nous devons dire d'abord à quoi parait due Timmunité plus ou moins prononcée des méthodes non sanglantes* Celles-ci produisent des plaies qui paraissent exposées au contact de Pair,

562 PARALLÈLE DES MÉTHODES d'eXTIRPATION.

mais qui en réalité ne le sont pas. Une couche parliculière, d'épaisseurs, et de nature variable protège les tissus divisés. Cette couche est parfaitement close, et il faut bien qu'elle le soit, puisqu'elle empêche le sang de couler. Elle est constituée, après récrasement linéaire, par une lame de tissus tassés et feutrés étroitement, après la galvanocaustie, par une eschare mince et sèche, après la ligature en masse, par une nappe de lymphe plastique, infiltrée dans les fibres des tissus que l'action progressive du fil a divisés. La cautérisation circulaire et la cautérisation en nappe ne donnent de plaies qu'après la chute des eschares, et cette chute est le résultat d'un travail d'âimination qui laisse une couche de bourgeons charnus à la mrÎKt de la plaie. Après les opérations sanglantes , au contraire, les tissus fraîchement divisés, mous, flexibles, sans adhérences, viennent s'ouvrir dans la plaie ; ils sont plus ou moins infiltrés de sang dans ane petite étendue; une couche de sang existe à leur surface; si l'on tente la réunion par première intention et si elle réussit, il ne résuite de cet état aucun inconvénient; mais nous parlons seulement des cas où la réunion n'est pas essayée, de ceux où elle n'est pas possible, de ceux oi!i elle est imparfaite, et de ceux où elle ne réussit pas. L'action irritante de l'air, que quelques auteurs ont trop exagérée, mais qu'il ne faut pas méconnaître, s'exerce alon directement sur les tissus dans les points où ils ont été récemment divisés. A cette cause, se joint le contact toujours plus ou moins irritant des pièces de pansement. Si la plaie est creuse, si die e'st réooie incomplètement, les premières sécrétions inflammatoires s'y accumulent; elles y subissent promptement un commencement de décomposition à la faveur de la chaleur et de l'oxygène; elles se trouvent en contact avec les tissus avant que la couche protectrice des bourgeons charnus ait eu le temps de s'y organiser; elles les irritent par leur contact; elles y pénètrent par infiltration. Ces phénomènes, suivant les cas, suivant la nature du pansement, sont plus ou moins prononcés; ils ne produisent ni nécessairement, ni môme fréquemment des accidents fâcheux; mais ceux-ci sont toujours possibles, et, sans avoir la prétention d'avoir énuméré toutes les dilTérences qui existent entre les plaies sanglantes et les plaies non sanglantes, nous pouvons dire du moins que ces différences sont assez grandes pour qu'on puisse en théorie^ leur accorder une certaine influence sur les destinées ultérieures de la plaie. Voyons maintenant ce que va nous apprendre la pratique.

Nous laisserons de côté les cas où la méthode sanglante est seule applicable. Ce sont ceux où la tumeur, d'après son siège et ses con-

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