‹ Traité des tumeursChapitre 13 sur 140 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

La plus grande partie de cet ouvrage est rédigée depuis plusieurs années ; j'en ai publié en 1861 des fragments assez étendus dans un dictionnaire de chirurgie, édité à Londres, sous la direction de M. Costello [The Cyclopediaof Practical Surgery^ London, 1861, gr. in-8, art. Tdmors); et j'ajoute, pour expliquer le silence que j'ai gardé sur les publications les plus récentes, que le premier livre du présent volume est imprimé depuis deux ans. Si j'ai retardé jusqu'ici l'apparition de cet ouvrage, c'est parce que j'attendais la solution de plusieurs questions soulevées par de récentes découvertes. Certaines espèces ou variétés de tumeurs, étudiées dans ces dernières années, n'étaient connues encore que sous le rapport de l'anatomic pathologique ; c'était beaucoup, assurément, mais cela ne pouvait suffire. Il fallait que l'observation clinique eût fait connaître la marche et les propriétés de ces tumeurs, ce qui demandait beaucoup de temps; car il y a deux caractères de la plus haute importance, celui de la récidive et celui de la généralisation, dont l'étude exige quelquefois plusieurs années.

J'attendais donc, et j'aurais pu attendre longtemps encore, car toutes les lacunes sont loin d'être comblées, toutes les obscurités sont loin d'être dissipées, et, si la publication d'un Traité des tumeurs devait être ajournée jusqu'au moment oîi la science aura dit son dernier mot sur des questions que notre génération a vues naître, qui pourrait se flatter de vivre assez longtemps pour voir arriver ce jour inconnu ? Je ne me suis donc jamais bercé de l'espoir de pouvoir donner, ni maintenant, ni plus tard, une synthèse définitive. Si j'avais eu l'ambition d'écrire quelque chose qui eût chance de vivre quelque temps, ce n'est pas ce sujet que j'aurais choisi; et d'avance, je suis parfaitement résigné à voir mon livre accomplir sa courte destinée en moins de temps qu'il n'en a fallu pour le préparer ; mais j'espère du moins qu'avant de tomber dans l'oubli, il pourra contribuer au progrès, en facilitant aux élèves r<' tude des faits et des doctrines, et en attirant l'attention des praticiens sur des problèmes complexes dont la solution no peut être l'œuvre d'un seul.

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