‹ Traité des tumeursChapitre 28 sur 140 · LOI D AJÏALOGIE DE FORMATION · texte numérisé non relu

LOI D AJÏALOGIE DE FORMATION

1er du pigment. Mais celte préférence n*pst pas exclusive, car k plupart, pcuUélre la totalité dL'Spjârtiesvasculaires du corps, peuvent devenir le siège de cancers mélanique^,

Linfluence locale des I issus nornaaus environnants a plus de prise sur les productions homœoniorphes; il y a souvent analogie de structure entre ces productions et les parties an sein desquelles elles se développent. C*est ainsi que les tumeurs graisseuses se forment le plus souvent au milieu du tissu adipeux, les tumeurs osseuses ou cartilagineuses au sein ou à la surface du tissu osseux» les tumeurs de structure glandulaire au voisinage ou dans l'épaisseur des glande»^ etc. Ces faits, depuis longtemps connus, ingénieusement rapprochés des phénomènes de la nutrition normale» de l'accroissement des tissus, de leur régénération et de leur liypertrophie, ont conduit M, Julius Vûgel à formuler la lùid'anahgie de fatmaiion (I), loi déjà entrevue par Meckel, et devenue trop importante pour que nous puissions nous dispenser de Texaininer sommairement

La nutrition est un travail simultané de destruction et de recomposition qui, pendant toute la vie, renouvelle incessamment et graduellement la substance des tissus, sans en altérer la structure. Les éléments nouveaux qui prennent chaque jour la place des éléments détruits, se forment aux dépens d*unc matière organique amorphe, émanée du sang par voie d'exhalation, désignée autrefois sous le nom de êiic nutritifs et aujourd'hui sous le nom de bîmtème. M, Vogel,

I cherchant à se rendre compte de la permanence de la structure, malgré le changement continuel de la suhstance, pense qu'il faut choisir entre les deux suppositions suivantes ; Ou hien l'organisme

I produit un blastème particulier pour la nutrition de chacpie tissu, et lâ nature des éléments qui y prennent naissance dépend des propriétés spéciales inhérentes à ce blastème ; — ou bien il n*y a qu*un seul blastème nutritif, commun à toutes les parties du corps et ayant la propriété imitative de s'organiser en éléments semblables à ceux des tissus respectifs au sein desquels il est épanché. Dans la première bypothèse, le travail de la Qutrition serait aussi compliqué, aussi mystérieux que celui de la première Ibrmation; dans la deuxiènie hypothèse, au contraire, ce travail serait d'une simplicité absolue, car il sufÛrait pour l'expliquer d'admellreuu phénomène général, la sécrétion du blastème nutritif, et une loi générale, h loi d*ftnatogw de formation. C'est à cette dernière théorie que M, Vogel a attaché son nom,

(1) Vùz^U Anaiùmic pathoi^^gifiue géiéraU, ch«p, IV, lit* \%t% ^t trad, franc.

Pour le dire tout de suite, j'accepte la loi d'analogie de formatioD comme une des plus belles et des plus générales de Torganisme, et celui qui Ta découverte est l'auteur d'un grand progrès. Je ferai oèpendant quelques réserves sur la théorie de H. Vogel. Je suis moins convaidcuqne lui de l'uniformité du blastème nutritit SitoM:les tissus avaient la môme composition chimique , si seulement- ils n'étaient formés que de substances isomériques, ou même m tons renfermaient les mêmes corps simples combinés en différentes pro^ portions, l'unité de coiâposition du blastème nutritif, sans être démontrée ni démontrable, ne rencontrerait, du moins pour ce qui concerne la nutrition normale, aucune objection insurmontable. Hais il n'en est pas ainsi. Certains tissus, tels que les os et les dents, renferment des corps simples, métaux ou métalloïdes, qui ne se trouvent pas dans les autres : or, l'évolution d'un blastème, quelque active qu'on la suppose, peut tout au plus modifier les combinaisons des corps ; mais elle ne peut opérer ni transmutation ni création de matière. Par exemple, le phosphate de chaux, qui foit partie intégrante dvi tissu osseux, ne peut se former dans le blastème, à moins que celui-ci ne renferme du calcium sous une combinaison quelocHDque. Il faut donc que le blastème qui nourrit chaque tissu contienne^ en plus ou moins grande quantité, tous les corps simples qui eiH trent dans la composition chimique de ce tissu ; et s'il n'y avait qu'un seul blastème, il faudrait qu'il renfermât tous les métalloïdes et tous les métaux qui prennent part à la composition de tous les tissus de Téconomie. Ce serait une complication bien grande. Pour mapert, j'aime mieux croire que la nature a accordé à chaque tissu la propriété d'attirer le blastème nutritif qui lui convient. J'aime mieux admettre dans les blastèmes des différences de qualité en rapport avec la fonction qui leur est dévolue. M. Vogcl reconnaît lui-màne, ainsi que je le dirai tout à l'heure, que ces différences de qualité existent dans les blastèmes pathologiques hétéromorphes. Il fimt bien admettre aussi qu'elles existent dans les blastèmes primordiaux de l'embryon, puisque dans ces formations initiales aucun tissu préexistant ne sert de modèle à l'organisation des éléments.

Les belles expériences de M. Ollier sur la transplantation du périoste fournissent un argument décisif en faveur de la multiplicité des blastèmes. Le périoste ne pourvoit pas seulement à sa propre nutrition, ses vaisseaux sont la source principale (mais non exclusive, quoi qu'on en ait dit) du blastème ossifique qui fait les frais .de l'accroissement des os en épaisseur, et de toutes les ossifications extérieures, dites périostales. Cette propriété a été dévolue au périoste ;

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