CAUSE DE L*INFECT10N. — THÉORIE DE LICEOIÏ
même eausi. La diversité des causes esl révélée par la diversité de leurs eïïels : la eause de la tumeur primitive est tant^^t une dia thèse générale^ héréditaire ou acquise, tantôt un simple trouble de la nutrition lacale ; la cause des tumeurs secondaires est une maladie générale, une iufecliont dont la tumeur primitive est le point de lépart.
Nous devons chercher maintenant comment la tumeur primitive peut donner lieu à cet empoisonnement général que nous désignons sous le nom dlnfection. Soit qu'on compare cctle sorte d'infection aux autres, soit qu'on la considère en elle-tuûme, on est conduit à admettre qu'une substance morbide esl versée dans le torrentcirculatoire par les vaisse«iujt sanguins ou lymphatiques de la tumeur. Quelques auteurs ont supposé, il est vrai, que rinfection se faisait par la voie du système nerveux; mais c'est une pure fantaisie, qu'on nous permettra d'écarter sans discussion.
it; aura donc lieu de se demander seulement si l'infection se fait par la voie des vaisseaux sanguins, ou p:ir la voie des lymphatiques, ou par ces deux voies en môme temps, La théorie indique en effet que ces deux ordres de vaisseaux, doués l'un et l'autre, quoique à des degrés inégaux, de la Iiicullé d'absorption, peuvent verser dans le sang des matériaux puisés au sein d'une tumeur ou k sa surface, et des faits bien établis prouvent qu'ils peuvent» les uns et les autres^ charrier des éléments organisés provenant de cette luraeur. Nous en avons acquis la certitude lorsque nous avons étudié la propagation des productions accidentelles aux parois des veines, et l'engorgement spécifique des ganglions lymphatiques.
Mais d'abord, quelle est cette substance délétère qui se mêle au sîing et infecte l'économie? Trois opinions ici sont en présence* L'une d'elles oe nous arrêtera pas longtemps. Plusieurs auteurs du dernier siècle avaient supposé que la substance infectante était l'iVA^r, c'est-à-dire le pus qui s'écoule des tumeurs ulcérées; mais richor n^existe qu'après rulcériition, et l'infection se produit souvent sans qu'il y ait ulcéralloD : les tumeurs primitives des os et des %îscéres en offrent de fréquents exemples, et les tumeurs de la mamelle elles-meajes, malgré leur situation superficielle, peuvent I quelquefois se comporter de la même manière. Nous pouvons donc écarter la théorie de Tichor, La subsUmcc infeclante, étant indépen- ^daQte de l'ulcération, doit être cherchée dans les tumeurs non ulcé* ^ft|eâ« Or, il y a deux choses dans ces tumeurs : un hiastéme et des ^^léments organisés. De là, deux opinions qui se partagent aujourd'bui Ie& sulTrages des savants. Pour tes uns, la substance infectante
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est le blaslùme tel quMl est exhalé par les vaisseaux, c'est-à-din mlubie, et par conséquent absorbable; pour les autres, cesontlei éléments organisés et solides de la tumeur qui pénètrent daos l'àp* pareil circulatoire. Dans le premier cas, l'absorption suffit pov produire l'infection ; dans le second cas, l'absorption est insuffisante, car la pénétration de matériaux solides dans les cavités vasculiilcs suppose nécessairement une altération préalable de leurs parois.
Ainsi : absorption pure et simple du blastème, ou introduction m nature des éléments de la tumeur dans la cavité des vaisseaux, telles sont les deux doctrines que nous avons à examiner.
Nous commencerons par la seconde : elle platt à l'esprit par a hardiesse; elle repose sur quelques faits très-saisissants et sur des analogies remarquables; enfin elle rend compte, mieux que Taotre doctrine, de la marche de Tinfection cancéreuse^ et je dois avomr que je lui ai donné la préférence à l'époque oJi je m'occupais exclusivement de cette dernière. Mais, depuis que j'ai étudié les infections produites par les autres espèces de tumeurs, j'ai dû renoncer à cette doctrine, que je ne puis pourtant me dispenser d'eqioier
Je rapporterai d'abord la célèbre expérience faite par M. Langeo; beck. Le 8 juin 1839, cet auteur retira par le grattage environ ISgrammes de suc cancéreux d'une tumeur encéphaloïde, provenant de l'humérus d'un jeune homme qui avait subi, deux heures et demie auparavant, la désarticulation du bras. €e suc,^e consistance cré* meii3e, fut débarrassé des petits grumeaux qu'il renfermait, et mêlé à 2.^)0 grammes de sang défibriné, qu'on venait de retirer de Vartèn fémorale d'un chien de forte taille; le mélange, bien battu, fut ior jecté aussitôt dans la veine fémorale du même chien. Cette opération provoqua une dyspnée intense, qui se dissipa au bout de quelques heures; le second jour^ fièvre sans dyspnée; le huitième jour, l'animal paraissait parfaitement rétabli. Quelque temps après, quoique ayant un très-grand appétit, il commença à maigrir; le 10 août 1839, soixante- trois jours après l'injection, on le sacrifia. A l'autopsie, les poumons parurent d'abord sains; mais, en regardant de plus près, on trouVa de chaque côté, sur la face antérieure do lobe supérieur de chaque poumon, deux ou trois petites tumeurs aplaties, arrondies, blanches, grosses comme des lentilles; une autre tumeur, grosse comme un haricot, dure, circonscrite, existait ioos le lobe moyen du poumon droit. Cette dernière tumeur présentait à la coupe un aspect bleuâtre, piqueté de points rouges. Au microscope, on trouva dans ces tumeurs pulmonaires une trame fibrillaire