CHAPITRE m
TRAITEMENT PALUATIF.
On a recours aux palliatifs, lorsque la situation des tumeurs ne permet pas de tenter une opération.
n serait cruel d'abandonner à lui-iDÔme un malheureux qu'on sait atteint d*un mal incurable, et qui connaîtrait bien vite sa positidu si son médecin lui avouait quil ne peut rien faire pour lui. Donner à ce malheureux des espérances qu'on ne partage pas, combatire tant bien que mal ses raisonnements sans réplique, tirer parti di moindre incident pour lui donner Tespoir d'une crise salutaire, c'est un des devoirs les plus pénibles de la pratique, et Ton ne parviendrait que difficilement à le remplir, si l'on n'avait la ressource de gagner du temps et de donner le change au malade en lui prescrivaut des topiques ou des remèdes internes, alors même qu'on n'en attend aucun résultat.
Je n'ai ici aucun précepte à donner ; chacun trouvera dâu sa conscience l'excuse de celte conduite, qui dififère du charlatanisme autant que la charité diffère de la cupidité. Ce que l'empirique fait par ignorance ou par supercherie, le praticien honnête et instruit doit savoir le faire quelquefois par humanité. J'ai bit, soos ce rapport, un dur apprentissage à Bicêtre, où j'ai eu bien des fms la mission d'adoucir les derniers moments des cancéreux admis à l'hospice comme incurables.
Mais il est )rare, h&tons-nous de le dire, que le praticien en soit réduit à prescrire un traitement purement illusoire, car il existe presque toujours quelque symptôme ou quelque complication qu'on peut atténuer ou combattre par des moyens parfaitement rationnels.
En l'absence de ces indications particulières, sur lesquelles nous allons revenir, le praticien choisira ses prescriptions parmi celles qui paraissent de nature à soutenir et à relever les forces du malade. Les préparations iodées ou iodurées, bromurées, ferrugineuses, les amers, les toniques, etc., recevront la préférence.