TRAITEMENT PALLIATIF
Le régime lacté, le régioie végétât, ont eu leurs partisans. En Taveur ^u régime végétal, on a mvoqué la rareté du cancer cbeE les peupk's incjvîlîsés qui, pour la plupart» consomment peu de nourrilure animale. Mais les sauvages qui vivent exclusivement de chasse sont exempts du cancer, aussi bien que ceux qui vivent de fruits et de racines, et les ichthjophages, aussi bien que les pasteurs qui se nourrissent principalement de lait. Cette question d'immunité» dont j*al déjà dit quelques mois» est encore trop compliquée et trop obscure pour qu'on puisse en tirer aujourd'hui des données applicables à la thérapeutique et à Thygiène des cancéreux.
Si Ton songe qiie la période d'infection s'accompagne d'une diminution notable de la masse du sang et d'une réduction considérable du chiffre des globules, on est autorisé à considérer, au contraire, le régime animal comme plus rationnel que les autres. Au surplus, le praticien n*est pas toujours libre d*obéir à ses idées théoriques. Les goûts particuliers du malade, sa répugnance pour telle ou telle espèce d'aliments, ses fantaisies même, deyront être cûclsuites.
\ Les préparations de ciguë, tant vantées au dernier siècle, sont prescrites aujourd'hui, comme moyen palliatif, par beaucoup de pralîcicns- On les associe fréquemment à d'autres remèdes. Si elles n'ont pas les propriétés fondantes qu'on leur a attribuées, elles exercent du moins une action sédative qui, dans beaucoup de cas, n'est pas sans utilité.
Les préparations arsenicales, employées depuis l'antiquité dans le traitement du cancer, vantées par Paracelse, élevées au rang de spécifique par le Suédois Roennow et par Justamond, et recommandées aujourd'hui, quoique avec plus de réserve, par M. Walshe, m'ont paru sans aucune efficacité. Elles offrent cependant une ressource pour le traitement moral des malades qui, ayant tout essayé en vain, sont réduits au désespoir. Un de ces malheureux, après avoir mendié partout une opération impossible, menaçait de se suicider, et était décidé à courir toutes les aventures; l'idée de prendre l'arsenic, ce poison terrible, et de jouer ainsi une dernière partie, lui rendit respérance, et pour quelque temps le rattacha à la vie.
De toutes les médications que j'ai essayées, la seule qui m'ait pani retarder la marche des tumeurs cancéreuses inopérables, est la médication alcaline (bicarbonate de soude ou de potasse, 2 à 4 grammes par jour). Mais je suis trop en garde contre les illusions Ihérapeu tiques, pour oser rien affirmer à cet égard.
Comme traitement local^ on prescrit l'emplaire de ciguë, les fric-
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nant. Il faudrail prendre des précautions parliculières pour isoler l'ulcère sous une cloche, et pour maintenir la surface malade en contact avec Tacide carbonique, sans mélange d'oxjrgène. Ce serait une grande complication. Au surplus, les simples douches faites & l'air libre sont loin d'être sans efficacité. En dirigeant successifement le jet de gaz sur les divers points de la surface de l'ulcère, et en revenant à plusieurs reprises sur chaque point, on obtient quelquefois un soulagement très-manifeste.
Les hémorrhagies qui s'effectuent à la surface des tumeurs ulcérées sont fournies, tantôt par des vaisseaux cainllaires, tantôt par des artérioles, ou même par des artères d'un certain calibre.
Lorsque l'ulcère est extérieur, il est ordinairement facile d'arrêter le sang. La compression au moyen d'un bandage, l'application de charpie imbibée de perchlorure de fer, suffisent le plus souvent. Toutefois, quand l'hémorrhagie est artérielle, on est qudquefob obligé d'appliquer un bouton de feu. Certains ulcères couverts de végétations fongueuses ont de la tendance à donner des hémorriiagies capillaires, qu'on arrête aisément, mais qui, se reproduisant on grand nombre de fois, finissent par épuiser les malades. Pour éviter le retour de ces hémorrhagies, on peut quelquefois se borner à appliquer un bandage serré; mais la situation de la tumeur ne le pe^ met pas toujours, et alors on ne doit pas hésiter à modifier la surface de l'ulcère, soit en la touchant avec le fer rouge, sOit en y appliquant une mince couche de chlorure de zinc, soit même, dans ce^ tains cas, en pratiquant sur les parties les plus fongueuses une caotérisation plus profonde.
Les hémorrhagies internes fournies par les tumeurs ulcérées de l'estomac, de l'intestin, du rein, delà vessie, sont bien autrement graves. Lorsqu'elles sont abondantes, on ne doit pas hésiter à maintenir pendant plusieurs jours, sur la région malade, des applications de glace. On y joint le repos absolu, la diète, et l'usage des médicaments styptiques et astringents : limonade sulfurique, eau de Rabel, potion au tannin, au perchlorure de fer, etc. Ces substances jouissent d'une efficacité incontestable, lorsque l'hémorrhagie se fait dans l'estomac, parce qu'elles agissent directement sur la surface ulcérée. Mais leur action est beaucoup plus douteuse dans les autres cas. Ce n'est pas une raison pour en négliger l'emploi. Il m'a paru en particulier que le perchlorure de fer, administré par l'estomac, n'était pas sans action sur les hémorrhagies utérines.
Disons enfin quelques mots des hémorrhagies provenant des tumeurs du col de l'utérus et de la cavité buccale. Qucuque ces tu-
HÉMORRHAGIES.
meurs soient accessibles à VœU, au doigt et aux inslmments. elles occupent une situation qui donne lieu quelquefois k de grandes difflcullés. Les tiémorrhagies fournies par les cancers et tes épitbélidines du col utérin doivenl être traitées, suivant qu'elles sont plus ou moins abondantes, par de simples attouchements avec une solution concentrée de perchlorure de fer, par Tapplication d'un petit tampon imbibé du mCme liquide, par des cautérisations au fer rouge, et enfin parle tamponnement méthodique du vagin. On n*a reeoura à ce dernier moyen, qui n*esl pas sans gravité, que lorsqu*on y est Contraint par l'abondance de Thémorrhagie, J'ai déjà dit que M. Ar» nott, dans un cas de cancer de Tutérus compliqué de rives douleurs^ obtint une amélioration notable à Taide d'un mélange réfrigérant, introduit jusqu'au fond du vagin à travers un spéculum en gultapercba* Ce moyen pourrait ûtre utilisé dans le traitement des bémorrhagics qui nous occupent.
Les cancers de la cavité buccale ^ et surtout les épîtbéliômes qui, dans cette région, sont plus fréquents que les cancers, donnent souvent lieu à des bémorrhagies très-graves. Ces hémorrhagies sont ordinairement fournies par les artères ou les artérioles de la langue et du plancher de la bouche. Elles peuvent ûtre assez abondantes, asseï rapides, pour nécessiter la ligature de rartère linguale, de la carotide externe, ou nii^me de la carotide primitive» lorsque la tumeur s'étend jusqu'à la région sus-byoîdienne, ou lorsqu'elle est compliquée d'engorgements ganglionnaires qui ne permettent pas de lier les artcres à la partie supérieure du cou. Mais il ne faul pas oublier que ces ligatures n'olTrent qu'une ressource passagère* Le cours du sang est promptemeot rétabli par les anastomoses, et il y a beaucoup de chances pour que Thémorrhagie se reproduise au bout de quelques jours. Si Ton est quelquefois contraint d'y avoir recours pour arracher les malades à une mort imminente, on ne doit jamaif négliger d*agir en même temps sur la surface ulcérée* J*a joute qut la compression digitale de la carotide primilive, sur le tubercule carotidien, permet le plus souvent d'éviter la ligature. Pendant qu'un aide intelligent comprime ce vaisseau, le chirurgien agit dans Tintérieur de la bouche, soît en appliquant sur la source de ITiémorrbagie un petit tampon de perchlorure de fer, maintenu avec le doîgt pendant une dizaine de minutes, soit en pratiquant sur le même point unt' cautérisation au fer rouge, ce qui est bien préférable lorsque rhémorrbagie est fourme par une bouche artérielle visible,
La fétidité de la suppurtttion nVsl pas seulement un tourment continuel pour les malades et pour ceui qui les soignent; cVst en même