PHOSPHORE. ACIDE PHOSPHORIQUU, PHOSPHATES
L'acide phosphoriqiie existe dans l'urine à l'état de phosphates alcalins et alcalino-terreux. Les phosphates alcalins sont à base de potasse et de soude. Les phosphates terreux comprennent des phosphates de chaux et de magnésie. D'après Paquelin, l'urine renfermerait également des traces de phosphate de fer.
Le taux de Tacide phosphorique éliminé en vingtquatre heures est variable. Il est, d'après Tessier, de 2 à 3 grammes; d'après Yvon, de Se^aS. Œrtel dotine, pour l'urine des vingt-quatre heures, chez l'homme adulte, 2 grammes d'anhydride phosphorique ; ce chiffre nous paratt un peu faible. Ces différentes proportions indiquent l'acide phosphorique total.,
L'urine renferme, en outre des phosphates minéraux, une petite quantité de phosphore dit incomplètement ox^ydé par ce fait qu'il se trouve combiné à des matières organiques, en particulier sous la forme d'acide phosphoglycérique [Lépine et Auberl). D'après L. Jolly, i-.e phosphore urinaire, qui échappe aux méthodes de précipitation de l'acide phosphorique, ne serait pas du phosphore incomplètement oxydé, ni de l'acide phosphoglycérique, mais simplement de l'ncide phosphorique combiné à des bases métalliques et intimement associé encore à des matières azotées. La quantité de ce phos-
n,G00g]ji
lift UIIINES NORMALES
|)liore. que nous continuerons à appeler phosphoreincomplètement oxydé, eiît d'environ de 0»',03 en anhydride pliosphorique (Œrtel).
La proportion des phosphates alcalins, exprimée en anhydride phosphoriqiie, est des deux tiers de l'anhydride total, l'autre tiers étant combiné aux métaux alcalino-terreux.
Dans les urines acides, les phosphates existent à l'état de phosphate acide de soude (Po'H^Na), de phosphate monocalciqiie fPo'H^)'Ca, etde phosphate monomagnésien (Po'H')- Mg, et aussi à l'élat de phosphates neutres solublesdans l'acide carbonique ; ces derniers se déposent si on vient à porter l'urine à l'ébullition, surtout si elle est peu acide.
Réactions des phosphates dans l'urine. — 1° L'urine, traitée par un mélange de chlorhydrate d'ammoniaque, d'ammoniaque et de sulfate de magnésie, donne un précipilé blanc cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien (Po'MgAzH^), insolulJle dans l'ammoniaque, soluble dans les acides.
2° L'urine, acidifiée par l'acide azotique, donne avec le molybdate d'ammoniaque surtout à chaud, un précipité jaune de phosphomolybdate d'ammoniaque insoluble dans l'acide azotique, sotuble dans l'ammoniaque.
3° L'urine, traitée par l'acétate de soude et par une solution d'azotate d'urane, donne un précipité jaune de phctsphate d'urane.
Origine. — Les phosphates de l'urine ont une double
origine :
Ils proviennent en partie de l'alimentation, et en partie de la désassimilation des tissus de l'organisme.
ÉLÉMEPiTS NORMAUX 119
D'une part, dans les aliments, les phosphates alcalins et terreux absorbés sont éliminés par les urines et les fèces, et, d'autre part, la désintégration des lécithines et des nucléines qui entrent dans les substances alimentaires concourent également à l'élimination des phosphates.
Dosage des phosphates. — 1° Dosage' pondéral. — Dans cette opération, on précipite l'acide phosphorique de l'urine à l'état de phosphate ammoniaco- magnésien, que l'on transforme en pyrophosphate de magnésie, composé à combinaison bien défmie et constante qu'il suftit de peser pour avoir la quantité d'acide phosphorique correspondante.
Pour pratiquer ce dosage, on prépare tout d'abord une solution dite mixture magnésienne, et qui est composée de :
Sulfate de magnésie cristallisé I partie
Chlorhydrate d'ammoniaque pur 1 —
Ammoniaque concentré 4 parties
Eau distillée 8 —
On prend 50 centimètres cubes d'urine filtrée, que l'on additionne de 21) centimètres cubes de la solution magnésienne et de o centimètres cubes d'ammoniaque. On agite pour bien mélanger les liquides, et on abandonne au repos pendant douze heures. Il se forme un dépôt cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien.
On décante le liquide clair sur un iiltre sans plis, dont le poids des cendres est connu ; on lave le précipité cristallin avec de l'eau ammoniacale (eau, 3 parties; ammoniaque, 1 partie); on recueille finalement le précipité sur le filtre, et on lave encore deux ou trois fois avec de l'eau ammoniacale, et enfin celui-ci est séché à l'éluve
L,,.i.. ] vGoo^lc
DoiiîHihvGoo^lc
ÉLÉMENTS NORMAUX ]â1
B. Solution titrée d'acide phosphorique. — On prend du phosphate disodique pur et sec, mais non effîeuri (P0*Na'H,12H»0}, on en pèse 25t",21i que l'on dissout dans 1 à 800 centimètres cubes d'eau distillée ; la dissolution faite, on complète exactement le volume d'un litre.
Un centimètre cube de cette solution correspond à 0*',005 d'acide phosphorique anhydre (P'O^).
C. Solution d'acétate de soude acide. — On fait une solution de 100 grammes d'acétate de soude cristallisé dans 7 à 800 centimètres cubes d'eau, on ajoute 50 centimètres cubes d'acide acétique cristallisable et de l'eau distillée en quantité suffisante pour faire 1 litre de solution.
On procède ensuite au titrage de la solution d'urane. Pour cela, on met 10 centimètres cubes de la solution titrée de phosphate de soude, dans une capsule de porcelaine, on ajoute 5 centimètres cubes de la liqueur acéto- acétique, et environ 20 centimètres cubes d'eau. On porte à l'ébullition, et on ajoute la solution d'urane à l'aide d'une burette graduée, en ayant soin d'agiter constamment le mélange. D'autre part, on dispose sur un carreau de faïence, légèrement vaseline, des gouttes séparées d'une solution de ferrocyanure de potassium au 1/10*, et on prélève de temps en temps une goutte du mélange soumis au titrage jusqu'à ce que l'on obtienne une coloration rouge brunâtre de ferrocyanure d'ura-
A ce moment, on arrête l'afTusion de la liqueur d'urane, et on lit le nombre de centimètres cubes de cette liqueur employée à la précipitation de iO centimètres cubes de la solution titrée de phosphate de soude.
Soit n, le nombre de centimètres cubes de solution
DoiiîHihvGoogle
de former, avec les sels d'urane, une laque verte dont la production indique un léger excès d'urane, et, parsuite, la iîn du dosage.
Cette teinture de cochenille se prépare en faissut macérer pendant quelques jours 3 grammes de cochenilles pulvérisées dans un mélange de 100 centimètres cubes d'alcool à 90* et de 400 centimètres cubes d'eau. On agite de temps en temps, on décante, et on filtre.
La pratique du dosage se fait comme précédemment, avec cette différence que l'on ajoute au mélange des 50 centimètres cubes d'urine et des 5 centimètres cubes de solution acéto-acétique, 1 centimètre cube de teinture de cochenille, et dans le liquide, préalablement soumis à l'ébuUition, on ajoute goutte à goutte la solution titrée d'urane qui, au contact de la teinture de cochenille, donne une tache verte qui disparaît par l'agitation, et le mélange prend une coloration rose. En continuant les affusions de liqueur titrée, il arrive un moment où le liquide et le précipité prennent une coloration verte très nette, qui indique la fin de la réaction. On ne doit pas se préoccuper des teintes plus ou moins grisâtres qui peuvent se produire avant que tout l'acide phosphorique soit précipité.
TariatioQS physiologiques. — L'élimination de l'acide phosphorique est moindre chez la femme que chez l'homme.
La quantité totale d'acide phosphorique excrétée dans les vingt-quatre heures suit, comme l'urée, une marche parallèle avec le développement physique de l'individu. Le taux de l'acide phosphorique, rapporté à 1 kilogramme du poids d'individu, est maximum dans l'en-
.Coo^k-j