‹ Traité des urines; l'analyse des urines considérée comme un des éléments de diagnosticChapitre 28 sur 85 · URINES NORMALES · texte numérisé non relu

URINES NORMALES

relatifs plus qu'ils ne peuvent donner, mais on doit reconnaître qu'un écart considérable dans un coetlîcient urinaire donnera plus de renseignements qu'un chiffre absolu mesurant seulement le taus de cette élimination, lequel reste lié à bien des causes extérieures et sans aucun rapport avec un état pathologique quelconque.

C'est ainsi que aous verrons que la phosphaturie peul seulement être décélée par la variation du rapport de l'acide phospiiorique à l'azote total.

Quoi qu'il en soit, nous passerons successivement en revue les rapports urologiques suivants :

1° Rapport azoturique ou coefficient azoturique;

2" Rapport de l'acide pliosphorique à l'azote total ;

3° Rapport de l'acide phosphorique à l'urée ;

4° Rapport de l'acide urique à l'urée;

5° Rapport de l'urée aux matières fixes totales;

6° Rapport des matières minérales aux matières fixes ;

7° Rapport du carbone total à l'azote total.

Rapport asotnrique ou coefficient azoturîqne. — Le

coefficient azoturique est le rapport qui existe entre l'azote de l'urée et l'azote total du mélange des urines émises en vingt-quatre heures. On le désigne encore sous le nom de coefficient d'oxydalion azoturique, terme un peu impropre, puisque les déchets azotés de l'organisme ne résultent pas seulement d'un processus d'oxydation, mais surtout de dédoublements successifs avec hydratation.

En considérant l'urée comme le terme final de la transformation des matières albuminoïdes dans l'économie, on doit donc admettre que, dans le cas d'une utilisation parfaite des éléments azotés, le rapport de l'azote

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uréique à l'azote total doit se rapprocher de l'unité ; au contraire, dans un organisme où les dédoublements, et peut-être aussi les oxydations, sont moins parfaits, ce rapport sera plus faible, la proportion d'azote des déchets incomplètement transformés, s'élevant proportionnellement aux perturbations de la nutrition.

Toutefois cette considération, admise en pratique, n'est pas absolument vraie en théorie. En voici la preuve : c'est que nous comprenons, dans le dosage de l'azote total, l'azote de l'acide urique, par exemple, lequel est compris dans la détermination du rapport comme un produit incomplètement transformé des matières albuminoïdes, alors qu'il semble définitivement admis qu'il est un produit final de la désagrégation d'une variété de substances protéiques, les nucléines.

Quoi qu'il en soit, et comme nous l'avons déjà dit précédemment, le coefficient azoturique, tel que nous venons de le définir, rend des services en clinique.

DÉTBRHrNATio\ DU RAPPORT AZOTUBiQUE. — Pour déterminer le rapport azoturique, il faut donc doser d'une part, l'urée de l'urine et, d'autre part, son azote total.

Le dosage de l'urée doit se faire par une méthode précise de laboratoire, et on doit exclure les procédésgazométriques qui, en plus des erreurs inhérentes à la technique opératoire, ont l'inconvénient d'employer un réactif qui décompose à la fois l'urée et l'ammoniaque, et le rapport azoturique est inexact à la fois en valeur absolue et en valeur relative; on peut de la sorte trouver des écarts de 5 à 10 unités.

Ainsi, au lieu de 85, valeur exacte, on pourra trouver 80 et même 7S (Sallerin).

La méthode de dosage à employer pour l'urée est celle de Folin (Voir p. 36} : le poids d'urée contenu

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LHINES NOHUALES

dans 1 litre d'urine, multiplié par 0,4666, donne la quantité d'azote uréique (AzU).

D'autre part, on dt'lermine, sur cette même urine, la proportion d'azote total (AzT) par la méthode de Kjeldahl.

Le rapport -7-= représentera le coefficient azoturique.

Variations physiolociqi^es du «apport azoturique. — Le chifTre normal du rapport azoturique varie avec les divers auteurs; la raison de ces divergences tient eesenliellement, comme le fait remarquer H, Moreigne, à l'absence d'unité dans les procédés de dosage, ou plutôt dans le mode opératoire employé pour la détermination de l'urée.

D'après H. Moreigne, chez les sujets normaux, le rapport azoturique peut varier entre 85 et 92 nu 93 0/0 de l'azote total, suivant les individus, et, pour le même individu, d'après les régimes alimentaires suivis.

Gley et Richet, Huguet donnent le chiffre de 84 O/O; A. Robin le fait osciller entre fiOot 8S; Denigès et Moitessier lui attribuent une valeur égale à 90 0/0.

On ne doit pas, à notre avis, adopter comme rapport azoturique normal un chiffre absolu; celui-ci doit être compris dans des limites assez larges, justement en raison, comme nous allons le voir, des variations qu'il est susceptible d'éprouver par le fait de certaines influences, et, en particulier, le genre de l'alimentation.

En général, un rapport normal moyen de 900/0 parait un peu élevé, si, comme nous l'avons recommandé dans

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plus élevé que celui de l'adulte. G. Carrôn de la Carrière et L. Monfet ont trouvé, en adoptant pour les adultes le chiffre de 85 à 86, les moyennes suivantes ;

Enfants de 15 mois à S ans 90,3

— de 5 ans à 10 ans 89,9

— de 10 ans à 15 ans 88,4

Les changements de régimes alimentaires ont une répercussion sur le rapport azoturique.

Ainsi H. Moreigne a montré que, chez un même individu, passant du régime mixte à un régime riche en viande, le rapport azoturique prend des valeurs régulièrement croissantes, jusqu'au moment où l'équilibre nutritif est établi, c'est-à-dire vers le troisième jour du régime.

Enfin, pour les déductions que l'on pourra tirer du coefficient azoturique, rappelons que ce rapport sera d'autant plus élevé que la désassimilation des matières azotées sera plus complète, et que la nutrition sera plus active et tendra à faire passer tous les corps azotés à l'état d'urée.

2° Rapport de l'acide phosphorigue à l'azote total. — [.'élimination de l'acide phosphorique suit une marche parallèle à celle de l'azote urinaire, puisque ces deux éléments ont, dans le processus de désassimilalion, une même origine.

Ce rapport de l'acide phosphorique anhydre à l'azote

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total -r — , encore appelé coefficient de Zuelzer, est d'environ 18 (soit 18 0/0 de l'azote total).

Avec une alimentation mixte, ce rapport est assez constant; toutefois il subit des variations sous Vin-

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fluence de l'alimentalion, c'est ainsi qu'il augmente avec le régime lacté, avec une nourriture principalement composée de pain ou encore par l'ingestion de certains éléments riches en phosphore.

Chez les jeunes enfanis soumis è l'alimentation lactée, le rapport de /uelzer est plus élevé, pnis, plus tard, ce rapport diminue et semble coïpcîder avec une fixation de l'acide phosphorique dans l'organisme. Voici, en effet, les chiffres donnés par Carron de la Carrière et Ij. Monfet pour le rapport de l'acide phosphorique à Tazote total chez les enfants d'un âge différent ;

Enfants de lu mois à r. ans 20,6 0/0

— deSansàlOans 13,80/0

— de 10 ans à 15 ans 15,8 0/0

Ce rapport de Zuelzer est surtout important au point de vue pathologique; il est certain que si l'élimination de l'acide phosphorique ne marche plus parallèlement à celle de l'azote, et si on observe une hyperexcrétion seule des phosphates, le rapport considéré augmentera et indiquera une désassimilation plus active des lécithinesdu système nerveux ou des nuctéines.

C'est sur la valeur de ce rapport, qu'il faut se baser, comme l'a montré A. Kobin, pour diagnostiquer la phosphaturie (Voir p. 384).

3° Rapport de l'aoide phosphorique à l'urée. — Le rapport de l'acide phosphorique à l'urée, sans se substituer absolument au rapport de Zuelzer, traduit dans un même sens les mutations intraorganiques.

D'après Yvon et Berlioz et la plupart des urologistes, ce coefficient est, chez l'adulte normal, de 10 0/0.

Mairet prétend que l'azote est proportionnellement

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