HÉMATURIE
L'hématurie est caractérisée par la présence dans urine des éléments organisés du sang et des produits olubles du sérum sanguin.
Caractères des urines contenant du sang. ^ Les urines anguinolentes sont diversement colorées, et cette variaion dans la couleur tient à la fois à la réaction de urine, à sa concentration, et au temps qji s'est écoulé nlre le mélange du sang à l'urine et la miction. L'urine enferme-t-elle seulement de petites quantités de sang, > coloration sera rose clair ou rouge clair ; elle de-
SANG DANS L URINE 25
vient nettement rouge par une hématurie plus abc daate, et si le mélange du sang à l'urine a eu lieu d puis un certain temps, la coloration peut être rouge bn ou brun foncé.
Par le repos, les urines contenant du sang e'éclai cissent et deviennent rarement tout k fait limpides, et dépAt formé renferme les éléments organisés du sar plus ou moins altérés ; on peut quelquefois y rencontr également des caillots tantôt encore colorés, tantôt d colorés, dont la forme peut être variable, et qui so quelquefois allongés et vermiformes.
Recherche du sang dans l'urine. — On peut mettre i évidence le sang dans les urines par les méthodes cl miques, par le spectroscope et enfin par l'exami microscopique du dépôt.
l" Méthodes chimiques. — L'urine sanguinolen contient toujours de l'albumine provenant du plasn sanguin; ce caractère a son importance et il vient co roborer les conclusions fournies par les autres méthodi de recherche du sang.
Les procédés chimiques ne mettent en évidence qi l'hémoglobine {ou l'hémaline) exlravasée des globuli rouges, et pour différencier l'hématurie de l'hémoglob nurie, il est indispensable de faire, en outre, l'examen c dépôt urinaire.
a) Exaction de Ileller. — On fait bouillir dans un tul à essai l'urine additionnée de lessive de soude et c laisse déposer. Les phosphates terreux se précipiten entraînant l'hématine qui provient de la décompositic de l'hémoglobine, et le précipité est coloré en rou^ grenat, ou rouge brun, présentant une teinte verte lor qu'on l'examine à la lumière transmise.
URINES PATIIOLOGIOIJES
: obtenu dans la réaction de Heller sert ■éparer des cristaux d'hémine dont l'appaiitrôler les résultats du premier essai : à pôt phosphatique obtenu est lavé à l'eau lée par de l'acide acétique, puis on place
sédiment sur une lame porte-objet, on c une goutte de chlorure de sodium au
goutte d'acide acétique cristallisablc. On i lamelle, on chauffe de nouveau jusqu'à resque complète au-dessus d'un bec Biin-
soîn de ne pas provoquer TébuUition du es refroidissement, on examine au micro-
c d'hémine, ou chlorhydrate d'hématine,
en petites lamelles brunes, formées de es accolées les unes à coté des autres ; B lamelles sont disposées en croix ou en
20) (Teichmann).
de Bruche. — On ajoute à l'urine le •lume de teinture de gaïac nouvellement iitant d'essence de térébenthine ancienne dite ozoniaée), et on agile; on obtient une le que l'agitation du mélange è l'air rend idente. 11 ne faut pas que cette coloration r le fait même de l'agitation.
de 0. Rossel. — On acidifie fortement lition d'acide acétique, puis on l'agite avec éther. S'il se forme «ne émulsion, on la Idition de quelques gouttes d'alcool. Le
est décanté dans un verre à expérience lelques gouttes d'eau distillée, on y ajoute !8 d'essence de térébenthine ancienne ou
d'eau oxygénée récente ; on agite légère-
SANG DANS I. l'HINE
ment, et on ajoute 10 à 20 gouHes d'ui de barbaloïne dans l'alcool à 80 ou 90° tion soutenue, si l'urine contient de l'I forme, au bout de une à trois minute rouge de la couche aqueuse, qui devii d'un beau rouge cerise. 11 faut avoir i une solution récemment préparée de b
Méthode spectroscopique. — L'ui émise et contenant du sang, examinée donne le spectre de l'oxyhémoglobin^ recherche, on met l'uiine dans une ( parallèles, que l'on place devant lafe acope, si l'urine contient de roxyhémo, continu porte deux bandes obscures c vert entre les lignes D et E de Krauenho page 469). On ajoute ensuite dans l'u la cuve en verre, quelques goutte
imnioniaque ; on voit alors les deux raies d'absorption réunir en une seule plus large (Planche, page 469), e bande de Slokes.
Lorsque l'urine ne renferme que des traces de sang, îst préférable de rechercher le spectre de l'hémochroigène ou hémaline réduite en liqueur alcaline : l'urine alors additionnée de quelques gouttes de lessive de ide et de quelques gouttes d'ammoniaque, on chauffe ■s 60 à 70° et, après refroidissement, on y ajoute elques gouttes d'hydrosulfîte de soude ' et on examine spectroscope. L'hémochromogène présente deux ides, l'une en D et E, plus approchée de Ë que de D, l'autre en E s'étendant un peu à gauche dans le vert anche, page 469).
ii l'urine n'est pas examinée peu de temps après son ission et surtout si elle est conservée h la chaleur, ) brunit et on trouve les deux spectres combinés l'hémoglobine et de la méthémoglobine. Cette méthéglobine se forme en général sous l'action des réducrs ou de la putréfaction : elle présente un spectre 'actérisé par deux bandes, semblables à celles de cy hémoglobine, placées dans le jaune vert et une troime bande dans le rouge orangé, situé entre C et D. iu lieu de se servir du spectroscope ordinaire, A, Hé- ;que emploie avec avantage un spectroscope particu-
Cette solution d'hydrosulllte de soude se prépare seulement nnoment du besoin et de la façon suivante : ans un Qacon de 60 centimètres cubes environ, on met de la mure de zinc légère de manière à le garnir entièrement sans le 1er, puis te Qacon est rempli d'une solution saturée de bisulfite oude ; on le bouche hermétiquement et on le plonge dans l'eau de. Le hisuinte, sous l'inQuence du zinc, se trouve transforma lydrosullite. La solution ainsi préparée peut être employée une li-heure après sa préparation.
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lhg dans l ukiin
lier pour l'examen des urines, qu'il i scope {(iy, 21), dont le dispositif pe épaisseur de liquide plus grande i^ spectroscopea. 11 est constitué par u
drangulaire A fixée surunpied lourd ï organes optiques, à savoir : 1° un mi deux plans rectangulaires; 2° un lar cylindrique C qui reçoit l'urine à ex cylindrique c d'épaisseur moindre, t
aAN'(i DAKS L IRINË
sont en même temps plus petits, et plus sentent souvent un double contour (fîg.
Dans l'urine concentrée, ou ayant si cernent d'altération, les hématies appan sur leur bord, ot en partie décolorés par vasation de leur hémoglobine. En mêm globules rouges, le microscope peut rév de cylindres du rein, de globules de pu mentsorganisés (Voir Sf'dimenls urinaire une importance capitale au point de vue
L'hématurie est l'excrétion simullam du sang en plus ou moins grandes quanti de dire que le sang qui vient à se mél pendant les régies ou au cours des mi constitue pas rhématnrie.
L'hématurie apparaît dans des affei E. Jeanselme les range d'après l'orif la façon suivante :
1° Hématuries prOTenantde l'urèthre p(
hématuries s'observent dans les fausses i d'un calhétérisme, dans les fractures ( léser l'urèthre postérieur, et dans les i blennorrhagie. L'urine renferme souve hématuries, des caillots cylindricjucs,
t" BématurieB d'origine prostatique, turiesse manifestent dans l'hypertrophii
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266 UniNES PATHOLOGIQUES
la luberculose prostatique et le cancer prostate-pelvien de Guyon;
3" Hématuries d'origine vésioale. — Ces hématuries résultent souvent d'un traumatisme; les calculs de la vessie, en tant que corps étrangers, penvent en être la
Elles peuvent avoirpour cause les tumeurs delà vessie, ou la tuberculose de cet organe ; on les voit apparaître dans toutes les variétés de cystite, et les urines renferment en outre du pus.
L'iiémHturîe peut se produire par décompression dans la rétention urinaire.
Lorsque lesangest d'origine vésicale, l'urine contient fréquemment de larges caillots fibrineux, et elle s'éclaircit rapidement par le repos,
i° Hématuries d'origine rénale. — En général, dans cette variété d'hématurie, le sang est intimement mélangé à l'urine; la quantité en est peu abondante; les globules sanguins sont souvent déformés. L'urine reste trouble par le repos et, en plus de l'albumine du plasma sanguin, il y a de l'albuminurie rénale avec cylindres rénaux hémorragiques.
Ces hématuries ont pour causes les traumatismes, les tumeurs et la tuberculose du rein, les néphrites aiguës et, en particulier, les néphrites qui accompagnent la pneumonie, la fièvre typhoïde, la scarlatine et l'érysipèle.
D'après A. Beurrier, l'hématurie est fréquente dans l'oxalurie et, suivant la quantité de sang dans les urines, celles-ci sont tantôt noires ou brunes si' le sang est abondant et intimement mélangé avec l'urine, tantôt rouges avec ou sans caillots; tantôt, au contraire, elles ne sont
SANG DANS L URINE
que louches, et c'est seulement par l'exar pique que l'on pourra voir dans le dépôt globules sanguins révélant l'hématurie.
Chezles oxalunques,cette hématurie, co ment en la présence de globules sanguin! est excessivement fréquente; elle est due d'un gravier, d'un calcul qui se trouve d bassinet ou l'uretère.
S" Hématuries des maladies infectieuses, turies, qui ne s'observent qu'accidentelle provenir des différentes parties de l'appar
6" Hématuries de causes indéterminées, classe, E. Jeanselme range certaines hémoi liées à une influence nerveuse, que cei appellent hémorragies essentielles.
Courtois- Suffit comprend, sous cette d'hématuries essentielles, l'hématurie des caractérisée par l'émission d'urines à la i et sanguinolentes chez les individus doi envahi soit par la filaire de médine, 1 Bilharz ou plus rarement le strongle géa
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- H^HOni.OBlNURlfî
Sousle Dom d'hémo^lohinurie, on comprend l'élimination del'urine renfermant en dissolution de riiémoglobine ou l'un de ses produits de décomposition, sans traces de globules rouges. Cette hémoglobine provient des hématies par hémocytolyse.
Caraotères des urines contenant de l'hémog^lobine dissonte. — La coloration dps urines hémoglobinuriques peut être rose clair, rouge, rouge brun ou même noir suivant la quantité et l'aHération plus ou moins grande du pigment sanguin dissous. Elles sont presque toujours alcalines, même si elles sont récentes, et elles contiennent de l'albumine ; abandonnées au repos, elles laissent déposer un sédiment brun ou rouge brun, souvent granuleux.
L'examen microscopique de ce dépôt peut quelquefois déceler la présence de quelques rares globules rouges; mais leur petit nombre n'est pas en rapport avec la proportion d'hémoglobine dissoute. On y trouve souvent aussi des cylindres du rein, hyalins ou graisseux, et légèrement colorés en jaune par le pigment sanguin.
Recherche de l'hémoglobine dans l'urine. — Celte recherche s'effectue soit par les méthodes chimiques
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aïO URINES PATHOLOGIQUES
d'une intoxication par les substances chimiques, soit dans certaines maladies inrectîeuses ; quelquefois l'hémoglobinurie présente le caractère d'une entité morbide, et on lui a donné le nom d'hémoglobinurie paroxystique.
1° Hémoglobinnries d'origine toxique. — En général , l'hémoglobinurie se présente dans les intoxications graves et, en particulier, dans les empoisonnements par les acides minéraux, le phosphore, le chlorate de potasse, le sulfate de cuivre, l'hydrogène arsénié, la nitrobenzine, l'acide pyrogallique, le phénol, le naphtol, le chloroforme, le sulfate de quinine, etc. Bostrom a signalé l'hémoglobine dans les urines ii la suite de l'empoisonnement par les morilles crues. Dans ces diverses intoxications, les urines sont souvent rares et elles contiennent à la fois de l'hémoglobine et de la méthémoglobine,
â" Hémog^lobinurieB infectieuses. — L'hémoglobinurie est observée dans certaines maladies infectieuses, comme l'ictère grave, la scarlatine, la variole, la fièvre typhoïde; mais c'est surtout dans le paludisme qu'elle revêt un caractère important ; aussi a-t-on donné à cette affection le nom de fièvre bilieuse hémoglobînurîque. Dans ce dernier cas, les urines sont souvent brun noirâtre ou presque noires; elles renferment en même temps de l'hémoglobine, de la méthémoglobine et de l'hématine. L'albuminurie est constante; on trouve encoi-e, dans l'urine, de l'urobiline, des pigments biliaires et des cylindres hyalins {P. Gallois).
3° HémoglobiDurie partaystique essentielle ou a trigoro. — Cette affection se rencontre, à la suite d'un
SANG DA>S L URINE
refroidissement, chez certains individus pré une affection antérieure. Les urines sont acides, de densité élevée; il y a hyperexcrét et de l'acide urique (P. Gallois). L'album souvent l'hémoglobine, qui se trouve généra ciée à la méthémoglobine. Le sédiment riche en oxalates, et il est, en outre, foi cylindres hyalins ou granuleux et pigmenté
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- HÉUATOPORPHYRIi\URIF
L 'hé m a topo rph y ri ne est un pigment rouge qui résulte de la décomposition m vitro de l'Iiématine par l'acide sulfurique, l'hématine provenant elle-même du dédoublement de l'hémoglobine.
Certains auteurs ont trouvé de rhématoporphyrine dans les urines des malades ayant absorbé du sulFonal (Salkowslii) et chez les fiaturnins (N'altarai).
Ce syndrome urinaire ne parait pas avoir, en clinique, une importance capitale, d'autant pins que Garrod et G. Hopkins ont reconnu l'existence de petites quantités d'bématoporpliyrine dans l'urine de vingt sujets adultes bien portants ; cette substance semble donc fttre un élément constant de l'urine.