CHAPITRE VI UROBILINE. — UROBILnni
L'urine normale renferme de l'urobi mogène, c'est-à-dire une substance qi donne l'uroWIine ; certains auteurs p que l'urine ne renferme normalement gène de ce pigment.
C'est JafTé qui a émis l'opinion d'ui maie; Mac Munn a admis l'existence, fébriles, d'un autre pigment auquel d'hjdrobilirubine et qui serait différen Il est maintenant démontré que les extraits des urines normales et patholo seule et même substance (Maly, Garroc
A l'état physiologique, la proportio minée en vingt-quatre heures est trèt tout au plus, d'après Hugounenq, de 0" excrétion à l'état pathologique commui des propriétés physiques et chimique facile de la reconnaître, et c'est à cett que nous réserverons le nom d'urobilin
Les urines pathologiques à coloratii en urobiline, caractérisaient ce que l'ictère hémaphéique.
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SSii URIKES PATHOLOfilQUES
Extraction de l'urobiline dans les urines. — 1" Procédé Jaffe. — L'urine normale renferme trop peu d'urobiline pour la retirer facilement; il est préférable de prendre des urines fébriles qui en sont plus ricbes et que t'en précipite par du sous-acétate de plomb. Le précipité est lavé à l'eau, puis desséché ; on le pulvérise et on l'épuisé par de l'alcool bouillant. Le résidu ainsi traité est décomposé par de l'alcool absolu contenant de l'acide sulfurique. On filtre la liqueur alcoolique, qui est colorée en rouge, et on la sature par de l'ammoniaque. On liltre à nouveau et le filtrat, étendu de son volume d'eau, est additionné de chlorure de zinc tant que le précipité brun rouj^e augmente. Ce précipité est recueilli sur un filtre, lavé à l'eau froide, puisa l'eau chaude, et on le dessèche à basse température. La poudre obtenue est traitée par de l'alcool acidulé avec de l'acide sulfurique. La liqueur filtrée est étendue de la moitié de son volume de chloroforme et agitée en présence d'une grande quantité d'eau. La liqueur chloroFormique chargée de la matière colorante est décantée, lavée à plusieurs reprises avec de l'eau distillée. Finalement, on distille le chloroforme et le résidu est desséché sous une cloche avec de l'acide sulfurique.
2° Procédé de C.-V. Lefèvre. — Les urines à urobiline sont saturées de sulfate d'ammoniaque pur, on agite vivement le mélange, et, lorsqu'il est revenu à la température ordinaire, la présence d'un léger excès de sulfate d'ammoniaque est un garant de la parfaite saturation. Quand on opère sur l'urine fraîchement émise, le pigment rouge se précipite; on le reçoit sur un filtre: il a la couleur du sesquioxyde de fer récemment précipité. Quand toutle liquide s'est écoulé, on lave le filtre avec une solution saturée de sulfate d'ammoniaqui> on patn-o i-o
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liKOBlLlNE. — UROBILINURIE
filtre entre des feuilles de papier et on le TalcoolàSS", qui s'empare du pij^ment, le su nîaque en excès et l'acide urique étant in: l'alcool fort. Par évaporation de la liqueur obtient l'urobiline.
Extraction du ohromogène de l'urobiline WiNTBR. — L'urine nouvellement émise es saturée à froid par le sulfate d'ammoniaqi par la filtration les divers pigments ainsi ] les dessèche rapidement et on les lave sur de l'éther pur qui dissout l'urobiline et son La liqueur étbérée est agitée avec de l'eai: dissout l'urobiline, et le chromogène resti éthérée. Par évaporation, on obtient le ch l'urobiline.
Propriétés. — L'urobiline est une poudre de formule C^H^Az'Oi. Elle est difficile dans l'eau; elle se dissout bien dans l'alcoi chloroforme; elle est également soluble da et les alcalis. Les solutions aqueuses son solutions chloroformiques sont rouges 01 liqueur acide, elle est précipitée par le sul niaque ajouté à saturation. La solution a colorée en jaune, et elle présente une fluor très nette, l'addition d'un acide la fait dis solution ammoniacale, additionnée de quel de chlorure de zinc, possède cette même flu
Les solutions d'urobiline, examinées au s présentent des spectres différents, suivant acides ou ammoniacales. La solution ac deux bandes d'absorption ; la bande 1 situét
2S8 LKIXES PATHOLOGIOLES
est seule facilement visible ; elle se trouve dans le vert et empiétant un peu sur le bleu (planche, p. 4t>!l}.
En solution ammoniacale, l'urobiline donne trois bandes : une légère a droite de C, une en B claire el une foncée entre b et F. se rapprochant plus de b et se trouvant nettement dans le vert (planche, p. 469),
Seule la bande d'absorption située entre 6 et F est nettement apparente en solution acide et en solution alcaline, el 8011 déplacement, lorsqu'on l'examine successivement en milieu acide et en milieu alcalin et, d'autre part, la fluorescence qu'on obtient par addition de quelques gouttes de chlorure de zinc à sa solution ammoniacale sufliscnt pour caractériser la présence de l'urobiline.
Origine- — L'urobiline dérive du pigment sanguin,
riiémoglobine.
Sieber et Nencki ont pu obtenir, par l'action de l'acide Ijfomhydrique sur l'hématine, une hématoporphyrine que les réducteurs transforment en une substance possédant la composition et les propriétés spectrales de l'urobiline. L'hématine provient du dédoublement de l'hémoglobine par les acides étendus, de sorte que l'urobiline dériverait de l'hémoglobine par des processus de dédoublement et de réduction effectués dans l'organisme.
Suivant Haycm et ses élèves, l'urobiline est fabriquée par le foie qui, par suite d'altération de cet organe, ne transforme que partiellement l'hémoglobine en bilirubine; une autre partie, étant convertie en urobiline, passe dans la circulation et est éliminée par les urines.
On a invoqué aussi une théorie hématique d'après
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390 CBIMIS PATHOLOGIQCES
Cette théorie de A. Gilbert et M. Herscher correspond bien avec l'action biochimique du reia, et elle montre, d'autre part, qu'il ne peut y avoir d'urobilinurîe sanscholémie; elle explique également le passage simultané dans l'urine des pigments biliaires et de l'urobiline.
Caraotères dei nriuM contenant derorotûtine. ~ Les
urines ne renfermant que de l'nrobiline en petite quantité ne présentent pas de coloration spéciale; toutefois elles offrent un certain degré de dichrolsme, c'està-dire qu'elles paraissent jaunes quand on les examine par transparence, et rouges à la lumière réfléchie. Si la proportion d'urobiline est assez élevée, la coloration varie du jaune rougcâtre à la teinte acajou; enfin, elles peuvent être brunes et foncées lorsqu'il existe en môme temps de l'urobUine et des pigments biliaires.
Kedierche de l'nrobiline dans les urines. — On décèle la présence de l'urobiline par l'analyse spectrale et par la fluorescence que ce pigment donne avec les sels de tînc (méthode chimique}.
fl) Examen spectboscopiqce, — On opère sur l'urine récemment émise et filtrée, et, si elle est alcaline, on l'acidifie légèrement par l'acide acétique et on l'examine au spectroscope et, au besoin, sous des épaisseurs variables, l'uroepectroscope de Hénocque, que nous avons précédemment décrit (p. 263), peut être employé avec avantage aux lieu et place du spectroscope. Si l'urine est peu colorée, le spectre est nettement visible et on aperçoit la bande t caractéristique dans le vert aux confins du bleu. Si elle est moyennement concentrée, on voit que la partie droite du spectre est en partie éteinte, surtout les
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tlttOSlLINË. — ÙROBlLlMjBIE â91
rayons violet et indigo ; mais le bleu doit être visible.
Quand l'urino est fortement colorée, la raie y n^ se distingue plus dans la partie droite du spectre, complètement obscurcie; ce fait peut tenir à la présence d'une très grande quantité d'urobiline ou à celle des pigments biliaires.
Hayem tourne la diffîculté en mettant à profit la diffusibilité de l'urobilino, qui est beaucoup plus considérable que celle des pigments biliaires. On verse alors avec précaution au-dessus de l'urine une couche d'eau en ayant soin d'éviter tout mélange; l'urobiline très diiTusible passe dans l'eau; en portant l'examen spectre SCO pique sur la partie supérieure du liquide, on constate facilement la bande caractéristique de l'urobiline.
Lorsqu'on veut maintenant rechercher le ckromoyme del'apobiline, il suffit de traiter l'urine par le permanganate de potasse ou mieux par quelques gouttes d'une solution d'iodure de potassium ioduré, l'urobiline produite apparaît facilement à l'examen speclroscopique. On peut encore isoler le chromogène d'après la technique deWinter, que nous avons relatée précédemment (p. 287) ; ce chromogène ainsi obtenu pi-ésenle une coloration jaune ambré et l'examen au spectroscope n'y démonlre la bande 7 de l'urobiline que si l'on y ajoute quelques gouttes d'acide azotique.
6) Méthodes chimiques. — 1° Procédé Léo, — On précipite 150 à 200 centimètres cubes d'urine par le sousacétate de plomb ; le précipité est lavé avec de l'eau distillée, puis avec 10 centimètres cubes d'alcool absolu et on le traite par 10 à 12 centimètres cubes d'alcool ammoniacal (10 volumes d'alcool à 95" et 2 volumes d'ammoniaque). Cette solution filtrée est concentrée au
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392 URINES FATBOLOGIQCES
bain-marie et, lorsqu'il ne reste plus que 3 à 4 centimètres cubes, on ajoute au liquide quelques gouttes d'une solution de chlorure de ^inc au 1/5' et 1 centimètre cube d'ammoniaque. On agite et on obtient, si l'urine contient de Turobiline, une belle fluorescence verte.
2° Procédé Th. Roman et G. Dellue. — Nous recommandons particulièrement ce procédé de recherche de l'urobiline qui, à cause de sa simplicité, peut être facilement mis en pratique en clinique et qui donne de bons résultais.
On verse dans un entonnoir à séparation 100 centimètres cubes d'urine ; on ajoute 8 à 10 gouttes d'acide chlorhydrique pur, puis 20 centimètres cubes de chloroforme. Après avoir agité avec précaution, pour éviter d'émulsionner le chloroforme, on laisse déposer quelques instants. On recueille environ 2 centimètres cubes de la solution chloroformique que l'on additionne, en évitant de mélanger les liquides, de deux volumes du réactif suivant :
Acétate de zinc cristallisé I gr.
Alcool à 95".. q. s. p. faire 1.000 centimètres cubes.
A la surface de séparation des deux solutions, en regardant par réflexion et sur un fond noir, on voit très nettement un anneau vert, caractéristique de l'urobiline; en agitant, la fluorescence se répand dans toute la masse du liquide, qui, vu par réfraction, est coloré en rose.
11 peut arriver que,' par suite d'une agitation trop vive, la solution chloroformique ne soit pas très limpide. Il est alors indispensable de la filtrer pour retenir les parties émalsionnées. Malgré cela, l'opération est très rapide ; elle se fait en moins d'un quart d'heure, même
lorsquelafiltrationestnécessaire;elle ne de'"""'''' outillage bien spécial et peut se faire au li
Lorsque des urines fortement pigmentéi simultanément de l'urobiline et des pigm< la recherche par les procédés chimiques difficile.
E. Lépinoie sépare l'urobiline des aut) de la façon suivante :
On prépare tout d"abord une solution d zinc au 1/10', contenant juste assez d'a( drique pour avoir une liqueur limpide, puis d'ammoniaque au quart. Dans une éprouv on mesure 5 centimètres cubes de la prem 20 centimètres cubes d'urine et 3 ou 4 cent d'ammoniaque diluée et on filtre. La liq liltrée est fluorescente, s'il y a de l'urobilii pigments urinaires restés sur le filtre ave d'oxyde de zinc sont délayés dans quelque cubes d'eau, on ajoute goutte à goutte di tique jusqu'à dissolution complète. Cette so avec l'acide azotique nitreux, la réactîoi caractérisant les pigments biliaires.
Dosage de l'urobiline. — 1° Méthode de Celte méthode, citée par Hénocque dam scopie biologique, consiste à prendre 30f cubes d'urine nouvellement émise, qui est de l'acide sulfurique ou de l'acide acétii ajoute environ 230 à 240 grammes de sul niaque pur, de façon à saturer le liquide t agite pendant une heure et on filtre. Le fil au spectroscope, ne doit plus donner la h
ristique de l'urobiline, qui se trouve précipitée par le sulfate d'ammoniaque. On lave le précipité à plusieurs reprises avec une solution aqueuse du même sel, et on le dessèche à l'air libre. Le pigment est dissous dans 300 centimètres cubes d'alcool, volume égal à celui de l'urine employée. Dans une petite cuvette en verre, on met 10 centimètres cubes d'alcool à 60°, 2 gouttes d'ammoniaque et S gouttes d'une solution de chlorure de zinc à 1 ou S 0/0; d'autre part, la liqueur alcoolique, contenant le pigment à doser, est placée dans une burette de Mobr, graduée en centièmes de centimètres cubes. On fait écouler la solution d'urobilinc jusqu'à ce que l'on distingue nettement la fluorescence verte ; dès ce moment on verse environ deux à trois fois plus du liquide à urobiline, jusqu'à ce que l'on constate nettement an spectroscope la bande 7. On note exactement le volume versé.
Comme on sait expérimentalement que pour obtenir la bande ^, il faut O"",!? d'une solution d'urobîline pure à 1 0/0; il est facile d'en déduire la proportion d'urobilinc cherchée d'après le volume de la liqueur titrée, employée à la production de cette bande. Admettons que l'on ait pris, sur 300 centimètres cubes de la liqueur alcoolique n centièmes de centimètres cubes, la proportion d'urobiline sera donnée par l'équation :
2° Méthode de Demgbs. — G. Denigès détermine approximativement l'urobiline dans les urines par un examen spectroscopique fait comparativement avec celui d'une solution type d'urobiline. 11 sépare tout
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UROBILINE. — UROBILINURIE 295
d'abord, dans les urines fortement pigmentées et contenant surtout des pigments biliaires, toutes colorantes parasites à l'aide d'une soluti mercurique, dont la formule est la suivant
Oxyde mercurique 5 g
Acide sulfurique 20 c
On mêle l'acide et l'eau, et l'on agite 1' rique qui se dissout par agitation.
On ajoute alors à 10 centimètres cub moitié de son volume du réactif mercuri et on filtre au bout de cinq à six minutes. 1 trée est examinée au spectroscope sous i de 3 centimètres : on aperçoit la bande t ' d'après la quantité d'eau ajoutée à un vob filtrat, pour faire disparaître cette bande, comparativement avec une solution typ pure, on peut déterminer approximativem< tion de l'urobiline de l'urine.
Avant les travaux de A. Gilbert et M. Ht bilinurie était considérée comme le véril l'insuffisance hépatique et l'urobiline éta pigment du foie malade. Mais le fait que n'est pas toujours accompagnée d'urobiiine (urobilinémie) a fait naître cett« conceptio l'origine rénale de l'urobiline et, dès lors anciennes disparaissent, et l'urobilinurie
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URINES PATJIOLOGIQtJES
ts dont les fonctions hépatiques sont nor- ! exaltées ; elle ne peut juger l'état de la ue, El, toujours suivant A. Gilbert et elle traduit seulement la présence des 'es dan3 le sang; elle est donc un signe L cholémie. EUe peut s'associer quelque-
i ne signifie donc pas insuffisance hépan importance en clinique n'en est pas ;ar elle permettra de reconnaître la cho-
celle-ci ne se manifestera pas par de I cholurie.
ue Gilbert et LerebouUet attachent une nce à Turobilinurie dans le diagnostic de iliale, qui ne présente ni ictère, ni cholu- :a décelée par la présence de l'urobiline iuisant la cholémie.
!urs de la théorie rénale de l'urobiline ne
que l'urobilinui-ie n'indique, dans cerionnels où il y a en môme temps urobililuffisance hépatique ; cette urobilinurie xister en même temps que l'insuffisance que la cholémie est liée à une affection itrainer la déchéance fonctionnelle du
lit l'interprétation seméiologique donnée aminons dans quelles affections elle pieut 3 ou associée aux pigments biliaires nor-
: se rencontre souvent dans le cours de les ou infectieuses, comme la fièvre lumonie, la grippe, la diphtérie, la fièvre ! rhumatisme articulaire aigu.
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