CHAPITRE XII DIAZORÉÂGTION D'EHRLICH
On entend par diazoréaction d'Ehrlich la coloration rouge éearlatc, rouge vermillon ou rouge orangé que prennent certaines urines pathologiques traitées par un dérivé diazoïque, comme le sulfodiaitobenzol.
En chimie, on sait que les aminés dérivant des phcnols, c'est-à-dire les anilines, traitées parl'acidenitreux en solution acide, donnent naissance à des corps dinzoïques et que ceux-ci s'unissent avec une grande facililé aux phénols et aux aminés phénolïqucs pour former des composés azoïquea, lesquels ont fourni à l'industrie de belles matières colorantes.
Si on met en présence, par exemple, de l'acide sulCanilique et de l'acide azoteux en milieu acide, on obtient un dérivé diazoïque, le sulfodiazobenzol suivant la réaction :
S0aH-C6||i-A?.Hî+Az0ïH— SO^H-COHi-Az^Aï-OH-i-HïO
Le sulfodiazobenzol à l'état de sel chtorhydrique, en tant que dérivé dîazot'que, réagit très facilement sur les phénols combinés à la soude pour donner un composé
(liazoTque phénolé :
S03H — C«Hi — Aï = A;! — Cl + C«H'ONa =
SO^H — C^H' — A?. = Az — OC^H' -f XaCJ.
DIAZORÉiCTION D EHRLICH
et, par transposition moléculaire, le déri phénolé donne un composé azoïque:
S05H-CW-Az-Aï-006HS=S0aH-C«H*-Az:
Ehrlich, en 1882, se basant sur ces difl lions, a cherché si l'urine de l'homme ne i de substances appartenant à la série aron vaut se combiner au sulfodiazobenzol poui composés azoïques colorants ; il a vu qu normales ne donnaient que des colorations i tantôt orangées ou jaunes, alors que cerf pathologiques, traitées dans les mCmes coi naient une belle coloration rouge pourpre moisi ou rouge carmin. Dès ce moment, ce la pensée d'utiliser la diazoréaclion comme vestigation clinique.
llàtons-nous d'ajouter qu'au point de vue tic cette réaction n'a pas toujours une val mais que, rapprochée d'autres symptômes ( devient précieuse pour le médecin ; elle es utile pour le pronostic de certaines afTectio
Taohniqns de le diasoréactioD d'Ehrlicb.
pare tout d'abord les deux solutions suivan
1* Solution A. — On dissout de l'acidt jusqu'à saturation dans 1.000 centimètres distillée additionnés de 30 centimètres c chlorhydrique pur.
2" Solution B ;
Nitriie de soude pur
Eau distillée
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326 URINES PATUOLÔGIQGES
Ces deux solutioDS sont conservées dans des flacons
Le réactif d'Ehrlich est obtenu- en mélangeant 1 centimètre cube de la solution B et SO centimètres cubes de la solution A. On ne doit préparer ce mélange qu'au moment du besoin, en raison de sa facile altérabililé.
Pour effectuer la diazorc action, on ajoute à 10 centimètres cubes d'urine 10 centimètres cubes du réactif, on agile, on alcalinise avec 2 centimètres cubes d'ammoniaque et on agite à nouveau. Lorsque la diazoréaction est positive, le liquide prend une belle coloration rouge, et la mousse, formée par l'agitation, a la même teinte. Si on abandonne le liquide à lui-même pendant vingt-quatre heures, il se forme un précipité dont la totalité ou seulement la couche supérieure est colorée en vert. Ce dernier caractère est un signe de réaction positive dans les cas douteux.
D'après A. Guillemin, il n'est pas nécessaire de mélanger au préalable les deux solutions A et B, et il est préférable de prendre, pour l'essai, 2 centimètres cubes et demi d'urine, d'y ajouter 2 centimètres cubes etdemide réactif sulfanilique(sohitionA), puisâgouttes de la solution de nitrite de soude, d'agiter et d'alcaliniser fortement avec7 à 10 gouttes d'ammoniaque. Ehrlicli a remarqué que, si l'on verse l'ammoniaque avec précaution k la surface du mélange de l'urine et du réactif, on constate une zone rouge au point de séparation des deux liquides; l'ammoniaque qui surnage est parfois colorée légèrement en rose. Si l'on vient à agiter, tout le mélange devient rouge. Cette coloration peut varier du rouge écarlate vif au rouge vermillon et au rouge orangé.
Ebrlich représente ces différentes couleurs par les symboles suivants :
DUZORÉACTION D EHRLIC
a). R3, teinte rouge écarlate, quelqi de Bordeaux ;
b). R2, t«inte intermédiaire entre a)
e). Ri, teinte rouge vermillon;
d}. Rfi, teinte rouge orangé.
De R3 à R[j., l'intensité de la réacti nuant.
La dtazoréaction est nettement positi teint l'une ou l'autre de ces quatre colo traire, elle est négative, si la teinte obt est orangée, brune ou Jaune ; ces dern s'observent dans les urines normales.
Ëhrlich, Ph. Rivier et presque tous se sont occupés de cette question consic loration que prend la mousse produit!
du mélange a une plus grande importa vue de l'interprétation du résultat et que est nettement positive lorsque cette me en rose ou eu rouge. En effet, les urin pathologiques qui ne présentent pas donnent, par l'essai d'Ehrlich, une moi quelquefois teintée en jaune. La difTérenc plus facilement appréciable dans l'éci:
verses colorations qui se produisent au lui-même toujours fortement coloré.
On ne doit pas ignorer que certain tels que les dérivés de la naphtaline et i peuvent donner la diazoréactton. 11 en i urines qui contiennent de la bilirubine donc toujours être éliminée par l'acétate noir animal. D'autres médicaments, corr créosote, empêcheront la diazoréactioi (G. Wesenberg).
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i-l» UHiHEa PATHOLOdlQUES
Qnelles sont les substances contenues dans l'urine et déterminant la diazoréaction? — Celle queslion n'a pas encore été résolue et on ne sait pas encore d'une façon précise les substances qui se combinent au sulfodiazobenzol pour donner les composés azoïques colorants observés dans la réaction. 11 est un fait certain et démontré par Ehrlich, c'est que cette diazoréaction n'est pas due aux produits actuellement connus qui entrent dans la composition des urines normales ou pathologiques. Le seul point que l'on connaisse, c'est que la substance dûtr;rminant la réaction est facilement oxydable, car on ne peut plus reproduire cette dernière avec l'urine additionnée de quelques gouttes de permanganate de potasse ou de chlorure de chaux.
Les urines acides conservent la facilité de reproduire la diazoréaction ; ce qui n'a plus lieu lorsque les urines deviennent ammoniacales par suite de fermentation.
A ces seules notions, formulées par Ehrlich, sont venues se joindre diverses opinions formulées par nombre d'auteurs.
Le résultat positif de la diazoréaction dans la tuberculose pulmonaire a fait dire à Ehrlich que la cause de cette réaction était due à la résorption de produits putrides formés par destruction des globules de pus et qui
D'après Nissen et Agelto, il s'agirait de produits de transformation des toxines microbiennes. Benedict incrimine la résorption des produits de putréfaction intestinale,
Th.-K. Geisler, se basant sur ce que la diazoréaction de l'urine s'observe à la suite d'une destruction exagérée de leucocytes dans !e sang (leucocyte se}, pense que les substances qui donnent cette réaction ne sont pas
DIAZORÉACTIOK D EIIRMCH 329
formées dans le sang, mais apparaissent au moment du passage des produits des leucocytes à Nous sommes donc encore dans le d thèses, relativement à la cause déterm réaction; mais quoi qu'il en soit, on importance comme moyen d'investiga
DIAZORBACTION n EHRLICH.
Si les auteurs n'ont jamais renconti dans les urines normales d'adultes < existe, au contraire, dans un certain pathologiques et principalement dans ladies fébriles.
Dans les affections apyrétiques, la très rare, à l'exception toutefois de apyrétiques de la tuberculose et de la I nière période.
Si on considère le cas des maladies qne la diazoréaction est constante ou dans la fièvre typhoïde en pleine évoli le typhus exanthématique, la tubercuk les pyémies et fièvres puerpérales; e sente, tantôt absente dans la phtisi méningite tuberculeuse, la périton:
pleurésie exsudative, l'érysipèle, la neuse, la scarlatine, la fluxion de pc pneumonie (Ehrlich, Rivier, etc.).
Mais c'est dans la fièvre typhoïde qi peut donner des indications utiles et
NES PATI10L0G1QDES
S la thèse de Ph. Rivier. Ces indicaites :
typhoïde, la diazoréaction peut èlre constante du sixième au dixième
raître déjà le deuxième jour au soir; e ne se montre que le troisième, qaam sixième jour; mps variable et proportionné en géné-
la gravité de l'infection typhique, un ou deux jours, ce qui est excepux semaines, ce qui est la règle; pidement un maximum d'intensité, les jours, puis s'atténue progressi-
un peu avant, ou pendant ou après tans le premier cas, elle peut per- 1 chute de la température ; tt dans les recrudescences et les les faire prévoir dans les cas, assez elle se montre avant l'éiévation ther-
de la diazoréaction au cours de la m absence dans l'embarras gastrique des meilleurs signes diagnostiques tions.
également étudié la diazoréaction èvre typhoïde, et il arrive à des coni semblables à celles de Ph. Rivier.
est presque constante dans la fièvre ralt d'ordinaire quelques jours avant courbe est généralement continue, à jauf la durée) à la courbe thermique;
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DIA7.0 RÉACTION D EHRLIC
Sii disparilion, progressive et définitive. voir à bref délai la chute de la tempéra compHcation.
Elle peut disparaître brusquement e précoce, sans qu'on puisse en tirer un p vaise augure. Sa , persistance, au C( l'abaissement tliermique, doit attirer \'i complication possible ou sur une ma raine, entre autres la péritonite et la tu
Si, comme le fait remarquer H. Gui de la diazoréaction au point de vue du fièvre typhoïde est loin de pouvoir être avec le séro-diagnostic de Vidal, nouve. vestigation clinique basé sur la propri du sérum sanguin des typhiques | d'Eberth ; la diazoréactipn a néanmoins fois le diagnostic affirmé, de permettre i tion de l'intensitë de la maladie et d'être simplicité pratique très remarquable.
La diazoréaction est très fréquente c leux ; elle a une grande importance au pronostic, car elle parait survenir Burtc poussées nouvelles de tuberculose au anciens (Ph. Kivier). Quand elle appar s'aggrave (Michaëlis, A. Blad et P. Vi Gebhard, elle est aussi fréquente dans aiguës et la tuberculose chronique à la (
La réaction d'Ehrlich fait défaut d tante dans les urines des diphtériques ; traire, fréquente dans la scarlatine; ( indiquée pour le diagnostic de la scarla tions ,scarlatini formes postsérothérapiq
La diaïoréaction est encore constant
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variole en pleine évolntion, et Ed. Sergent pense qu'elle peut constituer un élément de diagnostic différentiel entre la variole et la varicelle qui, d'après les auteurs qui l'ont étudiée à ce point de vue, ne comporte pas, en règle générale, la diazoréaction.
Enfin, la réaction d'Ehrlich est d'un mauvais présage quand elle apparaît dans la pneumonie et la diphtérie (G. Wesenbëfg).
DoiiîHihvGoo^lc
Uments organiques^ suivant sabetancesminéralesou des
et 8 la description de ces nt de voir quelles sont les 1 qui se fait
du dépAt doit porter sur on est souvent obligé d'at.
tendre dix-huit et même vingt- quatre heures pour que le sédiment se rassemble, il est préférable de favoriser la séparation du sédiment par la centrifugation.
On emploie généralement dans les laboratoires les centrifugeurs à main, qui permettent, par ladisposition spéciale de la multiplication des engrenages, d'obtenir avec une vitesse considérable une dépensede force presquenulle ; on obtient, de cette façon, en quelquesinstants, un précipité complet et non altéré. Le modèle le plus employé (fig. 22j donne deux vi- 'on actionne par l'ase supéique la manivelle est fixée