‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 26 sur 116 · AURICULAIRE POSTÉRIEUR · texte numérisé non relu

AURICULAIRE POSTÉRIEUR

Absence. — L'auriculaire postérieur est rarement absent. Je l'ai pourtant vu manquer, à droite et à gauche, chez une aliénée et un enfant de dix ans. Dans un cas observé par M. le professeur Macalister, il était remplacé, des deux côtés, par une bande fibreuse "-.

Anatomie comparée. — Bischoff déclare que tous les muscles de l'oreille externe faisaient défaut chez un jeune gorille qu'il a disséqué. « Même au microscope je n'ai pu voir, dit-il, de fibres musculaires striés dans les endroits oii devaient se trouver les muscles auriculaires. »

Division en plusieurs faisceaux. — Des auriculaires postérieurs composés de deux faisceaux ont été trouvés chez le blanc par M. Whinnie ^, Walther '*, Sœmmerring, Macalister, etc., et chez les races de couleur par M. Chudzinski '\

' Lesbre. Essai de myolof/ie comparée cit., p. 27.

■ Macalister. Loc. cit., p. i.

'^L Whinnie. Lonilon Medic. Gaz., 1846, p. 185.

* Walther. Dls})ul. Anal, sélect. Gjttlngen, 1751, vol. VU. p. 615.

■"'Chudzinski. Revue d'anthropologie, 1378, p. '2.

Dans les cas de Walther et de Sœmmerring, le faisceau inférieur recevait des fibres du sterno-mastoïdien ; dans le cas de M. le professeur Macalister, le faisceau supérieur se détachait de l'apophyse mastoïde et le faisceau inférieur, du fascia cervical. Le faisceau inférieur se perd quelquefois dans le transverse de la nuque. Selon Halle tt \ cette malformation se rencontrerait o fois sur 200 sujets. Cette proportion me paraît assez exacte.

Des auriculaires postérieurs à trois faisceaux ont été décrits par Casserius^ Sandifort ' et Alhinus {très retrahentes aiiriculam) et des auriculaires postérieurs à quatre faisceaux par Valsalva S Morgagni% Sœmmerring^ et Haller '. Quand les rétracteurs de l'oreille sont ainsi divisés ils peuvent, comme l'a remarqué Sandifort et comme je l'ai remarqué moi-môme à deux reprises, s'étendre jusqu'à l'occipital.

Duverney assure avoir trouvé des protracteurs articulaires composés de cinq et même de six bandes musculeuses distinctes \ Pour moi, je n'en ai jamais rencontré.

Anatomie COMPARÉE. — Ou uc comptc dans l'homme que trois muscles extrinsèque de l'oreille externe, les auriculaires postérieur, supérieur et antérieur ; encore ne peuvent-ils produire aucun mouvement, étant entièrement rudimentaires. Chez le chat, on en trouve au contraire jusqu'à vingt-cinq tous très bien prononcés, distincts les uns des autres, et fort actifs : aussi tout le monde connaît la parfaite mobilité des oreilles de ces animaux. Ces muscles se divisent en prétracteurs, fléchisseurs en avant, abaisseurs, abducteurs, rétracteurs, extenseurs, adducteurs, rotateurs en dedans, rotateurs en dehors, élévateurs et constricteurs (Strauss-Durckheim). Le cheval, Y âne, le lièvre, le lapin, le chien, la chauve-souris, la girafe, Y éléphant, etc., qui doivent percevoir les sons d'une faible intensité et en apprécier la direction pour fuir le danger ou se procurer leur nourriture, ont aussi une conque auditive mue dans tous les sens par de nombreux agents musculaires.

C'est assez dire que l'auriculaire postérieur de l'homme, — quelle

'Ilallett. Loc.cit., p. 2.

- Casserius. Tabula 2, fig. 1.

^Sandifort. Hisloria muscuL, p. 65.

* Valsalva. Loc. cil.

'Morgagni. Epislol., IV, n" 4.

9 Sœmmerring, p. 81.

"Haller. Elém. de physiolor/ie, lib. XV, p. 191.

«Duverney. Loc. cil. suprà.

que soit la quantité des faisceaux qui le composent, — a son équivalent dans les espèce zoologiques inférieures.

Dans les Chéiroptères (le murin, la chauve-souris à larges oreilles, etc.), il est représenté par deux faisceaux musculaires {M, occipili-aurien et M. occipiti-aurien rotateur) qui naissent tous deux de Toccipital, dans la girafe, le cheval^ le chien, etc., par trois faisceaux dits M. cervici-auriem ', qui, dans la girafe, proviennent tous de la nuque (Lavocat -), dans le cheval, de la corde du ligament cervical (Arloing et Chauveau '}, et dans le chien, l'un de l'apophyse interpariétale et de la crête pariétale {M. long abducteur de l'oreille d'EUenberger et Baum ^), l'autre de la ligne courbe supérieure de l'occipital ou de l'apophyse interpariétale [M. court abducteur de l'oreille d'EUenberger et Baum), le troisième de la ligne médiane de la nuque [M. long releveur de /'ore///e d'EUenberger et Baum).

Selon M. le professeur Watson, \ éléphant des Indes a quatre rétracteurs de l'oreille : 1° le retrahens inferior ; 2" le retrahens superior : 3" le retrahens anterior ; 4° le retrahens internas. Le retrahens inferior et le retrahens superior confondent, au niveau de la nuque, leurs fibres avec celles du trapèze et du muscle occipital ^

Cuvier a noté chez divers mammifères la présence de cinq muscles auriculaires postérieurs : le cervici-aurien, naissant du ligament cervical ou os occipital, V occipiti-aurien, se détachant du pourtour de la crête occipitale, le cervico-tubien profond, V occipiti-aurien rotateur, émanant l'un et l'autre de l'occiput, et le cervico-scutien qui rapproche, en arrière, les deux oreilles. « Ce dernier muscle est spécial au chien et au lapin. »

Strauss-Durckheim a retrouvé la plupart de ces muscles dans le chat et les a dénommés : le cervici-aurien, sus-cervico-pavillien, Yoccipitiaurien rotateur, occipito-pavilUen, le cervico-tubien profond, lambdoconchien et le cervico-scutien, occipito-scutien.

Dans le fœtus de gibbon de Deniker l'auriculaire postérieur était « double à gauche et simple à droite » .

' Maisoiineuve. Loc. cit , p. loi, Maoalister, Sur la névrologie des chéiroptères, in Philosopliical Transaclions.

- Lavocat. Mém. de l'Acad. des sciences, lettres et inscript, de Toulouse, 1878, p. 113. ^Arloing et Chauveau. Traité d'anal, des animaux domestiques, 1890, p. 286.

^EUenberger et II. Baum. Anal, descript. et topog. du chien, trad. Deniker. Paris, 1892 p. 130.

^Watson. Journ. of. anat. and phys., \%li, p. 128.

Variations des insertions et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Hallett l'a vu naître en totalité du traverse de la nuque \ Rowley du fascia cervical -, Valsalva'^ et M. le professeur Macalister de roccipito-frontal '*.

Selon M. Chudzinski il est plus long chez les blancs que chez les mongoloïdes.

Anatomie comparée. — On trouvera plus loin une étude complète du transverse de la nuque dans l'espèce humaine et des homologues de ce muscle chez les animaux. Quant aux connexions assez fréquentes de l'auriculaire postérieur de l'homme avec le fascia cervical ou l'occipito-frontal, elles ne sont pas inexplicables. M. le professeur Humphry a démontré en effet que chez le ceratodus, le chien de mer et le lépidosiren les muscles faciaux, auriculaires et occipito-frontaux sont unis au platysma cervical qui n'est, lui-même, qu'une dépendance du stratum brachio-céphalique superficiel °. J'ai noté du reste, plus haut, que l'auriculaire postérieur du gorille s'attache en arrière sur l'aponévrose du M. occipital. (Voy. ce muscle.)

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