‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 41 sur 116 · LONG DU COU · texte numérisé non relu

LONG DU COU

Ce muscle a été très bien décrit dans un mémoire illustré d'une planche, publié par Luschka, en 1854 dans les Archives de Midler, (H. Luschka, Der lange Halsmuskel des Menschen).

Le long du cou est formé de trois sortes de faisceaux :

I. De faisceaux longitudinaux [faisceaux épineux de Cruveilhier, faisceaux internes longitudinaux de Sappey) qui se détachent de la face antérieure et de la face latérale des corps des trois premières vertèbres thoraciques et des deux ou trois dernières vertèbres cervicales et se portent sur le tubercule de l'arc antérieur de l'atlas et le corps des deux ou trois cervicales suivantes. C'est le reclus colli de Luschka ;

II. De faisceaux plus petits [faisceaux transversaires antérieurs de Cruveilhier, faisceaux obliques externes de Sappey) qui se détachent de la partie inférieure du corps du muscle, se dirigent obliquement en haut et en dehors et vont s'insérer aux tubercules antérieurs des apophyses transverses des dernières vertèbres cervicales (6® et 7'' ou 5® et 6^, ainsi qu'à la 4"). C'est le M. obliquus colli inferior de Luschka ;

III. De faisceaux provenant des apophyses transverses des 2'', 3°, 4^ et S*^ cervicales [faisceaux transversaires épineux de Cruveilhier, faisceaux obliques internes de Sappey), qui se dirigent obliquement en haut et en dedans pour se perdre avec les faisceaux longitudinaux sur le corps des premières cervicales. C'est le M. obliquus colli superior de Luschka.

La portion du long du cou qui se fixe au tubercule de l'arc antérieur de l'atlas est souvent plus épaisse et constitue le M. longus atlantis de Henle.

Les trois chefs dont se compose le long du cou sont assez fréquemment traversés par des tractus aponévrotiques. U obliquus colli inferior est parfois plus ou moins uni aux intertransversaires antérieurs et Vobliquus colli superior au scalène antérieur ou au grand droit antérieur de la tête. Le rectus colli^ Vobliquus inferior colli et Vobliquus colli superior peuvent former deux muscles et même trois muscles entièrement distincts.

Theile et Meckel ont noté la possibilité de l'attache du muscle dont

il s'agit à l'apophyse basilaire. W. Griiber l'a vu se fixer sur le ligament occipito-atloïdien antérieur et sur le muscle axoido-basilaire. (Voy. ce muscle.) J'ai trouvé, chez un tuberculeux, le long du cou confondu sur la ligne médiane avec son congénère.

Mais les variations qu'offre le long du cou portent surtout sur les insertions inférieures. Je ne voudrais même pas affii'mcr que les insertions inférieures que j'ai indiquées plus haut soient les plus communes. A dire vrai, le long du cou est de tous les muscles de l'économie celui qui est le plus changeant en ce qui touche sa contexture et ses origines et ses terminaisons.

Anatomie comparée. — Dans le Troglodytes Aubryï le long du cou, attaché en haut, sur les cinq premières cervicales descendait, en bas, jusqu'à la 4" dorsale inclusivement.

Chez le gorille de Deniker ce muscle était séparé en trois faisceaux, comme chez l'homme : le faisceau supérieur allait des apophyses transverses de la 3° et 4° vertèbres cervicales au corps de l'atlas ; le faisceau inférieur, des corps de la 2*^ et 3® vertèbres dorsales, à l'apophyse trans verse de la 6® cervicale ; le faisceau moyen, des corps de la 6^ et 7*^ cervicales et de la 1'° et 2® dorsales et de l'apophyse transverse de la 5^ cervicale aux corps de la 2° et 3" cervicales. Chez le gorille de Duvernoy, le long du cou s'étendait depuis le tubercule de l'atlas et les corps des cinq vertèbres suivantes jusqu'aux apophyses transverses de l'axis et des cinq vertèbres sous-jacentes. « Il n'y a donc, conclut justement M. Deniker, rien de fixe dans les insertions de ce muscle chez les Anthropoïdes comme c'est d'ailleurs le cas chez l'homme, oii il y a autant de variations que de sujets étudiés'. »

Au-dessous des Anthropoïdes ^ la constitution du long du cou et son étendue en hauteur différent aussi d'un ordre à l'autre. Mais la disposition essentielle est toujours conservée, ainsi que l'action physiologique qui consiste à fléchir le cou. Il est digne de remarque que le ligament vertébral commun inférieur ne commence qu'à partir du point duquel partent les longs du cou et que le développement de ceux-ci est assez bien indiqué par la saillie des crêtes hémépineuses. Ce développement est à son maximum chez les Herbivores : Solipèdes, Ruminants, qui pour paître ont besoin de fléchir fortement le cou, d'autant plus qu'ils sont très élevés du train antérieur. « En anatomie

'Deniker. Loco cituto suprù,\). 12S.

humaine, observe M. Lesbre \ on distingue deux longs du cou laissant à découvert entre eux une certaine étendue des corps vertébraux. Chez nos Animaux domestiques, vu l'aplatissement latéral de la région, ces deux muscles se joignent en général l'un à l'autre sur la ligne médiane ; aussi les confond-on dans une même description. Cependant comme ils tendent à se séparer chez les Carnivores, que chez le iporc ils sont déjà notablement espacés, et que, enfin, chez la plupart des animaux, leur ligne d'adossement correspond à une hémépine plus ou moins saillante, il est préférable d'adopter la manière de voir des anthropotomistes. »

MUSCLES SURNUMÉRAIRES

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