‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 42 sur 116 · RÉ&ION SUPERFICIELLE · texte numérisé non relu

RÉ&ION SUPERFICIELLE

RÉGION SUS-HYOÏDIENNE

Occipito-hyoïdien.

Ce faisceau charnu dont quelques anthropotomistes et anatomistes vétérinaires font un muscle autonome, a été étudié précédemment ainsi que le masto-hyoïdien qui n'en est très vraisemblablement qu'une variété (voy. M. digastrique).

Mento-hyoïdien.

On donne le nom de M. mento-hyoïdien à un faisceau contractile anormal qui s'étend de l'os hyoïde à la symphyse du menton, en avant du mylo-hyoïdien, en dedans du ventre antérieur du digastrique. Décrit pour la première fois, en 1867, par M. Macalister, il peut être constitué par deux rubans charnus, symétriques ou asymétriques, parallèles ou non, placés de chaque côté du raphé sous-hyoïdien ou par un seul ruban charnu médian ou un seul ruban charnu, placé à droite ou à gauche du raphé sous-hyoïdien. Il est souvent uni au ventre antérieur du digastrique et très exceptionnellement au peaucier. Schwegl prétend qu'il l'a vu formé par le sterno-hyoïdien prolongé

* Lesbre, loc. cil., p. 65.

au-dessus de l'os hyoïde. Le menlo-liyoïdien a encore été signalé par Knott, Humphry, Giovanardi, Teslut, Krause, Blanchi, Morestin. Vanucci, Allomello, Bovero', elc.

Pour MM. Krause et Testât, il est tantôt une dépendance du pcaucier, tantôt une dépendance du sterno-hyoïdien; pour M. Macalistcr, il est une dépendance du peaucier, et pmir M. Bovero, du ventre antérieur du digastrique.

Il y a, pour moi, deux mento-hy<»ïdiens : un excessivement rare, qui est situé en avant de laponévrose du mylo-hyoïdien et qui est innervé par le nerf de la "'" paire comme le peaucier auquel il doit être rattaché et un, assez commun, qui est situé en arrière de l'aponévrose du mylo-hyoïdien, et qui est innervé par le nerf du mvlohyoïdien (5'' paire) comme le ventre antérieur du digastrique (vov. ce muscle) auquel il doit être rapporté. J'ai trouvé seulement deux fois le premier. La présence de l'hyo-mental a été notée chez Vhippopotame par Humphry- et Gratiolet *, chez le gorille par ^L Bovero, et chez les Chauves-souris par MM. Macalister, Maisonneuve et Bovero.

RÉGION SOUS-HYOÏDIEXNE

Élévateur de la glande thyroïde.

Ce muscle a été signalé par plusieurs anatomistes.

A la page 709 du livre de ^Yinslow de VExposifion analomique de la structure du corps humain, on lit :

« Les lihres les pins inférieures des crico-thyro-pharyngiens font un contour entier en arrière, depuis un côté de la hase du cartilage cricoïde jusqu'à l'autre côté, lequel contour fait le commencement de l'œsophage, et a donné occasion à quelques-uns de le regarder comme un muscle particulier, sous le nom de muscle œsophagien. J'ai trouvé un paquet de fihres se détacher du muscle thyro-pharyngien, et s'attacher latéralement à la glande thyroïde. Je l'ai appelé muscle thyro-adénoïdien. »

A la page 187 du De musculis de Sœmmerring on lit également :

' Pour la bibliographie, voy. le mémoire de Bovero oit. plus haut .)/. dif/nslrique).

- Humphry. Observ. io MyoL, p. 138.

^Gratiolet. Rech. sur Vanat. de Vhippopotame, p. 2i6.

« On aperçoit quelquefois du côté gauche un muscle dont la largeur égale à peu près la moitié de celle du thyro-hyoïdien ordinaire ; ce muscle naît tendineux du bord inférieur du corps de l'os hyoïde et descend charnu sur le cartilage thyroïde ; une partie s'attache à ce cartilage, tandis qu'une autre se répand manifestement sur la glande thyroïde. Il existe rarement du côté droit et plus rarement encore des deux côtés à la fois. Il attire le milieu de la glande thyroïde vers l'os hyoïde. »

Theile prétend que le muscle élévateur de la glande thyroïde décrit par Sœmmerring « n'est que le prolongement de cette glande, désigné

sous le nom de pyramide que le microscope n'y fait découvrir

aucune trace musculaire et n'y montre que de la substance glanduleuse ». Cette opinion est insoutenable aujourd'hui'.

En fait, il y a deux élévateurs de la glande thyroïde :

I. Le thyro-adcnoïdien de Winslow. Il est constitué par les fibres du constricteur inférieur du pharynx qui se rendent aux lobes du corps thyroïde. Krause l'appelle levalor glandulse tJajroïdese laleralis et assure qu'on le trouve 1 fois sur 100 sujets.

IL Uhyo-thyro-tiujroïdien de Sœmmerring, qui peut être comi^let ou incomplet, c'est-à-dire s'insérer, en haut, à la fois à l'os hyoïde et au cartilage thyroïde ou à l'os hyoïde seul (Macalistcr, Juliard -) ou au cartilage thyroïde seul (Frœlich^ Juvara'% Dumoulin"'), provenir exclusivement du muscle thyro-hyoïdien (W. Gruber) ou du muscle crico-thyroïdien (Lee et White'', un cas personnel). En bas l'élévateur de la glande thyroïde de Sœmmerring — qu'il soit complet ou incomplet — se fixe tantôt aux lobes, tantôt à l'isthme, tantôt à la pyramidede Lalouette. Comme le précédent, il est uni ou bilatéral et se rencontre dans l'un et dans Lautre sexes.

Le professeur W. Gruber l'a trouvé constitué par trois faisceaux : un émanant de la corne inférieure droite du cartilage thyroïde et se rendant à l'isthme du corps thyroïde, un provenant du muscle thyrohyoïdien et se perdant sur la pyramide, un détaché à la fois des muscles

'Le Double. Annales de Larijnf/ologie el de Rhinolof/ie, 1894.— J'ai vu et plusieurs autres anatomistes ont vu ce faisceau toujours formé par des libres musculaires striées. -Juliartl. Soc. des conférences anal, de Lyon, mars 1876. ' Frœlich in Prenant. Bullei. de la Soc. des se. médlc. de Nancy, 1890, p. 33.

* Juvara. Bullei. de la Soc. anat. de Paris, 1894, p. 728.

* Sebileau et Poirier. Bullei. de la Soc. anal, de Paris, 1894, p. 911 et 1895, p. 654. •Lee et White. Proceed. of Ihe anal. soc. of çjreal Brilain and Ireland, novembre 1892.

thyro-hyoïclien et thyro-pharyngien et ayant les mêmes insertions inférieures que le précédent.

J'ai observé trois fois le thyro-adénoïdien de ^Yinslow (deux fois chez riiomme et une fois chez la femme et toujours des deux cotés) et sept fois l'hyo-thyro-thyroïdien de Sœmmerring : trois fois chez l'homme ;deux fois à droite et une fois à gauche), trois fois chez la femme (deux fois des deux côtés et une fois à droite) et une fois à droite chez un enfant (Le Double, Annales de Lanjngolor/ie et de Rhinoiogie, 1894).

Il est impossible de faire de l'un ou l'autre des doux élévateurs de la glande thyroïde un muscle spécial.

Le premier est un faisceau aberrant du constricteur inférieur du pharynx, le second du sterno-hyoïdien, du sterno-thyroïdien, du thyrohyoïdien ou du crico-thyroïdien. Leur origine et leur situation ne permettent pas une autre interprétation d'autant mieux que dans un cas d'anomalie cervicale notée par Walsham, où la partie moyenne du sterno-hyoïdien gauche manquait, la partie inférieure de ce muscle se fixait sur la gaine de la carotide primitive et de la jugulaire interne et la partie supérieure sur la corne gauche de la glande thyroïde, reproduisant d'une manière exacte l'élévateur de Sœmmerring ^

Hyo-trachéaL

Il s'étend de la base de la grande corne de l'os hyoïde aux trois ou quatre premiers anneaux de la trachée. Quelquefois il est renforcé par un faisceau provenant du corps de l'os hyoïde. Situé derrière l'isthme du corps thyroïde, il devient, en général aponévrotique au-dessous du premier anneau de la trachée. Je ne l'ai jamais rencontré.

Comme l'élévateur de la glande thyroïde, le thyro-trachéal et le crico-trachéal dont la description suit, l'hyo-trachéal est un faisceau aberrant des muscles sous-hyoïdiens. Sa situation profonde importe peu. A l'état anormal l'isthme qui réunit les deux lobes du corps thyroïde disparaît chez l'homme'. Chez les animaux l'isthme existe dans

' Walsham. Gin/shospi lai Reports, 1880-1881.

- L'absence de l'isthme du corps thyroïde de Ihomme a été constatée 31 fois par le professeur Gruber qui, d'après le nombre de larynx qu'il a examinés, pense que cette anomalie se rencontre 1 fois sur 20 sujets au moins chez les Russes. {Ardi. fïtr an. pliys. lu wissensch. mecL, n" 2, p. 208, 1876.)

certaines espèces et pas dans d'autres. Tandis que chez le lapin il y a encore un petit pont mince qui réunit les deux lobes, on ne trouve plus rien de semblable chez le chien. L'isthme, qui ne manque généralement pas dans Vâne^ fait presque toujours défaut dans le cheval, etc. Observons de plus que Thyo-trachéal et le crico-trachéal qui sont couchés sous l'isthme de la glande thyroïde, et le thyro-trachéal qui passe au-devant de lui, ont les mêmes insertions supérieures que certains élévateurs incomplets de Sœmmerring qui se fixent sur cet isthme. Ce sont donc les mômes fibrilles prolongées, déplacées progressivement en arrière et détachées des sterno-hyoïdiens, sternothyroïdiens, etc., qui les constituent.

Thyro-trachéal.

C'est encore au professeur W. Gruber qui revient l'honneur de l'avoir signalé le premier V Ses insertions supérieures correspondent à celles du crico-thyroïdien au cartilage thyroïde, et ses insertions inférieures au quatrième anneau de la trachée. Composé de deux faisceaux il recouvre le muscle crico-thyroïdien et l'isthme du corps thyroïde.

Sur 80 sujets sur lesquels il l'a cherché, W. Gruber a noté 21 fois sa présence (18 fois chez des hommes et 3 fois chez des femmes). M. Macalister, qui ne l'a rencontré que cinq fois sur 80 Irlandais, pense qu'il est moins commun en Irlande. Pour moi, je l'ai trouvé 4 fois sur 60 cadavres (3 fois chez l'homme et 1 fois chez la femme).

« It appears like a deep detached band of the sterno-thyroïd, » dit -M. le professeur Macalister-. C'est la thèse que nous soutenons.

Crico-trachéal.

II naît de la partie antérieure du bord inférieur du cartilage cricoïde au-dessous du muscle crico-thyroïdien, passe derrière l'isthme du corps thyroïde et va se fixer, en bas, au cinquième anneau de la trachée. « Ce muscle est de la même nature que le précédent, bien qu'il soit

' w. Gxnhew Mt-inoii-es de V Académie Impériale de St-Pélersbourf/, 1851, t. III, p. 153. *Ce muscle parait être une bandelette protumle détachée du sterno-tliyroïdicn.

beaucoup plus rare », remarque M. Macalister qui l'a disséqué le premier'. Comme nous, on le voit, le savant professeur de TUniversité de Cambridge ne sépare pas le crico-trachéal du Ihyro-tracliéal bien qu'ils soient placés l'un en arrière, l'autre en avant de l'isthme du corps thyroïde.

Thyro-médiastinal.

Découverte par M. le docteur Ilewitt, cette bandelette musculeuse a été de la part de M. le professeur Macalister, il y a plus de vingt-cinq ans, l'objet d'un travail très intéressant publié dans les Proceedlnr/s of ihe Royal Iris/i Academy. Fixée à l'enveloppe fibro-celluleuse de la glande thyroïde, elle descend le long de la trachée, dans le médiastin antérieur jusqu'au ligament sterno-péricardique supérieur.

Je ne sache pas que d'autres anatomistes que MM. Ilewitt et Macalister en aient fait mention.

Ces deux savants confrères n'en donnent pas l'explication et ne disent pas l'avoir cherché chez les animaux.

Crico-hyoïdien.

Ce muscle s'insère, en bas, à la face externe du cartilage cricoïde et en haut à la grande corne de l'os hyoïde.

Découvert en 18G6 par Zagorsky* il a été retrouvé depuis par Curnow'* et Walsham \ Je ne l'ai jamais rencontré. Ce que j'ai vu à trois reprises dilï'érentes (sur 2 hommes et 1 femme et constamment des deux côtés), c'est la prolongation des fibres du ciico-hyoïdien dans le Ihyro-hyoïdien. Chez le Troglodyles Aubryï « les fibres du cricothyroïdien semblaient se continuer avec un faisceau du thyro-hyoïdien dont elles n'étaient séparées que par un raphé ».

' Macalister. On muscidat- Anûmalies in Ihiman Anafomy, p. 29. « Tins muscle seems to be of the same nature as the prcceding than wich it niuch rarer. ■■

- Zagorsky. Méin. de l'Acad. Imp. de médecine de St-Péterabotir;/, l. 1, p. 353.

H^urnow. Journ. of anal, and pliys., t. VII, p. 378.

' Walsham. Gki/s hospital Reports, l. XVI et XVII, 1880-1881.

Transverse du cou.

Le professeur Luschka a donné le nom de M. Iransversus colli à un faisceau musculaire qui se porte de la face postérieure de la première côte, derrière Fextrémité interne de la clavicule dont il est séparé par le sterno-cléido-mastoïdien, sur l'aponévrose cervicale moyenne ^ Le transverse du cou a été retrouvé par MM. Krause, Knott et moi (des deux côtés, chez un aliéné).

M. Macalister fait mention d'un muscle costo-fascialis-cermcalis qu'il regarde comme une variété du ti^ansvei^siis colli de Luschka. Ce petit muscle dont parle également Wood, naît de la première côte et de la clavicule, passe derrière l'articulation sterno-claviculaire, entre le sterno-cléido-hyoïdienetle sterno-chondro-thyroïdien et se termine sur le tissu fibreux qui sépare la région du cou de la région du thorax [septiim thoraco-cervicale d'Astley Cooper).

Le professeur Testut voit dans ces diverses espèces de bandelettes des vestiges du muscle triangulaire sus-claviculaire dont il ne reste plus normalement chez l'homme fait que les bords interne et externe (voy. M. omo-hyoïdïeii). Telle n'est pas mon opinion. Dans les cas observés par M. Krause et moi elles recevaient des filets des rameaux des nerfs intercostaux qui se distribuent au triangulaire du sternum auquel elles étaient unies par quelques fibres. Elles appartiennent donc au système du triangulaire du sternum.

Sterno-cervicaL

Ce muscle n'a été trouvé que par W. Gruber et chez un seul sujet. Dans ce cas unique il était constitué par un ruban musculaire, long de 13%5, large de 4 à 5 millimètres, inséré d'une part au manubrium et d'autre part à l'aponévrose cervicale moyenne. W. Gruber l'a appelé M. slerno-fascialis et en a fait un tenseur de l'aponévrose du cou {besonderer accidenteller Tensor fascise colli), sans relation aucune avec le costo-cervical, le cléido-cervical, le coraco-cervical {Er est ganz verschieden von clem J. Wood beschriebem costo-fascialis) -. C'est un

* Luscka. Sitzimgberichte der K. Akad. in Wlen, Mathem.phys. Klasse. Baad XXXIII, p. 18. ' W. Gruber. Bidlet. de l'Acad. Imp. de Si-Pétersbourg, 1872, col. 497.

sterno-claviculaire incomplet. (Voy. M. pér'i-davlculaires surnuméraires.)

Hyo-cervical.

L'honneur de sa découverte revient aussi au professeur Gruber qui l'a décrit sous le nom de M. kyo-fasciaUs '. Il l'a rencontré o fois. Ce faisceau s'étend de l'os hyoïde à l'aponévrose cervicale moyenne. C'est un omo-hyoïdien dont le ventre postérieur a avorté (voy. ce muscle).

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