‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 52 sur 116 · GRAND COMPLEXUS · texte numérisé non relu

GRAND COMPLEXUS

Segmentation du muscle. — Le faiscoau interne, le bivcntev cervicis d'Albinus, et les deux faisceaux externes, le grand complexus proprement dit et le tracJiélo-occipital de Chaussier qui composent le grand complexus, peuvent êlre plus difîerenciés et même indépendants l'un de l'autre. C'est ainsi ([ue le digastrique du cou a été décrit comme un muscle autonome i)ar Meckel, Henle, Tlieile, Ilyrtl, Testut', etc.

Pourquoi? Son autonomie comme celle du tracltélo-occipital ne constitue-1-elle pas ciicz riiomme l'exception et non la règle ?

Au point de vue de l'anatomie comparée, il n'y a pas lieu davantage de séparer le digastrique du cou du grand com})lexus. attendu que la division des deux faisceaux n'existe pas toujours, qu'elle se fait très inégalement suivant les espèces et que quand elle existe le bivenler cervicis et le grand complexus peuvent être ou dépourvues d'intersections tendineuses ou en présenter un nombre variable.

« Il n'est pas rare, dit Cruveilhier. de rencontrer un autre petit faisceau digastrique à tendon isolé sur la face antérieure du muscle grand complexus -. » Henle a trouvé un faisceau qui naissait de l'apophyse transverse de la 2' dorsale et se terminait à l'occipital entre les deux lignes courbes supérieure et inférieure \ La segmentation secondaire du digastrique du cou a été observée chez un nègre par M. Chudzinski.

Anatomie comparée. — Le grand complexus est formé dans le murin par trois faisceaux correspondant à ceux de l'homme et dans les Loris, les Makis (Meckel) et la majorité des Carnassiers, par deux faisceaux. Chez le foHu.s de gorille de M. Deniker, le grand complexus était pourvu d'un faisceau accessoire provenant des 4'' et o'' cervicales.

Augmentation de nombre des intersections aponévrotiques. — Le biventer cervicis peut être un muscle trigastrique. Je ferai remarquer en passant, que le nom de biventer cervicis donné depuis Albinus au faisceau interne du grand complexus avait été attribué antérieurement avec beaucoup plus de justice par Eustachius à la totalité du muscle.

' Testut. Trait, des anoin. iiutsc. p. "299. -Cruveilhier. Trait. iVanut., cit., 2^ cdlt., t. II, p. 63. ^ Henle. Muskellehre, p. 44.

Anatomie comparée. — Le hiventer cervich a deux intersections dans y hyène et quatre ou cinq dans les Solipèdes.

Dans le chien, le grand complexus, appelé aussi par EUenberger et Baum transversaire épineux du cou et de la tête, se divise très nettement en une portion dorsale et une portion ventrale confondues supérieurement. La première, équivalente au bivenler cervicis de l'homme, est traversée par quatre intersections tendineuses : elle prend naissance sur les apophyses transverses de la 5" et de la 6' dorsale sur les apophyses épineuses des 2% 3% 4' et quelquefois G*" dorsales ainsi que sur le ligament cervical. La deuxième portion, grand complexus proprement dit, procède des apophyses Iransverses des trois ou quatre premières dorsales et des tubercules articulaires des cinq dernières cervicales. Chez le cJiat^ la disposition est à peu près la même que dans le chien ; la portion dorsale (intersectus de Strauss-Durckheim) est coupée de deux intersections : la portion ventrale (grand complexus de Strauss-Durckheim) en présente une aussi, mais inversement dirigée et formant un > avec la première de Tintersectus.

Le grand complexus du bœuf est indivis et dépourvu d'intersections tendineuses.

Variations des insertions. — Les insertions aux apophyses épineuses peuvent faire défaut ou se prolonger jusqu'à l'apophyse épineuse de la S*" dorsale. Sur un nègre disséqué par M. Chudzinski, le grand complexus naissait des huit premières vertèbres dorsales et des six dernières vertèbres cervicales.

Anatomie comparée. — J'ai noté les insertions étendues du grand complexus du chien et du chat. Celui du bœuf prolonge ses attaches inférieures jusqu'à la dixième apophyse transverse dorsale et couvre de sa terminaison une vaste surface de l'occipital et de la crête mastoïdienne. Dans les Solipèdes, la portion postérieure du grand coqiplexus, de beaucoup la plus forte, se fixe en bas, soit sur les apophyses transverses des quatre ou cinq dorsales qui suivent la deuxième, soit, par une aponévrose confondue avec celle du splénius, sur les apophyses épineuses du garrot; l'antérieure émane des deux premières apophyses transverses dorsales et de la série des tubercules articulaires cervicaux. Ces deux portions séparées intérieurement par l'artère cervicale se réunissent supérieurement entre elles ainsi qu'avec le grand droit postérieur de la tête pour se fixer en arrière de la protubérance occipitale.

Dans \q porc le grand complexus, énorme vu la puissance d'extension de la lèle, a une disposition analogue.

Connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Il se continue fréquemment sans ligne de démarcation avec le transversaire épineux du dos. On la vu relié par quelques trousseaux de fibres au petit coniplexus, au long du dos, au ligament cervical postérieur (Theile).

Les muscles de la couche profonde du dos et de la nuque (M. spino-dorsaux de Gegenbaur) appartiennent à la région dorsale, tandis que les muscles superficiels {M. spino-huméraux de Gegenbaur) appartiennent aux membres supérieurs. De là les connexions anormales intimes fréquentes que présentent entre eux les premiers de ces muscles, leur division en plusieurs parties qui correspondent plus ou moins aux segments vertébraux (métamères) et qu'accuse encore davantage l'apparition inopinée d'intersections fibreuses multiples dans le grand complexus, le petit complexus etc.

Observons en outre, avec M. Lesbre', que, par ses attaches, le grand complexus n'est pas seulement un transversaire épineux, mais qu'il est en outre un long épineux dorso-céphalique. Ce serait donc une faute que de vouloir changer son nom contre celui de demi-épineux de la tête [semi-sp'inalis capilis) qui lui est attribué par divers anatomistes, notamment par M. His dans ses Notnina anatomica.

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