‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 61 sur 116 · DROIT LATÉRAL DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

DROIT LATÉRAL DE LA TÊTE

Henle l'a vu faire défaut et Theile constitué par deux corps charnus par suite de la différenciation du faisceau interne naissant de l'atlas. K Ne faut-il pas voir dans cette dernière anomalie, dit M. Testut, la reproduction entre l'apophyse transverse de l'atlas et celle (apophyse jugulaire) de l'occipital d'un double feuillet musculaire, disposition qui est la règle pour les espaces intertransversaires sous-jacents? » Le droit latéral étant un muscle intertransversaire, l'intertransversaire postérieur du couple vertébral occipito-atloïdien dont l'intertransversaire antérieur est le petit droit antérieur de la tète (voy. ce muscle), cette manière de voir semble très plausible. Elle n'est cependant pas à l'abri de tout reproche. Si certains anatomistes admettent trois vertèbres crâniennes, il en est d'autres qui en admettent quatre et même davantage. D'autre part, le fait que le crâne primordial est continu, que les os de revêtement ne sont jamais cartilagineux comme les vertèbres et qu'ils possèdent une toute autre origine que les parties basilaires, enfin le fait que dans le crâne des Vertébrés inférieurs [Poissons) l'on ne trouve rien de comparable aux vertèbres, toutes ces considérations donnent le droit de mettre en doute la théorie vertébrale du crâne des Mammifères.

MUSCLES SURNUMERAIRES

Transverse de la nuque (voy. Muscles de V oreille). Interépineux superficiel.

Quelques Mammifères , par exemple la marte et la loutre, ont un muscle interépineux très fort, qui est appliqué sur les interépineux ordinaires auxquels il est uni d'une manière intime ; il s'étend de l'apophyse épineuse de la première vertèbre dorsale à la deuxième cervicale.

Chez le phoque, un muscle semblable s'étend des 4® et 5^ vertèbres dorsales aux 3" et 4" cervicales ; ce muscle est entièrement séparé des

interépineiix sous-jacents qui sont, dans ce genre, également fort développés.

Meckel. qui a cherché en vain dans les autres ordres ces deux muscles, les a rencontrés quelquefois, par anomalie, chez Ihomme'.

Occipito-scapulaire.

Syn. : Wtomboide antérieur ;Meckelj: lihombo'ide occipital (Mûrie et Mivart : Rhomboïde de la tête (CoTierj: Levator seapulse minor tel poslertor Douglas et Burmeister. James): Releteur propre de l'épaule (Bourgelat : Levaior anguli scdpulae rel scapidee minor KranseJ; Angulaire dorsal de Vomoj/late (EJlenberger et Baum. etc.)-

Ce muscle a été découvert chez l'homme par Wood en 1866"-.

Rubané- allongé, il s insère en haut au tiers interne de la lèvre inférieure de la ligne courbe supérieure de l'occipital, immédiatement au-dessous du trapèze qui le recouvre, ou au-dessous du trapèze et du cléido-occipital lorsque ce dernier muscle existe, en dedans du splénius de la tète et superficiellement au grand complexus. De là, il se dirige obliquement en bas et en dehors entre le trapèze et le splénius. et s'insère en bas, sur le bord spinal de 1 omoplate au niveau de lorigine de Tépine de lomoplate, et un peu dans la fosse sous-scapulaire. Les fibres scapulaires terminales sont toujours plus ou moins fusionnées avec celles des rhomboïdes.

Ce muscle, qui peut confondre également ses fibres supérieures avec celles de roccipital, est assez rare. Outre Wood. il a cependant été signalé dans lespèce humaine par Macalisler. Testut. Knott (3 cas). Je 1 ai trouvé deux fois ".

AxATOMiE COMPARÉE. — En 17"o, le docteur James a décrit chez le chien, sous le nom de levator scapulas minor vel poslerior, un muscle séparé des rhomboïdes, mais sitaé dans le même plan, et inséré en haut, à la ligne courbe supérieure de l'occipital, au-dessus du splénius et, en bas, à l'angle supérieur du bord vertébral du scapulum, superficiellement au petit rhomboïde avec lequel il confondait quelquesunes de ses fibres. Sous le nom de levator scapulœ major vel anterior, il a décrit également chez le même animal un muscle rubané étendu

'Meckel. Anal, comp., i. VI, p. 151.

* Wood. ProceeA of theroy. «oc, mai 1867 et PhiloHopliic. TramacL of roy. Soc, juin i869, p. 84 et suiv.

" Voy. Le JDouhle. Reçue d'Anlhropol., 1888, p. 429 et suiv.

de Tapophysc Iransversc de la première vertèbre cervicale à l'extrémité externe de l'épine de l'omoplate. Ces deux muscles répondent évidemment chez l'homme à l'occipito-scapulairc et au levator clavicula'.

Le premier a été appelé rhomboïde antérieur par Meckel. Il l'a trouvé chez les Lémuriens, le mar/ot, la taupe, le hérisson, où il constitue un muscle indépendant, partant de l'angle du scapulum ; chez le coati, le tatou, la marte, le potto, ïours, Vhijène, le blaireau, le chien, le chat, \q porc-épic, la marmotte et le Bidelphys marsupialis, où il est joint aux autres rhomboïdes ; chez le castor, où il est isolé en partie de ces muecles.

Dans le recueil des planches de myologie de Cuvier et de Laurillard, il est appelé rhomboïde de la tête et représenté dans le callithrix, le magot, le Papion mormon, le coati, le sajou, le marmouset, la panthère, ïours noir, le blaireau, la f/enette, le chien, à l'état d'isolement complet, ïl est moins indépendant dans le hérisson, la taupe, le tatou, Vorycterope, ï hippopotame, le pécari, le cochon, le lièvre, le grand blaireau, le paca, V agouti, le capijbara, le porc-épic, le lapin, Y écureuil, le kangourou, Xt'è Kangourou-rats, V ornithorynque ai les Phalangers. Il est très reconnaissable chez le lion, bien qu'il adhère aux autres rhomboïdes '.

Il est indiqué par Humphry- et Galton^ dans VOryctcropus Capensis; et par Gallon seul, dans le Tatou à six bandes, et par Humphry seul, dans le phoque. Krause l'a disséqué chez le lapin et l'appelle levator anguli scapulœ cel scapulx minor '', Ellenberger et Baum dans le chie?i et le nomment angulaire dorsal de t omoplate . Mivart et Mûrie l'ont vu chez ce même animal. Ces deux derniers anatomistes le décrivent aussi dans VHyrax Capensis, où il est uni aux autres rhomboïdes, et dans le lièvre et le cochon a Inde sous le nom d'occipito-scapular, de rhomboïdeus capilis, do rhomboïdeus occipitalis °, Dans YEchidna hyslrix, Mivart dit que le rhomboïde cervical va jusqu'à l'occipitaP. Bourgelat en fait mention chez divers Animaux domestiques sous le nom de releveur propre de f épaule.

' Anal. C'jnip. l'aiis, 1S."m.

-Journal nf aittif. and pIu/s., mai 1808, p. 299. ^ Trans. Linn. Soc, vol. XXVI, p. 290 et ô"2ô. 'Kraiise. Anaf. des Kaninchens.Le\[y/.ifl, I86.*>. S. 101.

■' Murie ft Mivart. Proceedinr/s of the Zoolo'/lcal Societ'/, april 1865, p. 335. et jiino 186.!. p. 393.

"Mûrie. Trans. Linn. Societij, vol. X.W, 1866.

Le professeur Wood a bien étudié et a donné le dessin de l'occipito-scapulaire dans le Macacus radiatus, le hérisson, la taupe, le chien, le chat, le blaireau, la belette, le lapin, Vécureuil, le rat de Norloège, le surmulot, où il atteint un grand développement. Strauss- Durcheim l'a rencontré dans le chat.

« Dans le porc et les Animaux carnassiers on trouve, dit M. Lesbre, indépendamment du rhomboïde indivis très développé, équivalent aux deux ihomboïdes de l'homme, un faisceau bien isolé qui s'étend de l'angle cervical du scapulum jusque sur le côté de la protubérance occipitale. »

En somme, sauf chez Yhomme et les Anthropoïdes, l'occipito-scapu- ]aire est assez commun dans la série animale où il est tantôt partiellement distinct, tantôt totalement distinct du rhomboïde indivis ou divise et dont il n'est, vraisemblablement, qu'un faisceau différencié.

Rhombo-atloïdien.

Le professeur Macalister a donné, en 1866 [Proceed. of ihe Roy. Irish. Acad.) ce nom à un muscle qui s'insère supérieurement à l'apophyse transverse de l'atlas, au-dessous et entre l'angulaire de l'omoplate et le splénius du cou, et inférieurement, à la face profonde du petit ou du grand rhomboïde. Tandis que les insertions externes du muscle se font toujours à la face profonde des rhomboïdes qui le mas^ quent, superficiellement au splénius mais séparées de lui par le tendon d'origine du petit dentelé postérieur et supérieur, ses insertions internes sont essentiellement variables.

M. Macalister l'a vu se fixer aux apophyses épineuses des deux premières dorsales, de la première et de la troisième dorsales, des deux dernières cervicales ou seulement à l'apophyse épineuse de la septième cervicale. Henle et Sandifort ont noté des cas dans lesquels il avait pour origine les sixième et septième vertèbres cervicales \ Clason a disséqué un sujet chez lequel il se détachait de la première et de la seconde vertèbre dorsales'^ ; Budge et le docteur Knott ont signalé deux faits identiques '. F. Walther a décrit le rhombo-atloïdien sous le

' Sandifort. Opusc. cit., iib. II.

-Clason. Upsala, Laliuref, Bd. II, p. 417.

'Budge. Ifenle u. l'f'ei/fer's ZeifscJmif't, Bd. VU, p. 273, 3 Reihe.

nom <\q muscidus singularis splenii accessorius, vel adjulor splenn\ et Krause sous celui de splenius accessor'ms.

ïl est plus commun que le précédent. Wood l'a Irouvé 3 fois sur 36 sujets ; le docteur Knott, 6 fois sur 75, et Krause 8 fois sur 100 ; ce qui donne 17 fois sur 211 sujets, soit à peu près 1 fois sur 12. — Je l'ai observé 4 fois, dont une fois sur ime femme. Dans tous mes cas il était unilatéral et siégeait à droite, mais il peut être bilatéral.

Wood, Macalister et ïestut voient dans ]e rhombo-atloïdien une variété du rhomboïde de la tète. Pour moi, ainsi que pour Krause, Walther et Gegenbaur, c'est tout simplement un faisceau du splenius qui a été séparé de la masse de ce dernier par le petit dentelé postérieur et supérieur au-dessus duquel il est venu se placer. Le petit dentelé postérieur et supérieur est, en elfe t, par son tendon d'origine, étranger à la région dorsale. Cette disposition est due à la même cause que celle que l'on rencontre très rarement et où le petit dentelé postérieur et supérieur se trouve interposé à l'aide de son tendon d'origine entre le splenius de la tète et le splenius du cou, ce dernier se trouvant placé au-dessus de lui (voy. M. splenius^ petits dentelés et rostaux).

Omo-trachélien.

Syn. Lcvator scaptilae major vel anterior de Douglas et Bunneister; omo ou acroniio-lraiOiélien de Guvier et Mockel ; acromiu-basilalre de Yic(i-d"Azyr ; duvio-lruchéllen de- (Ihurch et Duvernoy ; baslo-Inoneralis de Krause : Kopf-arm-Muskel de Peyer ; Iransversoscapulalre de Strauss-Uiirckheim : oma-a/lan ficus de Ilaughton ; cervico-humeralis de Huuiphry ; mastoido-acroinlo-clavicaluire de Lannegràoe ; omo- cervical de Bischotf: cleido-omo-atlunliciis, cleido-epiatrophicus et trachelo-claviculurisimus de Gruber: cleidoomo-transversaire de Testut ; Leva/or clavicttlœ, des uiithropologisles français; accessoire dit trapèze de Cruveilhier; transverse du scapulum de Lesbie, etc.

« Selon l'indication très exacte de Bischolf, dit le professeur Hartmann ^, les quatre espèces à' Anthropoïdes possèdent toutes un muscle qu'on n'a jamais observé chez l'homme. Ce muscle s'étend de la partie externe de la clavicule jusqu'à l'apophyse Iransverse de la 1 "" cervicale... 11 se retrouve avec une origine variable (sur l'acromion, sur l'épine scapulaire) chez les autres Singes. Contrairement à Huxley, l'anatomiste de Munich considère ce muscle comme «une preuve éclatante de la parenté de tous les Singes entre eux ».

* Walther. llaller's Dispul. Anal, selectœ, 1733, vol. VI. p. ô89. - Hartmann. Les Sinr/es antliropoides et l'/iomme, cit. p. 12i.

Or Broca n'a pas rencontré le muscle en question chez le chimpmizé ni le gorille et il a été rencontré chez l'homme par Cuvier, Lannegrâce, Mac-Whinnie^ Davies-Colley^, Gruber ', Kelch'% Gruveilhier^ Perrin ^ Macclonald Brown'^, Walsham*, Theile^, Knott, Ghudzinski, Wood, Macalister, Testut ^^ etc. Wood l'a trouvé chez 4 hommes sur 131 et chez 1 femme sur 71, soit 3 fois sur 202 sujets ou approximativement 3 fois sur iOO. Pour M. Macalister, cette proportion serait toutefois trop forte et le muscle en cause n'apparaîtrait que chez 1 sujet sur 60^'. J'ai consigné ces faits ainsi que la plupart de ceux qui vont suivre dans mon article Omo-trachélien du Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales de Dechambre, paru avant l'ouvrage de M. Testut sur les anomalies musculaires, et dont la lecture eût préservé le professeur de l'Université de Berlin de l'erreur dans laquelle il est tombé.

Exposer tous les modes de conformation de l'omo-trachélien chez l'homme serait trop long; je me bornerai donc à indiquer les principaux et à les comparer à ce qui existe dans la série animale.

Il peut naître :

a) Du tubercule postérieur de l'apophyse transverse de l'atlas (cas de Gruveilhier) ;

b) Du tubercule postérieur de l'apophyse transverse de la 3® cervicale (cas de Wood) ;

c) Du iwhQYcwla postérieur de l'apophyse transverse de la 6° cervicale (cas de Kelch et de Knott) ;

d) Du tubercule postérieur des apophyses trans verses de l'atlas et de l'axis (cas de Wood, de Gruber, 2 cas personnels) ;

e) Du tubercule postérieur des apophyses transverses des 4 premières cervicales (cas de Wood) ;

'AL ^^hmnie. Londonmed. fjaz., 1846, p. 194.

- Davies-Colley. Guy's HospUal reports, 1873.

^ Gruber v« Ileiîle. Mushellehre, p. 110.

*Kelcli. Beiiràrje zur pathologischen Ânat. Berlin, 1813, XXI V, S- 32.

"Gruveilhier. Anat. descript., 2" édit., t. II, p. 49.

"Perrin. Medic. Times and gaz., 1872-73.

■> M. Brown. Journ. of anat. and ph>js., 1880, p. i)12.

* Walshau]. Loc. cit. passim.

» Theile. Encyclopéd. anat., p. 153.

'"Knott, Ghudzinski, Wood, Macalister, Testut, Guvier, Lannegràce. I.oc. cit., suprà.

" Eu ce qui nie concerne, je Tai cherché en 1890 sur 72 sujets, dont 38 hommes et 34 femmes, avant de rencontrer le spécimen sur lequel j'ai pu m'assurer de son mode d'innervation.

f) Du liibeiculc postérieur des apophyses Iransverses des 4* et a" cervicales (cas de Theile) ;

Et se terminer sur l'extrémité externe de la clavicule ou sur l'acromion.

Il peut être unilatéral ou bilatéral, segmenté à l'une ou à l'autre de ses extrémités, échanger quelques fibres avec la portion claviculaire du trapèze. Sur l'homme où je l'ai disséqué en 1890, et où il provenait des deux premières cervicales et se fixait au tiers externe de la clavicule, vis-à-vis du tubercule d'insertion du ligament conoïde, au-dessous des libres du trapèze, j'ai eu la bonne fortune de pouvoir m'assurer, à droite et à gauche, qu'il recevait une branche du rameau Irapézien du plexus cervical profond. L'omo-trachélien est donc compris dans le même groupe musculaire que le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze. Henle en le rattachant au sterno-mastoïdien et Cruveilhier et Gruber au trapèze ne s'étaient donc pas mépris.

En 187G, le professeur Gruber a décrit sous le nom de cleido-epistropJiicus dans les archives de Du Bois-Reymond, His et et Brailne \ un faisceau musculaire qu'il a vu se porter de l'apophyse transverse de l'axis, en dedans du tubercule antérieur sur la face supérieure de la clavicule. Gruber, après avoir observé que l'omo-trachélien s'attache aux tubercules postérieurs des vertèbres cervicales est par conséquent un muscle rétro-transversaire , tandis que le cléido-axoïdien est un muscle pré-transversaire a ajouté : « 11 existe donc chez l'homme des muscles cleido-cervicales [omo-traché liens) , qui peuvent avoir la signification de muscles propres aux animaux et d'autres muscles cleido-cervicales [cléido-axo'idiens) qui n'ont décidément rien de commun avec ceux des animaux et qui sont propres à l'homme ». Sans doute il faut admettre dans l'omo-trachélien deux variétés : un omo-trachélien rétr-^-transversaire et un omo-trachélien pré-transversaire, mais ce dernier — je le démontrerai dans un instant — n'est pas plus spécial à l'homme que le premier. Outre Gruber, le cléido-axoïdien a été signalé par Kelch, Theile et Yeau".

Gruber a encore appelé l'attention des anatomistes sur un autre muscle cervical anormal, qu'il a appelé M. trachelo-clavicularis imus^. Le muscle trachélo-claviculaire profond a été retrouvé par Knott\ le

' Gruber. Arch. f. anat. u. phys., 1876, p. 61, 739 et 759. - Veau. Ballet, de la Soc. anal, de Paris, 1893, p. 168. * Gruber. Arch. f. anat. u. ph;js., 1876, p. 7û7. ^ KnoU. Journ. of anat . and phys., 1880, p. 139.

238 VARIATIONS DU SYSTEME MUSCULAIRE DE L'HOxMME

professeur Testut ' et moi. Dans le cas de |Griiber, il se détachait du tubercule antérieur de la 6" vertèbre cei'vicale (tubercule carotidien de Chassaignac) et se terminait sur la clavicule à 4 centimètres en dehors de l'articulation sterno-claviculairc ; dans celui de Knott il naissait également du tubercule carotidien, mais allait se fixer sur la face postérieure du trapèze et par Fintermédiaire de ce muscle au tiers externe de la clavicule; dans celui du professeur Testut il se portait du tubercule antérieur de l'apophyse transverse de la 3° cervicale sur la face supérieure de la clavicule, à 1 centimètre du bord externe du cléido-mastoïdien. Dans le mien observé, à droite seulement, chez une femme, il provenait du tubercule antérieur de l'apophyse transverse de la i*" cervicale et se perdait sur l'extrémité acromiale de la clavicule.

Pour Gruber, le trachélo-claviculaire profond n'est qu'un « scalène surnuméraire égaré sur la clavicule ». C'est, comme le cléido-axoïdien, tout simplement un omo-trachélien pré-transversaire. Ce qui le prouve, c'est qu'entre le cléido-axoïdien et le trachélo-claviculaire profond de Gruber on trouve aussi tous les intermédiaires comme insertions au rachis cervical et à la clavicule. Dois-je ajouter que les scalènes sont des muscles qui se rendent aux côtes et que la clavicule n'appartient pas au système costal.

AxATOMiE coMPAuÉE. — Lcs divcrscs formes de l'omo-trachélien humain s'observent chez les animaux. Dans le chimpanzé de Champneys il se portait de l'occipital sur la moitié externe de la clavicule ; dans celui de Deslongchamps -, de l'occipital et de l'atlas sur le milieu de la clavicule; dans celui de Testut, du tubercule antérieur de l'apophyse transverse de l'atlas, à la clavicule, en avant du trapèze ; dans celui de jNIacdonald Brown, des tubercules antérieurs de l'atlas et de Taxis à l'extrémité acromiale de la clavicule^; dans le fœtus de gibbon de Deniker et le Gibbon cendré de Bischoff, de l'apophyse transverse de l'atlas jusqu'au bord postérieur de l'extrémité acromiale de la clavicule et même jusqu'à l'articulation clavio-acromiale ; dans le fœtus de gorille, \ejeu?ie gorille de Deniker elle gorille adulte de Duvernoy, du tubercule de l'arc antérieur de l'atlas, jusqu'au bord postérieur de la clavicule, près de l'acromion.

'Testut. Trait, des an, musc, cit. p. 99.

-Deslongchamps in Deniker. Recherc/tes sm- les Singes anlhvopoides, th. cit., p. 126.

^ Macdonald Brown. Journ. of anal, and phys., 1880, p. 012.

Dans le fœtus de gorille cl le jeune gorille de Deniker, il était dédoublé, en liant et dans le chimpanzé de Deslongchanips, en bas. Dans le fœtus de gorille, \q jeune gorille el le fœtus de gibbon M. Deniker s'est assuré qu'il est innervé par le nerf venant de la 4" branche antérieure du plexus cervical h\ branche trapézienne du plexus cervical profond de lanatomie humaine).

Dans les Singes quadrupèdes l'insertion externe se transforme par suite de la station dillérenle et se fait à l'acromion [Papio mormon, magotK Cynocéphale splignx ' ou à l'épine de l'omoplate et à l'aponévrose sus-épineuse (guenon, bonnet-chinois^, Cercopithecus sabœus'). Le levator claciculœ est devenu un lecator scapulae. L'attache claviculaire reparaîtrait dans le magot (Meckel), le Cynocéphale Anubis^ (Champneys), le Nyclicebus tardigratus ou Petit loris (Mûrie et Mivart) et même chez les Chauves-souris. Chez Yorang de Duvernoy l'omo-trachélien attaché en dehors, à la fois à la clavicule et à l'omoplate, constituait un levator scapulx et claviculœ intermédiaire entre l'omotrachélien des Singes bipèdes et des Singes quadrupèdes.

L'omo-trachélien se rencontre normalement chez tous les Vertébrés à l'exception des Oiseaux, des Poissons et de l'homme. Il remplacerait, dit-on, les os sus-claviculaires qui chez les Poissons relient la clavicule au crâne (^?). L'insertion de ce muscle, en haut, à l'atlas et à l'occipital dans le c/<«mj!?a;i::e de Deslongchamps [Anthropoïde) et dans le Cynocéphale Anubis [Singe quadrupède) établit, en ce qui concerne l'origine supérieure, une transition entre les Mammifères des ordres les plus élevés où cette insertion se fait aux vertèbres cervicales et les Mammifères oîi elle se fait au basi-occipital soit directement (le lapin, par exemple), soit par l'intermédiaire des droits latéraux de la tète [Pachydermes et Ruminants). Remarquons incidemment que chez le chimpanzé de Champneys l'attache occipitale existait seule. Dans le cheval et le chameau l'omo-trachélien provient de môme exclusivement, chez le premier, des cinq premières cervicales et chez le second, des o" et 6"^^

' Wood. On a fjroup of varieties of tlie muscles of the human neclc, p, 98.

* Broca. L'ordre des Primates, p. 313.

^ Testut. Trait, des anom. musc, cit. p. iOO.

*. Mûrie et Mivart. Proceed. zoolog. soc, 1865, p. 336 et 1867. p. 80.

' Champneys. Journ. of anat. and phys., 1871, p. 178.

•Use fixe en bas sur l'aponévrose scapulaire externe et sur la crête humérale, chez les Solipèdes, sur l'épine scapulaire chez les Ruminants, le porc et le chien.

Quant au nom qu'il conviendrait de lui donner de préférence, il nous semble avec M. Lesbre que c'est celui de transverse du scapuhim. Les insertions externes et internes étant variables suivant les espèces ne sauraient être, dans tous les cas, la base d'une appellation juste \

Long droit latéral de la tête.

Ce muscle a été décrit par Otto en 1830 (Otto, Path. Anat., 1830). Il s'étend du tubercule postérieur de l'axis à l'occipital. C'est un long intertransversaire. D'après Meckel, on trouve chez les Oiseaux, en plus du petit droit latéral de la tête, un grand droit latéral qui se porte des apophyses articulaires des trois premières cervicales à l'apophyse basilaire, au-dessous du droit antérieur.

Atloïdo-mastoïdien.

C'est Winslow qui a appelé, le premier, l'attention sur ce muscle auquel il a donné le nom de M. reclus lateralis accessorius. En 1876, il a été l'objet d'un travail très consciencieux de la part du professeur Gruber (Gruber. Der musc, atlantico-mastoïdeus ^ Arch.f. an. u. phys.., 1876, p. 733). Il a été signalé aussi par Bankart, Pye-Smith et Philips, Krause et Knott.

Il naît de l'apophyse transverse de l'atlas, entre le petit oblique postérieur et le petit droit latéral de la tête et se dirige obliquement, de bas en haut et d'avant en arrière, vers l'apophyse mastoïde à laquelle il se fixe dans un point et dans une étendue variables.

C'est ainsi qu'on l'a vu, et que je l'ai vu, se terminer :

a). Sur le bord postérieur de l'apophyse mastoïde ;

b). Sur le pourtour de l'extrémité postérieure et supérieure de la rainure digastrique ;

c). Sur la crête mastoïdienne, entre le sillon de l'artère occipitale et la rainure digastrique.

Quant à la longueur de la ligne d'insertion, elle oscille entre 3 millimètres et 2 centimètres.

Le muscle en cause peut être rubané, cylindrique ou fusiforme (un cas observé par moi chez une femme). II est logé dans un triangle

' Lesbre. Loc. cil., p. 43.

limité, en dedans, par le pelil oblique, en dehors, par l'apophyse mastoïde, en bas par une ligne qui réunirait le sommet de l'apophyse mastoïde à l'apophyse Iransverse de l'atlas. Winslow dit qu'on le rencontre « quelquefois », Knolt l'a trouvé chez 4 sujets sur 33, Krause chez 30 sur 100, Gruber H fois sur 50 dont 45 hommes et 5 femmes (4 fois des 2 côtés et 7 fois à gauche) et moi, 9 fois sur 52 dont 30 hommes et 22 femmes (6 fois chez l'homme, 4 fois des 2 côtés, 2 fois à gauche et 3 fois chez la femme, 2 fois des 2 côtés et 1 fois à droite), soit en tout 54 fois sur 235 ou approximativement chez 25 ou 26 p. 100.

M.Testut, qui admet la théorie vertébrale du crâne de Goethe, d'Oken, de Bojanus, de Blanville, d'Owen, etc., regarde l'atloïdo-mastoïdien comme un droit latéral qui a franchi l'apophyse transverse de la vertèbre occipitale, l'apophyse jugulaire à laquelle il s'insère d'habitude, pour gagner l'apophyse transverse (apophyse mastoïde) de la vertèbre sphéno-temporo-pariétale située plus haut, autrement dit comme un long intei'transversaire . J'ai montré ce que valait cette théorie (Voy. M. droit latéral de la tête.) Ce qui est hors de doute, c'est que l'atloïdomastoïdien a été retrouvé chez le Troglodytes Aubryï par Alix et Gratiolet, et chez le jnurin par Maisonneuve.

Lombo-stylien.

Ce muscle sur lequel j'ai appelé en 1880, à Alger, au congrès de V Association française pour r avancement des sciences, l'attention des anatomistes, a été signalé d'abord par Broca dans la série animale et par moi chez un homme et chez une femme oij il existait à droite et à gauche. Depuis il a été retrouvé par M. Chudzinski chez un nègre où il était également bilatéral. (Com. écrite.) Broca auquel il doit son nom l'a décrit en ces termes ' : « Il y a, chez les Singes non anthropoïdes et chez les autres Mam?7iifères, dans la masse sacro-lombaire, un muscle qui s'étend en arrière jusqu'à la queue et qui se termine en avantpar des faisceaux musculo-tendineux, sur les vertèbres lombaires et sur les fausses dorsales, c'est-à-dire sur les vertèbres du train postérieur, sur celles qui sont situées en arrière du nœud de la colonne vertébrale. Ces faisceaux de terminaison antérieure s'insèrent sur la

' Broca. Bullellns de la Société d'Anthropolofjie, décembre 1887, p. 654.

242 VARIATIONS DU SYSTÈiME MUSCULAIRE DE L'HOMME

partie postérieure et latérale de chaque vertèbre entre la base de l'apophyse costiforme et celle de l'apophyse articulaire, et se fixent sur une apophyse assez longue et pointue, appelée apophyse styloïde, qui se dirige horizontalement en arrière et dont la direction récurrente contraste avec l'antéversion presque constante des apophyses costiformes et des apophyses épineuses des mêmes vertèbres. »

Les apophyses styloïdes lombaires existent chez les Pithéciens, les Cébiens, les Lémuriens, les Carnassiers, les Rongeurs, les Marsupiaux.

Chez l'homme et les Anthropoïdes le lombo-stylien cesse de constituer un muscle distinct; il se confond avec le muscle long dorsal et est représenté par les faisceaux lombaires transversaires de ce muscle complexe.

L'insertion de ces faisceaux lombaires se fait exactement dans les points où aboutissent les faisceaux lombo-styliens des Quadrupèdes et, chez la plupart des sujets, elle est marquée par un petit tubercule osseux ou du moins par une rugosité circonscrite qui est le rudiment de l'apophyse styloïde. C'est seulement par anomalie que cette rugosité acquiert un développement suffisant pour constituer sur les deux dernières dorsales et sur les deux ou trois premières lombaires une véritable apophyse. Au total le muscle lombo-stylien est presque toujours uni au long dorsal et ne doit être regardé comme un muscle particulier, aussi bien chez l'homme que chez les Anthropoïdes, que lorsqu'il se présente à l'état d'indépendance absolue.

MUSCLES DES PAROIS DE LA PôITRLXE

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