DROIT ANTÉRIEUR
Absence. — L'absence totale a été signalée par Barkow et Gharvet'. Dans le cas de Gharvet elle coïncidait avec une ectopie vésicale. L'absence delà portion ombilicale a été également notée par Barkow -.
AxATOMiE COMPARÉE. — Le droit antérieur représente la partie interne individualisée du muscle ventral qui dans les Vertébrés inférieurs s'étend du bassin au cou et duquel dérivent, je le répète, les obliques et le transverse de l'abdomen, les intercostaux, le transverse du thorax, etc. Muller a trouvé le grand droit différencié et recouvert par les obliques dans le Bdellostoma^. Ge mode de conformation est cependant irrégulier dans les Poissons. Ghez le lépidosiren le grand droit n'existe pas encore en tant que muscle distinct. Dans le cryptobranche (Humphry), le menopoma et X iguane (Mivart^) il se continue avec les feuillets externe et moyen du muscle ventral dont le feuillet interne passe en arrière de lui. Dans les Serpents, et plus clairement encore dans le Pseudopus Pallasii (Humphry, Anningson^), il est superposé au feuillet externe avec lequel il a des connexions plus ou moins intimes. Dans les Mammifères, enfin, il est indépendant et logé presque entièrement entre les couches du feuillet moyen.
' Charvet. Gaz. des hôpitaux, 1857, n" 8.
* Barkow. Monslra, cit. p. 9-20.
'Muller. Abhandl der Berl. Akad., 1834, p. 345 et tab. I. *Mivart. Proceed. Zool. soc, 1867, p. 770 et J869, p. 258.
* Humphry et Anningson. Observ. in myoloa. cit. passim.
312 VARIATIOiNS DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE L'HOMME
Duplicité du muscle. — Elle aurait été constatée par Otto. Je me borne à citer cette malformation dont il m'a été impossible de retrouver un autre exemple * .
Variations d'étendue. — I. Variations de largeur. — Dans un cas noté par M. Macalister le muscle en cause s'étendait en dehors, à plus de quatre pouces de la ligne blanche.
D'après M. Chudzinski « la plus grande largeur du grand droit de l'abdomen est presque égale dans toutes les races humaines par sa moyenne, mais le maximum et le minimum sont plus forts dans la race blanche. Dans la race jaune la largeur de ce muscle paraît être relativement moins considérable ^ »
II. Variations de longueur. — On a vu le grand droit remonter jusqu'à la h." côte (Kaauw^, Cruveilhier, Testut, Golson, plusieurs cas personnels), la 3® (Chudzinski, Boerhaave, 4 cas personnel), la 3' et la 4® (Harrison, Meckel), la 2' (Beaunis et Bouchard), la clavicule (Lenoir*).
Anatomie comparée. — Entre le grand droit de V ornithorynque dont les dimensions transversales sont très réduites et celui du daman dont les dimensions transversales sont considérables, on trouve tous les intermédiaires. Dans legorillele muscle dont il s'agit est, en général, assez large. Chez les Solipèdes il déborde l'hypochondre et vient prendre adhérence à la face interne du grand oblique. J'ai déjà eu l'occasion d'écrire (voy. M. sur-costal antérieur et M. iwésternaï) que chez les animaux il s'étend, au-dessous du grand pectoral, plus haut sur le thorax que dans l'espèce humaine. Chez beaucoup de Singes quadrupèdes (le magot, le papion, le ouistiti, le callitriche, les Makis, le cynocéphale, le mangabey, etc.), son extrémité supérieure se fixe encore à la clavicule. Chez les Anthropoïdes le nombre des es|)aces intercostaux inférieurs qu'il recouvre varie comme chez l'homme. C'est ainsi que sur 15 gibbons M. Keith a noté son insertion à la 3" côte chez deux, à la 4" chez six, à la 6° chez sept ^
' OUo. Palholof/. anat.
^ Chudzinski. BuUet. de la Soc. iVAnthropol. de Paris, 1896, p. 540.
3 Kaauw. Nov. comment. PelropoL, t. II, p. 559.
*Lenolr m Portai. Bullel. de la Soc. anat. de Paris, 1832, Cruveilhier, Testut, Harrison, Meckel. etc. Lac. cit. passim.
"Keith. Journ. of anat. andphys., 1894.
Variations de nombre des intersections aponévrotiques. — On rencontre le plus communément 3 ou 4 intersections, quelquefois S et très exceptionnellement 2 ou 6. Ordinairement ces intersections sont en nombre égal à droite et à gaucbe. Il n'y a jamais plus d'une iutersection sous-ombilicale, s'il y en a une, car cette intersection a une tendance manifeste à disparaître. L'intersection de l'ombilic me semble constante. Il appert aussi des dissections de M. Cbudzinski :
« 1° Que les irrégularités dans la forme, le trajet, la direction et l'ordre des intersections tendineuses du droit antérieur sont plus fréquentes dans les races de couleur;
« 2° Que les intersections sous-ombilicales sont moins rares dans les races de couleur ;
«3° Que dans toutes les races les intersections du coté gauche s'élèvent davantage au-dessus du pubis que celles du côté droit ;
« 4° Que la hauteur de chaque intersection est plus grande dans la race noire, surtout chez les femmes'. »
J'ajouterai que dans toutes les races les intersections sont très souvent incomplètes et représentent tantôt une ligne transversale, très nette et presque rectiligne ou largement ondulée, tantôt une ligne brisée en zigzag ou en chevron, à sommet supérieur ou inférieur,
Anatomie comparée. — On considère généralement les intersections tendineuses du grand droit comme des côtes ventrales, les faisceaux musculaires compris entre ces intersections comme des muscles intercostaux et Ja ligue blanche comme un sternum abdominal. Il s'agit là, en réaL ?, de cloisons fibreuses intermusculaires séparant les muscles homologues des métamères voisins et analogues aux cloisons fibreuses qu'on trouve normalement dans divers muscles cervicaux. Les cloisons peuvent s'ossifier secondairement chez certains animaux [Crocodiles) et former de vraies côtes abdominales, mais on ne peut pas dire que ces intersections représentent les extrémités antérieures des apophyses costiformes des vertèbres lombaires. La distribution des nerfs suffirait même seule à renverser cette hypothèse.
Le nombre des intersections du droit antérieur des Mammifères oscille entre 4 et 10. Il y en 10 dans les Solipèdes, 4 à o dans les Carnassiers, G à 7 dans les Ruminants, le porc et le plus souvent 7 dans les Singes quadrupèdes. Chez les Anthropoïdes on compte d'or-
' Chudziuski. Loc. cit. siq)rà, p. 540.
dinaire 5 intersections; pourtant M. Chudzinski en a observé 7 chez une gorille adulte et 6 chez un jeune gorille. Des 7 intersections du droit des 5m^e5 quadrupèdes, 3 sont sous-ombilicales. Chez les Anthropoïdes, comme chez l'homme, il n'y a qu'une intersection sous-ombilicale.
Connexions plus intimes avec les muscles voisins et faisceaux surnuméraires. — Meckel a vu quelques-unes des fibres du droit antérieur s'insérer au sternum, M. Nicaise * à la ligne blanche, et Cruveilhier à la partie la plus externe du cartilage de la 6® côte, de sorte que ce cartilage recevait deux faisceaux du même muscle.