‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 74 sur 116 · PYRAMIDAL · texte numérisé non relu

PYRAMIDAL

Absence. — M. Thomas Dwight, de Cambridge en Massachusetts % et MM. Schwalbe et Pfitzner, de Strasbourg^ ont vu ce muscle faire défaut :

MM. Th. Dwight chez 4o0 hommes 81 fois, soit chez 18 p. 100

Schwalbe et Pfitzner. — 284 — 39 — 13,7 —

MM. Th. Dwight *— 223 femmes 60 — 26,9 —

Schwalbe et Pfitzner. — 109 — 11 — 10,1 —

Sur 243 sujets dont 136 femmes et 107 hommes, j'ai noté 17 fois, l'absence du pyramidal chez les femmes (11 fois des deux côtés, 2 fois à droite et 4 fois à gauche) et 9 fois chez les hommes (6 fois des deux côtés, \ fois à droite et 2 fois à gauche).

Le muscle en question manquait chez :

141 sujets sur 673 examinés par M. Th. Dwight; 50 — 393 — MM. Schwalbe et Pfitzner;

26 — 243 — fauteur.

Soit chez 217 sujets sur 1309 examinés jusqu'ici ; soit chez 16,2 p. lOŒ des sujets.

' Nicaise. Arcli. gén. de méd., 1886, p. 44.

'Thomas Dwight. Proceed. of tlie Âmeric, philosophie. Sociel., 1893, S. 117-123.

'Schwalbe et Pfitzner. Varielœten statistik, cit. p. 483.

Ici encore les influences ethniques et sexuelles se font sentir. Le pyramidal fait plus souvent défaut aux Etats-Unis qu'en Alsace-Lorraine et en France, et dans tous les pays, chez Ihomme que chez la femme, des deux côtés que d'un seul, du coté gauche que du côté droit.

Cooke a écrit que lorsque les deux pyramidaux sont ahsents, les muscles obliques internes s'avancent plus en dedans sur le ligament de Poupart. Je suis bien loin d'avoir trouvé constamment ce mode de conformation '.

AxATOMiE coMPARÉii. — Lc pyramidal faisait défaut chez les chimpanzés de Champneys, de Duvernoy, de Vrolik, de Traill et existait chez le chimpanzé d'Alix. 11 manquait également dans les jeunes gorilles de Duvernoy, de Bischotf et de Deniker, mais était bien développé dans le fœtus de gorille de Deniker et le gorille adulte de Duvernoy. Chez les Anthropoïdes comme chez l'homme, le pyramidal, devenu inutile, a donc de la tendance à disparaître. 11 est absent chez tous nos Aniinaux domestiques, ainsi que chez le Lemur varius^ catta et nigrifons, le Nijcticebus turdigratus , ou petit Loris, le Galagos et V^aye-Vaye (Mûrie et Mivart), les Indrisinés (Milne-Edwards et Grandidier) les Perodictiques et le Tarsiei' (Yan Campen et Burmeister), Y aï, le coati, le tatou, le fourmilier, \e porc-épic, le raton, la taupe, la marte, les Chauves-souris, etc.

Multiplicité des pyramidaux. — On rencontre quelquefois deux pyramidaux d'un côté, et un seul du côté opposé. Cette malformation est indiquée par ^Yinslow■, Ruysch', Cruveilhier % etc. Quatre pyramidaux, deux de chaque côté, ont été trouvés par Sabatier^ et Poland ®. lùitin Horner ' affirme qu'il en a vu deux, trois et quatre du même côté.

Variations d'étendue. — I. Variations de largeur. — Les deux muscles peuvent s'étendre plus ou moins loin en dehors de la symphyse

' Cooke. Mi/or/ntphia. Londres, 16.'>0, p. 603.

- Winslow. Loc. cit. suprà, p. 60.

' Ruysch. Thésaurus anafomicus, IV, n° 83.

* Cruveilhier. Anat. descript., 2» édit., t. H, p. 108.

•'' Sabatier. Ana/omie, t. I, p. 263.

» Poland. Loc. cit. passim.

'■ Horner, p. 391.

du pubis, se fixer même à la portion du bassin comprise de chaque côté entre cette symphyse et l'épine du pubis. Un des deux pyramidaux peut seul offrir cette conformation.

II. Variations de hauteur. — Sur un nègre disséqué par Cruveilhier les deux pyramidaux s'élevaient au-dessus de l'ombilic. Ce développement égal en hauteur des deux muscles est loin d'être constant. L'un peut avoir les insertions supérieures habituelles et l'autre s'attacher près de l'ombilic (Spigelius, Hoffmann) ou cà l'ombilic (Diemerbroeck, Rolfmcius) par des fibres charnues ou un tendon.

Les anomalies sus-indiquées se combinent parfois : ainsi un pyramidal bas et large coïncide avec un pyramidal étroit et haut, etc.

Anatomie comparée. — Au bas de l'échelle des Mammifères le pyramidal humain a pour homologue le muscle qui sert à comprimer les glandes mammaires incluses dans la poche abdominale où sont logés jusqu'à leur entier développement les fœtus informes des Monodelphiens. Dans les Sarigues, le kanguroo., V ornithoryngue le muscle en question dit muscle protracteur de fos ?7îarsupial, plus large que le grand droit, occupe toute la longueur de l'abdomen. (Voyez les planches 176, fig. 3 [Sarigue-crabier], 178, fig. 2 [Phalanger à front concave] et 139 [Kangur 00- géant] de l'atlas de Myologie comparée de Cuvier et Laurillard.) Dans les Mammifères placentaires — y compris l'homme — où il est inutile puisque les petits naissent complètement formés, il est en général rudimentaire ou absent. Dans Y hyène, le magot et le papion il est constitué seulement par quelques fibrilles tendineuses nacrées qui se portent du pubis à la ligne blanche. Sa disparition constitue chez les Mammifères placentaires une anomalie évolutive, son accroissement d'étendue, sa multiplicité, des anomalies régressives.

Intersection tendineuse dans le corps charnu. — Verheyen a observé une intersection tendineuse dans un pyramidal qui s'étendait jusqu'à l'ombilic \ Elle a la môme signification que celles du grand droit, du sterno-cléido-hyoïdien, etc.

* Verheyen. Loc. cit., p. 60.

Page 1