‹ Traité des variations du système musculaire de l'homme et de leur signification au point de vue de l'anthropologie zoologiqueChapitre 87 sur 116 · A) MUSCULATURE VENTRALE DU COCCYX · texte numérisé non relu

A) MUSCULATURE VENTRALE DU COCCYX

ISCHIO-COCCYGIEN

Syn. : -V. cocc//f/eiis (N. a.i; M. abclucfor coccynis ; triatif/itlaris cocc;/f/is (Santorini) ; levalor cocci/f/is .Morgagui) ; coccij-iscliiatiqiie {Lannegrïice) ; ischio-cauflal (Iluiiiphry).

Absence. — L'ischio-coccygien manque très souvent. Cette malformation ne saurait surprendre ; la disparition ou plutôt l'atrophie de la portion caudale de la colonne vertébrale dans l'espèce humaine doit entraîner et entraine la disparition ou l'atrophie de tous les muscles qui la meuvent, aussi bien de ceux qui la meuvent dans le sens latéral que dans le sens antéro-postérieur. Si les abducteurs du coccyx sont plus constants que les lléchisseurs et les extenseurs du coccyx, c'est que les abducteurs servent non seulement à imprimer des mouvements à l'appendice caudal, mais encore à fermer la région ano-caudale. Leur défaut de présence constitue une de ces anomalies que M. Mathias Duval appelle cuiomalies évolutives ou prof/ressives.

Variations de structure. — L'ischio-coccygien est composé normalement de faisceaux aponévrotiques entremêlés de faisceaux charnus qui lui donnent beaucoup de rapport avec les muscles intercostaux.

Chez le plus grand nombre des sujets, la portion aponévrotique domine la portion charnue, mais c'est souvent l'inverse. Parfois même ce muscle est complètement transformé en une masse tendineuse (Sœmmerring, Gegenbaur). Cette transformation fibreuse du muscle est l'indice de la tendance qu'il a à faire défaut. Quant aux cas 4e duplicité et de triplicité de l'ischio-coccygien qui ont été signalés

ment iuQiiiinent supérieur à celui d'aucun Quadrupède: mais coniuie il n'y a pas de bassin, ils se confondent avec ceux du dos et ne forment avec eux qu'une série. -■ vCuvier.)

1 Kolhnann J., Der Levator Anl und der Cocci/geus bel den rjeschwanzfen Affen und den Anthropoiden (Verhandl. d. Anat. ges. auf der achten Versamml. in Strassburg in E., p. 198-205, avec 2 fig.).

- Larlscheider. Loco citato supvà.

par Sœmmerring, ce sont, je suppose, des cas de division de ce muscle en deux ou trois chefs indépendants par suite de la disparition des intersections fibreuses.

Variations des insertions et connexions plus intimes avec les muscles voisins. — Je n'ai jamais rencontré la fusion complète du releveur de l'anus et de l'ischio-coccygien, notée par Sœmmerring. Peut-être celui-ci s'est-il mépris. L'ischio-coccygien semble, en effet, au premier abord, se continuer sans ligne de démarcation avec le bord postérieur du releveur de l'anus, en sorte qu'on serait tenté de confondre l'ischio-coccygien et le releveur de l'anus en un seul et même muscle formant un plan non interrompu, depuis le bord inférieur du pyramidal jusqu'à l'arcade du pubis. L'ischio-coccygien comprendrait toute la portion du plancher qui s'insère au bord du coccyx, le releveur de l'anus, le reste du plancher ; mais on reconnaît bientôt que ces deux muscles sont séparés l'un de l'autre par une lamelle aponévrotique.

J'ai vu, comme Sœmmerring ^ et M. Watson, l'insertion totale de l'ischio-coccygien sur le sacrum, en dedans, et, comme M. Watson, le renforcement de ce muscle par des fibres provenant de l'aponévrose d'enveloppe de l'obturateur interne, en dehors.

Anatomie comparée. — L'abducteur du coccyx constitue chez les Mammifères un muscle qui fait mouvoir latéralement la queue. Comme tous les muscles de la queue — le coccyx, en anatomie humaine — il ofïre beaucoup de variétés. Ce muscle a été retrouvé par Alix et Gratiolet dans le Troglodytes Aubryi.

Remarquons, en terminant, que le nom de levator coccygis qui lui a été donné par Morgagni ne lui est nullement applicable.

MUSCLES SURNUMERAIRES Fémoro-coccygien.

Syn. : Faisceau caudal du rjrand fessier ; coccy-fémoral (Testut) ; paraméml (Strauss- Durckheiin) ; agilalor caudœ, caudo-fémoral des zootomistes.

On donne ce nom à un faisceau musculaire étroit, contigu au bord inférieur du grand fessier auquel il est quelquefois plus ou moins

' Sœmmerring. Loco cilalo suprà, p. 212.

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uni et étendu du coccyx au-dessous de la cinquième vertèbre sacrée, ou à la fois du coccyx et de la cinquième vertèbre sacrée à la ligne âpre du fémur. 11 a été signalé par MM. Ghudzinski, Macalister, Sabatior, Testut. etc.

Je lai trouvé sept fois : cinq fois chez l'homme, une fois chez une femme blanche, une fois sur une Angolaise. Sur un homme, oii il existait des deux cotés, il naissait en totalité des faces latérales du coccyx, longeait le bord inférieur du grand fessier dont il était séparé par un espace linéaire comblé d'un tissu cellulo-graisseux à larges mailles, et se divisait, immédiatement au-dessous de l'insertion du grand fessier, en deux branches dont une se fixait à la ligne âpre du fémur et l'autre se perdait sur l'aponévrose fémorale.

Sur tous les au 1res sujets, sauf chez un homme et chez l'Angolaise, il n'était développé que d'un seul coté, à droite.

Dans la femme blanche et dans un des sujets du sexe masculin il était presque confondu avec le grand fessier. Dans l'Angolaise il était constitué par une languette d'un rouge pâle, large d'un travers de doigt environ, et dont l'extrémité interne était insérée sur le grand ligament sacro-sciatique et l'extrémité externe en partie sur la ligne âpre, en partie sur l'aponévrose crurale.

Il est bon d'observer que M. Ghudzinski a noté cet agencement chez un nèo-re.

Anatomie comparée. — Pour bien comprendre les divers modes de conformation des abducteurs du coccyx de l'homme, il est nécessaire d'avoir une idée très nette de la disposition de ces mômes abducteurs dans la série animale. C'est ce dont nous allons nous occuper d'abord.

M. le professeur Humphry a démontré que, chez le cryplohranche^ la partie la plus inférieure de chaque groupe ventral des muscles de la queue se divise, au niveau du bassin, en trois faisceaux qu'il a nommés : ischio-caudaîis, caudo-cniralis vel caudo-pedalis et caudo-femoralis.

Uischio-caudal, qui correspond à notre ischio-coccygien, va se fixer sur l'ischion.

Le caudo-crural \?i s'insérer en partie sur une intersection tendineuse qu'offre la couche superficielle d'un large muscle qui s'étend de la ceinture pelvienne au membre inférieur et en partie sur la masse musculaire de la plante du pied par un chef aberrant qui descend derrière la cuisse et la jambe. D'où les deux noms de caiido-cruralis et de caudo-pedalis qno M. Humphry a donnés à ce faisceau.

Le caudo-fémoral va s'attacher par un fort tendon à la partie moyenne de la face plantaire du fémur.

De ces trois faisceaux, le plus interne est lïschio-caudal, le plus externe le fémoro-caudal.

Cette disposition paraît constante dans tous les Urodèles. Elle a été constatée, en effet, par le professeur Humphry\ non seulement dans le cryptobrmiche, mais encore dans Yaxolotl, le menopuma et le menobranche. (Mivart, Proceed. Zoological societ.^ 22 avril et 24 juin 1869.)

Le caudo-fémoral a été décrit encore dans les Reptiles et les Oiseaux par Sabatier, dans les Monotrèmes par Alix, dans la loutre par Humphry, dans de chat par Strauss-Durckheim, dans le kangouroo^ le phoque, Vhyène, le raton par Meckel qui le considère comme une portion du grand fessier, dans le megaderma par le professeur Macalister, le murin par le professeur Maisonneuve, etc. S'il faut en croire MM. Milne-Edwards et Grandidier"^, « le grand fessier des Lémuriens de l'île de Madagascar est constitué par deux faisceaux : un faisceau supérieur et un faisceau inférieur. Le faisceau supérieur s'insère, e i haut, par l'intermédiaire d'une aponévrose qui se continue jusqu'au sacrum à toute la crête antérieure et interne de l'os iliaque, et même à la première vertèbre caudale, et, en bas, à la crête sous-trochantérienne, en débordant cette crête un peu en dessous. Le faisceau inférieur s'attache à l'aide de courtes fibres aponévrotiques à la deuxième et à la troisième vertèbre caudale ; puis les fibres musculaires qui font suite s'accolent au faisceau précédent et descendent se fixer en dehors de la ligne âpre jusque vers le tiers inférieur du fémur, entre les points d'attache du muscle crural et ceux du grand adducteur ». Le caudo-fémoral n'existe pas chez les Anthropoïdes ^ mais on le trouve chez tous les autres Singes pourvus dune queue ; chez les Cercopithèques, les Semnopitheques, les Macaques, etc.

Cruro-coccygien.

Syn. : Caudo-craral , cruro-pedalis ; faisceau coccyfjien du biceps crural, du demi-Diembi-aneux, du demi-tendineux.

Dans les Vertébrés supérieurs, le caudo-crural perd son chef plantaire. Inséré inférieurement d'abord sur V adducto-flexor-mass du membre

' llumphr\-. Obs. in Mijolof/y, cit. p. 6 et 7.

-.Milne-Edwards et Grandidier. IlisL nat., physique el politique de Madagascar, t. I.

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postérieur et plus particulièrement sur la portion de celle lame musculaire de laquelle provient le demi-tendineux, il se fixe inférieuremenl, dans les Mammifères, sur l'un ou l'aulre des faisceaux résultant de la segmentation de cette masse (demi-tendineux, demi-membraneux, etc.). Pour M. le professeur Humphry, Fintersection aponévrotique du demi-lendineux de l'homme est l'homologue de r« inscription tendinous » qu'offre la couche superficielle du muscle qui, dans les Urodèles, s'étend de la ceinlure pelvienne au membre inférieur et sur laquelle s'attache le caudo-crural. 11 est certain que l'inserlion, très fréquente, sinon constante des têtes pelviennes surnuméraires du demitendineux de l'homme sur l'intersection aponévrolique qui coupe les fibres de ce muscle viendrait à l'appui de l'opinion du professeur Humphry ; quoi qu'il en soit, le caudo-cruial se reproduit dans l'espèce humaine sous forme de bandelettes conlracliles provenant du coccyx ou du sacrum et se rendant aux muscles superficiels de la région postérieure de la cuisse. Nous aurons l'occasion de les décrire longuement plus loin. (Voy. M. demi-lendineux, M. demi-memhraneux et M. biceps crural.)

Sacro-coccygien antérieur.

Syn. : M. cuvvator coccijgis ; M. sacro-coccyr/eus antlcits (N. a.); M. sacro-coccytjeus iiifevlor, M. curvalov coccygis tenais; M. depressor caudœ ; M. abaisseuv de la queue ; M. fléclùssei/r de la queue.

« Ce muscle, dont l'existence est très rare, dit Gegenbaur, naitde la face antérieure des parties latérales des dernières vertèbres sacrées. Tantôt il va se terminer à la cinquième vertèbre sacrée ; tantôt il converge avec celui de l'autre côté, vers la face antérieure du corps de la première vertèbre coccygienne oii il s'insère. »

Cette définition ne concorde pas avec toutes les observations de muscles lléchisseurs du coccyx que j'ai relevées dans la littérature auatomique.

Elle est trop précise. La lecture des pages qui suivent le prouvera surabondamment.

J'ai disséqué deux fois le fléchisseur du coccyx : une première fois ■en décembre 1881, sur un homme et du côté gauche seulement ; une seconde fois, en février 1890, également sur un sujet du sexe masculin, mais des deux côtés.

I. — H., vingt-huit ans, pleuré tique. — Sauf le transverse gauche qui

était double, les muscles du périnée ainsi que le bassin et le sacrum étaient normaux. L'articulation sacro-coccygienne était très mobile. De tout le bord interne du quatrième trou sacré antérieur et de la moitié interne de la face antérieure de la branche osseuse qui sépare le quatrième trou sacré antérieur du troisième, naissait, à gauche, un faisceau charnu aplati qui allait se fixer sur le milieu de la face antérieure de ravant-dernière vertèbre coccygienne ; ce faisceau avait la forme d'un triangle isocèle très allongé et était dirigé obliquement de haut en bas, de dehors en dedans et d'avant en arrière. Il recevait, vers le tiers supérieur de son bord externe, un filet nerveux gracile provenant du rameau descendant de la quatrième branche sacrée gauche qui s'anastomose avec la cinquième paire sacrée du même côté.

II. — H., soixante-dix ans, hémiplégique. — Le sacrum et les os iliaques étaient bien conformés. Le coccyx était constitué par quatre fausses vertèbres assez mobiles. Les muscles du périnée n'offraient rien de particulier, sauf les ischio-coccygiens qui naissaient par deux chefs distincts, l'un provenant de l'épine sciatique, l'autre de l'aponévrose d'enveloppe des muscles obturateurs internes. A droite et à gauche, en dedans des deuxième et troisième trous sacrés antérieurs, se détachait un petit faisceau symétrique qui allait insensiblement se perdre sur la seconde et la troisième pièce du coccyx, en s'étalant en éventail. Chacun de ces petits faisceaux était innervé par un ramuscule émanant de la branche descendante qui relie la quatrième paire sacrée à la cinquième.

Il est à remarquer que chez mes deux sujets le muscle anormal était innervé par un rameau provenant de la branche qui unit la quatrième paire sacrée à la cinquième. Il en était de môme chez un homme que M. le professeur Watson a disséqué, en 1879, dans les salles d'anatomie d'Owen's Collège, à Manchester \

Les fléchisseurs du coccyx sont les homologues des muscles sacrococcycjiens inférieurs ou abaisseurs de la queue des animaux. Comme eux, ils fléchissent d'abord le coccyx sur le sacrum, puis les vertèbres coccygiennes les unes sur les autres. Le développement des fléchisseurs de la queue est en rapport avec le développement de cet organe ; ils sont surtout très prononcés chez les animaux qui ont la queue pre-

' On Lhe curvatores coccygîs muscles of Ihe man [Journ. of anat. and phys., vol. XIV, part. IV, juillet 1880, p. 407).

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nantc, et on particulier dans les genres Atèle et Cebiis. Dans les Anthropoïdes, où la queue s'est atrophiée, ces muscles, d'après Huxley \ font entièrement défaut. Il en est de même chez l'homme. Les sacrococcygicns antérieurs qui paraissent répondre au muscle long du cou, n'arrivent au contact dans la série animal, qu'à une certaine distance de l'anus; ils sont d'abord séparés par un espace angulaire qui reçoit une projection de la couche charnue du rectum, vestige très remarquable de l'intestin coccygien de l'embryon.

Albinus (1734) me semble avoir le premier signalé non seulement la présence, mais encore le degré de fréquence d'apparition de ces muscles chez l'homme. Opposons les lignes qu'il leur a consacrées à celles que leur ont consacrées les autres anatomistes. « Fuenint, dit-il, abutroque latere musculm parvus, oblonr/us, angustus, tennis, majorcm parteni tendineus, gemino capite, incipiebat altero ab interiore et eâdcm inferiore et laterali parte corporis iml ossis sacri ; altero, quod in aliis bifidum, ab interiore eâdemque laterali coccijgis primi ; descendensque, tribus extremis definiebat ad eamdeni parteni coccggis ossiculi secundi, tertii, quarti, prœcipue qiiarti extremo insigniore^ tendineo, quo dexter cum sinistro conjunclus erat. Curvatoremappellare libuit quoniam coccygem car rat : curvat auteni inpriora. Inveni euni in tribus, in aliis imper fectum et degeneratum ; in aliis non musculo, sed liganiento si?nilem. » (Albinus, Historia musculorum, p. 336.)

De ce texte un peu obscur il appert que chez tous les sujets qu'il a disséqués, sauf chez trois, Albinus n'a pas trouvé les muscles en question ou, pour être plus exact, a trouvé à leur place des ligaments ou des fibres tendineuses. Dans ce texte le même auteur n'a pas mentionné non plus — ce qu'il n'a jamais manqué de faire pour les autres muscles — que les fléchisseurs du coccyx aient été observés avant lui. De ce dernier fait je me crois en droit d'induire qu'Albinus est le premier anatomiste qui ait décrit les fléchisseurs du coccyx dans l'espèce humaine. Il est étrange pourtant de ne pas voir ces muscles indiqués dans la Tabula musculorum d' Albinus.

Sandifo/* (1783) s'est borné à reproduire mot pour mot le texte d'Albinus".

Sœmmerring^ (1794) a donné la description suivante des curvatores

' Huxley. Med Times and Gazette, 1864, vol. II, p. 40.

Le professeur Watson a vainement cherché aussi ces muscles chez le Troylodyles nif/er. Watson. Loco citato suprà, p. 409).

^ Sandifort. Exercitatlones academicie,Lug. Batav., liv. I, p. 89.., ' Sœmmerring. De corporis humani fabricâ, t. II, p. 212.

coccygis : « Aè interna inferiore et laterali parte corjDoris imi sacri^ et ab interna et laterali parte ossis pri?ni coccygis ortus, oblongus, exilis, tenuis, phirimam partem tendineux descendit, ut tribus caudis partis latej^alis secundi, tertii, préesertim vero quarti ossis coccygis dextro miisculo et sinistro inter se ibi conjunctis^ inseratur. »

Ce n'est là évidemment encore, mais sous une autre forme, que la description d'Albinus.

Meckel a écrit : « Die Curvatores Coccygis sind ungewuhnliche, kleine^ meistens ivo sic vorhanden sind, auf beiden Seilen ivorkommende , lângliche, dïmne, grossentheils sehnige Bilndel, loelche vo7i der vordern Flàche des letzten H eUigbeinivirbels und des ersten Steissbeimvirbeh entspringen und sich mit mehrerem 7Âpfeln an die vordere Flâche der iintern Steissbeine Jieften, wo der redite und linke geivohnlich zusammenfliessen \ »

Au dire de Meckel, les fléchisseurs du coccyx seraient donc des faisceaux musculaires dont la présence ne serait pas habituelle chez l'homme.

Ainsi que les anatomistes précités, il n'a pas dit dans quelle proportion on les y rencontre, et, si on compare sa rédaction à celle d'Albinus, il y a tout lieu de croire qu'elle n'en est qu'une copie déguisée.

En parlant du muscle ischio-coccygien, Cloquet (1822) a avancé que « souvent il reçoit de la partie inférieure du sacrum un petit trousseau [M. curvator coccygis tenuis) mince, grêle, descendant sur le milieu du coccyx, et s'unissant aux deux muscles de droite et de gauche à la fois^ ». La parenthèse intercalaire et la similitude des expressions permettent ici encore d'admettre que Cloquet a emprunté sa description à Sœmmerring. Il convient en outre d'observer que Cloquet est responsable du mot souvent dont ne s'est pas servi Sœmmerring.

Gunther (1844) a certainement vu ces muscles dont il a donné de bons dessins dans son Atlas (Gunther, Chirurgische Anatomie, tab. XXXIV, I, 6; tab. XXXI, III, 6). Gunther a l'air de présumer qu'ils sont toujours présents.

Von Behr (1846) les a regardés comme constants ^

Theile * (1844) s'en est référé aux planches de Gunther, et Cruveilhier*

1 Meckel. Handbuch der menschlichen Anatomie, Band II, p. 478.

"Cloquet. Traité d'anatomie descriptive, vol. I, p. 462.

'Von Behr. Handbook of human anat. (Trad. angl. de Birkett).

■•Theile. Encyclopédie anatomique, t. III, p. 360.

•'' Cruveilhier. Traité d'anatomie, t. III, p. 666.

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(1852) s'est contenté de renvoyer ses lecteurs à l'ouvrage de Sœmmerring. Dans les traités d'anatomie de Henle et de Sappey, ces muscles sont passés sous silence.

Dans un mémoire intitulé : Beilnige zur Anatomie der Steissbeinmuficulatur des Menschen (Contribution à l 'anatomie des muscles coccygiens de l'homme, Arch. f. Anal, iind Plujs., anat. Aljth heft o-6, 1888), Jacobi affirme avoir trouvé trois fois ce muscle sur o6 sujets. Pour cet anatomiste il n'est donc pas absolument rare. Il résulte des observations de Jacobi que le sacro-coccygien antérieur, mêlé de nombreuses fibres tendineuses, nîiît de la partie antéro-latérale et inférieure de la cinquième vertèbre sacrée et du boid supérieur de la première coccygienne, et s'insère en se rapprochanl. sur la ligne médiane, de son congénère du coté opposé, à la face antéro-latérale des deuxième, troisième et quatrième vertèbres coccygiennes, soit directement sur les corps vertébraux, soit sur les ligaments sacro-coccygiens qui les recouvrent.

A part Guntlier et Von Behr qui ont prétendu que les sacro-coccvgiens antérieurs étaient constants et Jacobi qu'ils n'étaient pas absolument rares, Sandifort, Sœmmerring, Meckelet Cloquet ont transcrit, en le modifiant plus ou moins, le texte d'Albinus. Or, Albinus, nous l'avons vu, a déclaré qu'il n'avait jamais rencontré ces muscles que trois fois. 11 faudrait donc les considérer comme très exceptionnels. C'est aussi l'avis de M. Watson : sur plus de mille sujets qui lui sont passés sous les yeux depuis qu'il professe l'anatomie à Manchester, il n'en a trouvé qu'un cas. Depuis que je dissèque, je n'ai jamais également trouvé que les deux cas dont j'ai donné une analvse succincte. En 1893-1891, j'ai cherché en vain ce muscle sur 87 cadavres d'hommes et 80 cadavres de femmes.

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