‹ Traité descriptif des maladies de la peauChapitre 67 sur 100 · PL. II · texte numérisé non relu

PL. II

A Karmanski' del

Pans, G-Masson.

Tmp.lemercier écC^^Paris

Nicoiet 11 (il

Planche III

Fig. 1. — Acné hypertrophique (Variété éléphantiasique).

Il s'agit ici de préparations provenant d'un nez lobulé, bien que lisse, rouge vineux, congestionné, énorme. Le lobule qui a servi à ces préparations était gros comme un œuf de pigeon et fut excisé pendant la vie, sur la demande d'un buveur (10 litres de vin par jour), qui vint à Lille prier l'un de nous de le débarrasser d'un des lobules de son nez, parce que le lobule le gênait pour boire. (Liquide de Muller, gomme et alcool, coloration au picro-carmin.)

Dans ce cas, l'hypertrophie énorme du nez tient surtout à l'altération du derme, qui rappelle beaucoup l'œdème chronique éléphantiasique, est épaissi, dur, élastique, à la dilatation des vaisseaux et, en particulier, des petits vaisseaux et des veines.

Les artères ont plutôt leurs parois épaissies, sclérosées.

Quant aux follicules pilo-sébacés, ils sont relativement peu atteints et, malgré quelques points noirs (comme du tatouage par grains de poudre) que l'on observait sur le nez du sujet et qui proviennent de l'altération des follicules pilo-sébacés, ceux-ci sont presque intacts. On ne peut constater qu'un peu de dilatation de leurs conduits excréteurs, un peu d'hypertrophie des glandes elles-mêmes. Les glandes sébacées sont loin de présenter les altérations énormes de la ligure 1 de la planche IL II faut d'ailleurs noter qu'à l'état normal les glandes sébacées du nez sont volumineuses. En quelques points, toutefois, les glandes sébacées sont hypertrophiées et comme enkystées (elles paraissent dépourvues de canal excréteur). L'hypertrophie du nez dépend surtout dans cette variété d'acné de l'état éléphantiasique du derme, consécutif probablement aux troubles circulatoires sanguins (stase veineuse, etc.) et lymphatiques.

L'hypertrophie des glandes sébacées n'est que secondaire.

Fig. 1. — Grossissement, 20 diamètres.

e, épiderme.

d, derme épaissi et présentant les lésions de l'œdème chronique (état éléphantiasique, etc.). a, artères à parois épaissies, sclérosées.

s, glandes sébacées un peu hypertrophiées et, en quelque sorte, encapsulées par un tissu conjonctif scléreux d'.

771, fibres musculaires striées.

Fig. 2. — Point de la préparation précédente situé près de la couche papillaire et examiné

à un grossissement de 330 diamètres.

»n, corps de Malpighi.

p, couche des cellules perpendiculaires.

vv, vaisseaux dilatés et bourrés de globules blancs. En v' cette dilatation est devenue considérable, ampuUaire, et en ce point il y a un vrai nid de globules blancs. En plusieurs points, le long des vaisseaux, et en dehors d'eux se trouvent des globules blancs extravasés par diapédèse. Ces cellules migratrices existent en assez grande abondance, même à une assez grande distance des vaisseaux, où on les trouve infiltrées dans les mailles du derme, en /, etc. Les papilles contiennent une grande quantité de cellules embryonnaires e, qui ne sont pas seulement des produits de diapédèse (il est probable qu'une grande partie d'entre elles proviennent de l'inflammation chronique du tissu conjonctif dont en plusieurs points les cellules tendent à proliférer).

D'ailleurs, çàet là, on rencontre dans le derme des îlats de cellules embryonnaires, produit de cette inflammation chronique du derme. En plusieurs points, il y a hyperplasie scléreuse du lissu conjonctif.

De plus, çà et là, l'on trouve des espaces très nets, parfois assez grands, se présentant sous forme de lacunes plus ou moins étoilées, creusées entre les faisceaux du tissu conjonctif et dont on peut voir parfois très nettement l'intérieur tapissé par une couche endothéliale continue; ce sont des lacunes lymphatiques très dilatées, entourées souvent de leucocytes. Elles rappellent, à s'y méprendre, les lymphatiques cutanés dilatés dans l'œdème chronique, tels qu'ils ont été décrits par Young et surtout parRenaut de Lyon.

Fig. 3. — Grossissement, 120 diamètres.

Cette figure représente un point profond du derme de la préparation examiné à un fort grossissement. On y constate un tissu caverneux, lacunaire, constitué par des vaisseaux dilatés au plus haut degré.

a a, A^aisseaux énormément dilatés, dont la paroi interne est tapissée par de belles cellules endothéliales e, en train de proliférer et de se desquamer.

V, vaisseau sanguin rempli de globules rouges entourés eux-mêmes d'unecouronne de globulesblancs.

c, petite lacune lymphatique.

d, derme muqueux assez fortement sclérosé, rempli plus ou moins de cellules embryonnaires ou migratrices et atteint en somme de lésions avancées de fœdème chronique (état éléphantiasique).

I! Leloir^l: Vidal

Maladies de la Peau

■armanski adnat.dal.eilùh.

PaTis G M as s on.

Planche IV

Fig. 1. — Acné chéloïdienne.

Préparation provenant d'un morceau de peau excisé sur le vivant. (Alcool absolu, coloration au picro-carmiii). Grossissement, 20 diamètres. m, épidémie un peu épaissi et dont les prolongements interpapillaires sont un peu hypertrophiés.

A f, f", f", follicules pileux.

p, sections de poils.

l, fibres musculaires lisses hypertrophiées.

V, vaisseaux entourés de manchons de cellules embryonnaires.

ï, infiltrât de cellules embryonnaires.

s, tissu scléreux.

0 0, espaces vides dus à la chute artificielle du follicule pileux.

Fig. 2. — Acné varioliforme (Variété conglomérée).

Cette grosse tumeur d'acné varioliforme conglomérée a été enlevée sur le vivant et plongée aussitôt dans l'alcool absolu. Son étude histologique a été la base d'une communication faite en 1883, par l'un de nous, à la Société anatomique, sur l'histologie de l'acné varioliforme. (Voir H. Leloir. — Acné varioliforme et acné varioliforme conglomérée. Anatomie pathologique. In Bulletin de la Société anatomique, mai 1883).

La figure représente une coupe un peu oblique de la tumeur pédiculée présentant l'aspect d'un cône renversé, dont la base libre se trouve en haut, et dont la partie moyenne n'est autre que le pédicule qui l'attache à la peau.

Coloration au picro-carmin. Grossissement, 13 diamètres.

e, épiderme cutané qui recouvre les lobules de la tumeur d'acné conglomérée.

d, derme cutané qui englobe les lobules de la lésion.

a, cavité de la glande sébacée malade dont l'altération donne lieu à l'acné varioliforme.

c, nombreux culs-de-sac de la glande sébacée dont les cellules sont transformées. Ces culs-de-sac renferment les cellules cornées et les cellules globuleuses. g, cellules polyédriques et aplaties très riches en éléidine. m, cellules malpighiennes altérées ou non des culs-de-sac de la glande sébacée.

H.Leloir=E.Yidal

Maladies de la Peaa .

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