II. - ALOPÉCIE SÉNILE
h'alopécie sénile^ résultat habituel et presque fatal des progrès de l'âge,
(Ij Schede, Langenbecks Arcinv fiir klinische Chirurgie, t. XIV, p. doS-lST. (2) Jones et Aitkens, Dublin Journal of mctlical Sciences, sept. 1875.
ALOPÉCIE.
est d'autant plus fréquente et d'autant plus complète que l'on avance davantage vers la vieillesse.
Plus commune chez les hommes que chez les femmes, elle débute en général de quarante à quarante-cinq ans. Progressant trèslentement, surtout au début, elle se manifeste d'abord, au sommet de la tète, par une tonsure limitée par des cheveux de plus en plus éclaircis. Elle gagne graduellement, s'étend du vertex vers les régions antérieures, en dénudant les tempes et le front.
Elle est précédée ou accompagnée d'un état de dépérissement du cheveu, qui, devenant de plus en plus mince, s'atrophie et est presque réduit à l'état de duvet.
Il est rare que l'alopécie sénile soit complète et dénude la totalité du cuir chevelu ; le plus souvent la région occipitale et les régions pariétales restent couvertes de cheveux d'autant plus épais qu'ils se rapprochent davantage de la nuque.
Lorsque la calvitie est déjà ancienne, la peau du cuir chevelu forme contraste par sa coloration avec la peau colorée du visage ; elle devient jaunâtre, lisse, luisante; elle semble amincie, atrophiée et comme tendue sur les os du crâne.
L'alopécie sénile peut ëivQprématiœée^ commencer vers l'âge de vingt-cinq à trente ans {Alopecia prœsenilis) . Dans ce cas elle est ou héréditaire ou symptomatique d'une séborrhée sèche {Alopecia pityrodes de Pincus, Eczéma séborrhéique sec de Unna), que nous étudions plus loin.
Anatomie pathologique. — Les lésions histologiques que l'on peut observer sur des coupes de cuir chevelu atteint d'alopécie sénile varient un peu suivant l'ancienneté, la chronicité de cette alopécie et une foule d'autres circonstances, ainsi que l'a fait remarquer, il y a longtemps déjà, J. Pincus (1).
Suivant Kaposi (2), ces altérations ne se rencontreraient pas sur des têtes devenues récemment chauves, mais seulement sur des cuirs chevelus depuis longtemps dépourvus de cheveux. Aussi Kaposi se demandet-il si les altérations observées dans le derme sont bien primitives, et si elles ne seraient pas plutôt secondaires à la chute des cheveux. '
Suivant Pincus {loc. cit.), Michelson (3), l'alopécie sénile est la résultante des altérations vasculaires et en particulier de l'endartérite qui atteint les
(1) J. Pincus, Archives de Viixhoiv, t. XXXVIT, 1866. Archives de Virchow, t. XLI, 1867. Berliner klinische Wochenschrift, t. VI, p. 3a6, 1869, et Berliner KUnische Wochenschrift, 1875.
(2) Kaposi, Pathologie und Thérapie der Hautkrankeiten. Wien, 1887, p. 675.
{'3) Michelson, Anomalien der Haanuachsthums in 7Âems!fem Handbuch der speciellen Pathologie und Thérapie, t. XIV, fasc. 2, p. 112.