‹ Traité descriptif des maladies de la peauChapitre 7 sur 100 · I. - ALOPÉCIE CONGÉNITALE · texte numérisé non relu

I. - ALOPÉCIE CONGÉNITALE

\Jalopécie congénitale, extrêmement rare quand elle occupe la totalité du cuir chevelu — si tant est qu'on l'ait observée — est généralement partielle et peut exister sur de larges surfaces. Elle forme des plaques plus ou moins étendues, le plus souvent multiples, parfois uniques, sur lesquelles on remarque l'absence de poils, sans que le cuir chevelu paraisse altéré.

La peau est lisse, unie, mais n'est pas décolorée. Les surfaces dénudées sont à peu près glabres; la loupe y montre un duvet fm et grêle, comme sur le reste de la peau de l'enfant. Il est très rare que ces vestiges de poils soient complètement absents et que l'alopécie soit absolue.

Cet état peut être transitoire, persister pendant la première et la seconde année, mais il y a peu d'exemples qu'il soit prolongé pendant toute la vie.

La nature de l'alopécie congénitale nous est inconnue. La coïncidence fréquente avec des anomalies des dents et des ongles doit la faire considérer comme unedystrophie cutanée. Il n'est pas rare de la voir chez plusieurs individus d'une même famille, et elle est le plus souvent d'origine héréditaire.

Anatomie pathologique. — Nous ne savons que très peu de chose sur l'anatomie pathologique de cette variété d'alopécie : Schede (1) a pratiqué l'examen histologique de morceaux du cuir chevelu excisés sur un garçon de treize ans et une fille de six mois (frère et sœur), atteints d'alopécie congénitale absolue. Dans ces deux cas il constata : que les glandes voisines étaient bien développées et normales; que les rudiments des cheveux étaient représentés par des tubes droits, situés dans les couches profondes de la peau. Ces tubes constitués par une couche de cellules épithéliales cylindriques, tapissés en dedans par une couche de cellules polygonales, et remplis de cellules épithéliales comprimées en espèces de globes épidermiques, lui parurent correspondre à la gaine externe du ^oil.

Jones et Aitkens (2), en pratiquant l'examen du cuir chevelu d'un sujet atteint d'alopécie congénitale, constatèrent qu'il était transformé en un tissu aréolaire renfermant des cellules graisseuses et un amas de granulations. Çà et là, l'on trouvait des follicules pilo-sébacés altérés. L'épiderme était atrophié.

Page 1