‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 26 sur 110 · Yarioiioïis du poids spécifique · texte numérisé non relu

Yarioiioïis du poids spécifique

Le poids spécifique \arie suivant la qualitcMlu terrain. Un sol profond et substantiel produit du bois plus dense, qu'un sol maigre ou mouilleux.Dans un même terrain, le poids de l'unité de volume \arie aussi a\ec l'espèce, la variété, l'individu. Ainsi le cliéne pédoncule est plus lourd (jue le chcne rouvre, et la variété tardive du premier q. pedunculala, var. tordis* sima] est plus lourde que le type.

La température agit également sur la densité. Les pays chauds ont l'apanage des bois denses et durs ; les pays froids, des bois tendres et légers.

Les substances colorantes, la résine, la présence de matières organiques ou inorgani((ues dans l'eau de constitution, sels, gommes, etc., augmentent le poids spécifique. Les bois vivement colorés des tropiques sont très lourds. L'aubier augmente de poids en passant à l'état de cœur. L'augmentation -est d'environ 6 % chez le chêne sec.

PROPRIÉTÉS PilYfilC^fiS, MËCAiNiQUES ET CHIMIQUES 47

L action de la lunûère exerce une influence très marquée sur la densité des feaiilus. Toutes circonstances égales d'ailleurs, un cbène fortement éclairé fournit un bois beaucoup plus lourd que celui d'un chêne faiblement éclairé. Un mètre c^ibe de branchage provenant d arbres élevés en taillis sous futaie pèse 50 kilogrammes de plus qu'un mètre cube de branchage provenaat d'arbres traités en futaie pleine.

La saison d abatage influe visiblement sur le poids spécifique. Le bois abattu en saison morte est plus lourd que le bois abattu en temps de sève.

A ré^t vert, la région la plus dense de Tarbre se trouve au niveau du collet, partie dans la souche, partie dans le fût. C'est à ce niveau, en effet, que s'exercent les plus \iolents efforts mécaniques et que la formation des tissus de soutien atteint son plus grand développement. La densité va ensuite en diminuant régulièrement dans le fut, pour augmenter légèrement en approchant de la première couronne des branches basses. Cela tient au mode de croissance de la tige. On sait qu'abstraction faite des arbres dominés, les cernes vont en diminuant d'épaisseur de bas en haut. Or, le courant d'eau se propageant également dans tout le tronc, la proportion du tissu conducteur doit être constante sur toute la longueur du fut. Il en résulte nécessairement une plus forte proportion de tissus vasculaires dans le haut (|ue dans le bas des couches d'accroissement ; par suite, la partie supérieure de la tige est plus légère que la partie basse.

Les branches et pointes sont plus lourdes que la partie moyenne de la tige, et les régions les plus denses se trouvent au voisinage des points d'insertion. C'est là, en effet, que l'effort mécanique du vent arrive à son apogée. Chez les résineux, le faible développement des branches force l'arbre à proiluire un tissu de réaction très résistant et tout spécialement adapté au travail mécanique qui naît de la surcharge par les neiges. Ce tissu, particulièrement bien développé au point d'insertion des branches sur la tige, porte le nom de bois rouge ; il est formé par des cellules à parois épaisses, combinées avec d'autres à spirales élastiques.

A volume égal, les bourrées pèsent plus que les fagots et ceux-ci plus que le bois de corde, mais moins que le bois de

t 48 CONSTITUTION DES BOIS

I culée. Les échardes, c'est-à-dire les parties ronceuses ou

X noueuses des bois, sont généralement plus lourdes que

^' Teau ; elles comptent donc parmi les régions les plus denses.

fr ' Comme nous l'avons déjà dit, l'aubier dépouillé de son

f:\ écorce est plus lourd que le bois parfait privé de nœuds. Le

t bois de jeunes perches pèse donc davantage que le bois de

? tige des vieux arbres. Proportionnellement à son volume, le

; jeune bois a plus de nœuds à l'intérieur, plus d'aubier à l'extérieur, moins de parties sèches ou mortes dans son écorce.

4. — Influence du traitement sur le poids spécifique des bois.

A. Bois RÉSINEUX. — Dans les peuplements jardines, les sapins et épicéas croissent lentement dans la jeunesse à I Tabri des porte-graines. Une faible insolation, une humidité

constante, une protection efficace contre les vents réduisent considérablement la production des tissus conducteurs ; le bois est par suite ferme et compact. Il en est de môme dans les peuplements réguliers, maintenus serrés. La faible épaisseur des cernes peut alors être considérée comme Tindice d'un poids spécifique élevé et d'un excellent bois. : Un climat sec, un air agité augmentent l'activité de rêva-

it poration et diminuent la qualité du bois. La culture à l'état

clair ou à l'état isolé exalte l'action de la lumière, élève la production des feuilles et développe la ramure. L'arbre se charge d'une quantité d'aiguilles surabondante pour mettre en œuvre les matières minérales absorbées par les racines. La cime évapore une quantité d'eau anormale, et le tissu conducteur forme la plus grande part de la couche annuelle. On constate que le bois est alors relativement très léger et de qualité médiocre.

L'épaisseur absolue des cernes ne peut cependant donner, ;i à elle seule, un critérium certain de la densité et par suite de

[ Texcellence ou de la médiocrité du bois, l'influence du sol

l étant toujours très grande. Ainsi, toutes choses égales

^ d'ailleurs, il arrive que, de deux arbres ayant vécu l'un

dans un bon et l'autre dans un mauvais terrain, le premier présente des accroissements plus forts, un bois plus dense et meilleur que le second. Chez les arbres subitement isolés

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES, MÉCANIQUES ET CHIMIQUES 4ft

à la suite de coupes d'abri ou d'ensemencement, on observe, principalement chez les pins, des accroissements extraordinaires, et le bois nouvellement forme est plus dense que l'ancien. 11 n'en est cependant point meilleur, car les formations nouvelles ont simplement augmente l'épaisseur de l'aubier. Exploités immédiatement après la phase de grand accroissement, ces pins laissent un déchet considérable, et l'acheteur se trouve avoir payé sa marchandise trop cher.

Une éclaircie modérée augmente le pouvoir assimilant des feuilles proportionnellement à la force productive du sol et aux réserves en eau et en matières minérales qu'il renferme ; elle donne ainsi plus de bois et un bois plus dense et meilleur qu'il ne s'en produisait dans le peuplement non éclairci. Cela lient à ce que l'arbre peut, après qu'il a fabriqué son tissu conducteur, trouver en sus, dans le sol, une quantité suflisante de nourriture pour Tédification de nouveaux et abondants tissus de soutien. Si Téclaircie avait été trop forte, l'arbre se serait épuisé à produire une couche poreuse; le bois, mou et grossier, serait léger et ne vaudrait rien.

En résumé, on peut dire, d'une manière générale, que, chez les résineux, plus la végétation est active et plus est forte la proportion de bois de printemps, celle du bois d'automne restant à peu de chose près constante. Or, comme la térébenthine s'élabore précisément dans le bois d'automne, il en résulte que les arbres qui ont cru lentement sont nécessairement les plus chargés en résine, donc aussi les plus lourds et les plus incorruptibles.

B. Bois feuillus. — Dans des situations et des sols identiques, les feuillus qui ont crû à l'état isolé produisent un bois plus lourd que les réserves des taillis, et celles-ci, que les arbres provenant de massifs de futaie. Cela tient à ce que l'activité de la végétation chez les feuillus a pour ré-. sultat d'augmenter la proportion du bois d'automne, formé de tissus de soutien, denses et résistants. Contrairement à ce qui se passe chez les résineux, la zone poreuse du printemps varie peu en épaisseur, quelle (jue soit la largeur des accroissements. On peut donc assez fulèlement, dans la pratique, juger du poids spécifique de ces bois par l'épaisseur des cernes. Les cernes minces donnent des bois

Mathby. — Exploitation des bois, I. 4

CONSTITUTION DES BOIS

légers et tendres ; les cernes épais, des bois lourds et durs. A condition qu'elles soient toujours subordonnées à l'état et à la fertilité du sol, les éclaircies fournissent des bois de densité moyenne. Chez les essences à cœur et aubier distincts, l'isolement provoque bien un accroissement de poids spécifique, mais non un accroissement corrélatif de valeur. Comme pour les pins, et à un degré plus élevé encore, Tarbre s'enrichit surtout en aul)ier, ce qui augmente le déchet lorsde la mise en œuvre.

o. — Documents statistiques,

A. Quantité d'eau contenub dans !00 de bois db diffkrbntes essences.

Nature dos bois

Hêtre .

Chêne .

Charme Bouleau Tremble Sapin .

Pin . .

Rondmaisen de branclies

i«prà# G mois

de eoape

1 en

26,yo

18 moi»

-2 ans

Rondineges de biinn

«près 6 mois

de coape

18 mois

6. Clas^mbnt des principaux bois, suivant leurs poids spécifiquesmoyens, d'après le Di* Gayer. — Les poids spécifiques varient pour une même essence entre des maxima et des minima parfois trè& étendus, suivant le sujet, la station et la portion de Tarbre d'où provient l'échantillon soumis à l'analyse.

La classification suivante, reposant sur le poids moyen, fournit d'intéressants et d'utiles renseignements, (f'a»/anf mieux que connaissant le poids spécifique du l^ois à Vétat vert ou à l'état sec, on obtiendra immédiatement le poids de 4 mètre cube de ce bois en multipliant c nombre par 40 ; en multipliant par 7,7 on aura le poids du stère.

Faisant application de cette règle, on trouvera : lo qu'à l'état sec le poids du mètre cube de gaïac est de 1300 kilos, celui du chêne pédoncule de 760 kilos, celui du chêne rouvre de 740 kilos et celai du chêne rouge d'Amérique de 640 kilos seulement; 2^ que le stère de charme pèse 616 kilos, celui du bouleau 462 kilos et celui da tremble 347 kilos.

PROPRIÉTKS PHfSI^Ce», XÉCAXIQiES ET CHIMIQUES

BOÏS

Très Ioard>i

EjMDeei

Cocos

Gaïac

Bbène (Dio«pyros) Bois de fer . . .

Chêne vert . . .

Grenadier . . .

Bois de satin . .

Buis

Bruyère arbre. .

Palissandre . . .

Chêne cherelu. .

Carya blanc . . .

Aubépine . . .

CJharma ....

Teck

Âcajoa (Svrietenia) Bambous. . . .

If

Poi.U

à IVUt

k l'état frn

Loards

Easeoeei

Z*'\knyfti Keaki. .

Chêne pédoncule .

Pitchpin (cœur; .

Carya alba ayant crA

Allemagne Chéoe blanc Acacia . .

Frêne . . .

Févier. . .

Chêne rouvre Frêne blanc.

Hêtre . . .

Noyer commun Orme . .

Erable champêl Poirier .

Poiils •liéeiGqaes

à l'étal à IVtal frais i

aubier eonir

Moyenoement loard«

E«a«aee9

(^iadastris amurensis Pommier . .

Pin noir d'Autriche, Ërable de montai^oe,

» sycomore Châtaignier .

Erable à sucre Chêne ronge Cerisier . .

Coudrier . .

Pni(] s apéeifîqaes

k l'èlal k l'ctAt ■oe fm

Movpnnenent loards

E5f:encei

Orme diffus. . .

Mélèze ....

Oeiit^vrier commun Noyer noir ...

Bouleau . . . . .

Platane ....

Marronnier d'Inde Sapin de Douglas.

Magnolia hypoleuca

à TeUt à l>Ut vec frais

GO

CONSTITUTION DES BOIS

BOIS [Suite)

Légers

Esiences

Saule blanc . . i . Pi nus Banksiana . .

Pin sylvestre . . .

Acer dasjcarpum. .

Tilleul

Aune

Pinus rigida . . .

Genévrier de Virginie

Epicéa

Sapin

Chamœci paris Lawso-

nia

Saule Marceau . .

Tsuga du Canada. .

Taxodium distichum Tremble

Poi.U spèeiGquei

à l'èUl à TéUl MC fraii

Trèc léger»

Eiseaees

Peuplier blanc. • .

Pin pinier ....

Peuplier pyramidal .

Picéa pungens. . .

Séquoia sempervirens Cryptomeria japonica

CaUlpa

Noyer cendré d'Amérique

Abies concolor . .

Chamœci paris obtusa Pin Weymouth . .

Picea Tulgelmani. .

Séquoia gigantea . .

Paulownia ....

Cunninghamia. . .

k r«Ul à TèUl Me frais

G. Poids du mètre cube db différents bois. — Moyennes admises par diiïérents auteurs (Crahay, Manuel de Cubage),

Espèctfl

Vert

See

Chêne pédoncule. ......

Chêne rou'vre

Charme

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