CHAPITRE PREMIER
Art. P^ — CONSERVATION A L'AIR LIBRE.
t. Bols lie Teii. — Le bois de feu réalise les meilleures conditions d'emploi, quand il a passé un été en forêt et un autre été dans un lieu sec et aéré. Généralement, ces bois sont enlevés des coupes avant la iin de Tautomne qui suit Tabatage. Une partie est transportée directement chez le consommateur, une autre partie est déposée dans des Docks moyennant une rétribution variable; enfin une dernière partie est empilée proche des chemins d'exploitation ou sous des hangars spéciaux. L'empilage doit être fait de façon ([ue le bois ne repose pas directement sur le sol humide, et que l'air puisse circuler librement à travers les piles. A cette fin, la pile repose sur des gisants disposés perpendiculairement à la longueur des bûches et les lits sont alternativement croisés (fig, 128 .
L'altération du bois de feu se trahit à l'œil le moins exercé par la boursoullure et l'exfoliation de l'écorce, par la présence de moisissures et de champignons variés qui se développent vigoureusement jusque sur la section de coupe. On dit alors que le bois est passé. A cet état, il se consume lentement, sans flamme et sans chaleur.
Les bois blancs, comme le tremble, l'aune, le saule, etc., passent très vite, surtout s'ils n'ont pas été fendus. Le bois gris fermente plus vite que le pelard, le quartier moins vite que le rondin. De môme que les bois blancs, la charbonnette s'altère très rapidement. Quant au bois destiné aux usages domesticjues, la meilleure précaution à prendre pour éviter
CONSERVATION DES BOIS
raltération, notamment quand il s'agit de Mtre, est de fendre le bois encore vert et de le laisser sécher une année en lieu couvert. Les bois de plaine ainsi traités ne le cèdent pas alors à ceux de montagne. La fente augmentant le volume de
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15 à 20 Yo, les commerçants avisés trouveraient certainement leur compte à cette opération, et ils pourraient ainsi s'attirer une clientèle de choix qui apprécierait bien vite l'excellence du procédé.
*• Bois en g^ruines. — Lorsqu 'après leur recette, les grumes doivent rester longtemps avant d'être mises en œuvre, elles sont exposées aux fentes, à la pourriture et à la vermoulure. Pour conserver les bois à Tair libre, il faut les disposer de telle sorte qu'ils perdent rapidement leur humidité et qu'ils ne soient pas exposés aux attaques des ferments, des champignons et des insectes. Certaines essences très riches en eau, comme le peuplier, le tremble, Taune, \oire même encore le hêtre, le charme, etc., ne peuvent être conservées plus de quelques mois sans altération, et demandent à être débitées encore fraîches.
Afin de hâter la dessiccation, on écorceles grumes sous les