‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 69 sur 110 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

A. Généralités. — On désigne, sous le nom de tirage, la force F qu'il faut appliquer à une voiture pour entretenir son mouvement uniforme. Pour déterminer cette force en grandeur et en direction, nous examinerons successivement le cas d'une voiture à 2 et à 4 roues.

a) Voiture à 2 roues. — Considérons une roue ayant son centre en O, et représentons par un cercle concentrique Tessieu fixe, autour duquel elle tourne {fig, 206). La réaction du sol AA' sur la roue est représentée par une force R, ayant son point d'application en un point B' situé un peu en avant du point de contact B. Cette force R passe à une distance OK de Taxe de Tessieu et fait, avec la normale OC, un angle égal à l'angle f de frottement. Par suite, si o désigne le rayon de la fusée autour de laquelle tourne la roue, on a :

Fig. 206.

OK = p sin Ç> = p

v'îT7*'

en désignant par /"le coefficient de frottement au contact de l'essieu et de la fusée.

Cela étant, l'équilibre de la voiture s'établit sous l'action : 1° d'une force égale à R, agissant en un point C de lessieu ; 2** du poids P de la voiture et de sa charge ; S** de la force de

traction F. Ces 3 forces étant en équilibre doivent nécessairement concourir en un même point, être chacune égale et directement opposée à la résultante des deux autres.

Pour la construction graphique, il suffira de décrire, du point O comme centre, une circonférence de rayon égal à OK = p sin y, de mener par B' une tangente à cette circonférence, et de prendre le point G de rencontre avec la direction de la traction. Dans les chariots forestiers, on a ordinairement p = 0",032 et |0 sin 9 = 0,00208. Pour Téquilibre, il faudra que le centre de gravité de la voiture chargée passe par la verticale du point G.

Admettant cette condition remplie, on représentera (/î^.207) le poids P par une verticale ab, puis on mènera par b une droite dans la direction de la force F, par a une autre droite dans la direction de la force R. Ces deux droites se couperont en c, et bc représente la force F en grandeur et en direction.

Il résulte de Texamen de cette figure que F sera minimum lorsque Tangle c " p. ^oj sera droit ; par suite, Teffort de traction atteint sa plus petite expression quand sa direction est perpendiculaire à la réaction du sol. En pratique, les brancards devront donc être légèrement inclinés sur Thorizontale.

De plus, lorsque l'inclinaison du sol augmente, l'angle en a devient plus grand et, par suite, le côté bc ou le tirage -augmente également. Si cette inclinaison diminue, l'angle en a devient plus petit, s'annule, change de sens, par suite, le tirage diminue, et se transforme finalement en un effort de poussée.

Enfin, si le centre de gravité de la voiture et de sa charge est plus haut que le point G, le cheval tend à être soulevé dans les montées, et il éprouve une pression gênante de bas en haut, sous l'influence de la sous- ventrière. Dans les descentes au contraire, il supporte une pression de haut en bas, -qui lui est transmise par l'intermédiaire de la bretelle du brancard. L'inverse a lieu quand le centre de gravité est plus ias que le point G. En pratique, on devra donc chercher à Mathbt. — Exploitation des bois. I. 20

LES TRANSPORTS

faire coïncider ces deux points. Pour ce faire, on placera la charge d'autant plus en arrière de Tessieu, que le tirage se fera plus haut, c'est-à-dire que les brancards seront plus élevés. Si le tirage se fait très bas, on placera la charge autant que possible en avant de l'essieu.

b) Voitures à 4 roues. — Composant {fig, 208) les réac tiens R, et Ra du sol sur les roues, nous obtenons une force R qui coupe la direction de la traction en a. Répétant la même construction que précédemment, bc représentera le tirage en grandeur et en direction.

Il est facile de voir, à seule inspection de la figure, que

Fig. 208.

plus le point a est situé en arrière et à gauche, plus est petit l'angle bac et par conséquent plus est court le côté bc ; on en déduit immédiatement que le tirage sera et autant plus faible, que la charge sera répartie plus près de l'essieu dé derrière. Il ne faut cependant pas que le point a soit sur la verticale de cet essieu, car le train de devant pourrait être soulevé aux montées.

Conformément à ce qui se passe chez les voitures à deux roues, la force mouvante est minima lorsque sa direction est perpendiculaire à la réaction du sol ; mais en pratique, on la dirige parallèlement au sol.

Si Ton désigne par 8 la distance AA', BB' des figures précédentes et par r le rayon de la roue, on a :

6 = KVr.

La distance AA' croissant moins vite que le rayon, il en résulte que le diamètre de la roue augmentant, la droite ac se rapproche de la verticale, Tangle en a diminue et le côté bc devient plus petit Par' suite, le tirage diminue quand le diamètre des roues augmente. Dans les exploitations forestières, on devra donc avoir des chariots montés sur de très hautes roues.

c) Coefficients de tirage et de transport. — On appelle coefficient de tira^'e la fraction f par Jaquelie il faut multiplier la charge Q pour avoir la force de traction F sur une voie horizontale. On a, par dé finition.

d'où

Sur une voie ferrée, ce coefficient est égal à 0,006 ; il s'éUWe à (^03 sur une roate très hien empierrée, à 0,05 sur la moyenae des routes forestières pierrées, jusqu'à 0,10 sur des sommières en terrain naturel.

Le tirage dépend nécessairement de la pente. Si p désigne la tangente de Fangle d'inclinaison (pente par mètre), on a:

F = Q(r±jp).

Il suit de là, que si un cheval, pour le même fardeau, ne peut traîner en palier une charge supérieure à i .600 kilos, il en faut,

2 sur nae rampe de 3 o/^,

De plus, il est facile de voir que, lorsque la rampe augmente, l'écart entre les coefficients de tirage sur route et sur voie ferrée diminue considérablement ; par conséquent, ce dernier mode de traction ne présente de réels avantages que pour de faibles inclinaisons.

Enfin, si Ton désigne par i le rapport existant entre la . charge utile (masse à transporter) et le poids mort (poids du véhicule et des agrès) et par P le prix de la journée de 2 chevaux avec leur ocmdticteiir, rexpression

représente le coefficient de transport, c'est-à-dire le chifTre par lequel il faut multiplier le salaire P à payer au conducteur de deux chevaux pour avoir le prix du transport d'une tonne métrique à la distance d'i&n kilomètre.

LES THANSPORTS

d) Attelages élastiques, — D'après les expériences de Marey, on peut réaliser une économie de 25 Vo sur la force de traction, en interposant un corps élastique (ressort ou lien en caoutchouc) à l'extrémité des timons. Dans l'attelage de Parville {fig, 209), on place, entre le trait et la voiture, un petit cylindre dans lequel un piston glisse sous l'effort des tractions exercées sur le trait. Ce piston presse un robuste ressort-

Fig. 209.

boudin qui peut supporter un effort de 50 à iOO kilos avant d'être écrasé à bloc. Cette élasticité absorbe les secousses, les transforme en résistances prolongées, avec économie de travail moteur, et rend les démarrages beaucoup plus faciles. e) Charges moyennes. — On peut compter sur bonnes routes de plaine :

N.lure de l'alleUge

Nombre de bétes

Charge traînée

Di<>laneo parcourue en un jour

Nomb stères

re de mètres eabes

kilos

kilomètrei

Cheval. .

Bœuf . .

On diminuera ces nombres de moitié sur mauvaises routes et en coteaux, des 2/3 sur chemins naturels en montagnes.

En Algérie, un bon mulet peut porter jusqu'à 180 kilos sur son bât en des chemins difficiles ; un bourricot en porte à peine moitié. La distance quotidienne franchie peut s'élever à 24 ou 25 kilomètres.

f) Prix des transports. — Nous avons vu page 300 que le

TRANSPORT SDR ESSIEUX

prix des transports sur essieux variait de 0 fr. 83 à 0 fr 25 la tonne, suivant Ja nature et Tétat des chaussées et des chemins. D'ordinaire, les transports se font à forfait, au stère ou au moule pour le bois de feu, au stère ou à la corde pour la charbonnette, au mètre cube ou au pied cube pour le bois de service.

g) Travail des attelages. — Le travail d'une paire de chevaux est de S""**, 8 par heure ; celui d'une paire de bœufs, de 2^", 5. Dans les exploitations forestières, les bœufs sont préférables aux chevaux pour des distances inférieures à 10 kilomètres.

Le nombre N des voyages que l'on peut faire en un jour, se calcule au moyen de la formule :

dans laquelle Test la durée du travail en heures, d la distance du transport en mètres, v la vitesse moyenne par heure en mètres,/ le temps en heures nécessaire au chargement et au déchargement.

Si l'on fait T = 10 et N = 1, on aura la distance que peut parcourir un attelage dans une journée de 10 heures.

B. Matériel roulant. — a) Charbonnette et bois de feu, — On utilise généralement pour ces transports des voitures à deux roues conformes au modèle ci-contre [fig. 210), un des meilleurs du genre.

Fig. 210.

Les roues ont une hauteur de l'",60 ; les ridelles sont espacées de l'",15 et ont : hauteur 0"\60, longueur 0"»,52. Les ranchers arrière et avant, distants de 4 mètres, mesurent 1"»,15 de large et 0"*,90 de haut. Deux ou quatre chaînes

LES TRAXSPORTS

sont attachées aux limons longs de 6 mètres, en dessous de la voiture, et forment ce qu'on appelle une trousse. La voi-

Fi«. 211. — Éléfation.

ture, remplie de niveau, contient 3 stères, ce qui est la

Fig. 212. — Plan.

d'une flèche de 2™, 50 à 3'», 50 de longueur {fig

charge ordinaire d'un cheval.

Elle peut cependant porter jusqu'à 4 stères. Il faut alors bomber le milieu et remplir la trousse. Celle-ci peut contenir 1/2 stère de bois sur les chemins à ornières, 2/3 de stère sur la bonne route ; elle constitue une véritable sécurité pour le charretier, en ce sens qu'elle abaisse le centre de gravité de la charge et donne plus d'assiette à la voiture ; de plus, elle soutient le cheval s'il vient à tomber.

b) Bois de service. — Pour sortir des coupes les longues pièces, on se sert de fardiers ou iriqueballeskdeux roues, qui portent une chaîne sous leur essieu et qui sont munis 211 et2l2\

TRANSPORT SUR ESÔIEUX

Pour charger, on amène le diable au-dessns de Tarbre, on passe la chaîne sous lui et on amarre sans mou. Cela fait, on soulève avec un levier qu'on fixe sur la flèche. Si la position de la chaîne a été bien choisie, Tarbre reste suspendu, et Ton n'a plus qu'à atteler le cheval.

La position donnée à la chaîne varie légèrement suivant les circonstances. En palier, on suspend la pièce par la section du centre de gravité ; en coteaux, sur de fortes pentes, on fixe en avant de ce point, de façon que la queue de Tarbre frotte un peu sur le sol et retienne Tattelage.

Une heureuse modification au fardier ordinaire est représentée /ig, 2i:2 bis. En arrière d'un fort essieu recourbe, tout en fer, sont fixées deux griffes mobiles, pouvant s'écarter l'une de l'autre et se serrer automatiquement à la façon d'une pince. Le fardier étant amené au-dessus de la pièce à charger, on lève le timon et on écarte les griffes, pour embrasser l'arbre au voisinage de son centre de gravité. Puis, avec une chaîne de 4 mètres de long, fixée a la pointe du timon, on rabat ce dernier, soulevant ainsi la pièce qui se trouve solidement maintenue par les crochets des pinces (/ïy. 212 ter). A l'aide de ce chariot monté sur des roues à

Fig. 212 bis et 212 ter,

larges jantes, on peut enlever des grumes pesant jusqu'à éj.OOO kilos. Ce fardier coûte 500 à (îOO francs.

LES TRANSPORTS

La figure 213 est le croquis expédié, d'une voiture à deux roues, très légère et très pratique, que nous avons vue utilisée dans les montagnes des Boutières, notamment à Saint- Sauveur-en-Ruë (Loire), pour le transport des sapins de longueur, en grume.

Les arbres sont fixés par une chaîne sur une sellette en

Fig. 213,

bois, dépourvue de ranchers et pouvant tourner autour d'une cheville verticale en fer. La fixation se faisant proche de la découpe, la queue frotte à terre et ralentit le mouvement. Cet équipage passe sans encombre dans les plus mauvais chemins et dans les tournants les plus courts.

En Algérie, on se sert surtout, pour les transports forestiers (liège et traverses), d'une petite voiture à deux roues, connue sous le nom d^Araba tunisienne (fig. 21 >5).

L'Arabapèse environ 200 kilos et coûte 150 à 200 francs. Les timons portent des crochets qui s'engagent directement

Araba.

dans les anneaux du bât muletier, ce qui rend l'attelage très rudimentaire et permet, en cas de verse ou d'accident, de dégager rapidement l'animal moteur.

TR.tXSPORT SUR ESSIEUX

.gUssoir

Enfin, pour le transport des gros arbres sur routes, on se sert de chariots à quatre roues {fig. 215). Les deux trains

avant et arrière sont réunispar une pièce de 6 mètres de long et de 0™, 16 x O'^jlB âPequarrissage, appelée ligne, qui est solidement maintenue en arrière par deux fourchettes: Son extrémité est munie de trous, ce qui permet d'allonger ou de raccourcir le chariot en avançant ou en reculant le train arrière, puis en le fixant à Taide de deux chevilles en fer. La hauteur des roues du train arrière est de 1™,30; celle des roues du train avant, de O^jBO. La voie est de 1™,40.

La ligne est reliée au train avant par une cheville ouvrière qui le traverse en entier. Le glissoir est une pièce de bois cintrée et pla« quée de fer sur une face, qui supporte les deux armons. La sellette est une pièce en bois qui facilite le passage des tournants.

Quand il s'en présente un,, la sellette tourne elle-même sur le corps d'essieu, en roulant sur deux plaques demi-circulaires en fer.

Il va sans dire que, dans certains cas, on peut remplacer la ligne par les arbres eux-mêmes.

C. Paillage des chemins. — Dans les terrains sablonneux des Landes, on facilite la traction sur les chemins au moyen du paillage, « Les paillages se font sur une largeur de 2 mè-

Flg. 215.

LES TRANSPORTS

très ou de 2", 70. Dans le premier cas, une bande de 1 mètre de largeur est laissée en terrain naturel suivant Taxe de la voie (fiy. 216). Des deux côtes de cette bande, le sable est creusé à une profondeur de 0'",12 et rejeté par côté, de façon à former un rebord s'élevant à 0™,13 environ au-dessus du niveau naturel du terrain. On dispose au fond des rigoles ^insi formées, des branchages d'ajonc, de pin et de genêt pa-

Fig. 216.

rallèlement à Taxe du chemin, puis on recouvre ces branchages de tiges et branches disposées perpendiculairement à Taxe. On remplit ensuite tout l'encaissement sur 0",30 d'épaisseur, avec une couche d'aiguilles de pin et de mousse mélangées. Les pentes sont préalablement régularisées et le tracé rectifié. Le prix de revient, terrassement compris, est -de 0 fr. 18 par mètre courant, et les frais d'entretien s'élèvent à 0 fr.05 par anet par mètre courant, pendant les premières années. » (M. J. Bert, Note sui* les Dunes de Gascogne,)

D. RoLLis DE BRANCHAGES. — Dans Ics tcrraius humides de plaine : alluvions, herbues, etc., le passage répété des voitures sur un môme point d'une coupe, sur une ligne, à travers champs, ou môme sur un chemin non empierré, produit

à la longue, de profondes

ornières remplies d'une boue liquide, où disparaissent chevaux et bœufs.

On prévient très facilement ces accidents au moyen de l'établissement d'un roulis (fig. 217).

On le confectionne avec des fascines ou bourrées non mouchées et placées

ChenuTt de desserte.

^L iisance.

Fig. 217.

côte à côte. Si le terrain n*a pas encore été entamé par les voitures, un simple rang de fascines (roulis simple^ suffit pour as-

sorer une circolation facile en tout temps ; mais si le terrain est déjà défoncé, il est souvent nécessaire d'empiler deux lits de fascines l'un sur l'autre (roulis double). On compte 8 fascines au mètre courant pour un roulis simple. La confection du cent de fascines revient au maximum à 2 fr. 50, et la pose à 0 fr. 30 le cent. Pour 100 mètres de roulis, la dépense s'élève donc à 2 fr. 80 x 8 = 22 fr. 40. Il faut avoir soin de disposer les fascines de façon que les roues portent toujours en dehors des liens, c'est-à-dire sur la partie résistante et élastique des bourrées.

L'emploi des roulis est à la portée de tout adjucataire, et ne saurait trop être recommandé. ^

Avec une dépense le plus souvent très minime (les bois employés n'ayant aucune valeur), on parvient à réaliser une économie considérable sur les frais de transport.

E. Bachonnage. — M. Ingold a décrit, dans le tome VII, !!• 7, du Bulletin de la Société forestière de Franche-Comté et Bel fort, un moyen économi([ue pour mettre en bon état de viabilité les chemins sablonneux de montagne. Il consiste à garnir la plate-forme des chemins avec des perches de sapin non écorcées, posées jointivement, perpendiculairement à l'axe, et à recouvrir le tout d'une couche de terre ou de sable '^^

de 0",06 à 0",08 d'épaisseur. Les perches, choisies parmi les sujets dominés, ont de 0™,08 à 0™,15 de diamètre au gros bout ; les plus petites sont utilisées dans les parties horizontales ou faiblement inclinées ; les plus grosses, dans les fortes pentes.

Sur la plate-forme du chemin, nivelée et débarrassée de tous les gros cailloux sur la largeur voulue, on dispose de

3 en 3 mètres, des bâchons guides choisis parmi les plus 'î cylindriques et les plus lisses. Chacun de ces guides est posé | bien horizontalement, et la surface supérieure est réglée j suivant la pente convenable au moyen de nivelettes ou d'un 4 niveau de maçon. Pour la solidité de la chaussée, il est pré- ^ férable d'enfoncer les perches dans le sol que de les rele- :^ ver par dessous, à laide de sable. On complète ensuite le l^ bàchonnage d'après un gabarit formé par une règle de

4 mètres reposant sur les guides. Suivant les cas, on enterre ou on soulève les bâchons intermédiaires, en ayant soin de placer les gros bouts à droite et à gauche alternativement.

LES TRANSPORTS

Dans les courbes, on donne aux guides le devers nécessaire, et on les dispose suivant les rayons. Si la longueur de ces derniers n*est pas trop grande, on peut obtenir la juxtaposition en utilisant les perches les plus coniques et en plaçant tous les gros bouts d'un même côté.

Les accotements de part et d'autre du bâchonnage, sont ensuite garnis de bonne terre, et la chaussée est enfin recouverte d'une couche de 0",06 à (hjOS de terre ou de sable. Les bifurcations sont assez difficiles à établir. Quand un seul chemin doit être bâchonné, il est nécessaire d'amorcer son embranchement par un bùchonnage sur une longueur de 1 mètre. Quand les deux chemins doivent être bàchonnés, on.

emploie l'une ou l'autre des dispositionsci-contre(/îy.218 suivant que l'angle est plus petit (A) ou plus grand i ;B" que 4t5*'.Dans les deux cas, l'emploi des bâchons coniques s'impose pour amener peu à peu les perches de la voie divergente à être de nouveau perpendiculaires à Taxe. Si Tangle est supérieur à 45**, il faut, en outre, à la naissance de la bifurcation, et sous les^ bAchons de l'autre voie en

Fig. 218.

placer 2 ou 3 écartés de 0'",30 environ, parallèles k ceux de la voie divergente et au moins aussi longs.

Le bichonnage est surtout utile dans les terrains sablonneux et humides dont les pentes ne dépassent pas 8 7o- L'emploi du sabot d'enrayage doit être absolument proscrit sur ces chemins. Dans les contre-pentes, que doivent remonter les voitures chargées, on peut bàchonner avec avantage sur des pentes supérieures à 10 % et d'autant plus raides que la contre-pente est courte.

Plus la largeur du bâchonnage est grande, et moins le chemin se détériore. M. Ingold conseille la largeur de 3 mètres.

La dépense peut s'élever à environ A fr. 50 par mètre courant, savoir :

Âbatage et transport des bâchons à pied d*œuvre. . . 0 fr. 25

Pose des bâchons 2 ir. 25

Valeur du bois (8 bâchons de 3 m. de long et 0 m. 12 de

diamètre moyen) 0 me. 0442 x 6 fr , ci 2 fr.

Total 4fr.50

Un chemin Mchonné est plus roulant qu'un chemin empierre ou pavé, et peut supporter le passage des voitures les plus lourdement chargées.

F. Transport sur rouleaux. — Pour sortir de très grosses pièces de bois sur des terrains fondriers, on est souvent obligé de se servir de rouleaux supportés quelquefois par de forts plateaux. Ce mode de transport exige l'emploi de trois rouleaux au moins. Les arbres étant soulevés à Taide d'un cric, on engage deux rouleaux o et o' sous la pièce. Celle-ci est tirée au moyen d'une chaîne T {fig, 219) par des chevaux ou des bœufs. Lorsque son extrémité est arrivée à quelques décimètres du rouleau o, on engage un troisième

Fig. 219.

rouleau o' en avant, et le transport s'effectue sur o' et o\ On enlève o, que l'on place ensuite en avant, et ainsi de suite.

Si T désigne reiïort de traction nécessaire pour faire avancer la pièce, P le poids de Tarbre, r le rayon des rouleaux supposés d'égal diamètre, on a :

T = P X o^- , Xr

A étant un coefficient de frottement de roulement qui varie de 0,011 à 0,05 et plus, suivant que les rouleaux s'enfoncent plus ou

318 LES TRANSPORTS

moins dans le sol sous Finflaence de la charge. Il suit de là que le tirage est d'autant plus faible que le diamètre des rouleaux est plas considérable.

Il est à remarquer que la pièce roulante a une vitesse double de celle de Taxe des rouleaux. Quand ceux-ci avancent de 2 tir, Tarbre avance également de 2 itr par rapport aux rouleaux et, par rapport au sol, de 2irr 4- Sitr = ir.r.

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