‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 72 sur 110 · Etablissement des chejnins de schlitte · texte numérisé non relu

Etablissement des chejnins de schlitte

Chemins de bouc, — L'établissement d'un chemin de bouc ne nécessite aucuns frais. Les schlitteurs se bornent le plus

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souvent à suivre la pente naturelle du terrain ; exception* nellement, ils font un trace rudimentaire en se frayant un passage parmi les rochers, ou en nivelant quelques aspérités du sol. La pente d'un chemin de bouc doit varier entre 20 et 50 7o- Au dessous de 20 7o» Isi traction est impossible ; audessus de 50 7o» J© schlitteur est menacé d*étre entraîné par le traîneau. Quand, sur un trajet un peu long, la pente se tient proche de 20 7^, on facilite le glissement en couvrant le terrain de rameaux et de menues branches.

Chemins à ravetons, — Ces chemins nécessitent une étude préalable sur le terrain et un tracé ; ce sont tantôt des chemins de fond, tantôt des chemins de flanc. Les premiers, fixes, doivent ôtre établis avec beaucoup de soin ; les seconds, temporaires, sont généralement enlevés après que les exploitations ont épuisé le versant: ils demandent donc un peu moins de précautions, et peuvent être construits par les adjudicataires des coupes.

Voie, — La voie comporte un terrassement nivelé à zéro sur Taxe sur une largeur minima de l'",30etmaximade 2 mètres. Avec une largeur de 2 mètres, on peut doubler le chemin de schlitte d'un sentier muletier, ce qui peut être avantageux pour les ouvriers et aussi pour la traction. Ces largeurs peuvent paraître un peu fortes. Il n'en est cependant rien. En effet, si la schlitte n'occupe guère que O'^jTO de longueur, il faut, en outre, un espace de 0'",60 à 0'",80 pour que les piquets des. ravetons puissent ôtre enfoncés solidement et que les bûches, ou les tronces ne heurtent pas contre les talus. Lorsqu'il s'agit exclusivement de transporter des bois de feu, les tournants peuvent être brusques et ne pas avoir plus de 1",25 de rayon ; mais, pour les pièces de charpente et les longs bois, les tournants devront avoir 3 mètres de rayon et plus.

Pente. — La pente d'un chemin à ravetons doit varier entre 9 et 15 7o ^t se tenir autant que possible voisine de 12 7o • c®^t6 pente de 12 Vo étant plus favorable au schUttage. Si l'on adopte des pentes inférieures à 9 7n. il faut, sur ces parcours, substituer la traction animale (bœuf, mulet, âne) à la traction humaine.

La question de pente, primordiale dans l'étude d'un che-

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.min de flanc, devient secondaire dans le tracé d'un chemin de fond. Là, en effet, le niveau ne sert qu'à vérifier si le «chlittage est possible. L'obligation de desservir la totalité des deux versants et de se garer des eaux d'orage prime toutes les autres considérations. Il n'y a donc qu'à serrer le thalweg d'aussi près que possible, à dégager le lit du ruisseau et à protéger le remblai du chemin à Taide d'ua enrochement.

Pose des ravetons, — Les ra vêtons sont des traverses ai des rondins de bois placés à même sur le sol et sur lesquels la schlîlte doit glisser en portant également sur tous. La pose doit en être faite avec soin. Pour vérifier la régularité de k pente, on se sert d'un gabarit formé par deux longues lattes espacées de la même largeur que les semelles de la schHtle ei qu'on promène sur la surface de frottement. Chaque raveton est solidement fixé en place par deux piquets qui le caleat en aval, qui, en outre, maintiennent les schlittes dans la voie [fiff. 233).

Fig. 233.

Ces piquets ont 0'°,50 de longueur et sont enfoncés en terre de 0'",25. Dans les endroits où le terrain est mou, on ajoute souvent un piquet au milieu du raveton; dans ceux où le terrain est rocheux, on en met deux l'un à coté de l'autre.

Les ravetons sont d'habitude en hêtre ou en sapin. Le hêtre ne dure (jue 4 à 5 ans, le sapin se conserve pendant 6 à 7 ans. Cependant on emploie aussi les bois durs, chêne et érable, dans les terrains mouilleux et quand la pente est faible; les bois tendres, tremble et saule, dans les terrains secs et lorsque la pente excède 13 Vo-

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Les bois sont utilisés tantôt en rondins (pentes de 7 à 15 ^/o), tantôt en bûches de quartiers refendues, présentant environ 7 à 8 centimètres d'épaisseur sur écorce et 10 à 15 centimètres de largeur (pentes de 6 Vo ®^ au-dessous). Un stère renferme 100 à 120, en moyenne 107 ravetons. Un ouvrier peut fabriquer en une journée environ 120 ravetons, abatage, sciage et fente de l'arbre compris. Un stère donne à peu près 700 piquets, les piquets sont tirés d'arbres à fibres droites et fendant bien. Un ouvrier en fabrique environ 100 dans sa journée.

Espacement des ravetons, — Les ravetons sont espacés en imoyenne de 0™,40 d'axe en axe. Cet espacement varie du reste avec la pente. Lorsque celle-ci se tient au voisinage de 20 7o> on se contente de ravetonner en menues branches très éloignées les unes des autres. La schlitte prend très peu d'appui sur elles et frotte contre terre dans leurs intervalles. Au fur et à mesure que la pente s'atténue, on serre les ravetons et on modifie leur nature. Aux simples branchages, on fait succéder d'abord des lattes de rebut, puis des rondins de sapin, puis enfin des biiches refendues de sapin et de hêtre.

Dans les tournants, les ravetons sont amincis a un bout et juxtaposés de manière à rayonner du centre. Ils sont normaux à la courbe et espacés de 0"*,20 seulement, suivant l'axe du chemin. De plus, afin de faciliter la descente des bois en grume, on donne à ces ravetons une longueur double de la longueur ordinaire, soit environ 2 mètres, et on dispose tangentiellement à la courbe extérieure du tournant une longrine ou forte perche en sapin, fendue à ses deux extrémités et légèrement cintrée en amont, de façon que le traîneau ne soit pas projeté en dehors du chemin.

En tablant sur un espacement moyen de O'^jlO, on voit qu'il faut environ 250 ravetons par section de 100 mètres, soit en moyenne 2 stères 30 de bois. Un ouvrier exercé ravetone 50 mètres par jour.

Dépenses de premier établissement. — On peut établir comme suit les frais de premier établissement par mètre courant de 1"»,30 de largeur, en assignant une valeur de

LES TRANSPORTS

5 francs à la journée d'ouvrier et de 2 francs au stère sur pied :

Terrassement 0 fr. 30 à Ofr.65

Coupe et façonnage de 2,5 ravetons à

0 fr. 04 l'un 0 fr. 10 * 0 Ir. 10

Coupe et laçonna^e de 5 piquets à

Ofr. 007 l'un 0 fr. 04 » Orr.04

Pose des ravetons Ofr. 10 » Ofr. 10

Valeur du bois 0 f r. 05 » Ofr. 05

Total .... 0 ir. 59 à Ofr. 94

La dépense par 100 mètres varie donc de 59 à 9i francs. C'est peu, en comparaison de 1 économie réalisée pour le transport, économie qui peut atteindre 50 7o et qui dépasse généralement 40 7o-

Dépenses d' entrelien. — Sur les chemins établis à demeure fixe, l'entretien se borne à changer les ravetons pourris. En admettant pour ces derniers une durée de 6 ans, la

0 29 dépense au mètre courant sera de -^ = 0 fr. 05, au maximum.

Travail, — En une journée, un ouvrier peut descendre 3 à 5 stères de bois sur un parcours de 3 kilomètres et 10 à 12 stères sur un parcours de l'*™,500.

Observations. — Les circonstances météorologiques in. fluent beaucoup sur le schlittage. C'est ainsi que ce mode de transport ne peut être utilisé quand il pleut. Par les temps humides, il faut frotter avec de la graisse les ravetons et les semelles destraineaux. Parles grandes chaleurs, les ravetons s'échauffent trop, et le glissement est malaisé ; les schlitteurs répandent alors de Therbe ou de petites branches sèches sur les ravetons. Afin de diminuer le glissement sur les pentes très fortes, on munit les traîneaux de semelles en bois vert et tendre ; afin de l'augmenter sur les pentes très faibles, on prend des semelles en bois bien sec, semelles que l'on graisse constamment.

Le schlittage est peu utilisé en France, sauf dans les Vosges. Il rendrait cependant de grands services dans les Alpes et dans les Pyrénées, voire même en Algérie.

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