‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 71 sur 110 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

SCHLITTAGE (1).

\ . — Formes et dimens'ons des schlittefi»

Dans les pays de montagne, où les chemins sont rares et d'une installation coûteuse, on charge les bois sur des traîneaux, ou schlittes, mis en mouvement par la pesanteur et les forces de Thomme.

La schlitte est fabriquée de toutes pièces par Touvrier qui s'en sert. Elle est construite en bois bien sec, de hf»tre ou de frêne. Les parties par lesquelles s'opère le glissement 'semelles) sont souvent faites en bois plus résistant : chêne, érable ou bouleau. On doit s'attacher à donner à la schlitte, qui est remontée à dos d'homme, le plus petit poids possible. Ce poids varie habituellement entre 20 et 40 kilos.

On distingue deux sortes de schlittes : celles destinées au transport du bois d'œuvre et celles utilisées pour le transport du bois de feu. Les premières diffèrent de forme, suivant qu'il s'agit de schlitter sur terre nue pentes de 20 7„ et audessus' ou sur ravetons (pentes au-dessous de 20 ®/o • Le schlittage sur terre nue s'effectue, dans les Vosges, au

(1^; Cor:«fbois. — Notice sur les chemins de schUtte dans la vallée de Munster, Ann. Forest., 1854. — Jolly. — Les chemins d% schlitte, Revu* des E. et F , 1891. — D"^ Gaybr. — Forstbenûtzung, Berlin, Parey, 1903.

223) haut,

SCHLITTAGE

moyen du bouc et de la grande schlitte. Le bouc lifig^ a en moyenne 2 mètres de long, 0«>,27 à 0'",33 de 0'",52 à 0™, 60 de large. Il se compose essentiellement : 1° d'une semelle a, mesurant, à Tctat neuf, 5-6 centimètres de hauteur et 6 à 7 centimètres de largeur ; 2° d'un schlitton fe, légèrement plus épais ; 3** de jambes c, reposant sur des appuis d ; 4" d'une -corne e, solidement chevillée avec le schlitton ; 5** d'un anneau en fil de fer /, unissant la barre g, la corne e et la semelle a ; 6** de barres en sapin g ; 7" enfin d'une table h. Toutes ces pièces sont assemblées au moyen de chevilles, comme l'indique la figure. Le bouc vosgien pèse environ 20 kilos et son prix de revient est de 8 francs.

D'autres types, en usage dans les Alpes allemandes, sont figurés ci-dessous, d'après l'ouvrage du D' Gayer fig, 224 et 225^

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Fig. 223.

Fig. 224.

A l'aide de ces schlittes, on peut transporter des tronces •de 3 à 4 mètres de longueur et cubant de !'"<=, 5 à 2 mètres cubes. Ces tronces reposent par le gros bout sur la table du traîneau et prennent appui sur elle au moyen d'une légère entaille. Une chaîne, terminée par un coin fiché dans le bois, assure la fixité de l'ensemble.

La manœuvre des schlittes se fait à l'aide des cornes pour

LES TRANePORTS

le tirage ; dans les fortes pentes, Touvrier retient avec son: dos.

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Fig. 225.

Les sclilittes allemandes portent sur la semelle une griffe pour enrayer. La forme et la disposition de cet appareil très simple sont indiquées dans la ligure 22G.

Fig. 226.

Dans le schlittage sur ravetons, les grumes de 4 mètres de longueur et moins sont chargées entièrement sur de grandes schlittes mesurant l"\40à l'",45 de longetO",!* à 0",lt> de haut {fig, 227 et 228 . Ces schlittes pèsent 35 à 40 kilos et reviennent à 18 francs ; elles peuvent supporter la même charge que les boucs, mais la manœuvre en est plus diJBcile et nécessite souvent le concours de plusieurs ouvriers. Lorsque la longueur des tronces dépasse 4 mètres, on accouple un bouc et une schlitte ordinaire ou chèvre. Deux hommes

SGSLITTAGE

sottt alors nécessaires pour le transport : lun guide le l)oue et TaiOre dirige la chèvre à Taide d'une corde ou d'une perche.

On se sert pour le transport du bois de feu, de schlittes

Fig. 227.

munies de montants entre lesquels s'effectue l'empilage. La schlitte vosgienne {fig. 2*29) a 2™, 04 de long et 0",35

Fig. 228.

de haut ; les cornes s'élèvent de 0"^,^^ et les montants de O'^.eS au-dessus de la table. La hauteur totale, de l'extrémité

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Eohelle. de o,oS fvafur i nv.

Fig. 229. — Schlitte vosgienne.

des montants aux semelles, est de 0", 98 ; la largeur entre mraiaiits de »»,60, et la largeur totale de 0'",69. Cette schlitte pèse de 9f^ à 30 kilos et re\dent à 8-9 francs.

LES TRANSPORTS

La charge d'une schlitte varie entre 1 1/2 et 2 stères ; mais eJIe n'est, le plus souvent, que d'un demi-stère sur les chemins de bouc.

Fig. 230. — Schlitte du Main.

Fig. 231. — Schlitte'des Alpes.

Fig. 232. — Schlitte moravienne.

Les figures 230 à 232 montrent, d'après le D"^ Gayer, différents modèles de schlittes employées en Allemagne.

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