‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 76 sur 110 · COULOIRS ET «LISSOIRS · texte numérisé non relu

COULOIRS ET «LISSOIRS

rizontaleou même par un plan légèrement incliné vers Tamont Afin que le canal delà riese ne soit pas raviné et rempli d'ean, •on creuse en amont du tracé un fossé parallèle ayant 0",20 de profondeur et 0",20 de largeur. Dans les fortes pentes, le fossé et la riese sont distants de 10 mètres, d*axe en axe.

E) Abris contre la neige. — Les neiges ont tendance à s'amasser dans les tranchées, ce qui gêne beaucoup Texploitation. Il est facile de remédier à cet inconvénient, en couvrant la galerie avec des fascines, sur lesquelles on étend une couverture de mousse et d'aiguilles sèches.

F) Stations intermédiaires. — Dans les rieses très longues, qui descendent des confins de la végétation jusqu'au fond des vallées, les conditions d'exploitation sont loin d^être les mêmes dans les parties basses et dans les parties hautes ; par suite de la variation des phénomènes météorologiques en ces différents points, le débardage peut se faire avec facilité SOT une portion de la riese, avec difficulté sur l'autre. De pkis, il est bien rare que des réparations ne soient pas nécessaires alternativement en haut et en bas. Pour ces motifi?, OD partage la riese en un certain nombre de tronçons, à Textrémité desquels sont des places de dépôt où l'on peut temperaîrement déposer les bois riesés. Grâce à ce dispositif, la eircalatioD peut être interrompue sur une partie seulement de la voie. Il est nécessaire que les amorces des tronçons soient peu éloignées l'une de l'autre, pour qu'on puisse faire rouler iacilement les pièces d'un canal dans l'autre. L'aire comprise entre lesdeux amorces doit donc être nivelée avec soin et garnie de pièces en g;mnaes, soigneusement écorcées, sur lesquelles po«n?>ront se déplacer aisément les bois amenés par les rieses supérieures.

G) Freins ot loups. — Sor de fortes déclivités, le boisprend une vitesse trop -^ ' considérable. On y remé- **

die au moyen d'un dispositif particulier {fiff, 263), appelé

3fi0 LES TRANSPORTS

frein ou loup. On choisit une place située dans une profonde tranchée et placée entre deux paires d'arbres ou, à leur défaut, entre deux paires de pieux P, et P^, solidement enfoncés en terre. On dispose entre eux un fort rondin W, de 0™,30 de diamètre environ, destiné à jouer le rôle d'un axe de rotation. On fixe sur lui des perches B, de 8 mètres de long et de 30 centimètres de diamètre, au moyen de chevilles, puis on réunit toutes ces perches à leur extrémité inférieure à l'aide d'une barre de fer E. L'ensemble constitue une sorte de vanne pesante, battant sur toute la largeur préalablement unie de la riese. Les arbres riesés ne pouvant éviter l'obstacle, en raison des parois de la tranchée, doivent nécessairement, pour passer, soulever cette table lourde et massive, ce qui suffit pour diminuer considérablement leur vitesse.

Cet appareil est également employé avec succès dans les changements brusques de pente.

La construction en est simple. Il faut seulement que l'axe W soit placé à une hauteur suffisante pour ne pas être atteint par la queue des arbres débardés.

llj WuRFs. — Le wiirf est un dispositif ingénieux permettant tantôt de ralentir la vitesse des bois, tantùt de changer leur direction. Au lieu de donner à la riese une pente uniforme, on divise son tracé en plusieurs sections, sur chacune desquelles la pente diminue peu à peu, N^^ s'annule et se change fîna-

"''C"^^^.?. ^^-"Iv ^^"^^'^^ ^" contre-pente.

^.^^*'^Y i Supposons encore, que

^^ '^ l'on ait [fig, 2G4 un tour-

nant ABC de pente excessive, où le riesage des bois ne puisse se faire, ^*^' ^^*- soit en tout temps, soit

simplement pendant que la voie est couverte de glace. Au parcours ABC, on substitue le parcours kmn DE FC, caractérisé par une contre-pente DE. Au sommet de cette contrepente, on peut même placer un butoir V contre lequel les bois viendront ricocher.

COULOIRS ET GLISSOIRS

mi

La contre-pente DE permet aux bois qui l'ont remontée, et dont la vitesse s'est insensiblement annulée, de se remettre spontanément en marche, de E vers F et G. Pour faciliter ce mouvement de retour vers le tracé normal, on donne à la voie un fort devers de E vers F.

m. — Etude d'un projet de riese.

Lorsqu'il s'agit de tracer une riese importante, on doit établir un devis descripitf et un devis estimatif, accompagnés d'un plan terrier et d'un profil en long. La première chose à faire sur le terrain, est de déterminer au baromètre la diffécence de niveau entre la station de départ et la station d'arrivée. On piqueté ensuite à l'œil un tracé provisoire, en cherchant à se tenir, guidé par un petit niveau à main, dans les limites de pente compatibles avec le terrain et nécessaires à une bonne exploitation d'hiver ou d'été. Cette opération va très vite lorsque le plan d'aménagement est coté. On relève ensuite ce tracé à la boussole nivelante, ce qui permet de déterminer immédiatement la longueur très approximative et la pente moyenne de la riese. Si le terrain ne présente pas d'accidents et que l'on puisse donner partout la pente moyenne à la voie courante, il est facile de tracer immédiatement l'axe définitif à l'aide d'un simple niveau de pente. D'ordinaire, il n'en est pas ainsi. L'établissement de la riese comporte plusieurs changements de pente, des travaux d'exhaussement ou de terrassement. En ce cas, il est nécessaire de prendre des profils en travers aux points de passage des pentes, et de chercher, par des variantes, la solution la plus économique des difficultés.

Le devis estimatif peut s'établir comme un devis do route ordinaire. 11 est cependant désirable qu'il soit bref. Le plus souvent la riese pourra être divisée en un certain nombre de sections à profils semblables. Le projet donnera, en regard des profils types, la longueur de la section et le prix du mètre courant de riese. Les frais d'établissement découleront immédiatement de ces deux nombres. Quant aux travaux d'art, ils seront eux-mêmes évalués au mètre courant, suivant les indications de croquis placés en regard.

362 LES TRA7(SP0RTS

Le devis descriptif donnera, au surplus, des détails sur rétablissement des ponts, tunnels, souterrains, tranchées, abris, freins, wûrfs, etc., et fera connattre approximativement la quantité de bois absorbée par ia construction de la riese. La balance entre les frais d'établissement de la rîeseet la valeur actuelle des bois dont elle doit favoriser renlèvoment, d'une part, et la valeur future des bois débardés par elle, d'autre part, mesurera Téconomie du projet.

IV. — Frais n'ixÀitLissEMBfiT et gons£qjdbncbs fixâncsèbm on tbaiïsboii

EAB CHEMIN OS RUSK.

D'une façon générale, les frais de transport sont plus éle* vés dans les courtes rieses que dans les longues. Cela tient à ce que les frais de manutention sont indépendants de la longueur de la voie courante. On trouve des rieses ayant de 500 à 6000 mètres de développement. Les rieses courtes servent surtout comme lançoirs, pour évacuer les bois d'une coupe sur une route ou sur un autre riese. Dans les longs tracés, le bois va au contraire directôment des contins de la végétation jusqu'au fond des vallées.

Quelques exemples fixeront les idées sur les dépenses d'établissement d'une riese et sur le&cosséquences financiènes de son utilisation. Ils sont, comme tout ce qui précède, tirés de l'ouvrage de M. Marchet.

Page 1