‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 80 sur 110 · V. — Avantages et inconvénients des rieses · texte numérisé non relu

V. — Avantages et inconvénients des rieses

II ressort des faits relatés plus haut, que les chemins de riese sont moins coûteux à construire que les rieses en bois et même que les chemins de voiture. Ils offrent un très petit profil en travers avec un développement très faible en raison de leur forte pente. Heureusement combinés avec des portions de rieses en bois, ils ont, sur ces derniers, l'avantage d'une grande économie de matériel ligneux, d'une moindre dépense d'entretien, et offrent la possibilité de conduire les bois, avec le minimum de main-d' œuvre ^ du sommet des plus hautes montagnes jusqu'au fond des plus basses vallées. Comparativement aux chemins de schlitte, ils coûtent plus cher d'établissement; en revanche, ils sont plus maniables^ moins longs et ils peuvent servir au débardage de tous les produits forestiers, depuis les écorces jusqu'aux plus fortes pièces de charpente.

Comparés aux couloirs, les chemins de riese sont évidem» ment plus dispendieux ; mais ils ont, par contre, un plus grand rayon d'action, ils assurent une protection absolue au sol et aux peuplements, ils dégradent bien moins la marchandise. S'adaptant à tout terrain suffisamment déclive, pouvant emprunter, ça et là, le tracé des chemins de montagne qui ont des courbes douces et des pentes assez fortes, s'épanouissant aisément à travers les massifs, grâce à leurs lançoirs voyageurs et à leurs voies secondaires branchées sur la voie principale, fonctionnant automatiquement et presque sans frais, hiver comme été, concentrant tous les produits de l'exploitation sur un chantier limité et rendant, par suite, la manutention, le travail et la surveillance faciles, les chemins de riese, inconnus en France, rendraient cependant d'immenses services dans les Alpes (I), les Pyrénées et les prin-

{\) Dans les Alpes dauphinoises, il est telle forêt comme Tréminis, Prébois, etc, où l'on enlève l'écorce du tronc des hêtres à seule fin de les faire périr sur pied. En 1888, nous fûmes délégué par l'Inspecteur de Grenoble- Sud pour marquer une coupe dans un canton de la forêt communale de Tréminis, avec ordre de procéder à cette opération barbare. Il s'agissait d'arbres superbes, situés dans une draye Vers les confins de la végétation-.

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€ipaux massifs montagneux de TAlgérie. A ce titre, ils méritaient bien une description détaillée.

11 n'est pas d'outil parfait. A côté de ces sérieux avantages, les chemins de riese présentent des inconvénients. Il est évident, par exemple, que les bois riesés sont plus exposés aux meurtrissures et aux déchirures que ceux transportés sur essieux. De plus, la voie courante est sujette à l'usure, à des dégradations du fait des pierres roulantes et des eaux sauvages. Mais, à tout prendre, ces inconvénients ne sauraient balancer les avantages signalés ci-dessus et d'autant plus précieux que les chemùis de riese sont souvent les seuls moyens pratiques et économiques de vidange dans les hautes montagnes.

B. RiBSEs A EAU. — Les riesesà eau ne sont pas aulrechose que des transporteurs hydrauliques cheminant dans les vallées, tantôt hissés sur des chevaJets, tantôt placés à même sur le sol, tantôt partiellement enterrés, de façon à ofifrir une pente aussi régulière que possible. Pour elles plus encore que pour les rieses sèches, les courbes doivent avoir de très grands rayons.

Fis. 265.

Le transporteur se compose d'un canal étanche, fait de planches ou de madriers jointifs, assemblés comme l'indiquent les ligures 265, 266 et 267 et offrant à la gueule une largeur de

Nous ne pûmes nous résoudre à consommer pareil forfait. Dans ces régions, rétablissement de rieses permettrait certainement de tirer parti de produits .actuellement dédaignés ou gaspillés en pure perte.

COULOIRS ET GLISSOmS

fr",80 à 1 mètre, une profondeur de 30 à 40 centimètres au milieu.

La lame d'eau doit avoir une hauteur au moins égale au double de Tépaisseur des planches à transporter.

Lame d'inxiL.

Le fonctionnement du système est très simple. L'eau «st amenée dans le canal où son régime s'établit promptemetil. Puis, sur la nappe liquide coulant régulièrement, on abandonne les planches une à une, en ménageant entre elles un intervalle de plusieurs mètres. Ces planches passent parfaitement dans les courbes en gardant leur distance.

La recette s'opère comme suit. Le canal, dont l'extrémité libre se trouve à plusieurs mètres au-dessus du sol, aboutit à un

Fig. 267.

vaste entrepôt. L'eau tombe alors en cascade, entraînant avec elle les planches qui vont s'entasser assez régulièrement plus loin.

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Ces rieses permettent de débiter les planches dans la Mi môme, et les amènent, presque sans Irais autres que les dépenses de premier établissement, a une gare de cdeniiD de fer, à un port flu\ial. Elles peuvent <^ire construites sur des longueurs presque indéfinies, à condition que la ^allw offre une pente légère et qu'on installe de loin en loin Jes prises d'eau pour alimenter la nappe liquide et comjjenser les pertes inévitables.

Il est difficile de fournir des renseignements précis sur le^ frais d'installation d'une pareille riesc. Ce procédé de transport ne s'applique évidemment qu'au\ pa\ s neufs et aux forêts vierges, où le bois sur pied est très aboodant et presque sans valeur.

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