‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois; (volume 2)Chapitre 97 sur 110 · C. Matériel roulant · texte numérisé non relu

C. Matériel roulant

16 wagons typa 60 C (fig, 39), iMor ios arbras de toute

longueur k txaasporter ea gnusie, à tiH fr. l%a, ci . . 1712 fr. 4 wagons type 61 G, (/(§. 347), pour tousport des Isavarses

et bois à brûler, k 100 fr. 60 Fun, ci 4Ce fr. 40

2 chaînes de traction renforcées, longeur 4 m. 50 à 14 fr.

pièce, à t8fr.

1 harnais camphot pomr «hsial 70 fr.

Total £2!2fr.4D

D. DniERS.

1 bidon à huile de 10 kilog : • . 4 fr. 50

10 kilogs buiio russe à i fr. 10 le kilog. 11 fr.

Total. .... 15fr. 50

Soit une dépense totale d'environ S. 025 fr. par kilomètre, sans compter les freins à adjoindre aux voitures en pays de montagne.

Mc^me dans les installations les plus sommaires, où le matériel est réduit à sa plus simple expression, on doit toujours compter environ 7 francs par mètre courant de voie Dccauville, soit 7.000 fr. par kilomètre.

Avantages et inconvénients des porteurs Decauville, — Le Decauville exige une assez grosse dépense de premier établissement, ce qui en a beaucoup trop limité l'emploi dans les exploitations forestières, où la routine règne en maîtresse souveraine. Une fois construit, il fonctionne avec rapidité,

432 LES TRANSPORTS

économie et profit. De nombreuses installations, faites surtout en Allemagne, ont montré que le transport revenait en moyenne à 0 fr. 15 par tonne et par kilomètre, alors que le transport sur essieux est au minimum de 0 fr. 30, et que, les frais d'entretien s'élevaient rarement à plus de 1 Vo du capital engagé. Toutes les fois donc qu'il s'agira de construire des voies d'accès aboutissant directement à un canal, à une voie d'eau, à une gare, même à une scierie importante, on devra se demander si l'établissement d'un railway ne sera pas plus économique que celui d'une route empierrée. En montagne et sur des sols de plaine sablonneux ou humides, le doute ne sera guère permis. On a invoqué, contre le Decauville, l'usure et la dégradation possibles du matériel confié à des mains inexpérimentées. Ce sont des craintes exagérées. D'une part, en effet, rien n'est plus simple que de construire des abris en planches pour le matériel roulant; d'autre part, on doit convenir que l'outil n'est rien moins que délicat.

Au surplus, le Decauville a déjà reçu la sanction de la pratique dans un bon nombre d'exploitations privées. En montagne, il constitue la meilleure des grandes artères de fond destinées à recueillir sur leur parcours les bois versés par les artères de flanc: téléférages, chemins de rieses, schlittes ou même simples glissoirs.

Dans la plupart des pays neufs, comme l'Algérie, le porteur en fer sera rarement à conseiller comme voie initiale, en raison surtout des frais énormes que nécessitera le transport du matériel à pied d'œuvre. Les porteurs en bois seront de beaucoup plus économiques. Mais le rail en fer devra se substituer progressivement au rail en bois, au fur et à mesure que ce dernier s'usera.

Art. m. — PLANS INCLINÉS AUTOMOTEURS (J).

Lorsque la pente est supérieure à 10 7o ^t que le parcours ne dépasse pas une distance d'environ 1500 mètres, on

(1) Atlas Decauville. — La Direction, in lilteris.

LES PORTEURS

aura souvent avantage à utiliser des plans inclinés rendus automoteurs.

Dans ces installations, la voie est double et Ton se sert de la descente d'un wagon plein pour remonter un wagon vide. Un cable, fixe par ses deux extrémités aux wagonnets, s'enroule sur une large poulie, dont le diamètre est égal à la distance des deux voies, d'axe en axe. Si Técartement des brins du câble est assez grand par rapport au diamètre de la poulie, il est nécessaire de croiser les brins, afin que l'arc de poulie embrassé par ce cable soit plus considérable et que le mouvement entraîne le cable par adhérence.

Comme le poids du wagon plein est toujours très supérieur à celui qui ferait équilibre au poids du wagon vide et aux résistances dues au frottement, la vitesse de descente tendrait sans cesse à s'exagérer. Pour maintenir cette vitesse dans des limites raisonnables, on se sert de freins. Ces freins sont constitués par des poulies économiques ou des poulies à mâchoires. Les premières [fig. 370) sont surtout utilisées dans

Fig. 370.

les exploitations forestières. Elles sont formées par une poulie à gorge, garnie de bois, avec un frein de friction à levier.

Elles sont assujetties sur l'arbre qui porte la poulie directrice, et sont livrées, par les usines Decauville, prêtes à poser, avec axes et supports fixés sur un châssis en bois. On assure le châssis avec de forts pieux ou entre deux petits murs en maçonnerie placés au sommet du plan incliné.

Les deux brins du câble sont engagés dans les voies pa-

Mathky. — Exploitation des bois. L 28

LES TRANSPORTS

rallèles du plan înclîné au moyen d'un châssis double portant, dans le cadre supérieur, des galets de direction en sapin tournant autour d*axes verticaux, et, dans le cadre inférieur, des galets porteurs, également en sapin, mais tournant autour d*axes horizontaux. Ce châssis, placé au-dessous du précédent, est, comme ce dernier, maintenu en haut de la rampe par quelques pieux ou par un massif en maçonnerie. Tout le long de la voie, et à des distances variant de 5 à 10 mètres, sont disposés, en file bien droite, des galets de support servant à empêcher le câble de frotter sur le sol.

Les câbles utilisés pour la traction, sont en fer ou en acier. On donne la préférence aux câbles en acier, très résistants, parce qu'étant d'un faible diamètre, ils nécessitent des poulies de petites dimensions et qu'ils s'enroulent mieux sur ces dernières. Pour des câbles de 9 à 15 millimètres de diamètre, on prendra des poulies de 0'",90 de diamètre, et, pour des câbles de 16 à 28 millimètres, des poulies de 1"*,60.

Les plans inclinés s'adaptent aux pentes les plus fortes, mais la charge exercée sur le câble croit nécessairement en raison directe de la raideur de la rampe. Le tableau ci-dessous donne, d'après T Atlas Decauville, les efforts movens sur un câble remontant une charge brute de 1000 kilos sur des rampes variant de 10 à 200 ^j^.

Vo

Effort

Vo

Effort 1

Au moyen des indications de ce tableau, il est facile de calculer le diamètre du câble tracteur, connaissant la pente par mètre et le poids maximum de la charge à descendre, il

LES PORTEURS 43

suffit, en effet, de se reporter à ce qoi a été dit au sujet dut

436 LES TRANSPORTS

léléférage (page 392) et de prendre, pour le coefficient de sécurité, une valeur non plus égale à 3, mais à 8.

La longueur du cable est celle du plan incliné, majorée d'une vingtaine de mètres pour le croisement des brins et Tenroulement sur la poulie.

Lorsque la pente n'est pas trop forte, on peut se servir, comme matériel roulant, des types de wagonnets déjà décrits. Dans le cas contraire, on utilise des wagons porteurs, à plate-forme disposée pour recevoir les wagonnets ordinaires.

Comme pour les porteurs ordinaires, on adoptera de préférence la voie de O^jGO, et les rails du t\7)e de 7 kilos. Quant à la largeur totale du plan incliné, elle est égale au diamètre de la poulie directrice, augmenté de deux demilongueurs d'une voie simple, soit 0",60, et des à-côtés. Si la poulie a 0™,90 de diamètre E = 0'°90, -+- 0™,60 -h 2X, X étant la largeur des accotements. En général, E varie entre 2", 10 et 2*", 50.

Plus encore que sur les railways, il faut s'abstenir des grandes vitesses sûr les plans inclinés, et il est bon de se tenir entre les limites maxima et minima de i mètre à 1",50 à la seconde.

Le croquis ci-annexé (fiff. 371) montre l'ensembled'un plan incliné automoteur construit par la maison Decauville.On remarquera que l'installation est fort heureusement complétée par un double circuit conduisant au point de chargement situé en arrière de la tête du plan incliné. Cette disposition permet de raccorder facilement une ligne ordinaire de railway, circulant sur les hauteurs d'une montagne, avec un plan incliné, construit sur une pente très rapide.

La figure 372 donne un autre exemple d'installation de plan incliné faite par la même maison sur la montagne d'Arbas (Haute-Garonne), près du Salies-du-Salat, pour descendre dans une vallée les bois débités sur la hauteur. La longueur du plan est de 1.000 mètres ; la pente varie de 30 à 50 %; le poids de la charge est de 2.500 kilos, la durée du voyage de 15 minutes.

Ci-dessous, à titre d'indication, le devis des frais supplémenlaires nécessités par l'établissement d'un plan incliné

LES PORTEURS

automoteur de 100 mètres de longueur sur une pente do 10 à 15 7o» pour la descente d'une charge de 1.500 kilos :

1 poulie économiqae, diamètre 0 m. 90» avec châssis. . 224 fr« i câble de 120 mètres terminé à chaque extrémité par un

crochet de traction. Diamètre du câble, 9 millimètres. 70 fr. 1 châssis porte-galets de renvoi, avec galets et paliers

pour brins croisés (en sapin) . 66 fr. 85

10 galets porte-câble avec paliers, à 5 fr. l'un 50 fr.

Total 410 fr. 85

Fig. 372.

Pour une installation de 1 kilomètre de longueur, on peut compter au minimum :

Acquisition de matériel 2400 fr.

Infrastructure et pose de la voie 6000 fr.

Voie proprement dite 7600 fr.

Soit, au total 16000 fr.

LES tiia:^spoiits

Les plans inclinés automoteurs peuvent rendre quelques services dans les exploitations forestières, en particulier lorsqu'il s'agit de transporter dans une vallée les produits débités dans une scierie un peu haut placée, ou de prolonger un railway à travers des terrains tourmentés et difficiles. Comparés aux câbles porteurs, il ne coûtent pas sensiblement plus cher, et leur rendement est k peu près identique, en ce sens qu'on peut compter sur un trafic journalier de iOO à 110 mètres cube par jour ; en revanche, ils se prêtent mal au transport des grosses grumes, et ils ne peuvent servir que pour des installations permanentes.

Abt. IV. — MONORÂILS.

En Amérique, on utilise parfois les monorails pour le transport des longs bois. La voie courante AB (fig. 373) est formée de vieux rails en fer ou môme de rails en bois, sur lesquels roule un wagonnet CD constitué par une paire de poulies portant un cadre en fer extrêmement résistant et auquel les bois sont attachés par des chaînes. La remorque de la charge se fait à l'aide de la traction animale.

Fig. 373.

M. P. de Coulon a établi, dans la forêt de la ville de Neufchâtel, un monorail autoporteur, rustique, pouvant se déplacer facilement d'un point à un autre, et se construire avec des matériaux puisés dans la forêt même. Le monorail de

(1) Journal Suisse d'Economie foreMtiêre, octobre 1898.

LES PORTEURS

Coulon se compose {fig, 374) d'une série de perches ayant 14 centimètres de d amctre au petit bout, équarries sur trois faces et supportées à 1™,20 du sol par des poteaux espacés de 4 à 6 mètres suivant la force des perches servant de rail. La juxtaposition de ces perches s'effectue au moyen d'une entaille à biseau et de façon que le talon le plus faible repose sur le plus fort. A un mètre au-dessous du rail, les poteaux supports sont reliés et encadrés de chaque côté par de petites perches rondes qui ont pour but de guider les montants du

Fig. 374.

wagonnet, de l'empôcher de heurter contre les supports et d'assurer son équilibre.

Le wagonnet proprement dit se compose d'une couple de poulies en bois dont les gorges encadrent le rail, et dont les axes supportent des montants en bois auxquels est suspendu, de chaque côté de la voie roulante, un encadrement destiné à porter les charges. Cet encadrement facilement démontable permet un chargement et un déchargement rapides. Suivant

440 LES TRANSPORTS

la longueur des bois à transporter, on rapproche ou on écarte les deux encadrements.

La voie se déroule au milieu d'une tranchée ayant environ 2 mètres de largeur, et la pente moyenne doit être de 5 Yj au moins pour que la descente se fasse sous le seul travail de la pesanteur. On laisse la charge rouler librement jusqu'au bout de sa course, puis on Tarrête au moyen d'une contre-pente. Avec ce système, les wagonnets peuvent passer sans encombre dans des courbes n'ayant pas plus de 6 mètres de rayon. Les charges maxima ont clé de 1100 kilos représentant plus de i mètre cube 1/2 de sapin ou 4 billons de 4 mètres de longueur sur 35 centimètres de diamètre. Lorsqu'une dizaine de wagonnets ont été descendus, on les charge sur un couplage auquel on attelle un cheval qui remonte le tout.

Abstraction faite de la valeur des bois employés pour la confection de la voie, le coût de ce porteur est très restreint ; on peut l'estimer à 0 fr, 75 le mètre courant, soit à 750 francs le kilomètre. Quant au matériel roulant, il se compose d'une dizaine de wagonnets représentant une dépense de première mise d'environ 800 francs.

Dans les jeunes peuplements résineux à éclaircir, et dans des forêts escarpées, le monorail pourra rendre des services aux sylviculteurs partout où l'établissement de chemins de riese ou de cAbles sera impossible, soit que le terrain ne s'y prête pas, soit que la dépense paraisse trop élevée eu égard à la valeur des produits à débarder.

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