IV. — Parfum
Les bois renferment des acides et des huiles essentielles qui leur communiquent une odeur spéciale et suffisant souvent à les distinguer. On peut même dire que chaque essence a une senteur propre. En pratique, l'odeur du bois est la pierre de touche de la santé de l'arbre. Les bois sains ou pourris se reconnaissent immédiatement à l'odorat. Tout le monde connaît l'odeur forte, tonifiante et saine, qui s'échappe des ateliers de fendage du chêne. Le hêtre, le peuplier, le merisier, l'aune ont des senteurs caractéristiques. Il en est de même des résineux. Certains bois exotiques dégagent des odeurs infectes, tel est notamment le bois puantde la Guyane (Gustavia lelrapetala . Les genévriers oxycèdre et de Phénicie, le thuya, le cèdre sont recherchés pour l'ameublement, pour les constructions, en raison de leur odeur qui éloigne les insectes. Le santal blanc est très aimé des sculpteurs, à cause de son délicieux parfum qui se perd toutefois avec le temps. Le teck doit peut-être sa durée à son odeur de caoutchouc. L'olivier est très dur et très odorant. Le gaïac. le buis, les sureaux, etc., comptent parmi les bois les plus incorruptibles, comme aussi parmi ceux qui dégagent les odeurs les plus \ives.
V, — Dureté.
Dans le langage courant, on comprend sous le nom de dureté la résistance que le bois oppose à l'usure, à la rayure, à la compression, au choc et à la pénétration des clous. La dureté influe beaucoup sur la quantité de travail dépensée dans le sciage ; elle varie sensiblement comme le poids spécifique. Les bois durs sont recherchés par l'industrie pour certains emplois tels que : arbres de transmission, poulies, dents d'engrenage, treuils, rouleaux, cylindres, tarières, boules, billes, etc. Le cornouiller, le buis, le sorbier domestique, le chêne vert, le chêne cerris, le charme, l'if sont parmi les plus durs de nos bois indigènes. Mais les essences
exotiques les priment de beaucoup sous ce rapport. Le chêne vert algérien est si dur, que les clous ne peuvent souvent pénétrer dans son bois. Le pistachier térébinthe doit à sa dureté le surnom de bois de fer, qu'il partage avec un certain nombre d'arbres brésiliens. Les eucalyptus, l'acajou, le teck, le palissandre, le bois de satin, l'ébène, l'angélique de la Guyane sont renommés pour leur dureté, moins cependant encore que le gaïac et le cocos, qui fournissent des billes, des boules et des cônes presque inusables.
En France, on se borne à diviser les essences en : bois durs, comprenant presque tous les feuillus ; bois demi-durs, comprenant seulement le bouleau et les aunes ; bois tendres ou blancs, comprenant le tilleul, les peupliers, les saules et les résineux. En jetant un regard sur le tableau donnant les poids spécifiques des différents bois indigènes et exotiques (pages 51 et 52 ;, on se fera une plus juste idée de la dureté comparative des principales essences.