Déformations causées par le retrait
Ces déformations ont été bien étudiées par Duhamel du Monceau. Pour montrer l'influence du retrait dans le sens longitudinal, cet auteur fendait des perches vertes en deux ou trois morceaux. En se desséchant, chacun de ces fragments se recourbe en arc de cercle [fig. 2^V .
Cela seul indique pourquoi les plateaux et les planches qui renferment le cœur ou une portion du cœur lëchure de cœur se fendent en général par leur milieu 'fig. 2i\ et cela d'autant plus profondément que
Fig. 23.
l'épaisseur des échantillons est plus grande, que la proportion d'aubier est plus considérable, et que les couches (I accroissement sont plus larges. Enfin les couches du bord se contractant davantage que celles du centre, par suite de leur plus grand développement et de leur teneur inégale en eau,
Fig. 24.
Fig. 25.
le plateau et la planche se bomberont légèrement vers le milieu et prendront une forme lenticulaire fig. 25 .
Si maintenant on prend des plateaux ou des planches détachées de plus en plus loin du centre, CD, AB 'fig 26 . le
Fig. 27.
retrait dans le sens circonférenciel devient prépondérant, les échantillons ne se fendent plus, mais se creusent du coté des couches les plus riches en eau, relèvent par conséquent leurs l>ords dans une direction opposée au centre. On dit alors que les planches sont voilées ou cintrées. Suivant l'expression des menuisiers, le bois tire au cœur fig. 27;.
Ces déformations rendent le débit en plots particulièrement désavantageux.
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Afin d'empêcher la formation des fentes dans la région du cœur, on enfonce dans les planches du milieu, aussitôt
après le sciage, des brides
en acier doux laminé, à profil de couteau, et ayant la forme d'S [fig. 28;.
Duhamel a encore le premier montré qu'on pouvait considérablement diminuer les fentes et les gerçures des bois, en leur donnant aussitôt que possible un trait de scie au cœur, ou mieux encore deux traits de scie
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Fig. 28.
perpendiculaires et passant par le cœur 'fig. 29;. C'estlà l'idée mère du débit sur quartier et sur maille. Chacun des quar- .-^ tiers, en lesquels la bille
a été découpée, prend alors un retrait uniforme, et ce retrait porte principalement sur les bords, au \oisinage du bois jeune et chargé d'eau.
Au Japon, les pièces destinées à être mises en œu\ re, sans subir d'autre débit que le tronçonnement, sont fendues au moyen d'un trait de scie longitudinal etdirigé dans Je sensd'un rayon. Les alternatives de sécheresse et d'humidité font alors simplement bâiller plus ou moins la fente (Boppe). Quand il s agit de pièces dont les dimensions doivent rester autant que possible invariables, ces précautions ne suffisent plus : il faut encore enlever le cœur. On sait, en effet, que les arbres naturellement creux, ou creusés artificiellement comme les tuyaux de fontaine, ne travaillent pas. En Ecosse, on perce au moyen d'une longue tarière, tous les bois destinés à être conservés en grume (Boppe;.
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Chez les jeunes arbres à bois nerveux, le retrait provoque des fentes profondes dans l'aubier, mais le cœur ne bouge pas. Il en est différemment chez les arbres plus âgés, en particulier chez les chênes élevés en taillis sous futaie. Chez ces derniers, les fentes partent tantôt du cœur, tantôt des régions internes du bois correspondant au\ périodes d'isolement. Les fentes des régions externes sont superficielles, elliptiques, droites ou faiblement recourbées. Les fentes du cœur sont plus profondes et , rencontrant des cernes peu adhérents entre eux, elles s'y arrêtent souvent et les décollent \fig. 30 . Chez les très vieux arbres enfin, le cœur, fréquemment éclaté et comme étoile, est le siège d'une maladie connue sous le nom de cadranure.
Lorsque l'on veut obtenir des échantillons de choix, Flg* 30#
on est ainsi conduit à purger de leur cœur les pièces à débiter. Cela se fait, soit en levant au centre une planche ou un plateau que l'on refend en deux, soit en enlevant une pièce rectangulaire dans toute la longueur de la bille, pièce qui est utilisée telle quelle ou fendue en lattes Voir au Débit .
Lesplaiesartificielles, comme les coups, blessures, élagages, donnent naissance à des tissus cicatriciels, formés de parenchyme très riche en eau. et qui deviennent.de même que les rayons médullaires, le siège d'un fort retrait et, conséquemment, de gerçures et de fentes.
Les nœuds donnent aussi naissance à de nombreuses fentes de retrait, soit à leur intérieur (fentes radiales ou diamétrales , soit dans la masse du bois qui les environne. La cause de ces fentes réside dans la présence, à la base des branches, de tissus anormaux, qui travaillent beaucoup moins que les tissus ordinaires. La tension devient alors suffisante pour faire éclater le nœud.
En résumé, le seul moyen pratique d'éviter les déforma-
tions variées causées par le retrait, c'est de débiter les bois le plus tôt possible, aussitôt qu'ils ont éliminé leur eau, ou de conserver les grumes sous écorce, en attendant qu'on puisse les utiliser. Cette précaution est notamment indispensable pour les parties noueuses du fût, comprises dans la couronne, et qui peinent encore donner des sciages grossiers, mais d'épaisseur membrures, planchers de bascule, etc." . Remisées dans un coin de l'usine, ces têtes passeront à la scierie au fur et à mesure des commandes.