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CHAPITRE V

PIQURES ET VERMOULURES.

De même que certains champignons ne peuvent vivre que sur des arbres, de même certains insectes qualifiés de xylo» phages, accomplissent une partie de leur évolution dans les tissus ligneux qu'ils perforent et dégradent. C'est principalement à Tctat de larves, qu'ils exercent leurs ravages dans les hois sur pied et abattus.

À. Dégâts sir les arbres deboct. — Trous de vers. —

Kg. 125 bis. — Trous de vers faite dans an chêne ronceax, demi-grandeur.

Sous la dénomination générale de trous du gros et du petit t*r, le commerce désigne les galeries creusées dans le chêne,

le frêne, l'orme, etc., par les larves du grand capricorne (Cerambix héros, Scops.; et des cerfs volants [Lucanus cervus, L. et Dorcus parallelipipedus, L.), tous coléoptères bien connus. Ces galeries irrégulières, mesurant jusqu'à 2-3 centimètres de diamètre, se rencontrent surtout dans l'aubier des \ieu\ chênes sur le retour et dans les tissus cariés de leurs blessures et de leurs nœuds (fig. 125 bis]. Elles sont s\ mptomatiques de la décrépitude physique, non des pourritures. En général donc, ces trous prêtent à réduction, mais non à refus, toutes les fois que les pièces ne présentent pas d'autres défauts plus graves. II peut cependant arriver que dans les années exceptionnellement sèches, les dégâts du petit ver s'étendent jusqu'aux parties profondes des arbres. Dans ce cas, ceux-ci sont évidemment inutilisables comme bois d'industrie.

Un autre coléoptère, la Saperde chagrinée, perfore les tiges de tremble et de peuplier en longues galeries montantes qui déprécient le bois.

Sous le nom [de Gdt ou ver rouge, on désigne communément la larve d'un papillon, le Cossus ligniperda, qui s'attaque vers le bas de la tige, aux peupliers, trembles, saules, frênes et ormes, creusant dans toute la profondeur du bois,

des galeries larges et sinueuses.

Les arbres ainsi perforés perdent toute valeur comme bois de travail.

Différents hyménoptères du genre Sir ex creusent dans les bois résineux, de profondes galeries larges de 4 à 5 millimètres Fig. 125 ter. - Tronc de teck pré- et souvent invisibles sur l'arbre

sentant cinq trous de vers, dont abattu, Car les parties SUperliun au centre constitue une • n A ■ ■• . i

grande cavité. cielles conservent le poli et le

luisant des meilleurs bois. Les pièces ainsi piquées ne sont bonnes qu'au feu.

Les scolytes et les bostriches de toute espèce, qui se développent à profusion sur les résineux abattus en sève et non écorcés, sur les séchons et chablis, donnent une vermoulure noire, en général superficielle et n'altérant pas sensiblement

PIOIRES ET VERMOULURES

la durée des bois, s'il n'y a pas en même temps des traces plus ou moins nettes d'échauffitre.

B. Dégâts sur les arbres abattus. — a) Piqûres du Lymexilon. — Le Lymexilon navale est un petit coléoptère, dont les larves à peine grosses comme la tète d'une épingle, se développent à l'intérieur des bois en apparence les plus sains et les plus durs, les traversent dans tous les sens, et les percent de trous de 1 millimètre environ de diamètre perpendiculairement aux libres, de manière à détruire les charpentes des édifices, les carcasses des navires et les soutiens des meubles. Une fois installé dans une pièce de bois, il s'y propage avec rapidité, la mine sourdement, et y laisse des traces durables d'échauffement. Les larves, issues d'œufs déposés dans les lentes et les gerçures, s'enfoncent normalement dans le bois, et viennent ouvrir des trous à la surface pour évacuer les sciures qui décèlent ainsi leur présence {fig. 126, P1.VIII;.

Lorsqu'on travaille une pièce piquée par le Lymexilon, on doit examiner soigneusement si cet insecte continue ses ravages. Pour ce faire, on vérifiera si les trous contiennent encore des matières blanches, et si les copeaux voisins ont lTodeur du rhum. Dans ce cas, on suivra, pour se débarrasser des larves, le procédé indiqué par Linné au roi de Suède, et qui consiste à immerger sous l'eau, pendant un an, les bois piqués et ceux situés dans le même chantier.

Consécutivement à l'attaque de ces insectes, les bois prennent souvent une odeur nauséabonde de fermentation, principalement dans les hangars clos et mal aérés, où il règne une température égale et où les approvisionnements sont rarement dérangés.

Les pièces qui présentent des trous de Lymexilon doivent être impitoyablement rejetées de tous les emplois industriels. Les bois de l'Adriatique (Bosnie et Herzégovine; sont particulièrement infectés de ces insectes.

b) Piqûres du Lyctus canaliculatus. — Le Lyctus canaliculatus est également un petit coléoptère voisin des Scolytes, dont la larve creuse, dans le chêne mis en œuvre, des galeries petites et droites, analogues à celles du Lymexilon. Cet insecte s'est développé ces années dernières,

d'une façon inquiétante dans les parquets de chêne des constructions lyonnaises, par suite de l'emploi de bois lunes et •incomplètement desséchés. Pour arrêter ses dégâts, il faut laver avec une solution de sublime ou d'essence de térébenthine, puis encaustiquer les parquets.

c) Vermoulure de FAnobium pertinax. — On voit journellement les vieux meubles de nos maisons criblés de petits trous ronds d'où s'échappe une sciure abondante qui tombe sur les parquets. Si on coupe peu à peu le bois par tranches minces pour découvrir le fond de ce canal, on y trouve la larve, auteur du mal, qui ressemble à un petit ver blanc, mou, à six pattes écailleuses, avec deux fortes mâchoires dont elle se sert pour attaquer le bois qu'elle rend ensuite sous forme de vermoulure.

Les vrillettes ont la singulière faculté de produire un bruit particulier de tic-tac, analogue à celui d'une pendule dont 1 échappement ne serait pas retenu par le balancier. C'est en frappant la tête contre le bois, que l'insecte produit ce bruit monotone, qui lui a valu le nom vulgaire à' Horloge de la mort. Ce bruit est un appel qu'un des sexes fait à l'autre.

Pour arrêter le travail des vrillettes, on lave avec une solution de sublimé, puis on mastique les trous avec un mélange de cire et de térébenthine.

d) Piqûres des termites. — Les termites sont des fourmis ailées, particulièrement abondantes en Afrique, qui dévorent intérieurement les bois les plus durs, tout en respectant scrupuleusement C extérieur, si bien que rien n'avertit du danger qu'elles font courir aux habitations. En France, on ne les a signalées qu'à Rochefort et à La Rochelle. Les bois créosotes paraissent, même en Afrique, échapper complètement aux dangereuses atteintes de ces fourmis qui sont d'une fécondité prodigieuse. On ne connaît aucun moyen pratique de les anéantir, en dehors de la recherche des nids et de leur destruction par l'eau bouillante.

e) Piqûres du taret naval. — Le taret naval est un mollusque n'attaquant que les bois plongés dans l'eau de mer, mais exerçant sur eux de grands et irréparables ravages. La larve présente l'aspect d'un têtard de i millimètre de long environ; elle nage dans l'eau de mer, pénètre dans le bois par

PIQURES ET VERMOULURES

un petit trou qu'elle pratique à la surface, puis se transforme après quinze jours, en taret adulte pouvant atteindre 1 mètre de longueur et 2 centimètres de diamètre fig. 127 .

Dans sa marche à l'intérieur de la pièce, le taret suit toujours une direction verticale, partant du bas et s'oie van t vers la surface de l'eau, sans traverser les galeries de ses voisins. En quelques mois, les pièces de pin le?

plus grosses peuvent être mises complètement hors d'usage. Le doublage et le créosotage constituent les seules protections efficaces contre ce mollusque répandu dans toutes les mers du globe et s'attaquant même au\ menus fascinages digues de la Hollande .

Nota. — Comme nos bois indigènes, les bois exotiques sont exposés aux attaques des insectes et mollusques destructeurs; il en est particulièrement ainsi du teck fig. 125 ter.. de l'acajou, de Tangélique de la Guyane, etc. On ne saurait donc apporter trop de soins à leur achat et à leur réception.

Fig. 127.

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