Formes et dimens:ons des schlitte
Dans les pays de montagne, où les chemins sont rares et d'une installation coûteuse, on charge les bois sur des traîneaux, on schlittes, mis en mouvement par la pesanteur et les forces de l'homme.
La schlitte est fabriquée de toutes pièces par l'ouvrier qui s'en sert. Elle est construite en bois bien sec, de hêtre ou de frêne. Les parties par lesquelles s'opère le glissement semelles) sont souvent faites en bois plus résistant : chêne, érable ou bouleau. On doit s'attacher à donner à la schlitte, qui est remontée à dos d'homme, le plus petit poids possible. Ce poids varie habituellement entre 20 et AO kilos.
On distingue deux sortes de schlittes : celles destinées au transport du bois d'œuvre et celles utilisées pour le transport du bois de feu. Les premières diffèrent de forme, suivant qu'il s'agit de schlitter sur terre nue 'pentes de 20 % et audessus) ou sur ravelons (pentes au-dessous de 20 %;. Le schlittage sur terre nue s'effectue, dans les Vosges, au
{{) Corjifbois. — Notice sur les chemins de 6Chlitte dans lu vallée de Munster, Ann. Forest.. 1854. — Jollt. — Les chemins de schlitte, Hevu* des E. et F , 1891. — Dr Gaybi\. — ForstbenûUung, Berlin, Parey, 1903.
SCHLITTAGE
moyen du bouc et de la grande schlitte. Le bouc {[fig. 223) a en moyenne 2 mètres de long, 0m,27 à 0M,33 de haut, 0m,52 à 0m,60 de large. Il se compose essentiellement : 1° d'une semelle a, mesurant, à l'état neuf, 5-6 centimètres de hauteur et 6 à 7 centimètres de largeur ; 2° d'un schlitton b, légèrement plus épais ; 3° de jambes c, reposant sur des appuis d ; 4° d'une corne e, solidement chevillée avec le schlitton ; 5° d'un anneau en iil de fer /, unissant la barre g, la corne e et la semelle a ; 6° de barres en sapin g ; 7° enfin d'une table h. Toutes ces pièces sont assemblées au moyen de chevilles, comme l'indique la figure. Le bouc vosgien pèse environ 20 kilos et son prix de revient est de 8 francs.
D'autres types, en usage dans les Alpes allemandes, sont figurés ci-dessous, d'après l'ouvrage du Dr Gaver fig. 224 et 225 .
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Fig. 224.
A l'aide de ces schlittes, on peut transporter des tronces <le 3 à i mètres de longueur et cubant de i,nc, 5 à 2 mètres cubes. Ces tronces reposent par le gros bout sur la table du traîneau et prennent appui sur elle au moyen d'une légère •entaille. Une chaîne, terminée par un coin liché dans le bois, assure la fixité de l'ensemble.
La manœuvre des schlittes se fait à l'aide des cornes pour
le tirage ; dans les fortes pentes, l'ouvrier retient avec son dos.
Fig. 225.
Les schlittes allemandes portent sur la semelle une griffe pour enrayer. La forme et la disposition de cet appareil trèssimple sont indiquées dans la ligure 226.
Fig. 226.
Dans le schlittage sur ravetons, les grumes de 4 mètres de longueur et moins sont chargées entièrement sur de grandes schlittes mesurant 4", 40 à l-,45 de long et 0-\4 4 à 0m,16 de haut (fig. 227 et 228;. Ces schlittes pèsent 35 à 40 kilos et reviennent à 18 francs ; elles peuvent supporter la même charge que les boucs, mais la manœuvre en est plus difficile et nécessite souvent le concours de plusieurs ouvriers. Lorsque la longueur des tronces dépasse 4 mètres, on accouple un bouc et une schlitte ordinaire ou chèvre. Deux hommes-
SCHLITTAGE
sont alors nécessaires pour le transport : l'un guide le bouc et l'autre dirige la chèvre à laide d'une corde ou d une perche.
On se sert pour le transport du bois de feu, de schlittes
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Fig. 227.
munies de montants entre lesquels s'effectue l'empilage. La schlitte vosgienne (fig. 229) a 2m,0i de long et 0m,35
Fig. 228.
de haut ; les cornes s'élèvent de 0m,46 et les montants de 0m,65 au-dessus de la table. La hauteur totale, de l'extrémité
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Fig. 229. — Schlitle voFgienne.
des montants aux semelles, est de 0m, 98 ; la largeur entre montants de O^GO, et la largeur totale de 0m,69. Cette schlitte pèse de 20 à 30 kilos et revient à 8-9 francs.
La charge d'une schlitte varie entre 1 1/2 et 2 stores ; mais elle n'est, le plus souvent, que d'un demi-stère sur les chemins de bouc.
Fig. 230. — Schlitte du Main.
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Fig. 231. — Schlitte des Alpes.
Fig. 232. — Schlitte moravienne.
Les figures 230 à 232 montrent, d'après le Dr Gaver, différents modèles de schlittes employées en Allemagne.