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CHAPITRE IV

COULOIRS ET GLISSOIRS.

Art. !•'. — COULOIRS ET DRAYES.

En montagne, la vidange des bois se fait surtout par des couloirs ou drayes qui ne sont autre chose que des sillons naturels creusés par les eaux et allant du haut en bas des versants. Ces couloirs présentant toujours de fortes pentes et souvent des seuils rocheux, les tronees ainsi lancées, le gros bout en avant, arrivent plus ou moins déchiquetées et détériorées au bas de leur course. De plus, en butant contre les parois ou en sortant de leur lit, elles dégradent profondément le terrain et meurtrissent les arbres voisins.

En vue de remédier à ces graves inconvénients, on a été conduit à substituer aux couloirs naturels, des couloirs artificiels à pente variant de 10 à 25 %, dont le fond repose sur la terre humide. Les parois sont constituées par de fortes pièces de bois en grume superposées et retenues par des cAbles amarrés à des piquets (fig. 231 . On donne au profil en travers,

Fig. 234.

la forme d'une rigole demi-cylindrique, de 1 mètre environ d'ouverture, de 0m,70 à 0m,8Ô de profondeur.

Mathey Exploitation des bous. I. 22

L'établissement de ces couloirs coûte de 0 fr. 50 à 0 fr. 75 le mètre courant, non compris la valeur des bois employés à les garnir. Les pièces de bois à lancer ne doivent pas avoir plus de 4 à 6 mètres de long, afin de pouvoir se prêter aux différents changements de direction qu'elles doivent subir.

Art. II. — RIESES OU GLISSOIRS.

On distingue les rieses terrestres et les rieses à eau. Les premières conviennent pour de faibles parcours, de fortes pentes et les bois en grume ; les secondes, pour de longs parcours, des pentes très faibles (5 à 55 millimètres par mètre) et les bois débités en planches, plateaux ou madriers de petites épaisseurs.

A. Rieses de terre (1). — À l'origine, les rieses étaient de simples lançoirs dont le fond était revêtu d'une sorte de parement en bois formé avec des tronces de 4 à 5 mètres de long, placées bout à bout. Cette disposition facilitait beaucoup le glissement, mais elle entraînait un gaspillage énorme de bois, et ne pouvait servir qu'à la vidange d'une seule coupe.

A ce procédé par trop primitif, on a substitué, spécialement dans le Tyrol, des chemins de riese, méthodiquement construits et pouvant être utilisés d'une manière permanente à la sortie des produits d'une forêt ou d'une fraction de forêt.

Ces chemins de riese s'allongent sur les versants dans les formes les plus variées. Tantôt ce sont de simples couloirs, tantôt des rigoles en forme d'auge creusées à même dans le sol et bordées de grosses pièces en guise de gardefous, tantôt des glissoirs aériens en bois, ou même des tunnels souterrains. Chacune de ces formes différentes de tracé répond d'ailleurs à une pente et un profil en long déterminés. Comme bien on pense, on s'efforce de limiter, autant que possible les constructions en bois, et l'on ne s'en sert que pour franchir des ravins et ruisseaux, racheter des pentes, éviter des terrains mouillés ou mouvants.

(1) D'après Vouvrage de Jllics M archet : Bau und Betrieb der Rieswege,. Wien et Leipzig, Librairie Franz Deuticke, 1904.

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