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Riese de Waldam

Cette riese a été construite en 1903. Les produits à exploiter de 1904 à 1914, se composent de 2 groupes :

a jj i •• ( 53700 m, c. de produits principaux.

A. au nord de la voie ( ^ m. c. de produits intermédiaires.

B. Au sud de la voie, 16.700 mètres cubes de produits intermédiaires.

Avant l'ouverture de la riese, on ne pouvait sortir que du bois de feu ; maintenant, les bois de toutes longueurs arrivent aux scieries et acquièrent par ce fait même, une plus-value considérable.

On peut évaluer comme suit, les frais de transport par les modes ancien et nouveau de dévestiture :

Groupe A.

Tnmvport anoien, le mètre cube* . . • 5 f r. 65 Transport nouveau, le mètre cube. « . 4 fr. 24 à 4 fr. 95

Groupe B.

Transport ancien, le mètre cube ... 6 fr. 73 Transport nouveau, le mètre cube. • . 4 fr. 53 à 4 fr. 95

Dans le calcul des frais, se trouva compris le salaire de 20 travailleurs employés sur la portion I du tracé, mesurant 1.430 mètres, et de 25 travailleurs occupés sur la portion II du tracé, mesurant 1.930 mètres. Le nombre des pièces journellement débardées» va» rie de 50 à 60.

Les chiffres qui précèdent montrent déjà que l'économie réalisée par le transport sur riese est de 25 °/0 pour le groupe A et de 33 °/0 pour le groupe B. On n'aura cependant une idée complète des avantages de ce mode de transport, qu'en faisant la balance des recettes et des dépenses.

1° Par les modes anciens de transport, on pouvait établir de la façon suivante la valeur des produits :

( Industrie, le m. c.(de6fr. 89a5fr.67 — 5 fr. 68)= 4- t fr - 22 Groupe A j Boia de feu^ ^ (de 4 fr gg à 5 fr 67 — 5 ir. 68) = — 0 fr. 99

( Industrie, le m. c. (de 6 f r. 89 à 6 fr. 73 — 6 fr. 73) = -f 0 fr. 16 Grou^e B l Bois de feu, » (de4fr. 68à6fr. 73 — 6 fr. 73) = — 2 fr. 04

2° Avec la riese, cette valeur est devenue :

( Bois d'oeuvre, le m. c. (de 13 f r. 78 à 4 f r. 24—4 fr. 45) = + 9 f r . 54 Groupe Av » d'indust. » {de 6fr.89 à 4fr.24— 4fr.45) =-f2fr.65

( » de feu, » (de 4fr.68 à 4fr;24 — 4fr.45) = + 0fr.i0

/Boîsd'œuvre.Iem.c.CdelSfr^S a 4fr.52 — 4fr.52) =+9fr.25 Groupe B? » d'indust. » (de 6fr.89 à 4fr.52 — 4fr.52) =-f 2fr.36

( » de feu, » (de 4îr.68 à 4fr.52 — 4fr.52) = + Ofr.16

Appliquant ces valeurs nettes aux produits à exploiter dans la forêt, on trouve comme rendement :

1° Avec le mode ancien de transport.

Groupe A, 45700 m. c. industrie à 1 fr. 22 l'un, ci. . -f 55754 fr.

Groupe B. 13360 » » 0 fr. 16 l'un, ci. . + 2138 fr.

Au total 59060 m. c. valant net 57892 fr.

non compris 15340 mètres cubes de bois de feu sans valeur et à laisser sur place.

2° Avec la riese.

( 22850 m. c. œuvre à 9 fr. 54 l'un, ci . . . 217989 fr.

Groupe A ] 22850 » intfust. à 2 fr. 65 » ... 60552 »

(l2000 » feu . àOfr. 10 » ... 1200»

.' 6680 m. c. œuvre à 9 fr. 25 » ... 61790 »

Groupe B ? 6680 » induit, à 2 fr. 36 » ... 15765 »

( 3340 » feu à 0 fr. 16 » ... 534 »

Au total 74400 m. c. valant net 357830 fr.

Déduisant les frais de construction de la riese qui se sont

élevés à 8798 fr.

il reste 349032 fr.

et le bénéfice résultant de l'exécution méthodique de la riese s'est ainsi monté à 349032 — 57892 = 291 140 francs.

COULOIRS ET GLISSOIRS 365

Y. — Avantages et inconvénients des rikses.

II ressort des faits relatés plus haut, que les chemins de> riese sont moins coûteux à construire que les rieses en bois et môme que les chemins de voiture. Ils offrent un très petit profil en travers avec un développement très faible en raison de leur forte pente. Heureusement combinés avec des portions de rieses en bois, ils ont, sur ces derniers, l'avantage d'une grande économie de matériel ligneux, d'une moindre dépense d'entretien, et offrent la possibilité de conduire les bois, avec le minimum de main-d'œuvre, du sommet des plus hautes montagnes jusqu'au fond des plus basses vallées.

Comparativement aux chemins de schlitte, ils coûtent plus cher d'établissement ; en revanche, ils sont plus maniables, moins longs et ils peuvent servir au débardage de tous les produits forestiers, depuis les écorces jusqu'aux plus fortes pièces de charpente.

Comparés aux couloirs, les chemins de riese sont évidemment plus dispendieux ; mais ils ont, par contre, un plus grand rayon d'action, ils assurent une protection absolue au sol et aux peuplements, ils dégradent bien moins la marchandise,

S'adaptant à tout terrain suffisamment déclive, pouvant emprunter, ça et là, le tracé des chemins de montagne qui ont des courbes douces et des pentes assez fortes, s'épa* nouissant aisément à travers les massifs, grâce à leurs lançoirs voyageurs et à leurs voies secondaires branchées sur la voie principale, fonctionnant automatiquement et presque sans frais, hiver comme été, concentrant tous les produits de l'exploitation sur un chantier limité et rendant, par suite, la manutention, le travail et la surveillance faciles, les chemins de riese, inconnus en France, rendraient cependant d'ira* menses services dans les Alpes (1), les Pyrénées et les prin-

(1) Dans les Alpes dauphinoises, il est telle forêt comme Tréminis, Prébois, etc. où l'on enlève l'écorce du tronc des hêtres à seule fin de les fairepérir sur pied. En 1888, nons fûmes délégué par l'Inspecteur de Grenoble- Sud pour marquer une coupe dans un canton de la forêt communale de Tréminis, avec ordre de procéder à cette opération barbare. Il s'agissait d'arbres superbes, situés dans une draye vers les confins de la végétation.

cipaux massifs montagneux de l'Algérie. A ce titre, ils méritaient bien une description détaillée.

Il n'est pas d'outil parfait. A côté de ces sérieux avantages, les chemins de riese présentent des inconvénients. Il est évident, par exemple, que les bois riesés sont plus exposés aux meurtrissures ei aux déchirures que ceux transportés sur essieux. De plus, la voie courante est sujette à l'usure, à des dégradations du fait des pierres roulantes et des eaux sauvages. Mais, atout prendre, ces inconvénients ne sauraient balancer lés avantages signalés ci-dessus et d'autant plus précieux que les chemins de riese sont souvent les seuls moyens pratiques et économiques de vidange dans les hautes montagnes.

B. Rieses a eau. — Les rieses à eau ne sont pas autre chose que des transporteurs hydrauliques cheminant dans les vallées, tantôt hissés sur des chevalets, tantôt placés à même sur le sol, tantôt partiellement enterrés, de façon à offrir une pente aussi régulière que possible. Pour elles plus encore ^ que pour les rieses sèches, les courbes doivent avoir de très grands rayons.

Fig. 265.

Le transporteur se compose d'un canal étanche, fait de planches ou de madriers jointifs, assemblés comme l'indiquent les ligures 265, 266 et 267 et offrant à la gueule une largeur de

- Nous ne pûmes nous résoudre à consommer pareil forfait. Dans ces régions, rétablissement de rieses permettrait certainement de tirer parti de produits .actuellement dédaignés ou gaspillés en pure perte.

COULOIRS ET GLISSOIRS

Dm,80 à 1 mètre, une profondeur de 30 a 40 centimètres au milieu.

La lame d'eau doit avoir une hauteur au moins égale au •double de l'épaisseur des planches à transporter.

Lame d'eau*

Fi£. 266.

Le fonctionnement du système est très simple. L'eau est amenée dans le canal où son régime s'établit promptement. Puis, sur la nappe liquide coulant régulièrement, on abandonne les planches une à une, en ménageant entre elles un intervalle de plusieurs mètres. Ces planches passent parfaitement dans les courbes en gardant leur distance.

La recette s'opère comme suit. Le canal, dont l'extrémité libre se trouve à plusieurs mètres au-dessus du sol, aboutit à un

Fig. 267.

vaste entrepôt. L'eau tombe alors en cascade, entraînant avec elle les planches qui vont s'entasser assez régulièrement plus loin.

Ces rieses permettent de débiter les planches dans la forêt môme, et les amènent, presque sans frais autres que les dépenses de premier établissement, à une gare de chemin de fer, à un port fluvial. Elles peuvent être construites sur des longueurs presque indéfinies, à condition que la vallée offre une pente légère et qu'on installe de loin en loin des prises d'eau pour alimenter la nappe liquide et compenser les pertes inévitables.

Il est difficile de fournir des renseignements précis sur les frais d'installation d'une pareille riese. Ce procédé de transport ne s'applique évidemment qu'aux pays neufs et aux forêts vierges, où le bois sur pied est très abondant et presque sans valeur.

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