‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois;Chapitre 106 sur 194 · G^ (M 54 C^ ÉO · texte numérisé non relu

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[.ES SCIAGES

d'en extraire le cœur. Avec les deux morceaux ainsi obtenus, on obtient des feuillets entièrement sur mailles {Jig, 192).

La dosse est souvent désignée sous le nom de déballe, le plan de découvert sous celui de banc de sciagr. La largeur du banc dépend de celle des échantillons à fabriquer et de la grosseur des arbres. Si ceux-ci sont petits, on déballe sur 16 centimètres, largeur minima des sciages, et Ton pousse jusqu'au talon, en prenant à chaque fois l'épaisseur de la planche qui sera de recette ou non, suivant qu'elle aura des faces alignées ou des rives en biseau. S'ils sont plus gros, on augmente progressivement le découvert, de façon à arriver au banc de 9 pouces ou de 24 centimètres, qui correspond à la largeur ordinaire des planches marchandes. Enfin, pour les pièces d'un fort équarrissage, on déballe sur 0-9, 8-9, 9-9 pouces, en ayant soin de toujours dégager le banc de 9, le plus avantageux.

Les peupliers et le sapin sont toujours débités sur dosses; le chêne souvent aussi. Déchet de 20 à 30 Yq.

Fig. 192.

Abt. III. — DÉBIT VARIÉ OU DE PARIS.

Dans le débit varié, on cherche a tirer d'une bille le plus grand nombre possible d'échantillons d'un fort équarrissage, répondant, soit aux dimensions marchandes du marché parisien, soit à la demande de la batellerie. Pas plus que dans les débits précédents, on ne tient systématiquement compte du cœur et de la direction des fibres ; les sciages doivent seulement être avives.

Autrefois, toute planche, entrevous ou échantillon, comportant un battant avivé, avec 10 centimètres de bon bois non compris l'aubier, était réputée de recette. Depuis la vulgarisation des sciages d'Autriche, toujours sans flaches ni aubier, le commerce se montre plus difficile. On passe condamnation sur les largeurs, qui peuvent être un peu réduites, mais on exige que les pièces soient complètement avivées.

Néanmoins, Tart du scieur consiste encore à tracer son

LE DEBIT

débit du centre de Tarbre vers la circonférence, de façon à obtenir le plus grand nombre possible d'échantillons ayant une rive en bon bois, Tautre avec tolérance de flaches et d'aubier.

Les épures figures 193, 194 et 195 donnent une idée de ce débit assez compliqué, qui tend à tomber en désuétude.

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Fig. 193.

Fig 194.

Fig. 195.

La première s'applique à un arbre de l'",20 à l'",30 de tour sous écorce ; elle donne deux membrures M, quatre échantillons E, deux doublettes D et deux entrevous e.

382 LES SCIAGES

La seconde s'applique à un chAne de 1", 50 à 1", 60 de tour sous écorce ; elle donne dix- huit entrevous e et deux doubleites D.

La troisième s'applique à de gros arbres (2"*, 20 de tour et plus) ; elle réalise l'idéal de ce débit et donne : 2 gros battants B, 2 petits battants 6, 18 entrevous e, i membrures M, 4 chevrons c, deux plateaux de cœur ou échantillons E. En dehors de ces deux dernières planches, tout le surplus est formé de morceaux entièrement décœurés et maillés.

Non seulement le scieur doit chercher à obtenir le plus grand rendement de ses billes, mais, pour satisfaire sa clientèle, il est tenu encore de fabriquer des bois maillés dans les gros échantillons, tels que doublettes, petits et gros battants, qui ont toujours plus de valeur que la planche tirée des petits arbres.

Suivant la grosseur des troncs, l'habileté de l'ouvrier, le déchet peut varier, avec ce débit, de 40 à (50 7^ du volume initial. Un mètre cube grume rend donc 0"%400 à 0'"%()00 de sciages. En moyenne, il faut 2 mètres cubes réels de bois mélangés pour faire 1 mètre cube de sciages.

Art. IV. — DÉBIT SUR QUARTIER.

Dans certaines industries, comme la lutherie, la fabrication des orgues et pianos, Tébénisterie de luxe, on emploie exclusivement des bois débités sur quartier ou sur mailles. Le chône, le hêtre, l'érable, le platane fournissent ainsi des sciages qui se reconnaissent au premier coup d'œil par les facettes brillantes, distribuées sur toute la largeur de la planche, cl formant des dessins variés, d'un très bel aspecL

Ces sciages sur quartier se dessèchent bien plus facilement que les autres ; les morceaux en sont donc moins lourds, plus faciles à transporter. Sur un parquet lavé et formé, en partie de frises sur quartier, en partie do frises ordinaires ou sur dosses, il est facile de constater que les premières sèchent plus facilement que les secondes, qu'elles se retirent et s'usent moins vite. Le pin sylvestre du Nord doit peut-être autant à son mode de débit qu'à sa qualité intri»-

LE DEBIT

^èque, la faveur méritée qu'il a su acquérir en tant que parquet. Nous sommes convaincu que nos pins sylvestres d'Auvergne, parvenus à une grosseur suffisante et dél)ités sur quartier, donneraient des sciages au moins aussi beaux et aussi précieux. Dans les travaux de menuiserie, les panneaux d'assemblage se maintiennent admirablement et ne prennent aucun retrait, lorsqu'ils proviennent d'un débit sur quartier. Les feuillets de placage ne sauraient être livrés autrement. Les différents tissus étant uniformément répartis sur toute la surface des planches, celles-ci résistent particulièrement bien à l'usure, au frottement, et prennent un retrait uniforme ; elles ne sont sujettes ni à se voiler, ni à se gercer, ni à se fendre ; elles donnent donc le minimum de déchet à râtelier.

Après avoir légèrement équarri la tronce, on la divise en quatre parties par deux traits de scie en croix. Si l'arbre est bien centré, les quartiers sont égaux ; dans le cas contraire, ils sont légèrement inégaux. On attaque ensuite chacun des quartiers séparément, par le côté le plus large, en ayant soin de retourner la pièce à chaque trait de scie, de façon à se maintenir toujours en pleine maille, et l'on finit par un morceau triangulaire, que l'on peut réduire en une pièce carrée de 6 X G, 7 x 7, 8 X 8, 10x10, 11 X H, 12x12 centimètres d ' équarris sage.

Le débit proprement dit diffère suivant que l'on veut obtenir des planches de largeurs égales ou inégales, décœurées ou non. L'épure figure 196 donne un faible déchet, mais les planches sont toutes de largeurs différentes, et quatre au moins d'entre elles renferment des léchures de cœur en dépréciant un peu la valeur.

La figure 197 synthétise ce que l'on peut obtenir du débit

Figr. t%

LES SCIAGES

sur quartier, usité surtout dans les scieries du Nord. Dans ces dernières, les hauts traits se font seuls à la scie à grume ; le détail, presque toujours en planches minces ou fcuiUets, se pratique à la scie à ruban, ou avec des scies à lame de côté, qui usent beaucoup moins de bois que les grandes scies à déballer.

Fig. 197.

L'avantage du débit examiné consiste en ce qu'on peut régler répaisseur des échantillons, suivant la qualité et les défeuts intérieurs de la tronce. La qualité des planches est plus belle; aussi la plus-value obtenue est-elle de 20 à 30 francs par mètre cube. Ce débit donne un déchet qui s'élève, en moyenne, à 30 7o du volume réel. Les planches sont de faible largeur (22 à 46 centimètres pour des tronces de l^jSO à 3 mètres de tour. Ces légers inconvénients sont compensés et au delà par la faveur qui s'attache de plus en plus aux sciages sur quartier, restés malheureusement jusqu'alors l'apanage presque exclusif du Nord de la France, de la Hongrie et de l'Amérique.

Il est à noter que, dans ce genre de débit, il n'y a guère que les pièces avoisinant le cœur qui se présentent sur mailles : elles sont dites plein quartier; les autres sont désignées sous la dénomination générale de faux quartier.

LE DEBIT

Fig. 198.

Art. V. — DÉBIT SUR MAILLES.

Une pièce de bois est sciée sur mailles lorsqu'elle est débitée suivant des plans dirigés dans le sens des rayons médullaires et passant par le cœur de Tarbre. Le débit théorique serait donc indiqué par la figure 198; c'est celui utilisé pour la fabrication du merrain par le procédé de la fente. On obtient bien ainsi des morceaux sur mailles, tous égaux, mais qui n*ont pas la même épaisseur sur les bords. On pourrait facilement les réduire à une épaisseur uniforme, en enlevant du bois sur une des faces et en conservant sur Tautre la pleine maille, mais on aurait trop de déchet. Pour remédier à cet inconvénient, on adopte l'un des tracés suivants :

A. Tracé des scieurs de lo.ng. — La pièce est fendue en 2 quartiers par deux hauts traits qui isolent le cœur. Le plateau ainsi obtenu est ensuite refendu en 3 morceaux, dont deux sont à peu près d'égales largeurs, et dont le troisième forme un chevron renfermant toutes les parties du cœur impropres au travail. Chaque quartier est enfin débité par des traits de scie parallèles, en planches ou plateaux d'égale épaisseur et en madriers présentant une proportion variable d'aubier ou de pig. 199.

défourni.

La figure 199, représentant un chêne de 2", 10 de tour, donne 24 planches de 41 millimètres et 8 membrures dont

Matheit. — Exploitation des bois. II.

LES SCIAGES

4 ilaclieuses. Sur ces 24 planches, IG sont en plein quartier et 8 seulement présentent un peu de faux quartier.

B. Tracé du Nord de la France. — Dans le tracé empilé du Nord de la France {fig, 200), on se rapproche beaucoup

du débit sur quartier ordinaire.

Après enlèvement du plateau de cœur, on tire deux ou trois grands échantillons, en cherchant toujours la maille au retour du bois. Puis, sur un banc de 16 centimètres par exemple, on empile le plus grand nombre possible de planches ou de feuillets semblables, et, dans les talons. Ton finit par des membrures ou des pièces carrées.

Ce tracé donne les larges échantillons en plein quartier, les étroits en faux quartier.

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