‹ Traité dʹexploitation commerciale des bois;Chapitre 107 sur 194 · C. Tracé hongrois. — Les sciages de Hongrie nous arri · texte numérisé non relu

C. Tracé hongrois. — Les sciages de Hongrie nous arri

Fig" 200.

çtùOjrtLgri

Fig. 201.

vent débités en plein et en faux quartier, par le tracé, figure 201. Après avoir enlevé le plateau de cœur, il reste deux pièces dont la section est un segment de cercle. On rogne à la scie les deux coins perpendiculairement à la base, et on

LE DEBIT

débile la courbe en sciages par de hauts traits parallèles. Quant aux plateaux de cœur, ils sont affranchis de la partie médullaire, et donnent 2 morceaux complètement sur mailles, dont une rive est avivée et lautre flacheuse. Ces sciages connus en Angleterre sous le nom de wainscoaf, sont employés dans la menuiserie des wagons de l'" classe et des paquebots à vapeur. Paris, Bordeaux, Lille en consomment également beaucoup.

D. Tracé américain. — Les Américains, qui débitaient fort mal leurs bois autrefois, sont en train de passer maîtres en cet art ; ils sont d'ailleurs aidés en cela par les belles dimensions des arbres dont ils disposent. Le tracé, figure 202, montre le débit adopté par la plupart des usines américaines.

Le plateau de cœur une fois enlevé, chaque quartier est débité en planches et feuillets par des traits de scie parallèles à la direction du rayon 45°. Les grandes largeurs proviennent justement de ce rayon. Les secteurs d'angle donnent encore de la frise avant de tomber dans les chutes. Tous les échantillons obtenus par ce débit, depuis le gros battant du milieu jusqu'aux frises des talons, sont débités pleine maille et classés plein quartier.

E. Tracé poir les bois résineux. — Chez les résineux dépourvus d'aubier (sapin, épicéa, etc.), c'est le cœuî* qui forme la plus mauvaise partie de l'arbre, et ce sont les rives qui en constituent la meilleure. C'est là, en effet, que les couches annuelles sont les plus minces, les plus droites, et que le bois est le moins noueux. Il y a donc peu d'intérêt à fabriquer du sciage aligne avec ces essences ; par contre, il importe de réduire les chutes au strict minimum, car, à l'inverse de ce qui se passe pour le chêne, ce sont justement ces chutes qui renferment le meilleur bois. Pour ce faire, le moyen le plus rationnel est de débiter sur mailles. Les

Fig. 202.

LES SCIAGES

scieurs ont jusqu'ici refusé de s'engager dans celte voie, alors même qu'ils peuvent compter, comme dans le Jura, sur des arbres exceptionnels sous le rapport de la grosseur et de la qualité. Si la planche résineuse « quartier et faux quartier » n'est ni cataloguée, ni demandée, c'est uniquement parce qu'on ne la connaît pas. Le jour où elle sera lancée par une maison sérieuse, elle fera prime sur tous les marchés.

Le tracé du débit des résineux sur mailles dépend des indications fournies ci-dessus. Il consiste à tirer, au cœur des billes, de la charpente à vives arêtes {fig, 203 ;, puis à débiter en planches par de hauts traits appuyés sur les bancs de sciage ainsi dressés, de façon à avoir, dans chaque morceau.

Fig. 203.

Fig. 204.

une rive en bon bois, ce qui est suffisant. A défaut de charpente, on peut enlever un large plateau au cœur {fig, 204\ plateau qu'on refend en deux et qu'on redébite ensuite. Il est à remarquer que tous les échantillons des figures précédentes : frises et planches, sont à peu près débités plein quartier.

Nota. — Les arbres destinés au débit sur mailles doivent être de droit fil et nets de nœuds. Car ceux-ci se présentent dans le sens de la largeur des planches (tome I, fig. 46), et ils feraient casser ces dernières sous la plus petite charge.

LE DÉBIT 389

Art. VI. -^ RENDEMENT. - DÉCHET. — CROUTES.

Le rendement en marchandises fabriquées dépend :

1° De la grosseur des bois. — On trouvera, par exemple,

que, débités en plots, 2 mètres cubes réels de chênes de

Bourgogne, mesurant :

1"»,20 à 1«,40 de tour à 1 m. du sol, donnent l»nc,300 de sciages 1">,60 à ln,80 » » l«nS500 »

2» et plus » » l«"c,750 »

Le déchet s'abaisse ainsi de 30 à 13 Yq. Avec le même débit, on verra encore que, dans les Vosges, les sapins de :

0'n,40 diam. donnent » bonnes planches, 1/2 planches de rebS i/2 chons 0™,45 )• » » 2/3 » 1/3 »

Le déchet qui atteint à peine 17 Yo du volume total chez les gros bois, s'élève à 30 Yo chez les petits.

2** De la nature des marchandises fabriquées, — S'il s'agit de sciages avivés, le rendement sera d'autant plus élevé, que la proportion d'aubier sera faible et que le calibre des arbres sera mieux soutenu. On se rappellera que, pour une épaisseur d'aubier de 0'",05, un chêne de :

0>B,20 de diamètre a 3/4 de son volume d'aubier

Cela seul sufBrait à expliquer les prix élevés atteints par les gros chênes.

L'épicéa et le sapin, bien droits et bien soutenus, auront un meilleur rendement que les pins et les feuillus, rarement rectilignes et bien calibrés.

LES SCIAGES

Qu'il s'agisse de sciages avivés ou non avivés, il est évident que plus les échantillons seront minces, plus il y aura de sciure et de copeaux ; plus ilà seront épais, plus les dosses seront fortes.

^"^ Des outils employés, — Plus la denture des scies est fine, Tavance faible, plus le sciage est propre ; plus la denture est écartée, Tavancement grand, plus le sciage est grossier. Plus la voie est faible, plus aussi le sciage est beau, moins il y a de déchet. Les scies circulaires sont celles qui mangent le plus de bois ; les scies alternatives de côté, les scies à ruban, celles qui en consomment le moins. Dans le sciage des bois durs sur dosses, le déchet peut atteindre 40 à 45 7o avec les scies circulaires, 25 à 30 7o avec les scies alternatives à plusieurs lames, 20 à 22 % avec les scies alternatives de côté, 12 à 15 7o avec les scies à ruban. L'usage de débiter d'abord en gros plateaux avec les grandes scies alternatives, puis de refendre ces plateaux en minces échantillons à la scie à ruban, est donc tout à fait logique : il occasionne une notable économie de bois.

D'une façon générale, le nombre N de planches, que Ton peut tirer d'une grume de diamètre D, avec le débit sur dosses, est donné par la formule :

dans laquelle f , désigne l'épaisseur moyenne des planches, e^ celle des dosses, e^ celle du trait de scie (lame -+- voie). Si l'on refend les dosses d'épaisseur a, en planches d'épaisseur e\ , on obtiendra en plus un nombre d'échantillons égal à :

la somme N -i- ;2 représente le rendement total de la tronce.

Le déchet occasionné par le sciage, c'est-à-dire le volume de la sciure produite, s'élève de 3 à 10 Yo du volume total, suivant l'épaisseur du trait de scie et le nombre des planches febriquées.

Les chutes sont formées de croules ayant généralement 20-30 millimètres d'épaisseur, et rognées aux longueurs de

LE DÉBIT 391

l'",14, l"",.!.!, 1",50. Pour (Hre marchandes, elles doivent offrir un découvert de 8 centimètres, sur les 2/3 de leur Iongueur. On vend au stère, au morceau, ou au mètre courant. Classement suivant longueur, épaisseur et largeur.

Art. VII. - SALAIRES DES OUVIUERS — FAÇON DES SCIAGES.

Les ouvriers employés à la fabrication des sciages sont payés à la pièce ou à la journée. Dans les grandes scieries, les mécaniciens et les contremaîtres reçoivent souvent un traitement fixe. Il \J^^nt mieux payer : à la pièce, quand le débit ne comporte qu'un petit nombre d'échantillons ; à la journée, quand la fabrication porte sur des débits très variés, nécessitant beaucoup de manipulations. Dans le travail à façon, on traite, soit à la pièce (traverses , soit au mètre carré de sciages (planches, plateaux), soit au mètre cube de sciages (charpente, plateaux), soit aux 100 mètres linéaires (madriers de sapin, quartelots de peupliers, voliges de Bourgogne et de Champagne, etc.).

Dans le compte d'une exploitation, il faut faire état, non seulement de la main-d'œuvre, mais encore des frais généraux : usure des courroies et des outils, frais de graissage, d'éclairage, de combustible ; amortissement du capital ; réparations et entrelien des bâtiments ; assurances, etc.

En l'absence de conventions écrites, on peut recourir aux moyennes ci-après :

a) Sciages de bois durs

Fr.

Plateaux sur dosses, de 0in,05 et au-dessus, le mètre cube ... 10

» avivés » )» ... 12 à 15

Planches de 0,021 à 0,027, brutef, le mètre carré 0,50

» avivée?, » 0,60

PJanches de 0,028 à 0,035, brutes, » 0,60

» avivées, » 0,70

Planches de 0,036 à 0,045, brutes, » 0,70

» avivées, » 0,85

FeuilleU de 0,07 à 0,020, avivés, > 0,45

Feuillets de peuplier grisard, exceptioDnçIlement, le mètre carré. 0,40

392 LES SCIAGES

b) Sciages de bois blancs Fr.

Plateaux de 0>B,05 et au-dessus, bruts, le mètre oube iO

» avivée, » 12.50

Planches de 0,022 à 0,030, avivées, le mètre carré 0.40

Feuillets de 0,009 à 0,020, avivés, » 0,30

Quartelots. le mètre carré 0,60

» les 100 mètres linéaires 15

Voliges Bourgogne 0.022, avivées, les 100 m. linéaires .... 7,50

» Champagne 0,018, » » .... 6,50

c) Parquets

Parquet chêne, de 0,027, les 100 mètres linéaires 4

Parquet sapin, de 0.027 » 2.25

Parquet chêne bitume, les 100 lames de 0,30 à 0,35 3,50

Parquet grisard, de 0,027, les 100 mètres linéaires 4

>» de 0,034 » 5

d) Cfiarpentes

En bois durs, le mètre cube débité 14

» blancs. » 9,50

Traverses pour voie normale, la pièce 0,50

> de 1 m. » 0,25

e) Divers

g III' chant p Bar bas

Madriers sapin, les 100 mètres linéaires 3 IV. 2 fr.

Quartelots de peupliers autres que le grisard . • . • 3 2

>» grisard. . 4 2

Bastings de sapin 3 2

Planches et voliges de peupliers 3 1,50

» sapin de Lorraine 5 2

» chêne et de hétro 8 6

Membrures 8 4

Doubleltes 12 4

Liteaux, de peupliers f au-dessous de 0i°,32 \ . , . . 6 4

>» grisard i de larg., le sciage f les 100 m. 8 4

» chêne ) se compte au mè- i linéaires 12 6

» hêtre \ tre linéaire. / .... 12 6

f) Sciages à l'heure

Scie à grumep, Theure 6 tr.

» circulaire, » 3 fr. 50

» à ruban » 3 fr. 50

LE DÉBIT 393

Art. VIII. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA VALEUR ET LES DIFFÉRENTS MODES DE VENTE DES SCIAGES.

La valeur des sciages est principalement basée sur le volume de chaque échantillon. Celte valeur varie suivant les essences, les localités, le lieu de provenance des bois. C'est ainsi qu'à volume égal, le chêne, vaut 2 fois plus que le hélre ; que l'épicéa vaut 5 à 15 Vo de plus que le sapin. La valeur varie encore avec la longueur, la largeur, l'épaisseur, la présence ou l'absence de nœuds, la finesse du bois, la beauté du sciage, etc. Les longs échantillons sont plus chers que les courts, les larges que les étroits. Toutes choses égales d'ailleurs, les sciages minces, tels que les feuillets, sont souvent cotés plus haut que les sciages épais, tels que les planches et les plateaux. Cela se comprend d'autant mieux qu'en raison même de leur destination, ces sciages minces ne doivent présenter aucun nœud, aucune médiocrité. Pour les résineux, la régularité des couches annuelles est une qualité primordiale ; c'est ce qui fait rechercher les bois de la Baltique et de la Suède, et peut déprécier nos bois du Jura, à rétat tantôt serré, tantôt clair. Les épicéas de la Styrie sont réputés pour leur éclat satiné. Les chênes de la Slavonie sont tendres ; ceux de la Bohême plus durs. Les douelles américaines de chêne blanc ont une couleur sombre ; elles exercent une mauvaise influence sur la conservation et la coloration des vins. Les frênes de Bosnie ont le cœur noir et ne se cintrent pas. La valeur comparative des sciages des diverses essences françaises, est donnée dans le chapitre suivant. On pourra faire des rapprochements avec les chiffres ci-dessous, indiquant, d'après Ilufnagl, les prix payés fin i 902 sur la place de Vienne, par mètre cube de plateaux, de 52 à 105 millimètres d'épaisseur :

Erable et chêne. .

. . 76 fr.

Mélèze et Tilleul, 2^ .

. 46 fr

Chêne de Hongrie .

Pin sylvestre . . .

Tilleul, Ire . . .

Aune

Chêne de Slavonie.

Sapin et épicéa. . ,

Poirier

Uêlre

Orme de Hongrie .

394 LES SCIAGES

La vente des sciages peut se faire :

1* A la pièce, — C'est le mode de vente ordinaire pour les sciages ayant des dimensions fixes, comme certains bois équarris.

2o A la largeur et au nombre de pièces. — La longueur et l'épaisseur étant fixes, on vend au tas de 50, 60, 100 pièces ; le prix se trouve donc basé sur la largeur totale des échantillons composant la fourniture. Dans les provinces rhénanes, les planches résineuses se vendent au tas de 60, ce qui représente 450 mètres courants de largeur.

3<* A la largeur, sans fixation du. nombre de pièces» — Ce mode de vente s'applique à des planches ou plateaux, dont la longueur et répaisseur sont invariables. Dans quelques provinces allemandes, on achète les sciages aux 800 pouces (20",92) de largeur développée.

4® A la largeur. — Pour chaque longueur et pour chaque épaisseur, le prix est établi, soit par centimètre, soit par mètre, soit par toute autre largeur conventionnelle d'ensemble. Ainsi s'effectue la vente au détail dans les pays de langue allemande.

5® Aumètre superficiel. — C'est le mode usité en France pour les feuillets et les planches de moyenne épaisseur.

6<> Au mètre courant. — Ainsi se vendent tous les petits sciages carrés, tels que chevrons, lambourdes» lattes, liteaux, etc. En Allemagne, les lattes sont vendues par bottes de 250 pieds = 78", 46 de long.

1^ Au mètre cube, — Mode le plus usuel de vente pour les planches et plateaux. Pour les sciages alignés, le volume s'obtient en faisant le produit de leurs trois dimensions (longueur x largeur x épaisseur). Les calculs se font à la plume, ou sont donnés par des tables. Pour les sciages non alignés, la largeur se prend au milieu, hors flachesysur laface la plus faible, quand il s'agit d'échantillons ayant moins de 40 millimètres d'épaisseur. Si les dimensions sont plus fortes, on prend la moyenne arithmétique des mesures sur les deux faces, eu négligeant les fractions de centimètre.

8o A l'assortiment de pièces. — Dans la caisserie, on donne le prix par caisse d'un type déterminé.

9<> Diaprés des tarifs de détail. — Le commerce de détail vend nécessairement plus cher que celui de gros, d'après une échelle de prix soigneusement étudiée, mise en harmonie avec les prix du gros, la demande et la concurrence locales. Ces tarifs donnent la valeur des échantillons, soit directement par une simple lecture, soit au moyen d'une multiplicalion ; ils renferment nécessairement toutes les données de longueur, largeur et épaisseur, permettant d'identifier la marchandise. Si le tarif ne donne que la* largeur et l'épaisseur, le prix par centimètre ou par mètre de largeur est indiqué en marge, vis-à-vis de chaque unité marchande. Si le tarif donne les 3 dimensions, les prix s'établissent par pièce, ainsi que le montre l'exemple suivant, emprunté à Hufnagl :

LE DEBIT

Epicéa

Epaisseur • Longueur .

/ 20an

Largeur } 22^^

alignées

fr.

non

alignées

fr.

■lignées

fr.

non ■lignées

fr.

alignées

fr.

non alignées

alignées

fr.

non alignées

Ir.

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