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CHAPITRE PREMIER

Art. I*'. — GÉNÉRALITÉS.

On désigne par le nom de merrain, de petites planches ou douves, obtenues par la Tente et destinées à la fabrication des tonneaux, barils, cuves, seaux, etc. On distingue deux sortes de merrains : Tune sert au logement des vins, bières, cidres, vinaigres, eaux-de-vie, kirsch, vermouth, etc. ; l'autre à celui des huiles, du pétrole, du naphte, du beurre, du miel, à remballage en gros du ciment, du pUUre et autres matières désagrégées, des clous, vis, etc., des poissons salés, des figues, des raisins de Corinthe, etc.

Les merrains pour liquides se font en chêne, frêne, cerisier, sorbier et châtaignier ; ceux pour matières sèches, en hêtre, aune et bouleau.

Le débit en merrain exige des arbres de droit fil, susceptibles d'une fente bien nette, point noueux, ayant au moins 0™,35 de diamètre au petit bout. Les gélivures non entrelardées, les pourritures localisées ne s'opposent pas à ce débit. Il en est de même des roulures qui peuvent n'entraîner aucun déchet quand leur espacement coïncide avec la largeur des douves. On peut donc utiliser par cette fabrication, toutes les fausses coupes et les billes avariées, impropres au sciage, après en avoir soigneusement éliminé les parties défectueuses.

BOIS DE FENTE

Le rendement oscille entre 50 et 70 % î il dépend de la grosseur des arbres, du degré de fissibilité du bois, de la proportion d'aubier et de Thabileté de l'ouvrier.

Pratiquement, on reconnaît la qualité d'une douve en la frappant sur l'angle d'une pierre : bonne, elle se fend dans le sens de sa longueur ; mauvaise, elle se brise par le travers. Échauffé, le mèrrain fait tourner ou moisir le vin ; picolé de taches claires, il est cassant ; rayé de jaune et de rouge, il s'altère rapidement et donne un mauvais goût au vin.

Art. II. — FABHICATION.

Autrefois, le merrain se fabriquait exclusivement en forêt ; aujourd'hui, les tonnelleries mécaniques font une redoutable concurrence aux ateliers de fendeurs. Le travail en forêt offre de gros avantages sur le débit à l'atelier. Tout d'abord, la fente se fait mieux et plus facilement avec des bois saignants qu'avec des bois mi-secs ; ensuite, le rendement est toujours plus élevé, car l'ouvrier peut utiliser toutes les fausses coupes, tout ce qui renferme une proportion convenable de bois sain,

A, DÉBIT FRANÇAIS. — Aussilôt aprcs abatage, les arbres sont découpés à la scie en billes de longueur convenable,

puis disposés à l'ombre, au voisinage de l'atelier. Chacune de ces billes est d'abord fendue en deux, à l'aide de la cognée, en s'orientant sur le fil du bois et en attaquant par le cœur ; puis, chaque quartier ainsi obtenu est refendu en 2 ou en 4, suivant la grosseur du billon. On obtient ainsi un certain nombre de coins (8 dans la fig, 223) ayant la longueur des douves et une largeur suffisante pour que le maniement en soit facile. Cela fait, le lendeur enlève le cœur et l'aubier avec un instrument, le départoir {fig. 225), qui n'est pas

Fig. 223.

autre chose qu'une sorte de coutre à lame d'acier très forte, taillée en forme de coin, terminée par une douille dans laquelle est fixé à angle droit un manche en bois assez court; puis il partage le surplus en un certain nombre de prismes ou de parallélipipèdes AB A'B', BC B'C, CD CD' {fig. 224),

dont les épaisseurs sont telles qu'en fendant parallèlement à AB, B'C et CD, on obtient des douves de longueur et d'épaisseur uniformes, mais de largeur variable. Chaque morceau à

rv

Fig. 225.

Fig. 226.

fendre est placé dans la fourche d'un chevalet [fig. 226) ; on chasse dans le bois, à l'aide d'un maillet {fig. 227), la lame du départoir, puis on agit sur le manche de cet outil comme

4Sb BOIS DE FE.^TE

sur un levier, et on fait avancer progressivement sa lame dans la fente. Les douves rugueuses et brutes ainsi obtenues sont dressées grossièrement à Faide d'une doloire, instrument tranchant, presque toujours légèrement cintré et dont le manche se trouve un peu incliné sur le fer !fig. 228 , ; le finissage et le polissage sont l'affaire du tonnelier. Les douves sont de deux sortes : celles de la

cerce du tonneau et celles du fond. Les longueurs

Fi^ m ^^^^ différentes : celle des douves est toujours plus grande que celle des fonds, ordinairement dans le rapport de 4 à 3 ou de 3 à 2 ; en revanche, les fonds sont plus larges, de sorte qu'ils ont la môme valeur. Mais, en

raison de leur proportion dans les futailles, un lot de merrain assorti doit comprendre 2/3 de douves et 1/3 de fonds.

La largeur des douves, de môme

que celle des fonds, peut varier dans

>^7 ^'^® certaine mesure. On appelle

L '"^^^y^y bonnes douves^ bons fonds ^ les mer-

, ,,^^y/ rains de grande largeur a «... a et

^ '^ douves de tricage, fonds de tricage,

les pièces de petite largeur 6 6... b ^^' (fig'.^Vij. Celles-ci se ramènent sou-

vent pour la vente à un nombre équivalent de pièces de grande largeur ; on ne compte trois pièces de tricage que pour 2 pièces de bon bois. Dans un lot assorti, le tricage, ainsi réduit, n'est guère admis que dans le rapport de 1 à 2 avec le bon bois.

Les longueurs du bon bois et celles du tricage étant les mêmes, l'un et l'autre s'emploient ensemble à la confection des mémos futailles et ont naturellement même épaisseur. On fabrique des futailles de toutes dimensions. Ainsi, en Bourgogne, outre les tonneaux de 228 litres, on fait des feuillettes qui n'en contiennent (jue la moitié. Le merrain pour feuillettes a des dimensions moindres que l'autre et prend le nom de marquandise; la longueur, la largeur et l'épaisseur sont plus faibles. Cependant, il peut entrer dans

JIERRAIX

un assortiment de merrain une certaine quantité de marquandise ; on ne compte alors 5 pièces de marquandise que pour 2 pièces de bon bois, et la marquandise, ainsi réduite, est admise dans les lots dans la proportion d un tiers.

On fait encore du merrain plus petit, pour quariauts de Bourgogne et pour tonnelets divers ; mais il se vend à part.

B. DÉBIT ALLEHÂ?îD. — Lc débit allemand, qui a surtout en vue la production des fûts à bière, diffère sensiblement du débit français qui fabrique pour le vignoble. Les douves allemandes sont généralement plus épaisses, plus grossières, moins bien travaillées que les françaises. De même que pour ces dernières, chaque type de merrain présente une longueur et une épaisseur fixes, une largeur variant dans de justes limites. En général, «ette largeur doit être égale à au moins 1 fois i/\ l'épaisseur chez les grosses sortes, et à au moins 1 3/4 à 2 1/2 chez les petites. Les fonds ont partout même épaisseur ; ils peuvent cependant aussi être amincis à leurs deux extrémités, pourvu que la languette finale soit du tiers au moins de l'épaisseur au milieu. Leur longueur est nécessairement plus petite que celle des douves, en général même de moitié pour les gros tonneaux.

L'assortiment se fait d'après la capacité des récipients, c'est-à-dire qu'à chaque fut de 1, 2, 3 hectolitres correspond une largeur déterminée AE [fig, 229), de douves et

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