BARDEAUX, LATTES, ÉCHALAS
Ces bardeaux se vendent au millier. Le petit millier est de 00 marelles ou de 480 bardeaux; le grand millier, de 125 marelles ou de 1 000 bardeaux.
Le rendement des plots en bardeaux est variable. En n'envisageant que ceux donnant do la marchandise recette, le rendement d'un mètre cube grume (volume réel) est de 11 à 12 milliers 7/10 ; mais la moyenne des plots ne donne que 11 milliers {/% Il s'agit là exclusivement de grands milliers. Le déchet de fabrication est de 15 7o seulement.
Le grand millier de bardeaux se vend 4 à fi francs ; il a coûté 1 franc à 1 fr. 50 de façon. Le mètre cube fabriqué donne donc pour 57 fr. 50 de marchandises.
c) Fabrication autrichienne, — En Autriche, les bardeaux fendus à la main ont 50 centimètres dô longueur, 6 à 7 centimètres de largeur, 16 millimètres d'épaisseur. Un mètre cube de bois rond donne 1 100 à 1 600 bardeaux. Façon, 9 fr. 10. Prix, 23 fr. 50.
d) Fabrication russe. — En Ukraine, les bardeaux fendus à la main ont 80 centimètres de longueur, 10 à 15 centimètres de largeur, 12 à 15 millimètres d'épaisseur. Un mètre cube de bois rond donne 500 bardeaux. Déchet, 25 Yo- Façon, 12 à 16 francs par mille. Prix, 31 à 36 Irancs.
Dans celte région on fait aussi des bardeaux en hêtre, de plus fortes dimensions, qui coûtent 21 à 25 francs de façon et qui valent 32 à 61 francs le mille.
e) Fabrication à la machine. — Les bardeaux fabriqués à la machine proviennent exclusivement de bois résineux ; ils ont 30 à 70 centimètres de longueur, 6 à 12 centimètres de largeur, 2 millimètres à 2 centimètres d'épaisseur. Pour des chutes de scieries, de 14 à 18 centimètres d'épaisseur, le déchet atteint 45 à 50 7o- L'emploi de bois noueux est sans inconvénient pour la marchandise en elle-même ; mais ces bois abîment les machines et n'augmentent pas sensiblement le rendement. Des bardeaux sciés, de 67 centimètres de long, 10 centimètres de largeur moyenne, 2 centimètres d'épaisseur, se vendent 18 à 20 francs le mille ; ils ont coûté 6 à 7 francs de façon, la production étant de 800 à 1 000 morceaux par journée de 10 heures.
52 i BOIS DE FEME
Art. il — LATTES.
Autrefois, on employait beaucoup de lattes en chêne fendu pour les couvertures et les plafonds; elles étaient d'une durée prolongée, mais elles avaient Tinconvénient de noircir les plafonds quand il se produisait des gouttières, l'eau se chargeant de tanin. Aujourd'hui, on utilise surtout les lattes sciées, en bois résineux, qui sont beaucoup plus économiques.
En quelques régions de la France, on continue cependant à fendre le chêne et le châtaignier pour les usages spécifiés plus haut, l'empilage des bouteilles et la fabrication des clôtures, treillages. On distingue la latte de cœur, ou latte grise. de la latte d'aubier, ou laite blanche, La seconde, sulfatée, est aussi durable que la première.
Pour le débit, il faut des bois de droit RI, dépourvus de nœuds, maigres. On utilise, soit les gros brins de taillis mesurant 0^,40 à 0'",()0 de tour à hauteur d'homme, soit les petits arbres de 0'",G0 à 1™,10 de tour, soit encore de gros bois gélifs, roulés ou partiellement pourris. Les petites lattes ont ordinairement 1"\33 de longueur, 3 centimètres de largeur, 4 centimètres d'épaisseur.
On vend à la botte de 50, pesant environ 13 kilos, ou au mille. Les lOî bottes valent: cœur, 75 francs; aubier, ()5 francs. Le mille coûte G francs de façon. Les grosses lattes ont l'",33 de longueur, CxC centimètres d equarrissage ; elles valent : cœur, 175 francs les 104 bottes ; aubier, 100 francs - Les liteaux pour bouteilles ont souvent 0",90 à 1°',20 de longueur, 30 à 33 millimètres de largeur, 5 à 7 millimètres d'épaisseur. Un mètre cube réel de bois tout venant donne en moyenne 1800 à 2000 lattes, savoir : 12 à 1300 de cœur, 6 à 700 d'aubier.
Pour la fabrication, l'arbre est d'abord scié en billes de 1°',33 à l'aide du passe-partout ; puis chacune d'elles est refendue en un certain nombre de quartiers tels que ABC (fiff, 242) ayant 10 à 12 centimètres de corde. On enlève le cœur dont on tire des échalas si possible, et on refend le surplus par des lignes parallèles FG, III, JK, distantes de la largeur des lattes. Les morceaux ainsi obtenus portent le nom
BARDEAUX, LATTES, ECICALAS
cVappréls. Généralement ces apprêts sont débités de façon à donner 8 lattes. Après avoir enlevé les biseaux DFF', EGG'..., l'ouvrier fend son apprêt d'abord en deux, puis en quatre ; il lui reste donc Knalement un petit morceau dans lequel il doit prendre deux lattes ayant sensiblement la même épaisseur d'un bout à Tautre. Si la fente va mal, le contre-fil donne une écharde ; si la fente n'est pas dirigée dans le sens des rayons médullaires, on obtient une latte de trépan y qui se fend d'un bout à l'autre quand on enfonce un clou. Echardes et laites de trépan ne sont pas bois marchand. Les lattes sciées s'obtiennent avec des scies circulaires à plusieurs lames. On les fait en chêne, en hêtre (treillages) et Qn saule blanc. Sous de petites dimensions, les lattes de hêtre et de saule sont de vente courante pour la fabrication des pieds et appareils photographiques, La plupart des pieds pliants d'appareils photographiques, en saule, chêne, hêtre, sont d'origine allemande.
Art. m. — ÉCHALAS, PIQUETS DE VIGNES ET DEMBOUCHES.
A; Les échalas de fente se font en chêne, acacia, châtaignier, tremble, saule, tilleul, orme, pour les feuillus ; en épicéa, sapin, mélèze, pins, pour les résineux. Les échalas en tilleul noircissant très vite, il convient de les tremper sur le parterre des coupes, de suite après façonnage.
Les bois utilisés pour cette fabrication doivent être exempts de nœuds, de droit fil. Les sujets noueux donnent des échalas croches {fig. 243; qui se cassent quand on les enfonce. La tête ou vaisseau doit être aussi régulière que possible ; elle affecte, tantôt la forme d'un trapèze (échalas carrés), tantôt celle d'un triangle (échalas cornus). On donne généralement au vaisseau 20 à 30 millimètres de face ; cependant les échalas de Champagne portent 25 à 30 millimètres. Les longueurs les plus répandues sont :
BOIS DE FENTE
jmj4àl'«j7 (Aube, Yonne, Meuse, Ardennes, Vosges) ; l'",30 à i".3o (Meurthe-et-Moselle, Jura, [ndre-et-Loîre, ^ Loir-et-Cher, Cher, Indre,: Nièvre, Allier, Haute- Saône) ;
1 ",45 à 1", 50 (Champagne, Beaujolais, Maçonnais, Lyonnais);
l"",.!:) (Côte-d'Or, Jura).
Le débit se fait sur le parterre des coupes avec les outils ordinaires du fendeur. On classe :
a) Echalas eii cœur de chêne, — Ils sont tirés de petits arbres mesurant O'",50 à 0",ttO de tour à {"".SO du sol, et vendus au mille, au cent ou à la javelle de 50. La javelle bourguignonne vaut environ 2 fr. 90 aux lieux. d'emploi. Déduisant la façon (10 francs) et le transport (5 francs), il reste 43 francs comme valeur du mille dans l'arbre. Un mètre cube réel donne environ 550 échalas, non compris le déchet s'élevant à 15-25 % suivant le diamètre des arbres et la proportion d'aubier. Par suite, le mètre cube réel sous feuilles ressort à 24 fr. «5 :
Fig. 243.
550 échalas à 4 fr. 30 k mat 22 fr. ti5
Déchet, 0 st. 4, à 5 fr 2 fr.
Les chênes rouvres des forêts du calcaire jurassique, à croissance lente et à aubier mince, conviennent bien pour ce débit qui tend à tomber en désuétude. Les échalas en coeur de chêne non injectés durent 20 à 25 ans.
b) Echalas en cœur et aubier de chêne. — Ils proviennent de petits modernes et de grosses perches de taillis ayant 0",50 à 0'",80 de tour. Une botte façonnée par un habile fendeur reproduit exactement le contour extérieur de l'arbre dont elle provient. Ces echalas valent 35 à 42 francs le mille, suivant longueur, aux lieux d'emploi, soit 30 à 37 francs sur le parterre des coupes. Déduisant la façon (8 à 9 francs), il reste 21 à 28 francs pour la valeur du mille dans l'arbre. Un mètre cube réel fournit environ 1 150 échalas de 1 ",55 de long,