CHAPITRE II
BARDEAUX, LATTES, EGHALAS
Art. pr — BARDEAUX.
Avec les bois de sapin et d'épicéa, plus rarement avec ceux de pin, de hôtre et de mélèze, on fabrique des planchettes minces ou bardeaux qui sont employés, comme la tuile ou Tardoise, pour la couverture des bâtiments et le revêtement des murs exposés aux pluies orageuses.
Ces couvertures en bois ont perdu beaucoup de leur importance en France; mais en d'autres pays d'Europe, comme en Autriche, en Russie, en Suède et en Norvège, on fabrique et on consomme toujours une grande quantité de bardeaux. Ceux-ci peuvent être avec ou sans rainure et languette. Les premiers, adhérant les uns aux autres, donnent plus de solidité et de durée au toit ; les seconds sont simplement cloués côte à côte.
On distingue les bardeaux fendus, ou à la main, des bardeaux sciés, ou à la machine. Les bardeaux fendus à la main peuventétre avec ou sans rainure et languette ; ceux fabriqués à la machine doivent toujours être rainés.
Pour la fente, on utilise des arbres à partir de 0'",90 de tour, bien lilés, sans nœuds et à croissance régulière ; les éboutures et les fausses coupes des scieries, au cœur carié, donnent aussi de bons bardeaux sur leurs rives.
•522 BOIS DE FENTE
L'outillage nécessaire pour fabriquer mécaniquement les bardeaux se compose : d'une scie circulaire qui débite le bois en planches de largeur et d'épaisseur convenables, d'une machine à rainer et à bouveter, d'une raboteuse. Cet ensemble nécessite une force de 3 à 5 chevaux, et Tarbre de couche doit faire 1 500 tours à la minute. Il faut quatre hommes pour le travail, savoir : un pour amener les bois ronds, un deuxième pour la grosse scie circulaire, un troisième pour la machine à rainer et à bouveter, un quatrième pour la raboteuse. Dans une journée de 10 heures, on peut fabriquer 1500 à 3000 bardeaux. Le montage d'un tel appareil ne donne de bons résultats qu'autant qu'il se trouve annexé à une scierie un peu importante. C'est un moyen de tirer parti des chutes.
a) Fabrication vosgienne. — Les bardeaux vosgiens, ou essis, sont fabriqués à la main. Les arbres sont tronçonnés en rondelles de la longueur d'un essis (12 pouces), puis ces
rondelles sont fendues avec un contre en 2, 4... etc., jusqu'à ce que l'un des secteurs n'ait plus qu'un centimètre (épaisseur habituelle du i)ardeau;. On passe finalement ces planchettes à la plane, et on les amincit à un bout pour en faciliter la juxtaposition. Pour recouvrir la sur- Fig. 241. face des murs tournés au sud, on fait quelquefois des essis très réguliers, plus étroits et plus courts, mais dont une extrémité est arrondie à remportepièce {fig. 2il).
La fabrication du raille d'essis coûte 3fr. 50 à 4 francs ; on en obtient 2 200 d'un mètre cube, avec 25 Vo ^^ déchet. Les essis se vendent 22 à 25 francs le mille.
b) Fabrication jurassienne. — Les bardeaux fabriqués dans le J ura ont généralemen 1 4 pouces de largeur, 1 0 ai 0 1/2 pouces de longueur, suivant que l'on découpe le plot ayant 12 pieds plus un pouce (que l'on ajoute au cas particulier pour tenir compte du trait de scie) en 15 ou 14 billes.
L'épaisseur de chaque marelle est d'un pouce, plus habituellement de 3/4 de pouce. On appelle marelle une planchette ayant les longueur, largeur et épaisseur ci-dessus indiquées et avec lesciuelles on débite huit bardeaux.