X 0,50 X 0^,07 > . . 2 Ir
Un mètre cube grume donne environ 3 douzaines des premières et 2 douzaines des secondes ; la fa^^on et le transport s'élevant à 28 francs en Fig. 33a. n^Qyçi^nç^ il pçsiç îi p(^u pr{»s 3(} francs pour la valeur du bois sur pied, les déchets constituant le bénéfice de l'opération.
Avec les chutes de cette fabrication on fera des battoirs de
lessive {fig. 335 , ayant 0"',35 à 0'",30 de longueur totale.
34 millimètres d'épaisseur au manche et 0'",35 de largeur:
des cuillers en bois, de formes variées ; des
boites ; des pinces de lessiveuses fig. -YM} :
des étiquettes pour jardiniers, etc.
Art. X. — BOIS DE TOUftNERIE.
Le tourneur recherche des bois durs, qui ne s'écrasent pas sous l'outil, à texture fine et homogène, comme le hêtre, l'érable, le charme, Talisier, le sorbier, le bouleau, le tremble, Tif, le noyer, le poirier, le pommier, le prunier, le frêne, le buis, le sureau, etc.
A Dortan (Ain) on utilise surtout les érables plane et sycomore, le charme, le frêne, le hêtre, l'alisier, le tilleul, le cerisier, le cytise, etc. Ce sont, en général, des perches provenant des taillis de la région, achetées à la douzaine, à raison de 2 francs à 2 fr. 25 les 100 kilos, rendus en gare de Dortan. Les modernes de plus grosses dimensions, généralement essences chêne et hêtre, valent 27 à 30 francs le inèlrc cube réel, également rendu en gare de Dortan. La tournerie Georges Rogez, à Ilasnon (Nord), consomme
BOIS DE TOURXERIE fi 43
annuellement 2 à 3.000 mètres cubes de bois de différentes essences, savoir : a) De petits hêtres, charmes, bouleaux, sycomores, etc., rognés à 0'",50 de circonférence au fin bout, payés environ 26 francs le mètre cube au quart, rendu sur wagon Hasnon ; b) De petits acacias ou des pointes d'acacia, raccourcis à 0'",3(> de circonférence au fin bout, à raison de 40 francs le mètre cube au quart, sur wagon Hasnon ; c) Quelques gros hêtres ayant au moins l'",50 de circonférence au milieu, et qui valent 30 à 35 francs le mèlre cube au (juarl, également rendu.
Ci-dessous quelques indications sur l'emploi des principales essences :
Les grosses vis de pressoirs, de presses, se font habituellement en poirier, charme, sorbier; les poulies, en bois similaires, mais aussi en érable, alisier, buis; les pieds de meubles de luxe, en noyer ; les pieds de meubles ordinaires, en cerisier, aune, hélre ; les formes de chapeaux, en tilleul, aune ; les règles et autres instruments de mathématiques, en charme, poirier, alisier, platane ; les quilles de jeux de boules, en québracho, charme ; les boules, en charme, buis ; les navettes de tisserands, en buis; les bobines pour, filateurs, en bouleau, tremble ; les jattes, écuelles, en hêtre, alisier, bouleau, érable; les robinets de tonneau, en buis, frêne, aune, charme, aubépine, alisier, poirier, pommier, if, mélèze; les fourneaux de pipes, en bruyère arbre, cerisier, genévrier ; les cannes, en chêne, aubépine, vigne-vierge, cornouiller, prunier, etc.
Réduit à ses éléments essentiels, le tour de forêt se compose essentiellement {fig. 337) de deux montants verticaux A, B, solidement enfoncés en terre, et reliés par deux traverses C, C, supportant une poupée mobile.
Le poteau B porte une pointe correspondant à celle de la poupée D ; entre ces deux pointes se place le mandrin I actionné par la ficelle H, fixée d'une part à une perche à ressort b et d'autre part à la pédale L. L'appareil tout entier est consolidé par une pièce en fer E reposant sur la poupée mobile D et sur une des traverses F, F, emboîtées d'un cftlé dans les montants et de l'autre dans les murs de la loge. Vwq planche K est posée sur ces traverses.
LES GRANDS EMPLOIS DU BOIS
La hauteur des poteaux est de l^^SO, celle de la poupée mobile de 0™,22. La distance qui sépare les poteaux est de 1 mètre ; celle qui sépare la poupée mobile du plateau B, de 0'",50.
Fig. 337.
Les charrons de village se servent encore, pour la plupart, de cet outil primitif pour tourner les moyeux, fabriquer des bcUons de chaise, des pieds de table, des boules et des quilles grossières, des sébiles, des plats, des manches, etc.
Fig. 338.
Fig. 339.
dx)
Fig. 340.
Pour la fabrication des sébiles par exemple, on découpe les arbres en billes de longueur un peu supérieure au diamètre des plus grandes pièces à tourner. Ces tronces sont ensuite écartelées {fig. 338 et, de chaque quartier, on retire une série d'objets de même espèce. Pour ce faire, le
BOIS DE TOURi>ERIE
tourneur trace sur une des faces plates du quartier un cercle de rayon égal à celui de sa plus grande sébile (/îy. 339), puis, avec la hachette, il dégrossit son morceau de bois et le transforme en une demi-sphère aplatie. C'est de cette pièce appelée pelote, qu'il va retirer une série de sébiles de plus en plus petites, qui pourraient toutes se placer les unes dans les autres.
Sur la pelote on fixe un mandrin garni de pointes sur une de ses faces {fig, 340), puis les deux pièces ainsi réunies sont maintenues à demeure entre les» poupées, au moyen des clous dont ces dernières sont munies. Le tour étant mis en marche, l'ouvrier s'assure avec la main que la pelote est bien centrée. Si cette condition n'est pas remplie, il y remédie en frappant de son ébauche de légers coups de maillet. Appuyant son dos sur la planche K inclinée comme un pupitre,
Klll
Fig. 341.
Fig. 342.
Fig. 343.
il façonne le tour extérieur du moule avec un ciseau à manche droit, désigné sous le nom de plane (fig. 341). Quand ce moule est travaillé au dehors, il le retourne ; puis, avec l'outil figure 3i2, il commence à le creuser en faisant une rainure entre le noyau et le moule. Il approfondit ensuite cette rainure avec des gouges de plus en plus grandes et de plus en plus fortes {fig, 343), jusqu'à ce qu'il juge qu'il approche de l'épaisseur que doit avoir le moule vers son fond. 11 détache enfin le noyau à l'aide des ciseaux courbes, en frappant le manche avec un marteau dans le sens des fibres du bois.
Quand le noyau est détaché, le tourneur relouche Tinté-
G 40 LES GRAISDS EMPLOIS DU BOIS
rieur de la sébile, puis il travaille ce noyau comme il a travaillé la pelote, et ainsi de suite. De chaque pelote primitive, on obtient ainsi une série de sébiles de plus en ^ plus petites (fig. 344).
■^^ On fabrique de la même façon, des poulies en
^3^ hêtre, orme et frêne, des plais en bois, etc. I/épurc
e ligure 345 montre Torientalion du débit. Pour cette fabrication, il faut des arbres de 0",Ur> Fig 344 ^'^ diamètre et au-dessus, de très bonne qualité. Le déchet varie de 70 % pour les sébiles à (îO Y© pour les plats. Le mètre cube grume de hêtre, rendu à râtelier, ressort à 45 francs environ.
L'industrie moderne, qui tend sans cesse à remplacer le travail de Thomme par celui de la machine, a relégué le tour antique de nos pères parmi les vieux accessoires. Les modèles nouveaux, de tours mécaniques sont devenus les plus précieux auxiliaires des scieries, en ce sens qu'ils Fig. 345. permettent l'utilisation de presque tous les
déchets du sciage. Nous citerons :
a) Le tour à bondes en chêne, de la maison Kirchner (fig^ 34(5) ; sa force motrice est d'un cheval, son prix de 650 francs. Pour fabriquer des bondes avec (il, les bois doivent préalablement être sciés à la longueur voulue au moyen d'une scie circulaire ou à ruban ; pour les bondes à contre-fil, les bois doivent être sciés en carrés ou en octogones répondant au diamètre des bondes à fabriquer. La machine est construite entrèrement en fer; elle sert à faire des bondes de toutes dimensions. La poupée de gauche est mobile au moyen d'une pédale ; la poupée de droite est lixe. Le support se règle très exactement, de façon à pouvoir donner aux bondes toute épaisseur et toute conicité. La tête de la bonde se biseaute en même temps. L'arbre tourne dans de longs paliers ajustables. Le bois se lixe sans arrêter la machine.
b) Le tour à façonner les objets courts et minces^ de la même maison ifig, 347), sert à la fabrication des manches de porte-plumes, depinceaux,etc. La force motrice nécessaire pour l'actionner est de 1/2 cheval ; le prix avec la transmission, de
BOIS DE TOITRNERIE
G25 francs. Le bois à tourner est préalablement scié carré, puis introduit dans la douille munie d'un pas de vis. Le petit support bien guidé porte trois fers. Il est avancé à la main et tourne d'abord le bois cylindrique au moyen d'une gouge. Le diamètre est donné par celui de la lunette située en arrière.
Fig. 346.
Fig. 347.
Simultanément un fer a fa^'onner, (|ui se guide sur un gabarit en tôle, donne au bois la forme désirée. Enfin, en levant le troisième fer, l'objet tourné est détaché et tombe à terre, proprement achevé. La machine sert pour des objets jusqu'à »}5 millimètres de diamètre et 0™,50 de longueur.
c) Le tour à façonner de petits objets [fig, 3î0) sert pour la fabrication des manches d'outils, des l>outons pour patères et lambrequins, des glands pour les cordes de rideaux, des bobines, des quilles, des petits moyeux de roues, des bondes, des porteallumelles, des jouets, etc., etc. Pour des objets d'un diamètre de î) centimètres, la force motrice nécessaire pour actionner la machine est de 1 cheval-vapeur, le prix avec le renvoi, de 1.425 francs. Le bois débité carré, hexagone ou octogone, est un peu taillé en pointe à un bout et introduit ainsi dans la machine sur laquelle il est d'abord tourné rond à la longueur de l'objet à façonner, au moyen d'un fer
Fis. 348.
LES GRANDS EMPLOIS DU BOIS
à dégrossir placé dans un mandrin. Si les ol)jets doivent élre évidés ou percés, on obtient ce résultat en approchant, au moyen d'un levier à main, la fraise ou la mèche &\ée sur Tarbre de la poupée mobile. On avance simultanément le fer à façonner contre le bois, au moyen d'un levier fonctionnant au genou, ce qui lui donne de suite la forme du profil désiré. L'objet tombe de la machine tout achevé.
d) Le tour automatique à façonner, à guillotine (fig. 3iî^l. force 2 chevaux, prix 2.500 francs, sert à tourner les objets
Fig. 349.
ayant jusqu'à 10 centimètres de diamètre, comme des pieds ou des colonnes de table ou de chaise, des fuseaux d'escalier, des manches de parapluie, etc., avec des angles aigus et <ie? gorges fines. Ce tour permet de travailler des objets en leur laissant des parties carrées, soit aux extrémités, soitaufDilieu. Le bois carré fixé entre les pointes est d'abord tourné à sa forme grossière par un outil d'après un gabarit, on /ui donne ensuite la netteté et le fini désirables au moyen de fers fixés sur la guillotine.
e) Les tours à bobines de la Défiance machine, Works,livrés par la maison Sussfeld, Lorsch et C'* ont une réputation universelle. Avec eux, un ouvrier peut produire jusqu'à 1500 bobines par jour.
BOIS DE TOURNERIE 649
Nota. — Le débit en bois carrés pour la tournerie n'est pas sans importance pour les scieurs de province. Voici donc, à titre d'indication, la nature et les dimensions des objets de vente courante :
Pieds de chaises en noyer, chêne et hêtre ; longueur . 0™,50 équarrissage . 5x9 cm.
Pieds de crapauds en hêtre ; longueur . 0'»,28 équarrissage . 6x6 cm.
Pieds de banquettes en chêne et hêtre; longueur . 0°^,50 équarrissage . 6x6 cm.
Pieds de vide-poches en noyer et merisier ; ^ longueur , 0^1,80 équarrissage . 5x5 cm.
Pieds de tables et de bureaux en noyer, chêne, hêtre, aune, merisier ;
C 5 X 5, 6 X 6, longueur . 0,70 à 0™,75 équarrissage . / 7 x 7 « x 8 cm
Pieds de lits en noyer ; longueur . 1 et 1«,50
Pieds de découpoirs en noyer et chêne ; longueur . 1 m.
Colonnes de crcdences et de tables en noyer et chêne ,
/9X9, lOx 10, 11 X il, longueur . 0«,50 équarrissage . ) 12 x 12. 13 x 13,
( 14 X 14 cm.
Réglettes sciées pour bobines en bouleau ; 35 X 35 mm. et 60 x 60 mm. d'équarrissage.
Art. XI. — BOIS DE SCULPTURES.
Outre les objets de râclerie et de tournerie, étudiés en détail dans le cours de cet ouvrage et occupant de petites industries locales, "on fabrique encore, avec des chutes de scieries, une variété infinie d'articles sculptés. Mais pour tous ces articles, le travail à la main a été presque partout remplacé par le travail à la machine, plus économique et plus sûr.
Ces machines à copier ou k reproduire sont innombrables. Elles façonnent automatiquement des ébauches, grossière-
050 LES GRAIVDS EMPLOIS i>IT BUIS
ment découpées à la scie à rul>an, suivant n'iuiporte quel modHe. A cette lin, elles font mouvoir, tantôt des disques coupants, animés d'un mouvement de rotation, qui tournent Téhauche d'après des modèles en fonte placés au-dessous des dis(|ues, tantôt des gouges qui creusent la forme d'après des modèles présentant en creux Tévidement qu'il s'agit de pratiquer dans le bois. Le travail se fait avec une rapidité et une précision inimitables.
Ainsi sont fabriqués sur une vaste échelle :
Les crosses de fusils en noyer, érable champêtre, bouleau, orme, érable sycomore ;
Los finies, clarinelles, fifres, bassons, hautbois, en buis, érable, grenadille, palissandre, ébène;
Las pièces pour jeu j: de dames, en hêtre, érable :
Les chevaux de bois, en hélre, marronnier, tilleul ;
Les sabots;
Les galoches, en hôtre, érable, bouleau, noyer, orme, platane ;
Les formes de chaussures, en charme.
Pour la fabrication en grand des galoches en bois cl des sabots, on utilise une série de machines.
Les meilleures sont celles de la maison Guilliet, d*Au\erre ; elles comprennent :
Scie à ruban pour chantourner les bois 2 chevaux-vapeur
Machine ù raboter les dessous des sciuelles ... 1 cheval-vapeur
Machine îi façonner l'intérieur des talons .... 2 chevaux-vapeur
» le contour des semelles ... 2 »
Machine à creuser les talons 2 »
Machine à creuser les semelles des galoches ... 1 cheval-vapeur
Machine à creuser la partie couverte des sabots. . 1 »
Machine double à rainer les semelles des galoches. 1/2 >
Machine pour l'afilùtage 1/2 »
Avec ces 12 chevaux, cinq ouvriers peuvent fabriquer, en une journée de travail de 10 heures, 500 paires de galoches ou 200 paires de sabots.
Les platcauvsont débitésiila scie circulaire suivant l épure figure 350.
On fabrique de la même manière, avec des déchets et
BOIS DE SCI'LPTIRES
fausses coupes de Mtre, des porte-manteaux pour garderobes y/ig, 351 ), des tire-bottes, etc.
\1\\ mètre cube grume peut donner en moyenne iOO paires de galoches mélangées ; sa valeur à Tusine ressort à près de 54 francs, non compris le déchet qui est de 35 à 40 y^-
Fig. 351.
Avec les mêmes machines on peut encore fabriquer des formes à collier, des jougs, des crachoirs en hêtre, des boîtes à (icelles, des poivrières, dos coquetiers, des salières, des létcs de pipes, des poupées, elc, etc.
\.esjoi(els d'enfa7its rentrent pour une bonne part dans cette catégorie de bois d'industrie.
Si, pour les scies, établis, meubles de poupées, on emploie surtout des planchettes et des plateaux débités à la scie et convenablement assemblés, pour beaucoup d'autres objets, bilbo((uets, fusils, etc., on utilise avec avantage les tours à copier. L'Allemagne a malheureusement le monopole de cette fabrication dontelleretireannuellementplusde 700.000 marks. L'industrie allemande emploie surtout l'épicéa pour ces différents usages ; Tindustrie française s'adresse au hêtre, au tilleul, à l'aune, au bouleau et au chêne. La matière première est fournie par des déchets de scieries.
Les boites d'animaux qui s'étalent partout à la devanture de nos bazars, sont encore pour la plupart d'origine allemande. On les fabrique exclusivement en épicéa. Les ébauches sont débitées de façon {]ue la tête des animaux se profile dans la direction d'un rayon.
La sculpture artistique, qui avait pris un si bel essor sous
LES GRANDS EMPLOIS DU BOIS
le grand souffle religieu.v qui a secoué les xiv" et \v^ siècles. se réveille à peine de son long sommeil. 11 faut des bois modérément durs, à grain lin, à structure régulière. Le meilleur est le tilleul ; vienqent ensuite l'érable sycomore, le marronnier dinde, le noyer, le poirier, les autres arbres fruitiers. Certains sculpteurs emploient le chêne rouvre, payé fort cher, d'autres le pin cembro et le pin de montagne.
En dehors de ces œuvres d'art (autels en bois, statues polychromées, objets religieux, etc.;, on sculpte encore les frontons des meubles, les cadres de glaces, les horloges, les écrins à bijoux, etc. ; mais, là encore, l'industrie mécanique est venue suppléer au travail trop lent, trop coûteux de l'homme, et des machines à sculpter, conformes au modèle
Fig. 352. — Machine à sculpter.
figure 352 de la maison Kirchner, multiplient les décorations banales sur les boiseries, les panneaux et les meubles.
La Suisse a le monopole des objets sculptés de luxe, comme les cendriers, les fourchettes à salade, les ronds de serviettes, les cadres de photographie, les gigantesques portemanteaux et animaux de montagne. C'est une industrie florissante, cause de prospérité pour l'ouvrier des plus pauvres campagnes. Une ou plusieurs écoles manuelles d'apprentissage feraient merveille dans nos Alpes et dans nos Pyrénées. 011 abondent les pins cembros et surtout les pins de montagne, actuellement prescjue sans valeur.